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Beaucoup de doutes planent actuellement sur la
crédibilité de l’actuelle Cour Constitutionnelle du
Togo. Cet organe chargé de dire le droit dans la
validité des scrutins électoraux est très contestée
par l’opposition et des associations et mouvements
de défense de la démocratie. Aussi, nombre
d’observateurs s’interrogent –ils sur la sincérité
de ses membres qui viennent une fois encore de
bénéficier des grâces d’une assemblée qu’on peut
oser taxer de partisane. « La réforme, ce n’est
ni de nouvels ordinateurs ni de nouvelles
fournitures de bureau, mais de profonds changements
«, disait un professeur d’université sur une
radio de la place. L’acte posé par les
parlementaires, bien que stipulé par l’accord
politique global ressemble un peu à une avance
intéressée du RPT à une cour qu’elle ne doit plus
peiner à courtiser, en principe. Peut-être, pour
dribler les mauvaises langues, d’autres changements
surviendront pour calmer les inquiétudes. Faure
Gnassingbé qui a plus d’une fois surpris depuis son
arrivée très controversée au pouvoir, aura ici une
partition délicate à jouer, d’autant qu’il est
redevable à cette cour qui l’a approuvé à deux
reprises.
L’accord politique global, au vu d’un certain
laconisme qu’on lui connaît, n’a pas insisté sur le
sort des membres de la cour constitutionnelle. Et
là, ce qui est sûr, le président de la République
jouera la carte qui l’arrange, étant avant tout
président d’un parti qui est réputé « gagner tout
le temps comme l’équipe du Brésil ». L’Accord
Politique Global prévoit au point III 3.2 : « …Les
parties prenantes au dialogue national, engagent le
gouvernement à étudier les propositions de révision
constitutionnelle, notamment : le régime politique,
la nomination et les prérogatives du Premier
ministre, les conditions d’éligibilité du président
de
la
République, la durée et la limitation du mandat
présidentiel, l’institution d’un Sénat, la réforme
de la Cour Constitutionnelle ».
Ces réformes en vue, pourront-elles laver cette cour
de ses « péchés originels ? » En tant
qu’organe suprême, garant de la validité des
résultats, pourra –t-elle montrer une certaine
démarcation vis-à-vis des politiques ?
Depuis 1990, année du déclenchement du processus
démocratique au Togo, seules les législatives de
1994 n’ont pas été contestées. L’arbre qui ne peut
jamais cacher la forêt. Selon l’ex- chargé de
mission de la délégation de l’Union Européenne au
Togo, Gilles Desesquelles, ce scrutin a été
« transparent ». La majorité parlementaire en
principe acquise par la coalition CAR-UTD sera
reprise par le RPT lors des partielles de 1996
entraînant la démission du Premier ministre Edem
Kodjo.
Quant aux législatives anticipées de 2002,
l’opposition les a boycottées pour « causes
d’insuffisances de conditions de transparences ».
Le RPT et ses partis proches avaient été les seuls à
y prendre part. Bien qu’étant du même bord, les
résultats n’avaient pas été corrects. La Cour
Constitutionnelle les a pourtant approuvés. Dans la
préfecture de l’Avé, il y avait des irrégularités
entre deux candidats du RPT. Mais au finish, on a
préféré « prendre » le perdant. On se demande
aujourd’hui s’il peut y avoir une reconversion
subite, car qui a bu boira tant que vit le voleur….
Est-il possible d’envisager pour les prochains
scrutins une neutralité de la cour
constitutionnelle ?
A
la présidentielle de 1993, malgré le retrait des
poids lourds de l’opposition, les résultats tels que
proclamés par la Cour Constitutionnelle ont été
contestés par l’un des candidats indépendants, en
l’occurrence Adani Ifè qui a revendiqué la
victoire. La cour avait validé le simulacre.
S’en suit alors l’échéance de juin 1998 où, en plein
processus de dépouillement des bulletins, la
présidente de la CENI, Awa Nana, démissionne pour « cause
de menaces ». Par qui et pourquoi ? Les
circonstances d’une telle démission n’ont jamais été
élucidées. Le Ministère de l’Intérieur dirigé à
l’époque par le Général Séyi Mèmène prend le
contrôle des opérations. Ici encore, la Cour
Constitutionnelle récidive et parachève le hol up
électoral. Elle a également parachevé la
« victoire » de Gnassingbé Eyadema à la
présidentielle de 2003.
Mais le paroxysme de toutes ces contres performances
de la cour aura été ses prestations au lendemain du
décès le 05 févier 2005 du Général Gnassingbé
Eyadema en validant le coup d’Etat opéré par les
Forces Armées Togolaises (FAT) par l’intronisation
de Faure Gnassingbé en violation de la loi
fondamentale du pays.
Dans la foulée, plusieurs magistrats et avocats se
sont levés contre cet avilissement de leur
corporation en organisant des sit-in. Leur
revendication n’a abouti à rien. Le scrutin du 24
avril a tourné au drame et pour Gilles Desesquelles
la présidentielle est « contestable ».
Une histoire de crédibilité
Il
est clair que le droit a été bafoué sous Eyadema
Gnassingbé. La plupart des magistrats sont
redevables à ce dernier et ont occupé plusieurs fois
des postes ministériels Atsu Koffi Amégah, le
président de la Cour Constitutionnelle en est un
exemple palpable. Le président de la cour
constitutionnelle bénéficie pourtant d’une bonne
audience internationale ayant fait partie d’une
mission d’enquête de l’ONU dans les grands lacs,
concernant le massacre des banya mulengués. Une
confiance que ne lui accordent pas forcément
plusieurs analystes de la vie politique togolaise
.Alors, la question reste posée : la cour
constitutionnelle dans son état actuel est-elle
crédible ?
