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15 Nov 2006

[ 177: du 15 Nov 2006]  
L’UFC bientôt au gouvernement : Gilchrist Olympio «Me Agboyibo ne nous gêne pas»

Lundi dernier, les neuf délégations ayant pris part au dialogue national ainsi que les représentants  de l’Union Européenne et de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se sont rendus à Ouagadougou, la capitale du Faso sur invitation du facilitateur, Blaise Compaoré pour une évaluation du chemin parcouru dans l’application de l’Accord Politique Global, signé le 20 août dernier à Lomé et poser les jalons du comité de suivi recommandé par cet accord . Au terme des travaux, le facilitateur a demandé au chef de l’Etat togolais, Faure Gnassingbé et au Premier Ministre, Me Yawovi Agboyibo de « remanier le gouvernement ». Cette option, si elle venait à se concrétiser, permettra à l’Union des Forces de Changement (UFC) de participer pour la première fois depuis le déclenchement du processus démocratique au Togo à la gestion des affaires du pays, aux côtés de son « éternel » rival, le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) au pouvoir depuis plusieurs décennies. Mais la question est de savoir si l’UFC saura saisir cette autre ultime « main tendue » ? De l’autre coté, on se demande si le président du RPT répondra favorablement à cette requête du facilitateur…

En réaction à l’entrée annoncée de l’UFC au gouvernement, le Directeur de cabinet de la présidence togolaise, Pascal Bodjona s’est dit confiant, de ce que  le chef de l’Etat serait prêt à ouvrir le gouvernement à toutes les formations politiques qui ont pris part au dialogue.

Le parti de Gilchrist Olympio avait vivement critiqué le choix du premier ministre, au motif que la promesse de la Primature lui avait été faite de façon tacite. Ce point non précisé dans l’Accord aurait été un compromis implicite entre les deux éternels rivaux (UFC-RPT). Des sources proches de l’UFC confirment l’existence d’un tel compromis entre ces deux partis qui se disputent le leadership politique togolais. Les mêmes sources indiquent que cette alternative dans la résolution de la crise constituait un élément de motivation, une contrepartie dans la signature de l’Accord par l’UFC. En d’autres termes, le parti de Gilchrist allait refuser de signer le document s’il avait suspecté que la primature lui échapperait.

Présent dans la capitale du Faso sans pour autant participer aux assises, Gilchrist Olympio a déclaré que « dès que la question du gouvernement s’est posé », son parti a écrit à Faure Gnassingbé pour recevoir de lui « certaines clarifications », notamment en ce qui concerne l’usage qu’il entendait faire de l’article 66 de la constitution par lequel il « a le droit à lui tout seul de nommer et révoquer les ministres et le premier ministre ». Poursuivant, Mr Olympio déplorant que le premier ministre ait été nommé sans consulter son parti, reconnaît quand –même que cela ne constitue pas un point d’achoppement : « Me Agboyibo ne nous gêne pas », a-t-il relativisé. Le président de l’UFC a également ajouté avoir remis à Faure Gnassingbé « une fiche avec les modalités pour rentrer éventuellement dans un gouvernement ». M. Olympio se dit alors être en attente des suites à donner par le Chef de l’Etat. Pour lui, les revendications concernent certains postes ministériels et « la liberté pour leurs ministres de pouvoir opérer et de pouvoir faire entendre leurs voix ».

En réalité, la non participation du « principal parti d’opposition togolaise » à l’équipe gouvernementale a mis à l’eau, toutes les démarches isolées, confidentielles, voire secrètes organisées à Abuja (Nigeria), Sant’Egidio (Italie) et Accra (Ghana) entre le pouvoir togolais et son grand challenger électoral.

Pour l’instant, le RPT partagé entre la confiscation du pouvoir et le rapprochement avec ses opposants après la signature de l’Accord Politique Global, n’a pas la tâche facile, ou mieux, use de toutes les ruses pour conserver l’essentiel d’un pouvoir conquis avec problème. Ainsi, au moment où l’UFC criait au drible dans le choix d’un premier ministre issu du CAR, le camp de ce premier ministre, peut-être assez satisfait d’avoir conquis l’essentiel, ne sait inquiété outre mesure de la nomination du leader de la CPP, Edem Kodjo comme ministre d’Etat ne siégeant pas au conseil des ministres. Dieu merci, la cohabitation ne semble souffrir d’aucun soubresaut, les opposants au gouvernant s’étant soudain tus, au nom peut-être de la solidarité gouvernementale, tout allant pour le mieux dans le meilleur des mondes à la togolaise.

