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Le
détournement de l’utilisation pacifique
L’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire est
un droit inaliénable pour les Etats membres du TNP
(article IV du Traité). Afin de pouvoir jouir de ce
droit, les Etats doivent cependant se soumettre à un
accord de garanties négocié de manière bilatérale
avec l’AIEA. Cet accord permet à l’Agence d’assister
un Etat dans l’acquisition de la technologie et le
matériel requis pour l’élaboration d’un cycle
nucléaire civil. Il lui donne également
l’opportunité de vérifier qu’ils ne soient pas
détournés à des fins militaires.
L’existence de ces deux possibilités opposées (fins
civiles ou militaires) attise les passions. De
nombreux pays, tels que la Belgique, le Japon, le
Canada, l’Allemagne ou Taiwan, ont le potentiel
nécessaire pour créer des armes nucléaires. Ces
derniers n’en ont pas la volonté, mais la Corée du
Nord a illustré le potentiel de détournement
d’installations pacifiques vers des visées
militaires. Ce cas a démontré qu’un Etat peut
rapidement retirer et utiliser du combustible usagé
à des fins militaires. Certains facteurs augmentent
la possibilité d’obtenir l’arme nucléaire :
l’existence de biens à double usage : ce sont
tous les biens qui peuvent avoir un usage tant civil
que militaire ; l’accès facilité aux technologies,
informations et la mobilité des experts : ce danger
est inhérent à un monde interconnecté et
interdépendant, et il est extrêmement difficile à
contenir et enfin l’absence de réponse « ferme » du
Conseil de sécurité des Nations unies lors d’une
violation étatique.
Lors d’une violation par un Etat de ses obligations,
le Conseil des gouverneurs de l’AIEA peut soit
prendre des mesures de suspension des droits et
privilèges de l’Etat, soit saisir le Conseil de
sécurité des Nations unies. En pratique, le Conseil
de sécurité arrive rarement à s’entendre sur une
résolution. Le cas de la Corée du Nord constitue à
ce sujet un dangereux précédent : elle continue à
jouir de ses installations et n’a subi aucune
sanction « directe » du Conseil de sécurité.
Les mesures contre la prolifération
En
février 2004, le président américain, George Bush,
demandait à la communauté internationale de ne plus
livrer des installations d’enrichissement d’uranium
ou de retraitement du plutonium à des pays n’en
possédant pas. Il proposait également de limiter le
commerce avec des pays n’ayant pas ratifié le
protocole additionnel de l’AIEA. Selon lui, « les
proliférateurs ne doivent pas pouvoir manipuler
cyniquement le TNP en vue d’acquérir le matériel et
l’infrastructure nécessaires pour fabriquer des
armes illégales ». Mais pour les ENDAN, le droit
à l’énergie nucléaire reste inaliénable. L’ajout de
nouveaux contrôles leur semble disproportionné par
rapport au respect des EDAN de leurs propres
obligations, à savoir le désarmement nucléaire.
Différentes mesures ont déjà été développées pour
répondre à ces craintes. Parmi celles-ci, il
existe actuellement : d’un côté, des contrôles
renforcés au niveau de l’AIEA. A la suite de la
découverte du programme nucléaire irakien dans les
années 90, l’AIEA lance la négociation de nouveaux
pouvoirs juridiques destinés à renforcer les
capacités de l’Agence à détecter des activités
clandestines et des matières nucléaires non
déclarées dans les ENDAN. L’adoption du Protocole
additionnel par l’AIEA en 1997 a permis à ce titre
d’accroître l’efficacité de ses inspections et
devrait permettre à l’Agence d’obtenir une image
complète des activités d’un Etat. Fin 2004, 61 pays
avaient ratifié l’accord de garanties et le
protocole additionnel. D’un autre côté, des
contrôles aux exportations : créé en 1975, le GFN
(Groupe des fournisseurs nucléaires), (NSG en
anglais), est une initiative volontaire de mise en
place de contrôles aux exportations des biens
nucléaires et à double usage. L’adhésion y est
limitée par des conditions strictes. La découverte
du réseau d’A.Q. Khan a illustré néanmoins la
faiblesse de ce mécanisme : des entreprises de
certains pays du GFN (l’Afrique du Sud et la
Turquie) ont été utilisées impunément par le réseau.
De nouvelles procédures ont été adoptées depuis
lors, mais les membres, en particulier les
Etats-Unis, restent hésitants sur une extension du
nombre d’adhérents. L’Union européenne applique les
listes du GFN dans son propre contrôle d’exportation
des biens à double usage.
Le
réseau d’Abdul Qadeer Khan
En
octobre 2003, l’interception du cargo allemand « BBC
China » se dirigeant vers la Libye a dévoilé un
chargement de composants permettant de créer un
millier de centrifugeuses pakistanaises « Pak-2 ».
Le réseau transnational du scientifique pakistanais,
Abdul Qadeer Khan, apparaissait alors à la lumière
du jour. Après un témoignage de 12 pages du même
scientifique et des enquêtes qui ont suivi, il est
apparu qu’A.Q. Khan avait transmis des informations
et des technologies à plusieurs pays entre 1987 et
2003.
L’Iran a été le premier client d’A.Q. Khan, vers
1987 selon l’AIEA. Les centrifugeuses de type avancé
(« Pak-2 ») retrouvées en Iran par l’AIEA ont
montré la filiation entre les deux pays. En 1988,
des scientifiques iraniens ont reçu une formation au
Pakistan. Un an plus tard, l’Iran a obtenu de
l’assistance pour son programme de centrifugeuses.
