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22 Oct2007 

[ 331: du 22 Oct 2007]  

Difficultés dans la proclamation des résultats de Lomé Commune : Les missions d’observation contredites par la CENI
« Face à cette situation délétère et aux innombrables questions restées sans réponses, et dans un souci d’apaisement permanent, la CENI a décidé de ne pas procéder à la proclamation des résultats provisoires de Lomé commune ». C’est ce qui ressort du communiqué rendu public par la CENI le samedi 20 octobre dernier au sujet des résultats des dernières législatives dans la commune de Lomé.

Les raisons évoquées par la commission avant d’arriver à cette conclusion sont nombreuses.

 En effet, depuis la proclamation le mercredi 17 octobre des résultats provisoires partiels des autres circonscriptions électorales suivie de ceux de la préfecture du golfe jeudi dernier, tous les regards sont tournés vers Lomé-Commune. Qui pour conforter sa victoire (RPT), qui pour espérer un siège (CPP, CDPA …) ou rafler les cinq sièges (UFC).

Après avoir fixé au samedi dernier la proclamation des résultats de Lomé, la CENI est revenue sur sa décision en fin de journée avec un communiqué qui relève un certain nombre d’irrégularités ne lui permettant  pas de pouvoir tenir sa promesse.  « La CENI transmettra un rapport complet à la cour constitutionnelle sur le cas particulier de la circonscription de Lomé commune et sur l’ensemble du processus électoral », souligne le communiqué, remettant ainsi en cause les satisfactions des missions d’observation.

Les causes du retard et les irrégularités

La CENI note au prime abord le retard dans le convoiement des kits électoraux des bureaux de vote vers le siège de la CELI Lomé commune, puis un nombre élevé d’urnes (soit plus de 300 urnes sur les 751 de la commune) ramenées « sans les scellés exigés, mais plutôt protégées par un ruban adhésif non réglementaire. Situation qui suscite préoccupations et interrogations », indique le même communiqué. La salle de délibération de la Mairie centrale de Lomé, siège de cette CELI, devenue trop exiguë pour contenir les 751 urnes et les membres des bureaux de vote, les opérations de centralisation ont été transférées au palais des congrès où les travaux ont été encore troublés par des « interférences humaines regrettables et répréhensibles ». Selon les termes du communiqué, «  un groupe de personnes conduit par un candidat de l’UFC s’est permis de s’introduire dans le palais des congrès entravant durablement le déroulement serein et crédible de l’opération de centralisation. Tout ceci sous le regard d’observateurs internationaux ». Par ailleurs, ce sont de nombreuses fiches fictives de résultats qui ont été décelées par la CELI, résultats « dont les bureaux de vote n’ont pu être localisés car ne figurant pas sur le fichier de la CENI ». Ces résultats ont été annulés avec ceux de plusieurs autres bureaux  de vote, soit une quarantaine environ,dont les résultats ont été reportés plus d’une fois sur la fiche de centralisation selon la CENI. de plus, deux membres de la CELI Lomé commune,l’un du RPT et l’autre de l’UFC, s’en sont venus aux mains dans les locaux de la CENI. celui de l’UFC gravement blessé a été évacué à l’hôpital. Plusieurs questions qui ont occupé les plénières de la CENI n’est pas pour autant parvenu à un consensus, notamment la question de savoir « si la CELI de Lomé commune avait le pouvoir d’invalider tel ou tel résultat quelle qu’en soit la raison ». Autant de problèmes qui n’ont  pas permis à la Ceni de se prononcer sur le cas de la commune de Lomé qu’elle confie à la Cour constitutionnelle.

Et pourtant, ils ont tous salué ce scrutin.

Plus de 3.500 observateurs nationaux et internationaux ont été dépêchés sur le territoire togolais pour évaluer de près les différentes étapes du processus. Sans attendre les étapes de la centralisation et de la proclamation des résultats, la plupart des observateurs, quelques heures après la fermeture des bureaux de vote, avaient donné leur conclusion sur le processus : « Elections libres, justes et transparentes » pour les uns,  « les quelques anomalies constatées ne sont pas de nature à remettre en cause la crédibilité du scrutin » pour d’autres.