Le pouvoir RPT a été sérieusement au plus bas de sa crédibilité aux lendemains de l’élection du 24 avril 2005 qui a vu la victoire contestée de Faure Gnassingbé à la tête de l’Etat togolais. Cette contestation populaire a été violemment réprimée par l’armée togolaise selon les rapports d’une mission d’établissement des faits dépêchée par l’ONU à Lomé.

En quête d’une meilleure image, de légitimité et de la sympathie des bailleurs de fonds, le pouvoir du nouveau président a multiplié des gestes d’ouverture envers l’opposition togolaise longtemps brimée par le défunt président, Gnassingbé Eyadema. Pour reprendre sa coopération coupée avec le Togo pour « déficit démocratique » ; l’Union Européenne, principale partenaire en développement,  a reconduit une feuille de route (qui est un code de bonne conduite en matière de démocratie et des droits de l’homme ) tracée depuis Gnassingbé père. Le point culminant de ces 22 engagements a été la signature d’un accord politique global entre le pouvoir togolais et l’opposition dite traditionnelle  le 20 août 2006 à Lomé sous la houlette de Blaise Compaoré, Président du Faso. Les différents points contenus dans l’accord sont confiés au gouvernement d’union nationale que dirige Me Yawovi Agboyibo du CAR (Comité d’Action pour le Renouveau). Mais jusque là il ne s’agit que d’une décrispation partielle de la crise qui secoue ce petit pays de l’Afrique de l’ouest (56.600 Km2) depuis un bouillant matin d’octobre 1990. Le jeune président du Togo inspiré par sa pléiade de conseillers a encore à faire pour accrocher à son tableau de chasse (à l’instar de la CPP, le PDR, le PSR, le CAR, la CDPA), la récalcitrante UFC.

Des Ministres se tiendraient la tête, inquiets pour leur part du gâteau qui pourrait s’envoler au profit de la révision des portefeuilles pour l’entrée de l’ UFC. Par ailleurs, à moins que la sagesse ne prévale, on peut craindre qu’il y ait des étincelles dans l’air, au vu des antagonismes CAR-UFC affichés ces derniers temps. Le « détia », en dehors du RPT, a désormais plus d’adversaires que de par le passé.

Dodji Aimé ABALO & Noël Y. A. GLISSOU

Faure aujourd’hui à Bruxelles : Le président légitimé du Togo prend goût à l’Europe

Apres sa légitimation rendue possible grâce à l’aboutissement heureux du dialogue inter togolais, Faure Essozimna Gnassingbé qui s’est vu les portes de l’occident s’ouvrir devant lui, s’envole pour une seconde fois en moins de trois mois pour Bruxelles. Ce déplacement qui s’inscrit dans le cadre de la célébration des journées européennes de développement, constitue également une opportunité pour le pouvoir, de plaider pour une reprise effective de la coopération avec l’Union Européenne. L’institution a suspendu ses relations avec le pays pour « déficit démocratique ».

Pour palier cette carence, le Togo s’est engagé le 14 avril 2004 devant « l’Europe des 25 » à respecter une feuille de route établie en 22 points. Depuis lors, des réformes ont été entreprises et c’est dans ce cadre que le dialogue inter togolais a abouti le 20 août dernier à la signature entre les principaux protagonistes de la crises, d’un accord politique global. Cet accord qui porte essentiellement sur les conditions dans les quelles devront se dérouler les prochaines élections législatives, la dernière étape des conditions de l’institution européenne pour une reprise effective de sa coopération avec le Togo, constitue un argument fondamental que le pouvoir compte utiliser pour convaincre son interlocuteur de sa bonne foi.