Ensuite, ce fut le tour de la Libye.
Les relations entre la Libye et le Pakistan auraient
commencé vers 1997. Le réseau aurait fourni de la
technologie et de l’équipement pour des
centrifugeuses à gaz, de l’hexafluoride d’uranium « UF6 »
(20 tonnes métriques selon l’AIEA) ainsi que des
plans précis pour créer des armes nucléaires. La
Libye avait également commandé 10.000 centrifugeuses
« Pak-2 » auprès du même réseau. Elles
auraient été suffisantes pour produire de l’uranium
pour 10 armes nucléaires par an. En décembre 2003,
les autorités libyennes ont renoncé à leur programme
militaire. Selon les estimations, la Libye aurait
pu, si elle n’avait pas arrêté son programme,
assembler ses centrifugeuses en 4-5 ans. Le
gouvernement américain estime que les ventes à la
Libye ont rapporté 100 millions USD au réseau Khan
(environ 52 milliards de Fcfa). Pour ce qui est de
la Corée du Nord, il y a peu d’informations sur
l’aide donnée par le réseau à ce pays, mais des
preuves indiquent que le régime nord-coréen a au
moins reçu des plans pour des centrifugeuses, un
échantillon de celles-ci et des listes de
fournisseurs potentiels du réseau. Elle aurait
également reçu de l’hexafluoride d’uranium (« UF6 »).
Les affaires auraient été conclues entre 1997 et
2001. Certains observateurs pensent que ces éléments
auraient été donnés en échange des plans de missiles
nord-coréens, ce que nie le gouvernement
pakistanais. Le réseau Khan a aussi proposé de
l’aide aux Irakiens pour leur fournir des
centrifugeuses à gaz et des plans d’armes nucléaires
à la fin de l’année 1990. Mais ces derniers,
regardant cette aide avec suspicion, n’ont demandé
qu’un échantillon. Quand l’AIEA a découvert l’offre
pakistanaise au milieu des années 90, les Irakiens
ont déclaré n’avoir rien reçu. Entre 1997 et 2003,
A.Q. Khan a visité 18 pays. Des contacts pourraient
avoir été pris avec des pays d’Afrique subsaharienne
(des visites ont été effectuées au Mali, au Niger,
au Nigeria, au Soudan et au Tchad) et la Syrie. Il a
également visité l’Afghanistan. Pour amener le
matériel dans le pays importateur, un réseau
complexe a pu être mis en place: « Les composants
nucléaires conçus dans un pays peuvent être
fabriqués dans un autre pays, transportés au travers
d’un troisième (qui peut apparaître comme étant un
utilisateur légitime), assemblés dans un quatrième,
et établis pour un éventuel projet dans un cinquième »,
selon Mohammed El Baradei, l’actuel directeur de
l’AIEA. Des intermédiaires ont été retrouvés en
Afrique du Sud, en Allemagne, en Angleterre, dans
les Emirats arabes unis, en Malaisie, en Suisse et
en Turquie. Suite aux informations trouvées en
Libye, une demi-douzaine d’ateliers pour fabriquer
les composants des centrifugeuses ont été découverts
en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient. Les mobiles
qui ont poussé A.Q. Khan à répandre la technologie
nucléaire dans les pays précités étaient de trois
ordres selon les enquêteurs : défier l’Occident (car
Khan était hostile au contrôle occidental de ces
technologies ; équiper d’autres Etats musulmans dans
un objectif pan-islamique et l’appât du gain.
Le
manque de réaction
Malgré les dangers d’un tel réseau, les réactions de
George Bush et des pays occidentaux ont été
timorées. Des enquêtes ont été lancées pour arrêter
les complices d’A.Q. Khan, entre autres en Afrique
du Sud et en Allemagne. Mais A.Q. Khan, pardonné par
son gouvernement en 2004, n’a jamais pu être
directement interrogé par des enquêteurs étrangers,
et cela n’a soulevé aucune critique à l’étranger. De
même, selon les Etats-Unis, il n’y a aucune preuve
que le gouvernement pakistanais ait été au courant
des activités du réseau, comme le déclare A.Q. Khan.
Mais le réseau n’a probablement pas pu fonctionner
sans la corruption et la malhonnêteté de certains
membres des gouvernements pakistanais successifs. La
communauté internationale n’adoptera pas le même
comportement devant le dossier nucléaire iranien.
(Source : GRIP)
A suivre…
Edem
Gadegbeku |
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Après avoir indiqué que le nouveau texte est «
un levier d’amélioration des conditions de travail
et de sécurisation des investissements des
opérateurs économiques », le membre du
gouvernement a fait remarquer que « les
principales innovations de ce texte visent la
réaffirmation de l’interdiction des actes portant
atteintes aux droits et principes fondamentaux au
travail, la flexibilité dans l’utilisation de la
main d’œuvre et la protection des travailleurs ».
Enfin de garantir le respect des dispositions du
nouveau texte, confie le Ministre Katari, les
sanctions en cas de violation, ont été renforcées.
Selon le ministre du travail, la nouvelle mouture de
la législation du travail au Togo est le résultat
d’un long processus qui a débuté en 1997, s’est
poursuivi en 2002, 2003, et 2004 avec son examen par
le conseil national du travail et des lois sociales.
Pour le président de l’assemblée nationale, El Hadj
Abass Bonfoh, « ce nouveau code est un cadre
moderne et efficace pour le monde du travail ».
Le
nouveau texte comporte trois cent six articles
regroupés en onze titres.
Marc D.
kouakani-assi |