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11 Oct2007 

[ 306: du 10 Oct 2007]  

Guerre des tranchées entre deux poids lourds de l’opposition : Le «Détia» et le «Bélier noir» sont-ils devenus des ennemis politiques ?
Longtemps sujets d’analyses et de polémiques au sein de la presse, les relations entre le Comité d’action pour le renouveau (CAR) de Me Yawovi Agboyibo et l’Union des forces de changement (UFC) de Gilchrist Olympio semblent de plus en plus conflictuelles à tel enseigne qu’on parle aujourd’hui de divorce définitivement consommé entre ces deux poids lourds de l’opposition traditionnelle.

La guerre des tranchées
Au cours de cette campagne électorale, les deux partis se livrent une guerre sans merci caractérisée par des attaques et des contre-attaques dignes de deux coépouses.

Au Bélier noir qui dit que son parti en cas de victoire formera un gouvernement de consensus qu’avec les partis du consensus (sous entendant de façon que l’autre qui a refusé de  participer à son gouvernement ne l’est pas), le « Détia » répond explicitement qu’il n’entend pas former d’alliance avec le parti des «Amazones» habillées en rouge dans le cadre des présentes législatives.

Lors d’une émission télévisée, Jean-Pierre Fabre, secrétaire général de l’UFC avait relevé que, selon des témoignages reçus, le leader du CAR aurait, lors d’une séance de travail, demandé aux chefs traditionnels de mobiliser leurs populations à ne pas voter « Détia ». Arguant que ni l’armée, ni la communauté internationale ne veulent du parti de Gilchrist Olympio. D’autre part, au cours de la présente campagne électorale, l’UFC, selon les responsables de ce parti serait devenue la cible des candidats du CAR qui s’emploient à le fustiger.

Au CAR, on dément toutes ces allégations qu’on considère comme de la provocation. En plus de ce que ce parti, par la voix de Jean Kissi, assistant personnel du premier ministre, soutient que l’UFC n’est qu’un concurrent politique et non un adversaire et encore moins un ennemi, le secrétaire général du CAR vient de rendre public une correspondance adressée au président national de l’UFC pour lui faire part de leur mécontentement suite au comportement de ses candidats sur le terrain.

Il s’agit de la distribution par certains responsables de l’UFC, notamment le candidat tête de liste dans l’Est-Mono, Oré Djimon, d’un journal dans lequel il est écrit que le parti de l’actuel premier ministre a signé avec le RPT un accord dit de « partenariat loyal » qui donnerait la primature à Me Agboyibo jusqu’en 2010, année de fin de mandat du président Faure Gnassingbé. Pour le CAR, ces informations sont « absolument fausses et relèvent de la pure invention ». C’est au vu de ces attaques et contre attaques que le 3e vice président national de l’UFC, longtemps considéré comme l’homme le plus modéré du présidium du Détia a fini par lâcher sur les antennes de RFI (Radio France Internationale): « nous ne sommes pas les alliés naturels du CAR » ou encore « n’insistez pas trop sur une alliance avec le CAR » à la question de savoir si son parti est prêt à nouer une alliance avec le CAR et la CDPA au lendemain des législatives.

Une guerre qui arrange le RPT

Au delà de ces coups bas qui font le nid d’une victoire (pas forcément en terme de nombre de siège) du RPT aux prochaines législatives, une question s’impose : les deux partis ne vont ils pas brader une éventuelle victoire de l’opposition traditionnelle au soir du 14 octobre ? En effet, tous les spécialistes des questions électorales s’accordent à dire que le mode de scrutin et les réalités politiques togolaises ne favorisent pas l’émergence d’une majorité absolue lors des élections. Ce qui sous entend que pour gouverner, les uns auront forcément besoin des autres. En d’autres termes, il sera difficile que le CAR ou l’UFC l’emporte chacun à lui tout seul pour prétendre ne pas avoir besoin de l’autre. Ceci étant, tout porte à croire que pour garder la primature (CAR) ou la prendre (UFC), ces deux partis devront opter pour des alliances avec ou sans l’autre. Et c’est ici que naîtra la difficulté et les risquent de remise en cause de la victoire éventuelle des « forces démocratiques ».

Autrefois seul contre tous, le RPT deviendra dans ce schéma le parti qui se fera le plus désirer. Que dira le peuple d’une alliance CAR-RPT ou RPT-UFC? Si la première n’apparaîtra pas comme une surprise, l’information courant déjà les rues, la seconde contre nature paraîtra comme un revirement à 180° du parti de l’opposant historique au défunt Eyadema Gnassingbé.