Au lendemain de la signature de l’accord politique
global, les forces armées togolaises reçues à la
présidence par leur chouchou du 05 février, ont
affirmé leur adhésion à l’accord. S’il est vrai que
les FAT ne s’ingèreraient plus dans le processus
électoral, alors hormis la CENI, la cour
constitutionnelle détient désormais la clé du retour
à la souveraineté populaire, à la confiance
politique, et au retour effectif des partenaires en
développement…Et, pour une fois, le Togo fera parler
de lui en bien.
Noël Y. A. GLISSOU |
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Un nouveau statut pour la cour constitutionnelle
Les parlementaires togolais réunis en section
ordinaire ont adopté hier une nouvelle loi
« portant indemnités et avantages des membres de
la
Cour Constitutionnelle ».
Cette nouvelle loi permettra aux neuf membres de « mieux
se sentir dans leur peau pour servir
la
République ». « La
Cour Constitutionnelle est une institution prévue
par la Constitution en ses articles 99 à 109. Elle
est la plus haute juridiction de l’Etat en matière
constitutionnelle…Au regard de l’importance de cette
mission, il est apparu nécessaire, non seulement de
renforcer le dispositif déjà existant, mais aussi
d’améliorer les conditions de travail des membres de
la Cour… »,
lit-on dans l’exposé des motifs du projet de loi.
Aussi, les articles 1 et 2 de cette nouvelle loi
prévoient-ils « une indemnité mensuelle fixe, le
président de
la
Cour Constitutionnelle perçoit une indemnité de
représentation…. »
Les autres avantages vont de la mise à disposition
de chacun des membres de cette institution, un
véhicule de fonction, une prise en charge des frais
d’eau, d’électricité et de téléphone, un personnel
domestique à l’établissement d’un passeport
diplomatique pour les membres, leurs
conjoints/conjointes et aux enfants mineurs.
Pour Abass Bonfoh, président de la représentation
nationale, « contribuer à l’amélioration des
conditions de travail et de vie des membres de cette
Cour revient à leur offrir les moyens nécessaires au
bon fonctionnement des institutions et cet organe et
les mesures d’accompagnement… ».
Il
a aussi saisi « l’occasion pour lancer un appel
en vue d’une réflexion sur les avantages de
certaines anciennes autorités notamment, les anciens
Premiers ministres, les Présidents de l’Assemblée
nationale, les ministres et les députés, comme prévu
par la loi… ».
Les ministres de l’Administration territoriale,
Kwessi Séléagodji Ahoomey-Zunu et de l’Aménagement
du Territoire et de la Décentralisation, Yandja
Yentchabré ont assisté à l’adoption de cette loi.
Noël Y. A. GLISSOU |
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Rencontre du Ministre de la Défense avec les anciens
combattants : Kpatcha Gnassingbé mystifie ses
grands-pères
Dans le cadre de la tournée qu’il a entamée samedi
dernier, le ministre togolais en charge de la
Défense et des anciens combattants, Kpatcha
Gnassingbé, s’est rendu mardi dernier à Atakpamé,
localité située dans la région des Plateaux pour y
rencontrer les représentants de l’armée de réserve
et le collectif des militaires retraités du milieu.
Comme avec ceux de la commune de Lomé dans la région
Maritime, les discussions ont tourné autour des
questions d’amélioration des conditions de vie
précaires des anciens combattants, notamment le
réajustement de leurs pensions et la prise en charge
par le gouvernement de leurs problèmes de santé. Le
ministre Kpatcha a réitéré les promesses de
ravitaillement des dispensaires des militaires
retraités et autres….
En
dehors du geste du ministre, il y a lieu de relever
un certain nombre de choses qui pourraient relever
des « habitudes de la maison ». On a vu des
vieux hommes « fatigués » et « ruinés »
par la précarité, chanter, danser pour le ministre
Kpatcha Gnassingbé comme cela a été de tout le temps
du vivant de son père Gnassingbé Eyadema. Culte de
la personnalité ? Mystification ?Ce qui est
sûr,c’est qu’en plus des vieux chants de
vaillance,ceux vantant les mérites de Gnassingbé
père n’ont été ni négligés,ni actualisés .
En
guise des compensations aux « louanges au père et
au fils », des promesses qui ne sont pas
miraculeuses, dans un Togo où les hommes en
uniformes, ceux là même qui ont porté à bout de bras
ce régime ont été longtemps oubliés après service.
A
priori, on s’interroge sur les changements notables
qui peuvent revaloriser le quotidien de ces hommes
qui se sont toute leur vie sacrifiés au drapeau.
D’ailleurs, selon Gado Kokou, ancien commandant et
président du Collectif des anciens combattants de la
commune de Lomé « il existe une grande disparité
entre les pensions versées aux anciens combattants
de même grade ». Qui orchestre les
discriminations et pour quelle fin ?
Samedi dernier, le ministre Kpatcha avait offert 10
millions de FCFA pour « ravitailler les
dispensaires des camps militaires de Lomé, à
l’instar du camp Gnassingbé Eyadema de Lomé».
Pour lui « tout sera dorénavant entrepris pour
que des solutions soient trouvées », omettant
par la même occasion, de préciser les mesures
concrètes qui seront prises et les délais impartis
pour leur mise en œuvre. D’ici là, les anciens
combattants et leurs familles devront se contenter
de leur décorations et médailles.
A
part le folklore habituel qui accompagne ce geste de
rachat et de reconnaissance,le pouvoir de Faure
Gnassingbé a quand même le mérite de créer un
département qui s’occupe désormais de ces anciens
combattants et militaires à la retraite.
Noël Y. A. GLISSOU |