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Guerre des tranchées entre deux poids lourds de
l’opposition
:
Le «Détia» et le «Bélier noir» sont-ils devenus des
ennemis politiques ?
Longtemps sujets d’analyses et de polémiques au sein
de la presse, les relations entre le Comité d’action
pour le renouveau (CAR) de Me Yawovi Agboyibo et
l’Union des forces de changement (UFC) de Gilchrist
Olympio semblent de plus en plus conflictuelles à tel
enseigne qu’on parle aujourd’hui de divorce
définitivement consommé entre ces deux poids lourds
de l’opposition traditionnelle.
La guerre des tranchées
Au cours de cette campagne électorale, les deux
partis se livrent une guerre sans merci caractérisée
par des attaques et des contre-attaques dignes de
deux coépouses.
Au
Bélier noir qui dit que son parti en cas de victoire
formera un gouvernement de consensus qu’avec les
partis du consensus (sous entendant de façon que
l’autre qui a refusé de participer à son
gouvernement ne l’est pas), le « Détia »
répond explicitement qu’il n’entend pas former
d’alliance avec le parti des «Amazones»
habillées en rouge dans le cadre des présentes
législatives.
Lors d’une émission télévisée, Jean-Pierre Fabre,
secrétaire général de l’UFC avait relevé que, selon
des témoignages reçus, le leader du CAR aurait, lors
d’une séance de travail, demandé aux chefs
traditionnels de mobiliser leurs populations à ne pas
voter « Détia ». Arguant que ni l’armée, ni la
communauté internationale ne veulent du parti de
Gilchrist Olympio. D’autre part, au cours de la
présente campagne électorale, l’UFC, selon les
responsables de ce parti serait devenue la cible des
candidats du CAR qui s’emploient à le fustiger.
Au
CAR, on dément toutes ces allégations qu’on considère
comme de la provocation. En plus de ce que ce parti,
par la voix de Jean Kissi, assistant personnel du
premier ministre, soutient que l’UFC n’est qu’un
concurrent politique et non un adversaire et encore
moins un ennemi, le secrétaire général du CAR vient
de rendre public une correspondance adressée au
président national de l’UFC pour lui faire part de
leur mécontentement suite au comportement de ses
candidats sur le terrain.
Il
s’agit de la distribution par certains responsables
de l’UFC, notamment le candidat tête de liste dans l’Est-Mono,
Oré Djimon, d’un journal dans lequel il est écrit que
le parti de l’actuel premier ministre a signé avec le
RPT un accord dit de « partenariat loyal » qui
donnerait la primature à Me Agboyibo jusqu’en 2010,
année de fin de mandat du président Faure Gnassingbé.
Pour le CAR, ces informations sont « absolument
fausses et relèvent de la pure invention ». C’est
au vu de ces attaques et contre attaques que le 3e vice
président national de l’UFC, longtemps considéré
comme l’homme le plus modéré du présidium du Détia a
fini par lâcher sur les antennes de RFI (Radio France
Internationale): « nous ne sommes pas les alliés
naturels du CAR » ou encore « n’insistez pas
trop sur une alliance avec le CAR » à la question
de savoir si son parti est prêt à nouer une alliance
avec le CAR et la CDPA au lendemain des législatives.
Une
guerre qui arrange le RPT
Au
delà de ces coups bas qui font le nid d’une victoire
(pas forcément en terme de nombre de siège) du RPT
aux prochaines législatives, une question s’impose :
les deux partis ne vont ils pas brader une éventuelle
victoire de l’opposition traditionnelle au soir du 14
octobre ? En effet, tous les spécialistes des
questions électorales s’accordent à dire que le mode
de scrutin et les réalités politiques togolaises ne
favorisent pas l’émergence d’une majorité absolue
lors des élections. Ce qui sous entend que pour
gouverner, les uns auront forcément besoin des
autres. En d’autres termes, il sera difficile que le
CAR ou l’UFC l’emporte chacun à lui tout seul pour
prétendre ne pas avoir besoin de l’autre. Ceci étant,
tout porte à croire que pour garder la primature
(CAR) ou la prendre (UFC), ces deux partis devront
opter pour des alliances avec ou sans l’autre. Et
c’est ici que naîtra la difficulté et les risquent de
remise en cause de la victoire éventuelle des « forces
démocratiques ».
Autrefois seul contre tous, le RPT deviendra dans ce
schéma le parti qui se fera le plus désirer. Que dira
le peuple d’une alliance CAR-RPT ou RPT-UFC? Si la
première n’apparaîtra pas comme une surprise,
l’information courant déjà les rues, la seconde
contre nature paraîtra comme un revirement à 180° du
parti de l’opposant historique au défunt Eyadema
Gnassingbé.