En effet, il est annoncé que Faure Gnassingbé plaidera au cours de son déplacement pour un déblocage du 9ème FED. Selon des sources proches de la présidence, le chef de l’Etat aura à cet effet une séance de travail avec le commissaire européen au développement et à l’aide humanitaire, Louis Michel. Avec le dossier de la mise en application des accords de Ouaga IV et le tout récent développement que constitue la mise en place du comité de suivi et les tractations pour une éventuelle entrée de l’UFC au gouvernement, Faure joue le tout pour le tout pour convaincre. Si cette mission réussit, cela devra aboutir à la signature du programme indicatif national, l’instrument pouvant rendre éligible le Togo au 9èm FED.

D’un montant global de 40 millions d’euros soit environ 26 milliards de francs CFA, cette somme pourra permettre de financer certains projets de développement.

Les Fonds Européens de Développement constituent un instrument financier issu de l’accord de Cotonou et sont destinés à apporter un appui aux 78 pays d’Afrique, des Caraïbes et des Pacifiques. Le Togo étant « sous sanction » n’a pu bénéficier des capitaux des 7ème et 8ème FED.

Outre cette mission fortement diplomatique, Faure Gnassingbé participe au même titre que ses pairs africains, au forum de la gouvernance.

Sassou AGBOLO-NOAMESSI

Règlement de la situation des ex-agents de Air-Afrique : Qu’en disent les autorités togolaises ?

Les ex-employés sénégalais de la compagnie interétatique Air Afrique seront indemnisés par l’Etat sénégalais, a-t-on appris hier sur RFI. Ce faisant, le Sénégal rejoint la longue liste des anciens Etats actionnaires de la défunte air Afrique qui, à défaut d’un règlement collectif des droits des ex agents de cette compagnie, ont décidé de sortir leur ressortissants de la précarité dans laquelle ils étaient « renvoyés » après la liquidation des actifs de cette compagnie panafricaine. Face a cette décision des autorités sénégalaises, d’aucuns se demandent ce qu’entendent faire leurs homologues togolaises qui semblent jusque là insensibles aux démarches des ressortissants nationaux.

En 2001 la multinationale Air Afrique, après plusieurs années de tergiversation et de tentatives de sauvetage a été finalement liquidée.

Le 1er juillet 2002, le juge commissaire commis par les Etats actionnaires pour suivre la liquidation a ordonné le licenciement collectif des agents de la compagnie. Le sort de ceux-ci a été, selon le cadre juridique de l’OHADA (Organisation pour l’Harmonisation du Droit des Affaires) portant règlement des droits des travailleurs dans le cadre de la procédure en matière d’apurement du passif, confié a un Syndic Unique. Celui-ci, d’après l’ordonnance du juge commissaire devrait disposer des recettes de certaines activités résiduelles, notamment « l’assistance des vols des compagnies tierces aux fins de règlement des droits de résiliation des travailleurs ». Malheureusement, ce syndic principal unique établit par l’Etat ivoirien qui abritait le siège de la multinationale, a fuit ses responsabilités et n’a pas pu user des prérogatives qui lui sont confiées par les chefs d’Etat des pays actionnaires ; les autorités ivoiriennes ayant choisi de soustraire au contrôle de ce syndic, l’activité résiduelle sus mentionnée qui générerait annuellement, entre sept et huit milliards de FCFA sur l’aéroport d’Abidjan.

Face à l’impasse, certains Etats actionnaires comme le Tchad, le Bénin, le Niger, la Mauritanie, le Congo, la Centrafrique, le Burkina Faso, le Mali et le Sénégal ont décidé de réagir. Ainsi es autorités de ces pays ont mis en place des régies nationales pour recouvrir les recettes de l’activité d’assistance des vols des compagnies tierces afin de les consacrer au règlement des droits légaux et sociaux de leurs ressortissants et autres agents en activité sur leur territoire national au moment où la liquidation a été prononcée.

Comme à son habitude, le Togo s’est singularisé dans le règlement de ce dossier en refusant de le prendre en charge.

Toutefois, un syndic national a été mis en place et les dirigeants du syndicat des employés en activité sur le territoire national ont saisi ce syndic qui a réussi à verser aux agents, 20% de leurs droits.

Le sort des togolais expatriés n’étant naturellement pas pris en compte par ce syndicat, leur dossier restait toujours en suspens.