« Ces irrégularités révélées par certaines formations politiques  et celles dont a fait cas la CENI, l’institution chargée d’organiser et de superviser les élections, jettent un discrédit sur les rapports des observateurs », a déclaré un analyste de la scène politique togolaise. Ce dernier se demande si toutes ces irrégularités ont pu subvenir dans la capitale qui est sensée être couverte par plus d’observateurs, « qu’en serait-il pour les circonscriptions de l’intérieur moins observées ? » ajoute-t-il Toutes ces missions d’observation bien qu’ayant relevé et dénoncé des  insuffisances et des irrégularités, ne  pouvaient prévoir ce qui est arrivé après leurs déclarations. « Sont-elles allées trop vite en besogne, ou n’ont-elles pas voulu aller au bout du processus ?»; telles sont les questions que se posent aujourd’hui, plusieurs Togolais qui ont cru en leur présence pour pouvoir disposer de rapports crédibles sur ces législatives.

Vers une annulation du scrutin du 14 octobre 2007 ?

Devant toutes ces irrégularités empêchant la CENI d’aller au bout de sa mission, la tâche revient à la cour constitutionnelle de se prononcer sur la crédibilité et la validation du processus. Aujourd’hui que les recours qui lui sont soumis viennent non plus seulement des partis contestataires des résultats, mais aussi de l’institution chargée d’organiser et de superviser les élections, cette cour se trouve dans une situation sans précédent au Togo. Plusieurs cas de figure seront envisagés. D’une part, la cour adopte la démarche de la CELI Lomé-Commune et valide les résultats de la  commune de Lomé. D’autre part, elle recommande un nouveau décompte des  bulletins de la commune de Lomé et ainsi que  celui des autres circonscriptions réclamées par les contestataires. Ce qui va de plus en plus compliquer le processus et remettre en cause les résultats provisoires donnés par la CENI. Soit encore la Cour décide d’une annulation du vote de la commune «à problème» et demande l’organisation de législatives partielles dans la capitale. Une hypothèse qui, si elle est retenue, va probablement faire l’affaire du RPT qui, avec la déception des électeurs de l’opposition, va glaner un ou deux sièges en plus des 49 déjà obtenus.

Sédjrawodo A. ADRY

Les réformes et la dynamique de gouvernement d’union : A quoi servira la prochaine Assemblée ?
Destinées à mettre fin à la longue crise politique qu’a connue le Togo, les élections législatives du 14 octobre dernier semblent avoir replongé le pays dans une autre crise politique. il s’agit en effet d’une crise politico institutionnelle qui fera de la proche assemblée nationale une caisse d’enregistrement, « réfractaire » au débat démocratique.

Au terme des dispositions de l’accord politique global (APG) et lors des assises du gouvernement d’union nationale conduit par Me Yawovi Agboyibo, un certain nombre de questions (impunité, découpage électoral, modifications constitutionnelles) ont été reléguées sur l’agenda de la prochaine assemblée. L’idée ici était de permettre aux acteurs politiques togolais d’instituer une assemblée représentative des différents courants politiques, notamment ceux signataires de l’APG, afin de permettre aux acteurs de prendre le temps et le recul nécessaires pour aborder ces sujets. Aujourd’hui, avec les résultats issus des urnes, tout semble être compromis.

Dans un premier temps, il ressort des résultats provisoires de ces élections que seules trois des six formations politiques parties prenantes de l’APG seront représentées au prochain parlement. Ce qui remet en cause les prévisions de l’APG.

Par ailleurs, avec ces résultats, la constitution d’un gouvernement d’union nationale devient improbable, à moins que le RPT ne veuille pas user de sa majorité parlementaire pour ouvrir le gouvernement aux autres acteurs de l’APG. Dans ce cas, le gouvernement deviendra le grand centre de décision et l’assemblée ne fera qu’entériner à la virgule près, les projets de loi qui lui seront soumis par l’exécutif.

Là aussi, se pose un autre problème, celui de la légitimité politique des membres du futur gouvernement.

