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29 Oct2007 

[ 314: du 29 Oct 2007]  

RPT : Majoritaire au parlement : Kpatcha Gnassingbé, futur président de l’Assemblée ?
La question est débattue actuellement dans certains milieux politiques togolais et par des journalistes internationaux.  Plusieurs noms sont cités, notamment celui de l’actuel ministre de la Défense et des Anciens Combattants, Kpatcha Gnassingbé. Va-t-il accepter ce poste et devenir ainsi le « vice-président » constitutionnel de la République ? Le débat est ouvert.

Le ministre Kpatcha Gnassingbé a été tête de liste du RPT (Rassemblement du Peuple Togolais) dans la préfecture de la Kozah lors des législatives du 14 octobre dernier. Il a su octroyer au parti les 03 sièges en jeu dans cette localité. D’après plusieurs observateurs, le « puissant » ministre de la Défense pourrait être porté à la tête du prochain parlement. Si ce choix venait à être concrétisé, il deviendra de facto, la 2e personnalité la plus importante du Togo.

La Constitution de la IVe  République togolaise ( du 14 octobre 1992) modifiée en décembre 2002, stipule en son article 65 : qu’« en cas de vacance de la Présidence de la République par décès, démission ou empêchement définitif, la fonction présidentielle est exercée provisoirement par le président de l’Assemblée nationale… ». Pour certains observateurs, donner cette opportunité à l’actuel ministre de la Défense, c’est créer les conditions d’une crise  au sommet de l’Etat, l’autre fils de la nation ayant selon eux soif du pouvoir. Ceux-ci prennent pour exemples, des conflits qui existeraient entre les deux frères quant aux orientations à donner au pouvoir « légué » par leur père. A partir de là et selon certains confrères, Faure Gnassingbé pourrait s’opposer à ce schéma.

Mais toutes ces allégations ne seraient que des « procès d’intention » à l’encontre de Kpatcha Gnassingbé. L’homme est toujours vu aux côtés de son frère président tout souriant ou l’accueillant sur le tarmac de l’aéroport international Gnassingbé Eyadema. Il était également à la tête d’une délégation des FAT (Forces Armées Togolaises) qui s’était rendue à la présidence de la République pour témoigner le soutien de la « Grande muette » au chef de l’Etat au lendemain de la signature de l’APG (Accord Politique Global).

C’est dire que tout va bien entre le ministre Kpatcha Gnassingbé et son demi-frère Faure Gnassingbé, le chef de l’Etat. Le député de la préfecture de la Kozah va-t-il refuser la proposition si elle lui était faite ? En tout cas, son éventuel refus serait le signe concret qu’il n’est « nullement » intéressé par le pouvoir de son frère. 

Mais s’il devenait président de l’Assemblée nationale, cela s’apparenterait au cas des jumeaux Kaczynski en Pologne (l’un président de la République, l’autre Premier ministre) qui dirigeaient ce pays avant les législatives du 21 octobre dernier.

Dans le contexte politique togolais, l’occupation de certains postes de responsabilité est telle que l’hypothèse de voir Kpatcha Gnassingbé dans le fauteuil du président du parlement est peu probable. En effet, il y a une forme de bipolarisme qui s’observe sur ce plan. Depuis 1990, année marquant le début du processus démocratique au Togo, on a noté que le Premier ministre est toujours issu des régions méridionales du pays, pendant que le chef de l’Etat est originaire de la partie septentrionale.

S’agissant des présidents de l’Assemblée nationale, le choix du personnage est opéré suivant certains critères. En dehors de Dahuku Peré qui a été par la force des choses président de l’Assemblée nationale en lieu et place des personnalités de l’opposition, vainqueurs des législatives de 1994, la 2e personnalité constitutionnelle du Togo n’a jamais été de la même région que le chef de l’Etat.

En d’autres termes, Kpatcha président de l’Assemblée irait contre les pratiques «républicaines» jusque-là en cours dans le pays. Cette option ne serait d’ailleurs pas intéressante pour le pouvoir en place et suscitera de ce fait la méfiance de la communauté internationale.

