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« Le
général Tidjani, officier en 2e section
à la disposition du ministre en charge de
la
Défense, s’est déplacé à Bouaké à l’insu des
autorités et a participé à un séminaire organisé par
les Forces Nouvelles ; les déclarations qu’il a
tenues au cours des travaux et celles qu’il a
livrées au quotidien « Nord-Sud » sont strictement
personnelles et ne sauraient engager la
responsabilité des Forces Armées Togolaises ni celle
du gouvernement togolais… »
telle
est en substance quelques unes des décisions
contenues dans une déclaration rendue publique par
la présidence de la République togolaise le 11
décembre dernier suite à une rencontre à laquelle
ont pris part le chef de l’Etat, chef suprême des
armées version fils, le haut commandement des FAT
composé du collège des chefs d’état-major conduit
par le ministre de la Défense et des Anciens
Combattants, du ministre de la Sécurité, des
Officiers généraux d’active de la 2e section
et du chef d’état-major particulier du président de
la République.
Cette réunion qui s’apparente à celle d’un « conseil
militaire » est intervenue après la publication
le 03 décembre dernier par un quotidien ivoirien « Nord
Sud » d’une interview du Général Assani Tidjani.
En
effet, dans ses déclarations, le général togolais
exprimait à visage ouvert toute son affection aux
« rebelles convertis » des Forces Nouvelles dans
leur conquête du pouvoir de Laurent Koudou Gbagbo.
«… Je ne suis pas venu au séminaire d’une
rébellion. La rébellion est terminée depuis
longtemps (…)Et les Forces nouvelles sont une entité
politique qui a une armée.(…) Je veux juste
témoigner de mon amitié, de mon affinité vis-à-vis
de mes frères des Forces Nouvelles et de mes frères
ivoiriens
tout court… », a déclaré le général togolais à
la retraite. Tidjani a-t-il vraiment mesuré la
portée de ses propos ? Toujours est-il que les
autorités militaires de son pays visiblement
« ébranlées » par ces déclarations tonitruantes d’un
de leurs généraux ne sont prêtes à lui pardonner sa
gaffe. Aussi, le conseil des militaires du 11
décembre entend-il punir la « brebis galeuse »
pour ses égarements. « En conséquence, le haut
commandement condamne avec la dernière rigueur
l’acte posé par cet officier général qui est de
nature à jeter la suspicion sur le contingent
togolais déployé sous le mandat de l’ONU en Côte
d’Ivoire et demande qu’il fasse l’objet d’une
sanction militaire… », poursuit le communiqué.
En
déclinant toute responsabilité sur la présence du
général Tidjani aux côtés des Forces Nouvelles et de
ses déclarations « qui n’engagent que lui-même »,
les autorités togolaises prennent à défaut une autre
déclaration de leur officier qui prouvait pourtant
leur assentiment sur son déplacement de Bouaké. « Bien
sûr, un général quand il se déplace, ne le fait que
sous autorisation. Evidemment, je ne suis pas venu
en Côte d’Ivoire à pied. Je suis venu par voie
aérienne, avec tout ce que cela implique. J’ai
satisfait toutes les formalités d’usage car j’ai une
autorisation de sortie », a précisé le général
« fautif ».
La
grosse bévue du général Tidjani
Assani Tidjani fait partie des hommes de confiance
du feu général Gnassingbé Eyadema. Il est aussi
considéré comme l’un des officiers supérieurs les
plus influents des FAT. De ce point de vue, il
n’ignore et ne peut prétendre ignorer les lois et
les réglementations qui régissent son métier. Son
déplacement à Bouaké ne peut en aucun cas
s’effectuer de façon cavalière, discrètement voire à
l’insu des autorités togolaises. Son déplacement en
territoire sous contrôle rebelle s’apparente à une
caution à la rébellion mettant peut-être en péril
les relations officielles Togo-Côte d’Ivoire.
Dans le fonctionnement des armées togolaises, pas
même un congé n’est délivré à un quelconque officier
sans autorisation de la hiérarchie. Dès lors, on se
pose la question de savoir qui des autorités
militaires qui disent n’être au courant du
déplacement de Tidjani sur Bouaké et ce dernier qui
affirme avoir reçu l’aval de Lomé a raison ? Plus
encore, le général Tidjani déclare avoir pris un
avion pour se rendre au nord de la Côte d’Ivoire
dans le cadre du séminaire que les FN avaient
organisé. Or, tout le monde sait très bien qu’il n’y
a pas de ligne directe reliant Lomé à Bouaké. Alors,
quel avion le général a-t-il pris pour faire son
voyage ? S’il a affrété un jet privé, qui le lui
aurait fourni ? Et dire que les autorités militaires
togolaises ne sont au courant de tous ces mouvements
des généraux à la retraite traduit une certaine
fébrilité dans l’administration des FAT commente un
professeur de science politique.
