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14 Déc 2006

[ 186: du 13 Déc 2006]  
Quand sonne le glas des intouchables : Général Assani Tidjani: la fin?

Fini le temps des bonnes grâces des Généraux et officiers des Forces Armées Togolaises (FAT)? Une réponse à l’affirmative serait trop hâtive d’autant plus que des  soupçons allant de leurs violations des Droits de l’Homme aux exactions commises sur les populations civiles en passant par leur soutien infaillible au pouvoir en place sont toujours d’actualité, doublés de la question de l’impunité et de la protection dont-elles bénéficient. Les réactions tous azimuts et la fermeté du ton du « conseil des militaires » suite aux déclarations du Général à la retraite, Assani Tidjani, au quotidien « Nord- Sud » lors de sa dernière visite chez les Forces Nouvelles (FN, l’ex- rébellion ivoirienne) relève d’une nouveauté mais aussi pourrait être le début d’une série d’actions du jeune pouvoir de Faure Gnassingbé pour se débarrasser éventuellement de ces militaires considérés comme faisant partie de la « vieille garde » et de surcroît, « gênants ». Le très bouillant Général Tidjani, l’homme qui exhibait le 04 mai 2005 des pas de danse pour saluer Faure Gnassingbé le jour se son investiture est-il déjà devenu trop encombrant ? L’ancien ministre de la Défense a-t-il  vraiment outrepassé le règlement intérieur de son corps de métier ou est-il piégé par les sommités de la hiérarchie militaire des FAT ?  

« Le général Tidjani, officier en 2e section à la disposition du ministre en charge de la Défense, s’est déplacé à Bouaké à l’insu des autorités et a participé à un séminaire organisé par les Forces Nouvelles ; les déclarations qu’il a tenues au cours des travaux et celles qu’il a livrées au quotidien « Nord-Sud » sont strictement personnelles et ne sauraient engager la responsabilité des Forces Armées Togolaises ni celle du gouvernement togolais… » telle est en substance quelques unes des décisions contenues dans une déclaration rendue publique par la présidence de la République togolaise le 11 décembre dernier suite à une rencontre à laquelle ont pris part le chef de l’Etat,  chef suprême des armées version fils, le haut commandement des FAT composé du collège des chefs d’état-major conduit par le ministre de la Défense et des Anciens Combattants, du ministre de la Sécurité, des Officiers généraux d’active de la 2e section et du chef d’état-major particulier du président de la République.

Cette réunion qui s’apparente à celle d’un « conseil militaire » est intervenue après la publication le 03 décembre dernier par un quotidien ivoirien « Nord Sud »  d’une interview du Général Assani Tidjani.

En effet, dans ses déclarations, le général togolais exprimait à visage ouvert toute son affection aux « rebelles convertis » des Forces Nouvelles dans leur conquête du pouvoir de Laurent Koudou Gbagbo. «… Je ne suis pas venu au séminaire d’une rébellion. La rébellion est terminée depuis longtemps (…)Et les Forces nouvelles sont une entité politique qui a une armée.(…) Je veux juste témoigner de mon amitié, de mon affinité vis-à-vis de mes frères des Forces Nouvelles et de mes frères ivoiriens tout court… », a déclaré le général togolais à la retraite. Tidjani a-t-il vraiment mesuré la portée de ses propos ? Toujours est-il que les autorités militaires de son pays visiblement « ébranlées » par ces déclarations tonitruantes d’un de leurs généraux ne sont prêtes à lui pardonner sa gaffe. Aussi, le conseil des militaires du 11 décembre entend-il punir la « brebis galeuse » pour ses égarements. « En conséquence, le haut commandement condamne avec la dernière rigueur l’acte posé par cet officier général qui est de nature à jeter la suspicion sur le contingent togolais déployé sous le mandat de l’ONU en Côte d’Ivoire et demande qu’il fasse l’objet d’une sanction militaire… », poursuit le communiqué.

En déclinant toute responsabilité sur la présence du général Tidjani aux côtés des Forces Nouvelles et de ses déclarations « qui n’engagent que lui-même », les autorités togolaises prennent à défaut une autre déclaration de leur officier qui prouvait  pourtant leur assentiment sur son déplacement de Bouaké. « Bien sûr, un général quand il se déplace, ne le fait que sous autorisation. Evidemment, je ne suis pas venu en Côte d’Ivoire à pied. Je suis venu par voie aérienne, avec tout ce que cela implique. J’ai satisfait toutes les formalités d’usage car j’ai une autorisation de sortie », a précisé le général « fautif ».

La grosse bévue du général Tidjani

Assani Tidjani fait partie des hommes de confiance du feu général Gnassingbé Eyadema. Il est aussi considéré comme l’un des officiers supérieurs les plus influents des FAT. De ce point de vue, il n’ignore et ne  peut prétendre ignorer les lois et les  réglementations  qui régissent son métier. Son déplacement à Bouaké ne peut en aucun cas s’effectuer de façon cavalière, discrètement voire à l’insu des autorités togolaises. Son déplacement en territoire sous contrôle rebelle s’apparente à une caution à la rébellion mettant peut-être en péril les relations officielles Togo-Côte d’Ivoire.