Outre Kpatcha Gnassingbé, d’autres noms aussi circulent.
La piste de Charles Kondi Agba
L’actuel ministre d’Etat, ministre de la Santé est reconnu comme l’un des hommes de main de Faure Gnassingbé. Plusieurs fois, le professeur Agba a représenté le chef de l’Etat au cours de nombreuses manifestations officielles. Pour beaucoup d’observateurs, le ministre Agba qui a défendu les couleurs du « maïs » le 14 octobre dernier dans Lomé-Commune, serait le « pion » sûr de Faure Gnassingbé pour occuper le poste de président de l’Assemblé nationale. D’après des informations, c’est pour ces raisons qu’on « aurait tout fait » pour lui « trouver » un siège dans la circonscription électorale de Lomé-Commune.

Mais ici encore, il y a des problèmes qui subsistent. Le « pressenti » président de l’Assemblée nationale est issu de la préfecture de Bassar tout comme son prédécesseur, Abbas Bonfoh. Remettre les destinées de l’Assemblée dans les mains d’un Bassar, beaucoup au sein du parti au pouvoir ne veulent pas l’entendre de leurs oreilles. Ils veulent eux aussi bénéficier des privilèges afférents aux charges de président du parlement, notamment à la possibilité de devenir un jour président «intérimaire».

Le nom de l’actuel ministre de l’Aménagement du Territoire et de la Décentralisation, Yandja Yentchabré est également évoqué pour occuper ce poste. Issu des Savanes, il pourrait damé le pion à ses camarades Kpatcha Gnassingbé de la Kozah et Kondi Agba de Bassar. Natif de la préfecture de Tone, il serait le favori à la succession du plus chanceux des Togolais, Abbas Bonfoh.

 Yandja Yentchabré a l’avantage d’être issu de la même région qu’un certain Natchaba Fambaré, président du parlement jusqu’à l’annonce du décès d’Eyadema, ou de Yembadjoi, premier vice-président de l’Assemblée sortante. En attendant que les nouveaux parlementaires ne désignent leur chef, les regards sont tournés vers la Cour constitutionnelle pour les résultats définitifs.

Noël Y.A.GLISSOU

Gouvernement d’union nationale : Le RPT va-t-il partager le pouvoir avec l’UFC ?
L’Union des forces de changement (UFC) qui est arrivé en seconde position lors des législatives du 14 octobre, n’a pas exclu pour la première fois sa participation à un gouvernement, «mais pas à n’importe quelles conditions».

«L’UFC peut prendre part à un gouvernement d’union nationale, mais pas à n’importe quelles conditions. Ces conditions doivent être clairement définies», avait déclaré mercredi dernier à la télévision nationale togolaise, Patrick Lawson, troisième vice-président de cette formation politique. Pour lui, l’entrée de son parti dans un quelconque gouvernement d’union nationale sera subordonnée à des préalables qui doivent permettent aux différents acteurs de s’entendre sur les missions de celui-ci et sa configuration. Il sera appuyé par Gilchrist Olympio, le président national de cette formation politique qui a confié au journal burkinabé l’Observateur Paalga que l’UFC aura besoin de certaines garanties pour son  entrée dans un éventuel gouvernement d’union.

En clair, le désormais premier parti de l’opposition togolaise est disposé à entrer dans le futur gouvernement à condition que le chef de l’Etat, par ailleurs président national du RPT accepte d’entamer avec lui des négociations qui vont leur permettre de s’entendre sur les termes de leur collaboration.

En somme, la balle est dans le camp de Faure Gnassingbé qui, après avoir refusé de céder aux préalables posés par la coalition de l’opposition entre mai et juin 2005, a porté son choix sur Edem Kodjo pour conduire un gouvernement d’ouverture qui va déboucher sur la signature, le 20 août 2006, de l’accord politique global (APG).

Ensuite, alors que le jeune président aurait promis, selon Gilchrist Olympio la primature à l’UFC, c’est plutôt au président national du comité d’action pour le renouveau (CAR), Me Madji Yawovi Agboyibo qu’échoiront les charges de chef de gouvernement pour conduire la préparation des législatives. Argument servi à l’époque par les uns et les autres pour soutenir ce choix, aucun parti de l’opposition ne pouvait, faute d’élections législatives, prétendre être le plus représentatif pour mériter ce portefeuille.

Aujourd’hui c’est chose faite. Faure Gnassingbé va-t-il encore user de la constitution pour refuser à l’UFC les fonctions de la primature ou va-t-il enfin donner l’opportunité à ce parti de participer à la gestion des affaires de la cité. Pour l’instant nul ne saurait y répondre.