Le RPT toujours infréquentable ?

La question trouve son importance dans le fait qu’à chaque fois qu’on évoque les jeux d’alliance, les uns et les autres ne semblent pas vouloir d’un compromis entre un parti de l’opposition démocratique et le Rassemblement du peuple togolais de Faure Gnassingbé. Et pourtant, comme le soutiennent ses militants, c’est grâce au jeune président de ce parti que « certains grands frères se permettent aujourd’hui de passer plus d’une nuit à Lomé » ou que « d’autres sont à des postes de responsabilité aujourd’hui ». Le CAR leur répondra qu’au vu « des actes de violence qui ont émaillé le scrutin d’avril 20005, le président de la République ne pouvait pas se dérober de la nécessité de rechercher autour de lui le consensus politique national ». Un argument utilisé par tous les partis de l’opposition pour justifier l’ouverture politique constatée au lendemain d’avril 2005.

Seul abord pendant près de 38 ans, le Rassemblement du peuple togolais a été pendant longtemps le parti à abattre de toutes les formations de l’opposition togolaise. Depuis l’accession de Faure Gnassingbé au pouvoir,  la donne semble avoir changé. De Edem Kodjo à Agboyibo, et des rencontres bilatérales Faure-Gilchrist, «l’un fils de la nation, l’autre fils de l’indépendance» à la signature de l’accord politique global (APG), le RPT, longtemps accusé de « gourmand politique » (pour avoir refusé de partager le pouvoir ou d’adhérer au principe de l’alternance politique), apparaît désormais comme un parti fréquentable. Ce qui a amené le CAR a déclaré que « c’est grâce aux rapports harmonieux que le premier ministre entretien aussi bien avec le chef de l’Etat qu’avec la CENI » que les difficultés qui entravaient le processus électoral ont été surmontées. La tentative de démission du PM est passée aux oubliettes !

Si tel est le cas, pourquoi le CAR ou l’UFC ou encore la CDPA (Convention démocratique des peuples africains) du professeur Gnininvi se refusent-ils de former une coalition avec le RPT si jamais l’opportunité leur est donnée ? Le Togo est-il prêt à vivre une cohabitation politique au sommet de l’Etat avec une loi fondamentale où le premier ministre est dépouillé des prérogatives qui lui ont été conférées par la constitution de 1992 ? N’est-il pas plus souhaitable que les uns et les autres se mettent ensemble pour former un exécutif transitoire autour d’un projet de société de consensus destiné à relever le pays de sa longue crise sociopolitique ? Pour Me Zeus Ajavon, le Togo a aujourd’hui plus besoin d’une union sacrée de tous les acteurs politiques que de toute autre chose.

Quel gouvernement après le 14 alors ?

Dans les différents états-majors, des plans sont concoctés et la vision qu’on a du futur gouvernement paraît encore floue. Si à l’UFC on exclu l’éventualité d’une alliance avec le parti au pouvoir, on indique par contre qu’en cas de victoire, le parti entend faire appel à toutes les formations politiques pour former un « gouvernement d’ouverture » [NDLR]. Au CAR, on parle de gouvernement de consensus avec les partis du consensus. Qui sont ils, on les connaîtra le moment venu, répond on dans les couloirs de la primature. La CDPA, comme à son habitude ne s’est pas encore explicitement prononcée sur la question. Mais estime « qu’il faut que ceux qui vont former la majorité demain se ressemblent un tout petit peu ». Le RPT a annoncé les couleurs depuis. Pour ce parti qui se réjouit des expériences des gouvernements d’ouverture conduit par Edem Kodjo, le roi de la CPP (convergence patriotique panafricaine) et d’union nationale dirigé par Yawovi Agboyibo du CAR, seul un gouvernement d’union nationale est recommandable après les législatives du 14 octobre 2007.

En claire, tous veulent la même chose. Sauf que personne ne sait pour l’instant, celui qui va piloter ce gouvernement. Et c’est de là que viendra certainement le déclic. Repêcher Kodjo, reconduire Agboyibo ou essayer une personnalité de l’UFC ou de la CDPA, Faure Gnassingbé aura  à partir de la semaine prochaine à répondre à cette interrogation.

Marc D. kouakani-assi

Médiation sur l’authentification des bulletins : Compaoré se prononce aujourd’hui
Arrivé à Lomé samedi dernier en provenance de Cotonou (Bénin) pour régler la question de l’authentification des bulletins de vote qui divise la classe politique togolaise, Djibril Bassolé, l’émissaire du président du Faso, Blaise Compaoré est reparti à Ouagadougou lundi dernier sans avoir réussi à apporter la solution magique à cette « pernicieuse » question. D’après les nouvelles, les discussions se poursuivent entre les responsables des partis politiques. Pour l’instant, les informations indiquent que c’est toujours le statu quo. Les positions sont figées entre les tenants et les adversaires de l’authentification ou non des bulletins.