En effet, à part l’UFC (Union des forces de changement) qui ne semblait pas très enthousiaste pour un gouvernement d’union ou d’ouverture, même si Patrick Lawson a essayé entre temps de «diluer» son  discours, tout portait à croire que toutes les autres formations, notamment le RPT (Rassemblement du peuple togolais), le CAR (Comité d’action pour le renouveau), la CDPA (Convention démocratique des peuples africains), la CPP (Convergence patriotique panafricaine) et le PDR (Parti démocratique pour le renouveau) étaient partantes pour la constitution d’un gouvernement d’union nationale. Ces partis pensaient ainsi sortir des législatives avec des scores autres que ceux qui leur ont été attribués par le chef d’orchestre des élections, la CENI (Commission électorale nationale indépendante).

Les résultats issus des urnes remettent en cause toutes ces prévisions et amènent à s’interroger sur le projet de gouvernement d’union nationale clamé çà et là. Avec quel légitimité politique des personnalités (de partis politiques) dont les partis n’ont aucun représentant au parlement vont-elles siéger au gouvernement ? Le RPT va t-il accepter former un gouvernement d’union nationale, seul centre de décision et faire de « son » Assemblée une caisse d’enregistrement ? Toute la question est là, et tout porte à croire que si le parti de Faure Gnassingbé se permet encore de tendre la main aux autres, c’est qu’il a compris que le Togo n’est encore prêt à vivre le jeu d’une démocratie classique où on a une majorité qui gouverne surtout que Le vote des togolais ayant été, d’une part tronqué par des données politico ethniques  remettant d’autre part en cause les acquis de l’APG.

Marc D. KOUAKANI-ASSI 

Les dégâts de l’APG (suite) : Les résultats des législatives sonnent-ils le glas de l’APG ?
Critiqué par les uns, applaudit par les autres, l’accord politique global (APG), avec ses imperfections était considéré depuis sa signature le 20 août 2006, comme l’un des instruments de règlement pacifique de la longue crise politique togolaise. Dans cet accord, il était prévu la formation d’un gouvernement d’union nationale ; l’organisation d’élections législatives justes, libres et transparentes avec à la clé, un parlement pluraliste qui va servir de cadre à un débat politique démocratique. Mais voilà, les résultats proclamés par Tozim Potopéré et les siens semblent compromettre l’essence même de ce deal entre les acteurs de la scène politique nationale.

Alors qu’à son adoption, tout le monde, à commencer par les éminents juristes de ce pays, les responsables du CAR (Comité d’Action pour le Renouveau), de la CPP (Convergence Patriotique Panafricain), et même du RPT (Rassemblement du Peuple Togolais), clamaient haut et fort que le mode de scrutin allait permettre à plusieurs formations politiques d’être représentées au parlement et de prendre part au débat politique sur la vie de la nation, seuls les responsables de l’UFC (Union des Forces de Changement) et quelques personnalités politiques comme Me Zeus Ajavon ou Atsutsè Kokouvi Agbobli soutenaient le contraire. A savoir qu’un seul parti peut avoir la majorité avec ce mode de scrutin. Aujourd’hui, avec les résultats proclamés qui font du parlement togolais une assemblée tricolore, tout porte à croire que les autres formations politiques, notamment celles qui ont pris part au dialogue inter togolais, n’auront plus la légitimité nécessaire pour participer au débat politique. Etant entendu que l’Assemblée est censée être le cadre réglementaire de discussion des autres réformes prévues au titre de l’APG.

A quel titre et sur la base de quoi la CDPA (Convention Démocratique des Peuples Africains), la CPP et le PDR (Parti pour la Démocratie et le  Renouveau) pour ne citer que ceux-là vont-ils prétendre prendre part aux futures  discussions portant sur la vie de la nation ? Cette question, les leaders de ces partis vont certainement se la poser. Eux qui, au lendemain de l’APG, déclaraient que cet accord inaugurait une nouvelle ère pour le Togo.