Avec une confortable majorité au parlement, le numéro un togolais peut se permettre de nommer un premier ministre dans les rangs de son parti et entrouvrir tout simplement l’exécutif à ceux qui, sans aucune autre forme de procès, veulent bien participer au gouvernement. Dans ce cas, ceux qui parlent de « mangeoire » auront raison.

S’il est évident que le RPT est dans l’obligation politique de composer avec son principal challenger, il n’est pas acquis que les conditions que ce dernier va poser seront acceptables et acceptées par la présidence de la république. Le débat autour des  préalables de la coalition des six est encore vivace dans les esprits. Et c’est là tout l’enjeu des prochains débats qui s’annoncent entre les grands vainqueurs des législatives du 14 octobre dernier.

D’après les résultats provisoires rendus public par la commission électorale nationale indépendante, le RPT a remporté haut les mains le scrutin du 14 octobre avec 50 sièges contre 27 pour l’UFC et 4 pour le CAR. Avec ces résultats, le RPT peut selon le jeu de la démocratie classique former son gouvernement ou former un cabinet d’ouverture avec des personnalités issues de l’opposition ou encore former un exécutif d’union et dans ce cas, il va falloir qu’il ouvre des négociations avec ses adversaires pour ensemble s’entendre sur les contours de ce gouvernement.

Après la bataille du parlement, le Togo va entrer dans les jours à venir dans celui du gouvernement.

Marc D. KOUAKANI-ASSI 

Les dégâts des législatives (suite) : Quel avenir pour les autres partis signataires de l’APG ?
Les résultats des dernières législatives ont montré un temps soit peu, l’importance de chaque parti politique sur le plan national. Le peuple togolais vient de placer sa destinée pour les cinq prochaines années entre les mains des trois partis politiques qui seront à « l’hémicycle ». Il s’agit du RPT (Rassemblement du Peuple Togolais), de l’UFC (Union des Forces de Changement) et du CAR (Comité d’Action pour le Renouveau). En privant certaines formations politiques du mandat de s’exprimer en son nom, le peuple togolais vient ainsi de créer un échiquier politique autre que celui que l’Accord politique global (APG) prévoyait.

En effet, tous les partis signataires de l’APG espéraient se retrouver au parlement et mener ensemble « les réformes visant  à consolider la démocratie, l’Etat de droit et la bonne gouvernance », prévues par le point III dudit Accord. Aujourd’hui, trois seulement des six partis signataires sont autorisés à aller au parlement et à s’exprimer au nom du peuple. Ce qui change d’une manière considérable les donnes au sujet de l’évolution politique du pays. La question qui  se pose est de savoir dans quel cadre les autres signataires de l’APG vont-ils contribuer aux  réformes prévues ?

Si la CPP (Convergence Patriotique Panafricaine), le PDR (Parti pour la Démocratie et le Renouveau) et la CDPA (Convention Démocratique des Peuples Africains) qui n’ont aucun représentant au parlement sont désormais hors des débats de «l’hémicycle», leur participation à un éventuel gouvernement d’ouverture n’est cependant pas impossible. Seulement dans ce cas, ils participeront à ce gouvernement en acceptant, bon gré mal gré, le portefeuille qui leur sera proposé et ne seront que leur propre représentant. Par contre, leur refus d’entrée au gouvernement si d’aventure la main leur est tendue, peut leur être suicidaire tant leur absence de la scène politique peut les faire oublier. Ce à quoi le peuple les a peut être convié  à travers son vote, le 14 octobre dernier.

 C’est donc un nouveau débat politique qui s’ouvre avec un nombre d’acteurs plus réduit qu’au départ. Face à cette situation et s’appuyant sur sa majorité au parlement le RPT peut faire un gouvernement à son gré et quitte à qui veut l’accompagner dans sa politique de le suivre. Le parti de Faure Gnassingbé aura les coudées franches surtout que les députés de l’UFC qui seront au parlement seront minoritaires et ne pourront compromettre la réalisation des « désirs » du RPT. La plupart des réformes  prévues par l’APG, sera faite alors en faveur du parti majoritaire. Ce qui sonnera définitivement le glas de cet Accord qui a tant fait rêver les Togolais et  beaucoup de partis politiques qui jusque-là se disaient poids lourd de l’opposition togolaise.

Sédjrawodo A. ADRY

 

 
 
 
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