Défaillance dans l’administration militaire
togolaise ?
Le
général Tidjani était ministre de la Défense et des
Anciens combattants sous l’ère Gnassingbé père au
début de la crise ivoirienne en septembre 2002. Il a
passé plus de 5 ans à la tête de ce ministère. A
l’époque, la rébellion de Guillaume Soro qui occupe
toujours la moitié nord de la Côte d’Ivoire
recevrait des armes et des munitions de l’armurier
français Robert Montoya. Le Togo avait été
éclaboussé dans une affaire de livraison d’armes aux
rebelles dans le temps. Par la suite, on avait
retrouvé des avions de combats de cet homme
d’affaire français à l’aéroport international Gal
Gnassingbé Eyadema. Lomé aurait donc apporté son
soutien à Bouaké dans sa guerre contre Abidjan. Et
sur ce point, les autorités togolaises ont été bel
et bien embarrassées. Aujourd’hui, l’homme
d’affaires français coule tranquillement sa vie dans
son pays. Il est difficile de dire si la filiale de
Robert Montoya continue d’alimenter en armes et
munitions la rébellion. L’ancien ministre de
l’Intérieur et de la Sécurité togolais, le
Commandant Akila Esso-Boko aurait même fait des
révélations sur les comportements de cet homme,
révélations qui devraient entraîner son arrestation
par les autorités françaises. Mais celles-ci se
seraient opposées. Tidjani se serait-il rendu à
Bouaké en mission commandée ? Sinon, il est curieux,
voire très curieux qu’un général de l’armée
togolaise fusse-t-il à la retraite, se rendre dans
un pays en situation de guerre sans que les
services de renseignements français en Côte d’Ivoire
et leurs collègues togolais n’en sachent rien. Cet
énième déplacement de Tidjani pourrait s’apparenter
à une sous-traitance. « Si vos renseignements
sont bons, vous devez certainement savoir que
depuis six mois, je suis souvent venu à Bouaké… »,
révèle le général. Et les autorités togolaises
n’avaient jamais réagi. Qui donc lui donnait les
autorisations de sortie du territoire togolais ?
Le
général Tidjani bientôt sur la touche ?
Visiblement, le déplacement controversé du chef
parachutiste suscite nombre d’interrogations et des
interprétations diverses. La situation actuelle même
de Faure Gnassingbé à la tête du pays nécessite une
certaine surveillance des militaires. L’appétit du
pouvoir n’est pas seulement l’apanage des seuls
opposants au régime du père transmis le soir du 05
février au fils. Les anciens généraux connaissent
bien les rouages de l’appareil militaire du pouvoir
quarantenaire de Gnassingbé Eyadema et peuvent s’en
servir dès qu’ils le voudront. Il est donc étonnant
et paradoxal que ces hommes ne soient pas surveillés
à la loupe. La déconvenue et les mesures
qu’entendent prendre les autorités togolaises contre
le général Assani Tidjani pourrait le ranger
définitivement dans les oubliettes. Bon débarras ?
Pour nombre d’observateurs de la vie togolaise, la
situation embarrassante de l’ancien ministre de la
Défense pourrait être utilisée comme un alibi pour
le surclasser. La discipline militaire réclamée par
le communiqué de la présidence peut conduire à une
mise en résidence surveillée, à son exclusion. Il
pourrait également être lâché par ses compagnons
d’hier. On peut imaginer d’ores et déjà une certaine
frustration cuisante de cet homme qui, aux premières
heures du décès du général Eyadema, était le premier
à faire allégeance à Faure Gnassingbé. Le même
personnage serait cité comme le pilote du Mig des
FAT qui aurait tiré sur les populations d’Anèho
pendant que celles-ci manifestaient contre la
« victoire » de Faure Gnassingbé lors de la
présidentielle du 24 avril 2005. Pourra-t-il digérer
une telle humiliation ?
La
probable mise sur la touche de Tidjani rappelle le
départ officiel en formation du Colonel Takougnandi
en France. Implicitement, il serait relevé en
douceur de ses fonctions et d’autres chefs de
troupes seraient sur la liste.
