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A
Tokoin-Séminaire, deux conducteurs de taxis-motos
communément appelés « zémidjans » qui
viennent de se cogner, parce que l’un a violé les
feux tricolores, sont en pleine bagarre. Tout à
coup, une scène surréaliste vient interrompre le
cours normal de leur rixe : un “fou” qui passait
dans les environs accourt et s’interpose entre les
deux bagarreurs. Il leur demande au passage de ne
pas se faire la guerre.
Ce
comportement n’est cependant qu’une évocation d’un
des nombreux tours que possède notre fameux “fou”
dans son sac. En effet, le même “fou” avait déjà
posé un acte qui avait étonné plus d’un devant une
barrière douanière de la ville. Une nuit, il passait
devant cette barrière quand il se rend compte que le
douanier qui était de garde dormait paisiblement et
profondément. Il s’approcha de la présumée
sentinelle, se saisit de la lampe-tempête accrochée
non loin de là à un poteau électrique pour signaler
aux usagers de cette voie l’existence de la
barrière, et disparut sans que personne ne s’en
aperçoive.
Tôt le lendemain matin, les douaniers se mirent à
chercher la lampe-tempête, en vain. Entre-temps, le
“fou” était revenu sur les lieux de sa “forfaiture”
et s’était rendu compte que les douaniers étaient à
la recherche de leur bien. Il s’approcha d’eux et
les apostropha en ces termes : « Est-ce qu’on
dort ici ? Si on vous a mis à cet endroit, c’est
pour travailler et non pour racketter les usagers et
ensuite
vous
endormir ».
Une pareille déclaration d’une personne assimilée à
un malade mental arracha des sourires et rires plus
ou moins dissimulés aux passants. Loin de s’arrêter
là, le “fou” s’en retourne chercher la lampe et
quelques minutes après, revient la remettre aux
douaniers. Sans commentaire ni protocole, il la leur
restitue et reprit aussitôt le chemin de ses
nombreuses aventures. Ce “fou” est-il vraiment fou ?
Et, n’est-il alors pas vrai que tout le monde est
fou selon le degré de sa folie ?
Grégoire AWESSO |