|
La
délégation de l’union Européenne arrivée à Lomé pour
d’une part échanger avec les différents acteurs de
la scène politique togolaise de la mise en
application de l’accord politique global et d’autre
part évaluer le processus de mise en application des
22 engagements avec le récent aboutissement heureux
du dialogue inter togolais, a achevé hier sa
mission. Pendant son séjour togolais, la délégation
a rencontré les différentes parties ayant pris part
au dialogue et discuté des conditions nécessaires
pour une tenue effective d’élections législatives
libres, transparentes et équitables, condition sine
qua none pour une reprise effective de la
coopération entre l’Union Européenne et le Togo.
Si
pour les uns les conditions sont dorénavant réunies
pour des élections qui ne souffriront d’aucunes
contestations, pour d’autres, il convient de mettre
l’accent sur les stratégies à mettre en place pour
garantir la clarté des futures échéances. C’est
ainsi que les représentants du CAR de Me Yawovi
Agboyibo, avec à sa tête Me Apévon, ont demandé
l’accélération de la procédure afin que les
différents points mis en suspens au cours du
dialogue et qui interviennent dans le processus
soient vite abordés par le gouvernement d’union.
Conformément à l’accord politique global, c’est au
nouvel exécutif que revient la charge de discuter et
de décider de certains points sensibles du processus
électoral notamment le mode de scrutin. Une
disposition qui selon la CDPA de Léopold Messan
Gnininvi tire son essence du sort connu par les
précédents accords politiques. Pour ce parti,
l’actuel gouvernement qui en fait, est un
gouvernement de mission doit mettre tout en œuvre
pour faire aboutir le processus de réconciliation
par l’organisation sans faille des élections en
perspective.
Du
coté de l’Union des Forces de changement de
Gilchrist Olympio, on estime que la mise en
application des 22 engagements a connu certes des
progrès mais il reste beaucoup à faire puisque,
a-t-elle signalé, certains de ses militants seraient
toujours détenus.
Quant à l’application de l’accord politique global,
l’UFC a déploré la procédure ayant conduit à la
formation du gouvernement d’union nationale. Selon
Patrick Lawson, tout « s’est fait dans la
précipitation donnant ainsi l’impression de vouloir
exclure l’UFC du processus ». Le parti a
également relevé des insuffisances de l’accord et a
souhaité une meilleure implication de l’Union
Européenne dans la résolution du problème togolais.
L’UFC est la seule formation politique ayant pris
part au dialogue dont aucun représentant ne figure
dans le gouvernement (du moins à titre officiel).
Un
gouvernement qui estime tout comme le RPT, le PDR et
la CPP que l’Etat togolais a respecté la totalité
des 22 engagements. Pour ces trois partis, le
dialogue étant allé au-delà des recommandations
inscrites dans la feuille de route de l’Union
Européenne, il est évident que toutes les garanties
sont réunies pour des élections équitables. C’est
dans ce cadre que le gouvernement a rassuré la
délégation au cours de la séance de travail qu’il a
eu hier soir avec la mission au ministère des
affaires étrangères, que des dispositions pratiques
sont prises pour un accomplissement effectif de sa
principale mission. La séance de travail a rassemblé
les différents départements ministériels qui doivent
intervenir dans le processus électoral.
La
mission de l’UE après constatation des progrès
réalisés dans la mise en application des 22
engagement a émis le vœu que ce processus de
réconciliation enclenché, puisse se poursuive et
aboutir. Aussi a-t-elle convié les autorités à ne
pas se laisser entraîner par la précipitation dans
l’organisation des élections. L’important est de
réunir les conditions nécessaires à la transparence
de ces élections, a laissé entendre le représentant
de la commission de l’UE, Manuel Lopez Blanco.
L’ensemble de la délégation de l’UE a félicité tous
les acteurs politiques pour leur volonté à rester
dans l’esprit de consensus qui a prévalu lors du
dialogue inter togolais, esprit qui a permis un
aboutissement heureux de ces pourparlers.
Au
cours de son séjour, la mission a également
rencontré le président Faure Gnassingbé, le premier
ministre, Me Yawovi Agboyibo. La rencontre avec la
CENI, un souhait de la délégation n’a pu se tenir.
Saturnin S. NOAMESSI
|