Dans le fonctionnement des armées togolaises, pas même un congé n’est délivré à un quelconque officier sans autorisation de la hiérarchie. Dès lors, on se pose la question de savoir qui des autorités militaires  qui disent n’être au courant du déplacement de Tidjani sur Bouaké et ce dernier qui affirme avoir reçu l’aval de Lomé a raison ? Plus encore, le général Tidjani déclare avoir pris un avion pour se rendre au nord de la Côte d’Ivoire dans le cadre du séminaire que les FN avaient organisé. Or, tout le monde sait très bien qu’il n’y a pas de ligne directe reliant Lomé à Bouaké. Alors, quel avion le général a-t-il pris pour faire son voyage ? S’il a affrété un jet privé, qui le lui aurait fourni ? Et dire que les autorités militaires togolaises ne sont au courant de tous ces mouvements des généraux à la retraite traduit une certaine fébrilité dans l’administration des FAT commente un professeur de science politique.

Défaillance dans l’administration militaire togolaise ?

Le général Tidjani était ministre de la Défense et des Anciens combattants  sous l’ère Gnassingbé père au début de la crise ivoirienne en septembre 2002. Il a passé plus de 5 ans à la tête de ce ministère. A l’époque, la rébellion de Guillaume Soro qui occupe toujours la moitié nord de la Côte d’Ivoire recevrait des armes et des munitions de l’armurier français Robert Montoya. Le Togo avait été éclaboussé dans une affaire de livraison d’armes aux rebelles dans le temps. Par la suite, on avait retrouvé des avions de combats de cet homme d’affaire français à l’aéroport international Gal Gnassingbé Eyadema. Lomé aurait donc apporté son soutien à Bouaké dans sa guerre contre Abidjan. Et sur ce point, les autorités togolaises ont été bel et bien embarrassées. Aujourd’hui, l’homme d’affaires français coule tranquillement sa vie dans son pays. Il est difficile de dire si la filiale de Robert Montoya continue d’alimenter en armes et munitions la rébellion.  L’ancien ministre de l’Intérieur et de la Sécurité togolais, le Commandant Akila Esso-Boko aurait même fait des révélations sur les comportements de cet homme, révélations qui devraient entraîner son arrestation par les autorités françaises. Mais celles-ci se seraient opposées. Tidjani se serait-il rendu à Bouaké en mission commandée ? Sinon, il est curieux, voire très curieux qu’un général de l’armée togolaise fusse-t-il à la retraite, se rendre dans un pays  en situation de guerre sans que les services de renseignements français en Côte d’Ivoire et leurs collègues togolais n’en sachent rien. Cet énième déplacement de Tidjani pourrait s’apparenter à une sous-traitance. « Si vos renseignements sont bons, vous devez  certainement savoir que depuis six mois, je suis souvent venu à Bouaké… », révèle le général. Et les autorités togolaises n’avaient jamais réagi. Qui donc lui donnait les autorisations de sortie du territoire togolais ?

Le général Tidjani bientôt sur la touche ?

Visiblement, le déplacement  controversé du chef parachutiste suscite nombre d’interrogations et des interprétations diverses. La situation actuelle même de Faure Gnassingbé à la tête du pays nécessite une certaine surveillance des militaires. L’appétit du pouvoir n’est pas seulement l’apanage des seuls opposants au régime du père transmis le soir du 05 février au fils. Les anciens généraux connaissent bien les rouages de l’appareil militaire du pouvoir quarantenaire de Gnassingbé Eyadema et peuvent s’en servir dès qu’ils le voudront. Il est donc étonnant et paradoxal que ces hommes ne soient pas surveillés à la loupe. La déconvenue et les mesures qu’entendent prendre les autorités togolaises contre le général Assani Tidjani pourrait le ranger définitivement dans les oubliettes. Bon débarras ? Pour nombre d’observateurs de la vie togolaise, la situation embarrassante de l’ancien ministre de la Défense pourrait être utilisée comme un alibi pour le surclasser. La discipline militaire réclamée par le communiqué de la présidence peut conduire à une mise en résidence surveillée, à son exclusion. Il pourrait également être lâché par ses compagnons d’hier. On peut imaginer d’ores et déjà une certaine frustration cuisante de cet homme qui, aux premières heures du décès du général Eyadema, était le premier à faire allégeance à Faure Gnassingbé. Le même personnage serait cité comme le pilote du Mig des FAT qui aurait tiré sur les populations d’Anèho pendant que celles-ci manifestaient contre la « victoire » de Faure Gnassingbé lors de la présidentielle du 24 avril 2005. Pourra-t-il digérer une telle humiliation ?

