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14 Déc 2006

[ 186: du 13 Déc 2006]  
accusations contre les igbos a lome : l’ambassade du Nigeria réagit

Le chargé d’affaires de la République fédérale du Nigeria au Togo, Adebola O. Labiran, a tenu hier dans les locaux de l’Ambassade de son pays à Lomé, un point de presse. Il était question de clarifier un certain nombre de situations, par rapport aux violences subies par la communauté Igbo, le 24 novembre 2006 à Lomé. En plus des ressortissants nigérians présents en grand nombre pour la circonstance, les journalistes étaient les interlocuteurs privilégiés des organisateurs de la rencontre.

Ainsi, partant de l’exemple que « deux stations FM populaires à Lomé, Kanal FM et Nana FM avaient diffusé l’histoire non fondée » d’un « supposé meurtre rituel de 03 enfants commis par un conducteur de taxi moto » pour le compte d’un nigérian, le chargé d’affaires a déploré « l’attaque violente » dont ont été victimes les commerçants Ibo au marché de Xédzranawoé, occasionnant des dégâts matériels importants et un décès. M Adebola a alors regretté que ces deux radios aient « dévié de leur responsabilité sociale » causant ainsi des violences « entre le peuple généralement ami et hospitalier du Togo et leurs frères et sœurs du Nigeria qui  se sont installés et vivent en paix au Togo depuis des années ».

Revenant sur les mêmes épisodes du genre qui faisaient état l’année dernière de « disparition de sexe » qui serait causée par les mêmes résidents Ibos, le diplomate nigérian se référant aux autorités togolaises, dénie également la véracité de ces faits. « Je réitère ici que l’Ambassade ne tolère aucun acte criminel causé par les nigérians au Togo », a-t-il précisé.

Un débat s’en est suivi, permettant des échanges entre la délégation officielle nigériane, les journalistes, et les autres ressortissants du pays de Olusegun Obasanjo. Il était essentiellement question de déceler pourquoi parmi toutes les communautés étrangères en général et nigérianes en particulier résidant au Togo, seuls les Ibos sont souvent indexés de commettre des actes répréhensibles, frauduleux et vicieux ? Ce qui a suscité l’intervention du chef local de la communauté Igbo au Togo, chief Ezenwata Nico. Ce dernier a retracé les liens de fraternité et de cohabitation entre les siens et les diverses ethnies du Togo et d’Afrique, depuis des lustres.

Il a défendu sa communauté contre toute accusation malsaine, soulevant plutôt qu’elle est travailleuse et pleine d’esprit d’entreprise. Même son de cloche chez le chef de toute la communauté nigériane au Togo, El Hadj Gbadamassi Idrissou, qui a rappelé les liens sacrés d ‘amitié qui ont toujours lié les peuples nigérians et togolais, deux pays initiateurs selon lui de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Le chargé d’affaires du Nigeria au Togo, Adebola O. Labiran a rassuré les uns et les autres qu’à ce jour, les autorités sécuritaires du Togo n’ont encore prouvé la véracité des faits reprochés aux Igbos. Il a réitéré sa disponibilité à coopérer avec la justice togolaise, au cas où un ressortissant de son pays serait impliqué dans une affaire de ce genre. M. Adebola a profité de l’occasion pour inviter la presse à éviter le sensationnel, et à promouvoir plutôt la paix, l’harmonie, gages du développement et de l’intégration économique.

En début du mois dernier, des rumeurs persistantes faisaient état du meurtre de 03 enfants par  un zémidjan (conducteurs de taxi-moto) et dont les corps auraient été vendus à des nigérians, ont suscité diverses réactions de réprobation au sein de la population togolaise. Il en résulte une atmosphère de méfiance généralisée vis-à-vis des Ibos, résidents à Lomé, et déjà suspectés par les mêmes rumeurs d’orchestrer des arnaques (tromperies diverses, escroquerie) sur Internet.

Le détonateur de malaise qui couvait donc depuis longtemps a donc été l’information qui a vite circulé comme un éclair le 24 novembre 2006, faisant état d’un taxi qui transporterait vers la police, un Ibo arrêté en flagrant délit d’enlèvement d’enfant. Le fief de ces ressortissants nigérians, le marché de Xédzranawoé a alors connu des violences, où des jeunes se sont attaqués à ces vendeurs qui y occupent la majorité des stands.

Le commissaire central de la ville de Lomé, M Pissang a pour l’heure, nié les différentes accusations portées contre cette communauté étrangère, ajoutant toutefois que les investigations se poursuivent.

Aimé Dodji ABALO

Fin des états généraux de la fonction publique :  L’administration fera peau neuve

Ouverte en grande pompe le 05 décembre dernier par le premier ministre du Togo, Me Yawovi Agboyibo, les travaux des états généraux de l’administration publique ont pris fin samedi avec à la clé une série de recommandations. La cérémonie de clôture a été présidée par le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Fonction publique, Foli-Bazi Katari.

Pendant 5  jours, les délégués ont travaillé d’arrache-pied pour élaborer un remède approprié contre les maux qui minent la fonction publique togolaise.

En substance, les travaux dirigés par le président des états généraux, Messan Acouetey, ont permis de faire des recommandations en deux volets.

Le premier volet de ces recommandations formulées par les délégués se résume en quinze points fondamentaux et a trait à la grille salariale, à la valeur indiciaire, aux indemnités et allocations  de retraite…

Au rang des mesures préconisées, on a la révision du cadre juridique, la rationalisation des structures, ministères et services publics, l’élaboration des plans de formation du personnel, la restructuration et rationalisation des écoles nationales de formation professionnelle, la promotion des NTIC, la promotion de qualité, l’intégration des agents temporaires  dans la fonction publique, la clarification de la situation des employés déflatés  des sociétés d’Etat et celles mixtes, l’accélération de l’étude en vue de la prise en compte des agents permanents par le statut général de la fonction publique, la révision de la catégorie des emplois sur la base des diplômes, l’élaboration du répertoire des emplois et la disposition d’un cadre physique propice au travail.

Quant au second volet, il est fait en 7 points et porte sur les dispositions à prendre pour permettre à l’Etat d’augmenter les recettes fiscales et faire face de façon efficiente aux incidences financières de ces états généraux.

Parmi les recommandations prises à ce niveau, on retient l’assainissement de la gestion des entreprises publiques afin qu’elles puissent contribuer efficacement au budget de l’Etat, l’application stricte du principe de l’unicité de caisse dans la gestion des finances publiques, la prise de mesures assurant la mobilité des responsables à la tête des sociétés d’Etat, la mise en place concomitante avec l’information des services des douanes du guichet unique sur le commerce extérieur, l’adoption d’une charte des PME/PMI, la forte implication du secteur privé national et des employés dans le processus de mise en concession ou de la privatisation de certaines sociétés d’Etat, ainsi que la mise en place rapide d’un mécanisme de suivi et de mise en exécution des conclusions et recommandations des états généraux de l’administration publique par une structure tripartite gouvernement-patronat-syndicats avec l’appui des experts du Programme des Nations Unies pour le Développement.

Malgré le vent d’espoir qui souffle sur le secteur de la fonction publique en particulier et sur tous les secteurs économiques du Togo en général depuis le samedi dernier à la sortie des travaux, il faut toujours être prudent, car l’application sur toutes ses formes des recommandations reste la condition sine qua non pouvant conduire à une résurrection de l’administration publique togolaise.

Gabin KOISSIDJIN

 

 

 

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