Contrairement à ce que nombre de Togolais pensent,
les FAT considérées comme un bloc, le nord du pays
taxé de chasse-gardé du pouvoir, le RPT un parti uni
et prospère se révèlent faux. Des courants et des
corps antagonistes se seraient créés depuis le temps
du « vieux » et risquent d’exploser un jour.
La
situation indélicate que créent les déclarations de
Tidjani, intervient à un moment très critique de la
vie politico-militaire de la Côte d’Ivoire avec des
soupçons de coup d’Etat contre le président ivoirien
Laurent Gbagbo. Gnassingbé Eyadema de son vivant
s’immisçait souvent dans les conflits sur le
continent sous le manteau d’un « homme de paix »,
mais par ailleurs, le Togo, faut-il le rappeler,
avait été longtemps accusé par les autorités
angolaises dans le soutien qu’il apporterait aux
rebelles de l’Union Nationale pour l’Indépendance
Totale de l’Angola (UNITA), le mouvement du docteur
Jonas Savimbi.
Au-delà de tout ce qui précède, et dans une toute
autre analyse, il peut s’agir d’un jeu dans un Togo
d’ «Alice au pays des merveilles» où tout est
possible. Les autorités togolaises pourraient être
bien au courant du déplacement du général, mais
peuvent s’en rétracter à cause de ses déclarations
gênantes en territoire ennemi au pouvoir de Laurent
Gbagbo. Alors, tout peut être orchestré pour publier
un démenti avec consentement ou non de l’intéressé.
Le cas Natchaba en est une illustration éloquente.
En tout état de cause, l’affaire Tidjani est à
prendre avec beaucoup de recul. L’avenir en dira
plus long.
Quoiqu’il en soit, d’autres fidèles des fidèles,
d’autres inconditionnels ont déjà été mangés à la
même sauce après avoir été initiés, entretenus,
élevés, cajolés et utilisés: Andoche Nutépé Bonin,
Kpotivi Têvi Djidjogbé Laclé, Colonel Narcisse Yoma
Djoua, Agbéyomé Kodjo, Dahuku Péré...
Noël A. Y. GLISSOU |
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Saisi, le directeur de la communication de la
compagnie à Lomé, Amah Tchamdja, après avoir infirmé
cette information, a indiqué que la fin du délestage
n’est pas prévue pour cette année, mais par contre
pour l’année 2007. A en croire M.Tchamdja, même en
mars 2007 comme indiqué préalablement, le délestage
ne finira pas. Il faut plutôt s’attendre à une
atténuation du problème à la fin du premier
trimestre de l’année 2007 et espérer qu’avec la
connexion avec le Nigeria et les autres sources
d’énergie envisagées, la crise prenne fin vers le
deuxième voir le troisième trimestre de l’année
prochaine.
Toutefois, pour ce qui est des périodes de fêtes de
fin d’année, confirme le directeur de la
communication de la CEB, toutes les dispositions
sont en train d’être prises pour permettre aux
populations de fêter dans la lumière. Dans ce sens
confie t-il, « la direction de la compagnie est
entrée en négociation avec
la
CEET au Togo et la SBEE au Bénin pour leur demander
de mettre en marche au cours de ces périodes de
fêtes de fin d’année leurs groupes électrogènes ».
La
même démarche a été menée auprès des grosses
entreprises consommatrices d’énergie électrique, à
qui il aurait été demandé « de quitter le réseau
en ces périodes ». En d’autres termes, explique
M. Tchamdja, « elles ne tourneront pas et
favoriserons ainsi la disponibilité de l’énergie à
mettre à la disposition des ménages ».
Un
autre responsable de la CEB qui a préféré requérir
l’anonymat a confié que c’est par manque de volonté
politique que cette crise énergétique n’est pas
encore résolue, car dit-il, « au lieu d’œuvrer
pour l’interconnexion avec le Nigeria, tous les
directeurs de
la
CEB qui se sont succédés ont plutôt passés leur
temps à œuvrer pour la construction du barrage d’Adjrarala » ;
un projet coûteux précise t-il.
En
somme on retiendra que contrairement à ce qui est
annoncé par le confrère béninois, la crise
énergétique va se poursuivre, mais en période des
fêtes, la CEB et ses partenaires (CEET et SBEE)
entendent fournir des efforts pour permettre aux
Togolais et aux Béninois de fêter en toute quiétude.
Marc D.
kouakani-assi |