Des rumeurs malveillantes font état de ce que des bulletins pré-votés sont déjà distribués dans le cadre du scrutin de dimanche.

D’autres sources confient que le diplomate burkinabé était venu recueillir les avis et propositions auprès des acteurs aux fins de les transmettre à son «patron» qui devrait se prononcer aujourd’hui sur la question.

Des sources proches du  trio UFC, CAR et CDPA  indiquent que ces partis ont proposé qu’on procède à un tirage au sort le jour du vote pour désigner les signataires des bulletins,  l’option des présidents et rapporteurs des bureaux de vote étant rejetée par le RPT qui soupçonne l’opposition de fraude.

Le vote des militaires compromis ?

Les FAT (Forces Armées Togolaises) et les autres corps devront voter normalement demain. .A la veille de cette opération, la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) n’est pas toujours parvenue à régler le problème de l’authentification des bulletins qui bloque son fonctionnement. Une chose est sûre, sans une solution à cette question, les militaires ne pourront pas accomplir leur devoir civique demain. Ce qui fera planer un doute sur la tenue du scrutin du 14 octobre. Un cas de figure que nombre de Togolais se refusent d’envisager. De part et d’autre, on appelle à une solution consensuelle et alternative. Entre temps, tous les regards sont tournés vers Blaise Compaoré.

Noël Y. A. GLISSOU

Pour superviser les législatives du 14 octobre prochain : 62 nouveaux observateurs de l’UE déployés sur le terrain
Venus de 19 pays de l’Europe des 25, ces 62 nouveaux observateurs seront déployés dans les 30 préfectures du Togo. Ce nouveau contingent porte à 80, le nombre total des observateurs de l’UE (Union Européenne) dans le cadre des législatives du 14 octobre prochain.

Arrivés depuis samedi dernier à Lomé, les 62 européens ont assisté à une séance de formation sur l’observation des élections avant leur déploiement sur le terrain ce mardi 09 octobre 2007. D’après Mme Fiona Hall, le chef de la mission de supervision de l’UE, ces observateurs ont été choisis en « fonction de leur formation  et de leur expérience dans le domaine de l’observation électorale ». Cette mission effectuera selon elle, des visites dans les différentes préfectures afin d’évaluer la situation et suivre les derniers déroulements de la campagne électorale avant le scrutin du 14 octobre. Elle a également annoncé l’arrivée de Me Marie Arlette Corletti, députée européenne à la tête d’une délégation de six personnes issues du parlement de l’Europe dans le but d’ « observer les élections législatives du 14 octobre».

D’autres parlementaires de l’UE seront associés à la mission d’observation de l’UE. Peu après le scrutin, la mission publiera une déclaration préliminaire comprenant les principales conclusions de son observation. La mission prend fin le 18 octobre.

Noël Y. A. GLISSOU

Année scolaire 2007-2008 Vers un nouveau report de la rentrée ?
Prévue pour le lundi 17 septembre dernier, la rentrée des classes a été reportée in extremis au 17 octobre prochain. Les raisons officiellement évoquées sont les dégâts causés par les inondations à Kpendjal et dans d’autres régions du pays. Du coup, l’ambiance de la veille de la reprise des cours s’est estompée.

Dans la foulée, la campagne électorale des prochaines législatives a occupé les pensées. Aujourd’hui, à huit jours de cette rentrée, personne n’en parle. Pas même les élèves, les premiers concernés et encore moins leurs encadreurs dont certains sont fortement préoccupés par la course au parlement. Dans les librairies et les marchés occasionnels d’articles scolaires, l’affluence a sensiblement diminué. Plusieurs raisons peuvent expliquer ce silence ; d’une part, le report intervenu presque à  la veille ;un moment où tous les acteurs ont presque tout apprêté pour la reprise des classes.  Dans ce cas, ils n’attendent que le jour J, ce qui sans doute fait oublier l’ambiance habituelle des veillées de rentrée scolaire.