« Victoire » des opposants à l’APG

D’ores et déjà, l’histoire semble donner raison à ceux qui fustigeaient l’APG à sa naissance. Ces prophètes politiques, au nombre desquels la Convention démocratique des peuples africains branche Togo (CDPA-BT) du Professeur Gu-Konou, le Parti des Travailleurs de Claude Améganvi, et autres, soutenaient en effet à l’époque que l’APG ne servira qu’à légitimer le pouvoir de Faure Gnassingbé. Aujourd’hui, c’est chose faite et le RPT peut désormais en toute légitimité et avec le consentement des signataires de l’APG poursuivre seul ou avec ceux qui veulent bien l’accompagner en toute illégitimité, les réformes constitutionnelles et institutionnelles recommandées par l’accord politique global. Ce qui en soi constitue une « violation » de l’esprit de cet accord qui voudrait que les Togolais dans leur diversité politique se retrouvent dans un cadre parlementaire pour entreprendre de façon consensuelle les réformes.

      Les issues possibles

A défaut du parlement qui au finish apparaît une fois de plus encore comme une chambre d’enregistrement pour le régime RPT, l’opposition non parlementaire va peut se contenter du cadre permanent de concertation prévu par l’APG pour participer aux débats qui vont s’ouvrir dans les prochains mois. Mais là encore, tout porte à croire qu’il ne s’agira ni plus ni moins que du folklore.

Peut être que Faure Gnassingbé dans un esprit d’ouverture tel qu’il l’a affiché depuis son arrivée au pouvoir en 2005, va trouver une formule pour associer les autres composantes de la vie politique à la gestion des affaires de la cité. Encore faut-il dans cette option que les caciques de son parti comprennent la logique de sa démarche et le soutiennent. Pour l’heure, la CDPA a déjà félicité les vainqueurs et leur demande de poursuivre les réformes dans l’intérêt du peuple alors que le CAR, très atteint par des résultats inattendus semble ne plus prêt à collaborer. L’UFC étant en très forte minorité à l’Assemblé ne saurait trop peser sur les débats.

En un mot, l’APG semble désormais plus que caduc, et il appartient au RPT et plus largement à Faure Gnassingbé de voir s’il peut encore tendre la main à ses opposants modérés qui ont été désavoués dans les urnes par le peuple togolais. C’est à croire que la politique de rapprochement adoptée par une frange de l’opposition n’a pas convaincu l’électorat qui a préféré se prononcer en faveur des deux extrêmes.

Marc D. kouakani-assi 

Hommage à Lucky Dube : Un diseur de vérité en dreadlocks
Avec sa coiffure rasta et son habituelle barbe abondante qu’il arborait  Lucky Dube offrait à tous ceux qui ne l’ont découvert qu’au sommet de sa gloire l’image d’un quinquagénaire ou même plus. Pourtant, ce Sud-Africain noir au parcours atypique avait à peine célébré ses 43 bougies le 03 août dernier. Ardent artisan de la lutte contre la bête immonde de l’apartheid sur sa terre natale, il  y  a rendu l’âme le 18 octobre dernier dans un drame devenu hélas banal !

La nouvelle de son décès a surpris plus d’un, tant sa mort a été brutale : « Le chanteur sud-africain Lucky Dube, star internationale du reggae, a été tué par des malfaiteurs qui voulaient voler sa voiture jeudi soir à Johannesburg, une des villes ayant le taux de criminalité le plus élevé au monde » ; c’est la teneur de la dépêche dont abreuvent les agences de presse leurs abonnés depuis le jour de ce drame qui restera dorénavant comme l’un des plus sombres du continent noir.

 Son dernier album, Respect, le 21ème de sa riche carrière, était sorti en 2006. En condamnant implicitement le phénomène de la violence, il lâchait ceci après la présentation officielle de Respect, en appréciant les progrès réalisés par son pays (sur différents plans) depuis la tenue des premières élections multiraciales le 27 avril 1994 (qui ont sacré la victoire de l’ANC, Congrès national africain et l’accession du charismatique Nelson Mandela à la présidence) : « Nous avons essayé l’amour, l’unité, la camaraderie, mais cela ne semble pas beaucoup marcher pour nous. Il faut du respect, parce que c’est ce dont le monde a besoin maintenant ».