Le
RPT toujours infréquentable ?
La
question trouve son importance dans le fait qu’à
chaque fois qu’on évoque les jeux d’alliance, les uns
et les autres ne semblent pas vouloir d’un compromis
entre un parti de l’opposition démocratique et le
Rassemblement du peuple togolais de Faure Gnassingbé.
Et pourtant, comme le soutiennent ses militants,
c’est grâce au jeune président de ce parti que « certains
grands frères se permettent aujourd’hui de passer
plus d’une nuit à Lomé » ou que « d’autres
sont à des postes de responsabilité aujourd’hui ».
Le CAR leur répondra qu’au vu « des actes de
violence qui ont émaillé le scrutin d’avril 20005, le
président de
la
République
ne pouvait pas se dérober de la nécessité de
rechercher autour de lui le consensus politique
national ».
Un argument utilisé par tous les partis de
l’opposition pour justifier l’ouverture politique
constatée au lendemain d’avril 2005.
Seul abord pendant près de 38 ans, le Rassemblement
du peuple togolais a été pendant longtemps le parti à
abattre de toutes les formations de l’opposition
togolaise. Depuis l’accession de Faure Gnassingbé au
pouvoir, la donne semble avoir changé. De Edem Kodjo
à Agboyibo, et des rencontres bilatérales
Faure-Gilchrist, «l’un fils de la nation, l’autre
fils de l’indépendance» à la signature de
l’accord politique global (APG), le RPT, longtemps
accusé de « gourmand politique » (pour avoir
refusé de partager le pouvoir ou d’adhérer au
principe de l’alternance politique), apparaît
désormais comme un parti fréquentable. Ce qui a amené
le CAR a déclaré que « c’est grâce aux rapports
harmonieux que le premier ministre entretien aussi
bien avec le chef de l’Etat qu’avec
la
CENI »
que les difficultés qui entravaient le processus
électoral ont été surmontées. La tentative de
démission du PM est passée aux oubliettes !
Si
tel est le cas, pourquoi le CAR ou l’UFC ou encore la
CDPA (Convention démocratique des peuples africains)
du professeur Gnininvi se refusent-ils de former une
coalition avec le RPT si jamais l’opportunité leur
est donnée ? Le Togo est-il prêt à vivre une
cohabitation politique au sommet de l’Etat avec une
loi fondamentale où le premier ministre est dépouillé
des prérogatives qui lui ont été conférées par la
constitution de 1992 ? N’est-il pas plus souhaitable
que les uns et les autres se mettent ensemble pour
former un exécutif transitoire autour d’un projet de
société de consensus destiné à relever le pays de sa
longue crise sociopolitique ? Pour Me Zeus Ajavon, le
Togo a aujourd’hui plus besoin d’une union sacrée de
tous les acteurs politiques que de toute autre chose.
Quel gouvernement après le 14 alors ?
Dans les différents états-majors, des plans sont
concoctés et la vision qu’on a du futur gouvernement
paraît encore floue. Si à l’UFC on exclu
l’éventualité d’une alliance avec le parti au
pouvoir, on indique par contre qu’en cas de victoire,
le parti entend faire appel à toutes les formations
politiques pour former un « gouvernement
d’ouverture » [NDLR]. Au CAR, on parle de
gouvernement de consensus avec les partis du
consensus. Qui sont ils, on les connaîtra le moment
venu, répond on dans les couloirs de la primature. La
CDPA, comme à son habitude ne s’est pas encore
explicitement prononcée sur la question. Mais estime
« qu’il faut que ceux qui vont former la majorité
demain se ressemblent un tout petit peu ». Le RPT
a annoncé les couleurs depuis. Pour ce parti qui se
réjouit des expériences des gouvernements d’ouverture
conduit par Edem Kodjo, le roi de la CPP (convergence
patriotique panafricaine) et d’union nationale dirigé
par Yawovi Agboyibo du CAR, seul un gouvernement
d’union nationale est recommandable après les
législatives du 14 octobre 2007.
En
claire, tous veulent la même chose. Sauf que personne
ne sait pour l’instant, celui qui va piloter ce
gouvernement. Et c’est de là que viendra certainement
le déclic. Repêcher Kodjo, reconduire Agboyibo ou
essayer une personnalité de l’UFC ou de la CDPA,
Faure Gnassingbé aura à partir de la semaine
prochaine à répondre à cette interrogation.