La probable mise sur la touche de Tidjani rappelle le départ officiel en  formation du Colonel Takougnandi en France. Implicitement, il serait relevé en douceur de ses fonctions et d’autres chefs de troupes seraient sur la liste.

Contrairement à ce que nombre de Togolais pensent, les FAT considérées comme un bloc, le nord du pays taxé de chasse-gardé du pouvoir, le RPT un parti uni et prospère se révèlent faux. Des courants et des corps antagonistes se seraient créés depuis le temps du « vieux » et risquent d’exploser un jour.

La situation indélicate que créent les déclarations de Tidjani, intervient à un moment très critique de la vie politico-militaire de la Côte d’Ivoire avec des soupçons de coup d’Etat contre le président ivoirien Laurent Gbagbo. Gnassingbé Eyadema de son vivant s’immisçait souvent dans les conflits sur le continent sous le manteau d’un « homme de paix », mais par ailleurs, le Togo, faut-il le rappeler, avait été longtemps accusé par les autorités angolaises dans le soutien qu’il apporterait aux rebelles de l’Union Nationale pour l’Indépendance Totale de l’Angola (UNITA), le mouvement  du docteur Jonas Savimbi.

Au-delà de tout ce qui précède, et dans une toute autre analyse, il peut s’agir d’un jeu dans un Togo d’ «Alice au pays des merveilles» où tout est possible. Les autorités togolaises pourraient être bien au courant du déplacement du général, mais peuvent s’en rétracter à cause de ses déclarations gênantes en territoire ennemi au pouvoir de Laurent Gbagbo. Alors, tout peut être orchestré pour publier un démenti avec consentement ou non de l’intéressé. Le cas Natchaba en est une illustration éloquente. En tout état de cause, l’affaire Tidjani est à prendre avec beaucoup de recul. L’avenir en dira plus long.

Quoiqu’il en soit, d’autres fidèles des fidèles, d’autres inconditionnels ont déjà été mangés à la même sauce après avoir été initiés, entretenus, élevés, cajolés et utilisés: Andoche Nutépé Bonin, Kpotivi Têvi Djidjogbé Laclé, Colonel Narcisse Yoma Djoua, Agbéyomé Kodjo, Dahuku Péré...

Noël A. Y. GLISSOU

 
Perturbations liées a la crise énergétique : Pas de délestage en période de fête !

Hier matin, sur les antennes africaines de RFI, un confrère du journal béninois  « l’Autre Quotidien », confiait que selon des sources proches de la communauté  Electrique du Bénin (CEB), la crise énergétique que connaît le Togo et le Bénin depuis plusieurs mois allait prendre fin à partir de ce 15 décembre 2006.

Saisi, le directeur de la communication de la compagnie à Lomé, Amah Tchamdja, après avoir infirmé cette information, a indiqué que la fin du délestage n’est pas prévue  pour cette année, mais par contre pour l’année 2007. A en croire M.Tchamdja, même en mars 2007 comme indiqué préalablement, le délestage ne finira pas. Il faut plutôt s’attendre à une atténuation du problème à la fin du premier trimestre de l’année 2007 et espérer qu’avec la connexion avec le Nigeria et les autres sources d’énergie envisagées, la crise prenne fin vers le deuxième voir le troisième trimestre de l’année prochaine.

Toutefois, pour ce qui est des périodes de fêtes de fin d’année, confirme le directeur de la communication de la CEB, toutes les dispositions sont en train d’être prises pour permettre aux populations de fêter dans la lumière. Dans ce sens confie t-il, « la direction de la compagnie est entrée en négociation avec la CEET au Togo et la SBEE au Bénin pour leur demander de mettre en marche au cours de ces périodes de fêtes de fin d’année leurs groupes électrogènes ».

La même démarche a été menée auprès des grosses entreprises consommatrices d’énergie électrique, à qui il aurait été demandé « de quitter le réseau en ces périodes ». En d’autres termes, explique M. Tchamdja, « elles ne tourneront pas et favoriserons ainsi la disponibilité de l’énergie à mettre à la disposition des ménages ».

Un autre responsable de la CEB qui a préféré requérir l’anonymat a confié que c’est par manque de volonté politique que cette crise énergétique n’est pas encore résolue, car dit-il, « au lieu d’œuvrer pour l’interconnexion avec le Nigeria, tous les directeurs de la CEB qui se sont succédés ont plutôt passés leur temps à œuvrer pour la construction du barrage d’Adjrarala » ; un projet coûteux précise t-il.

En somme on retiendra que contrairement à ce qui est annoncé par le confrère béninois, la crise énergétique va se poursuivre, mais en période des fêtes, la CEB et ses partenaires (CEET et SBEE) entendent fournir des efforts pour permettre aux Togolais et aux Béninois de fêter en toute quiétude.

Marc D. kouakani-assi

 

 

 

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