    Les parents essoufflés par les dépenses et qui ont salué ce report ont-ils eu cette fois-ci le temps et les moyens d’apprêter le nécessaire pour leurs enfants ? La question est diversement appréciée ; M. Tétévi fonctionnaire à la retraite et père de 4 lycéens compte sur le paiement annoncé d’un mois d’arriéré de pension. « Je n’ai que mes petites pensions pour subvenir à leur besoins, je ne pouvais tout leur donner avant la rentrée de septembre, mais puisqu’il y a eu un mois de plus et avec l’arriéré d’avril 2001 qu’on va nous payer, je peux encore leur faire quelque chose », a indiqué ce sexagénaire. Ailleurs, on n’a pas la même appréciation de ce report. Madame Awa enseignante contractuelle pense qu’elle vient de perdre un mois de gain. « C’est nous qui sommes toujours les perdants dans les situations pareilles, nous sommes payés à la tâche et il nous faut  au moins un mois de travail pour mettre nos enfants dans les meilleures conditions d’une année scolaire », a-t-elle déclaré  avant d’ajouter : « On nous donne des raisons d’inondations, est-ce à dire qu’il y aura un nouveau report, étant donné que les pluies continuent de faire de nouvelles victimes » ? Approché sur le sujet, le ministère des Enseignements primaire et secondaire n’a pu se prononcer sur la reprise effective des cours surtout dans les zones inondées.  «Tant qu’il n’y a pas de communiqué annonçant un nouveau report, cela veut dire que la rentrée tient le 17 octobre……  pour ce qui est  de  la restauration des infrastructures détruites dans le Kpendjal et autres, il faut contacter les gens de cette localité pour savoir… », a confié la source que nous avons réussi à joindre auprès dudit ministère. Voilà qui amène vers une autre raison du silence. 

En effet les catastrophes naturelles qui ont provoqué ce report ont fait de nouvelles victimes dans d’autres régions du pays. Dans la préfecture des Lacs, plusieurs villages ont vu leurs habitants sauver par les services  humanitaires et recueillis dans des centres d’accueil à Aklakou, un autre village de la préfecture. Toutes ces incertitudes, même au niveau  du ministère nourrissent la rumeur d’un report.

         D’autre part, la campagne électorale pour les législatives du dimanche prochain préoccupe tous les togolais. Elle emporte dans ses caravanes élèves, parents, enseignants, directeurs, inspecteurs et ministres. Ce qui fait dire à certains qu’elle est la vraie raison du report de la rentrée. Pour l’heure, la date du 17 octobre est toujours retenue même si certaines langues parlent du 22 octobre.

Ayaovi A. SEDJRAWODO

Match Togo-Mali Tolérance zéro pour les «fauteurs de troubles»
Dans un communiqué rendu public lundi dernier, les autorités sportives togolaises ont mis en garde les supporters contre les actes de violences durant le match Togo-Mali. A travers cette mise en garde, le gouvernement s’adresse, selon certains commentaires,  aux « malins esprits qui chercheront à engendrer d’une manière ou d’une autre la violence avant, pendant et après ce match ». Pour dissuader les éventuels fauteurs de troubles, le ministre de la Jeunesse et des Sports par intérim, Gilbert Atsu, prévient que les contrevenants « seront punis conformément à la législation en vigueur au Togo».

Dans la dernière partie du texte, les autorités togolaises insistent sur le fait que le fair-play doit prédominer au cours de cette rencontre « qui doit être considérée comme celle de deux jeunesses unies par des liens séculaires ». Elles recommandent aux supporters de « toutes nationalités » beaucoup de retenue dans leurs émotions. « On ne saura tolérer les actes isolés de certains supporters excités qui chercheront à ternir l’image de notre pays », conclut le communiqué.

Selon certaines sources proches du comité provisoire de gestion de la Fédération togolaise de football (FTF), cette rencontre entre le Togo et le Mali au stade de Kégué à Lomé mobilisera un nombre important de forces de sécurité.

Une disposition saluée par certains responsables de la CAF et la délégation malienne dans la mesure où plus d’un millier de supporters étrangers dont 500 maliens sont attendus à Lomé vendredi prochain. Ceci, dans la mesure où ces groupes de supporters ont besoin d’une haute protection en cas de débordement.

Ce match entre Eperviers du Togo et Aigles du Mali a pour enjeu de déterminer la première sélection du groupe 9. Une victoire du Togo le propulsera définitivement à la phase finale de la CAN Ghana 2008 ; c’est également le cas pour le Mali qui a obligation de victoire. Les deux pays sont toutefois sous la menace du Bénin qui se rend le même jour en Sierra Léone.

Le Mali et le Togo sont en tête du groupe, avec chacun 9 points, talonnés par le Bénin (8 points), et la Sierra Leone qui ferme la marche avec 1 point.

Gabin Koissidjin

 

 
 
 
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