Marc D.
kouakani-assi
Médiation sur l’authentification des bulletins
:
Compaoré se prononce aujourd’hui
Arrivé à Lomé samedi dernier en provenance de Cotonou
(Bénin) pour régler la question de l’authentification
des bulletins de vote qui divise la classe politique
togolaise, Djibril Bassolé, l’émissaire du président
du Faso, Blaise Compaoré est reparti à Ouagadougou
lundi dernier sans avoir réussi à apporter la
solution magique à cette « pernicieuse »
question. D’après les nouvelles, les discussions se
poursuivent entre les responsables des partis
politiques. Pour l’instant, les informations
indiquent que c’est toujours le statu quo. Les
positions sont figées entre les tenants et les
adversaires de l’authentification ou non des
bulletins.
Des
rumeurs malveillantes font état de ce que des
bulletins pré-votés sont déjà distribués dans le
cadre du scrutin de dimanche.
D’autres sources confient que le diplomate burkinabé
était venu recueillir les avis et propositions auprès
des acteurs aux fins de les transmettre à son
«patron» qui devrait se prononcer aujourd’hui sur la
question.
Des
sources proches du trio UFC, CAR et CDPA indiquent
que ces partis ont proposé qu’on procède à un tirage
au sort le jour du vote pour désigner les signataires
des bulletins, l’option des présidents et
rapporteurs des bureaux de vote étant rejetée par le
RPT qui soupçonne l’opposition de fraude.
Le vote des militaires compromis ?
Les
FAT (Forces Armées Togolaises) et les autres corps
devront voter normalement demain. .A la veille de
cette opération, la CENI (Commission Electorale
Nationale Indépendante) n’est pas toujours parvenue à
régler le problème de l’authentification des
bulletins qui bloque son fonctionnement. Une chose
est sûre, sans une solution à cette question, les
militaires ne pourront pas accomplir leur devoir
civique demain. Ce qui fera planer un doute sur la
tenue du scrutin du 14 octobre. Un cas de figure que
nombre de Togolais se refusent d’envisager. De part
et d’autre, on appelle à une solution consensuelle et
alternative. Entre temps, tous les regards sont
tournés vers Blaise Compaoré.
Noël Y. A. GLISSOU
Pour superviser les législatives du 14 octobre
prochain
:
62
nouveaux observateurs de l’UE déployés sur le terrain
Venus de 19 pays de l’Europe des 25, ces 62 nouveaux
observateurs seront déployés dans les 30 préfectures
du Togo. Ce nouveau contingent porte à 80, le nombre
total des observateurs de l’UE (Union Européenne)
dans le cadre des législatives du 14 octobre
prochain.
Arrivés depuis samedi dernier à Lomé, les 62
européens ont assisté à une séance de formation sur
l’observation des élections avant leur déploiement
sur le terrain ce mardi 09 octobre 2007. D’après Mme
Fiona Hall, le chef de la mission de supervision de
l’UE, ces observateurs ont été choisis en
« fonction de leur formation et de leur expérience
dans le domaine de l’observation électorale ».
Cette mission effectuera selon elle, des visites dans
les différentes préfectures afin d’évaluer la
situation et suivre les derniers déroulements de la
campagne électorale avant le scrutin du 14 octobre.
Elle a également annoncé l’arrivée de Me Marie
Arlette Corletti, députée européenne à la tête d’une
délégation de six personnes issues du parlement de
l’Europe dans le but d’ « observer les élections
législatives du 14 octobre».
D’autres parlementaires de l’UE seront associés à la
mission d’observation de l’UE. Peu après le scrutin,
la mission publiera une déclaration préliminaire
comprenant les principales conclusions de son
observation. La mission prend fin le 18 octobre.
Noël Y. A. GLISSOU
Année scolaire 2007-2008
Vers un nouveau report de la rentrée ?
Prévue pour le lundi 17 septembre dernier, la rentrée
des classes a été reportée in extremis au 17 octobre
prochain. Les raisons officiellement évoquées sont
les dégâts causés par les inondations à Kpendjal et
dans d’autres régions du pays. Du coup, l’ambiance de
la veille de la reprise des cours s’est estompée.
Dans la foulée, la campagne électorale des prochaines
législatives a occupé les pensées. Aujourd’hui, à
huit jours de cette rentrée, personne n’en parle. Pas
même les élèves, les premiers concernés et encore
moins leurs encadreurs dont certains sont fortement
préoccupés par la course au parlement. Dans les
librairies et les marchés occasionnels d’articles
scolaires, l’affluence a sensiblement diminué.