« Mes compositions ont généralement pour fondement la lecture des évènements touchant le vécu quotidien de mes contemporains », confiait-il lorsqu’on l’interrogeait sur les sources de ses inspirations musicales. Comme la majeur partie de ses compatriotes noirs qui ont été des témoins directs du régime ségrégationniste ou qui ont vu le jour en terre sud-africaine sous cette forme de régime politique, Philip Dube (de son vrai nom) est issu d’une famille indigente. Son second prénom, Lucky (qui veut dire « chanceux, qui porte bonheur » en Anglais), lui a été donné par sa mère Sarah, qui après plusieurs fausses couches, a donné naissance à un enfant, un garçon en la personne de Philip. Le décor lugubre de son environnement familial était davantage assombri par le comportement de son père ; ce dernier était en effet un adepte de l’alcoolisme. Mais cette succession d’adversités n’a en rien érodé l’ambition du jeune Sud-Africain «Noir» de s’accomplir dans la vie. Avant de se lancer sur les chemins de l’école, le fils de Sarah a été durant sa tendre enfance jardinière dans les faubourgs du Transvaal oriental (appelé aujourd’hui Mpumalanga), sa région natale. C’est sur les bancs de l’école que va s’affirmer en lui sa passion pour la musique, plus précisément dans la peau de jeune choriste. Cependant, le tournant de ses débuts dans ce nouveau monde s’opèrera en 1982 ; il a alors 18 ans et intègre à Newcastle (en Grande Bretagne) le groupe de son cousin Richard Siluma (qui deviendra plus tard une personnalité importante dans la production d’artistes en Afrique du Sud), The love brothers. Il confirmera au sein de cette formation sa réputation de bon chanteur. Il y va également  maîtriser les rudiments d’un genre musical particulier sud-africain (zulu) développé par The love brothers. Il s’agit du mbaqanga. Il faudra signaler que le rythme musical précité a aujourd’hui comme ambassadeurs des célèbres groupes comme Soul Brothers and Mahlathini ainsi que The Mahotella Queens. C’est au terme de la production de quatre albums avec The love brothers  et estampillés de la musique mbaqanga que Lucky se tournera vers le reggae. Sa rencontre avec Dave Segal (qui deviendra son ingénieur du son) va beaucoup peser dans cette volte-face musicale. Pendant ce temps, Richard Siluma se mue en véritable mentor de son protégé et se charge de lui bâtir une carrière solo. Désormais, les albums de Philip Dube ne portent plus que sa propre griffe ; exit celle des inter titre Dube et  le reggae The love brothers.

Ainsi, c’est à partir du succès réalisé par l’enregistrement des premiers morceaux reggae de Dube (que sont Reggae Man et City Life) que le trio composé de ce dernier, Richard et Dave va décider de s’ancrer définitivement dans cette mouvance musicale venue des Caraïbes et plus précisément de la Jamaïque. Le premier couronnement de la complicité entre ces trois compères sera la sortie du mini-album Rastas Never Die qui comporte 4 titres. Nous étions en 1984. Rastas Never Die ne connaîtra pas néanmoins le succès discographique dont les précédentes productions de Lucky et ses complices dans le registre mbaqanga furent l’objet. Mais, dorénavant, une chose est certaine : le trio ne fera plus machine arrière. Think About The Children sera le fruit de cette témérité sans faille. Cet opus se révèlera comme la rampe de lancement de la carrière reggae du natif de l’ex-Transvaal oriental. Une nouvelle étoile sud-africaine musicale venait ainsi de voir le jour. Elle se produira aux quatre coins du monde et se verra décerner plus d’une vingtaine de trophées, tant nationaux qu’internationaux. Cette même star aura à partager des scènes avec d’autres grands noms de la musique mondiale tels que Maxi Priest, Sinead O-Connor, Peter Gabriel, Michael Jackson, Seal, Ziggy Marley, Celine Dion ou encore Sting. Sa terre natale de laquelle il ne se détachera pas en dépit sa célébrité planétaire sera le théâtre de sa subite mort le 18 octobre 2007 ! Cependant, son héritage musical survivra à jamais comme celui d’autres illustres personnages de la musique noire et de son pays.

Edem GADEGBEKU

 

 
 
 
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