Entre temps des sources proches de ces togolais d’Air Afrique indiquent que, « prétextant que les autres pays ont créés leur propre régie, la Côte d’ivoire qui fut la première à soustraire des attributions du Syndic Unique, les activités d’assistance, va s’accaparer des recettes de l’aéroport d’Abidjan pour verser à certains de ses ressortissants, et ceci de façon informelle, une partie de leurs droits ».

Les ressortissants togolais, s’étant aperçus que personne ne s’occupait de leur sort, ont entrepris des démarches auprès des autorités togolaises.

Ainsi, au cours du dernier trimestre de l’année 2005, notamment  au mois de septembre, plusieurs correspondances ont été adressées par l’Association des Ressortissants Togolais d’Air Afrique (ARTAA), au ministre des Transports, à celui des Droits de l’Homme, et à la ministre des Affaires Sociales.

Face au silence du ministre des Transports d’alors, les dirigeants de cette association ont adressé un courrier en novembre 2005 au Premier ministre de l’époque, Edem Kodjo.

Celui-ci avait alors mis en place une commission qui avait pour mission de faire des propositions dans le but du règlement des droits légaux à ces ressortissants togolais. Son départ de la primature, aurait entraîné l’enterrement du dossier.

Approché par l’ARTAA, « l’ancien nouveau » ministre des transports se serait montré indisposé à traiter le dossier.

Face à l’impasse dans laquelle semble s’enliser cette situation des ex-employés de Air Afrique, il est évident de se demander si les autorités togolaises qui disent n’avoir que pour seul souci, l’épanouissement de leurs populations, pensent vraiment à ces compatriotes qui ne se battent que pour rentrer dans leurs droits.

Pour l’heure, aucun signe encourageant ne se profile à l’horizon et le débat reste entier. L’ère nouvelle étant le slogan de Faure Gnassingbé, il est temps que celui-ci prenne en charge personnellement cette affaire pour sortir les ex-employés de Air Afrique de la précarité dans laquelle ils croupissent actuellement. De même, l’actuel locataire de la primature aura beaucoup à gagner s’il tentait de résoudre ce problème.

Marc D. kouakani-assi

Élection a la tête de la FTF : Rock et ses adversaires seront départagés le 9 janvier 2007

Comme annoncée dans le fax de la Fifa en date du 06 novembre dernier envoyé à la FTF et à son président Rock Gnassingbé, la réunion de travail entre les délégués de la Fédération internationale de football, de la CAF et le président de la Commission électorale indépendante, Séyi Méméne, s’est tenue à Tunis le samedi 11 novembre, date de la finale de la ligue africaine des champions.

Au cours de cette séance qui a également connu la participation des deux membres de la mission conjointe CAF/Fifa, Slim Aloulou et Jans Peeters, il a été essentiellement question de la fixation d’une nouvelle date pour la tenue du congrès devant mettre fin au mandat de l’actuel bureau de la FTF et des dispositions à prendre pour assurer un scrutin libre et transparent.

En parcourant les décisions prises, il ressort en substance que les élections se tiendront le 9 janvier de l’année 2007 sous la conduite de la Commission électorale indépendante mise en place par la Fifa, et non par le bureau exécutif de la FTF.

Par ailleurs, la totalité de la procédure devant conduire à ce scrutin : plan de l’élaboration et du respect du calendrier électoral (fixation de l’appel à candidatures, convocation du congrès…), vérification du mandat des électeurs tout comme la mise à la disposition des moyens logistiques est confiée à cette même CEI. Ce qui suppose  que la FTF et tout son bureau sont mis en quarantaine et devront être traiter au cours de ces deux mois de préparation du congrès comme de simples participants au même titre que les autres délégués qui seront conviés au congrès.

Pour arriver à cette fin qui augure selon certains observateurs un lendemain meilleur pour le football togolais, la Fifa a tenu à financer en partie ce congrès électif qui doit, d’après le fax du 6 novembre, être régis par les textes de la FTF de 1994. Il est prévu à cet effet « une subvention à verser sur un compte bancaire spécial FTF- CEI dont les signataires seront conjointement le président et le secrétaire de la CEI » ; ceci après avoir envoyé à la Fifa le budget prévisionnel du prochain congrès.

Pour garantir la transparence, le scrutin connaîtra la supervision d’une délégation CAF /Fifa dont la constitution est attendue dans les prochains jours.

Gabin A. Koissidjin

 

 

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