Plusieurs raisons peuvent expliquer ce silence ;
d’une part, le report intervenu presque à la
veille ;un moment où tous les acteurs ont presque
tout apprêté pour la reprise des classes. Dans ce
cas, ils n’attendent que le jour J, ce qui sans doute
fait oublier l’ambiance habituelle des veillées de
rentrée scolaire.
Les parents essoufflés par les dépenses et qui ont
salué ce report ont-ils eu cette fois-ci le temps et
les moyens d’apprêter le nécessaire pour leurs
enfants ? La question est diversement appréciée ; M.
Tétévi fonctionnaire à la retraite et père de 4
lycéens compte sur le paiement annoncé d’un mois
d’arriéré de pension. « Je n’ai que mes petites
pensions pour subvenir à leur besoins, je ne pouvais
tout leur donner avant la rentrée de septembre, mais
puisqu’il y a eu un mois de plus et avec l’arriéré
d’avril 2001 qu’on va nous payer, je peux encore leur
faire quelque chose », a indiqué ce sexagénaire.
Ailleurs, on n’a pas la même appréciation de ce
report. Madame Awa enseignante contractuelle pense
qu’elle vient de perdre un mois de gain. « C’est
nous qui sommes toujours les perdants dans les
situations pareilles, nous sommes payés à la tâche et
il nous faut au moins un mois de travail pour mettre
nos enfants dans les meilleures conditions d’une
année scolaire », a-t-elle déclaré avant
d’ajouter : « On nous donne des raisons
d’inondations, est-ce à dire qu’il y aura un nouveau
report, étant donné que les pluies continuent de
faire de nouvelles victimes » ? Approché sur le
sujet, le ministère des Enseignements primaire et
secondaire n’a pu se prononcer sur la reprise
effective des cours surtout dans les zones inondées.
«Tant qu’il n’y a pas de communiqué annonçant un
nouveau report, cela veut dire que la rentrée tient
le 17 octobre…… pour ce qui est de la restauration
des infrastructures détruites dans le Kpendjal et
autres, il faut contacter les gens de cette localité
pour savoir… », a confié la source que nous avons
réussi à joindre auprès dudit ministère. Voilà qui
amène vers une autre raison du silence.
En
effet les catastrophes naturelles qui ont provoqué ce
report ont fait de nouvelles victimes dans d’autres
régions du pays. Dans la préfecture des Lacs,
plusieurs villages ont vu leurs habitants sauver par
les services humanitaires et recueillis dans des
centres d’accueil à Aklakou, un autre village de la
préfecture. Toutes ces incertitudes, même au niveau
du ministère nourrissent la rumeur d’un report.
D’autre part, la campagne électorale pour
les législatives du dimanche prochain préoccupe tous
les togolais. Elle emporte dans ses caravanes élèves,
parents, enseignants, directeurs, inspecteurs et
ministres. Ce qui fait dire à certains qu’elle est la
vraie raison du report de la rentrée. Pour l’heure,
la date du 17 octobre est toujours retenue même si
certaines langues parlent du 22 octobre.
Ayaovi A. SEDJRAWODO
Match Togo-Mali
Tolérance zéro pour les «fauteurs de troubles»
Dans un communiqué rendu public lundi dernier, les
autorités sportives togolaises ont mis en garde les
supporters contre les actes de violences durant le
match Togo-Mali. A travers cette mise en garde, le
gouvernement s’adresse, selon certains commentaires,
aux « malins esprits qui chercheront à engendrer
d’une manière ou d’une autre la violence avant,
pendant et après ce match ». Pour dissuader les
éventuels fauteurs de troubles, le ministre de la
Jeunesse et des Sports par intérim, Gilbert Atsu,
prévient que les contrevenants « seront punis
conformément à la législation en vigueur au
Togo».
Dans la dernière partie du texte, les autorités
togolaises insistent sur le fait que le fair-play
doit prédominer au cours de cette rencontre « qui
doit être considérée comme celle de deux jeunesses
unies par des liens séculaires ». Elles
recommandent aux supporters de « toutes
nationalités » beaucoup de retenue dans leurs
émotions. « On ne saura tolérer les actes isolés
de certains supporters excités qui chercheront à
ternir l’image de notre pays », conclut le
communiqué.
Selon certaines sources proches du comité provisoire
de gestion de la Fédération togolaise de football (FTF),
cette rencontre entre le Togo et le Mali au stade de
Kégué à Lomé mobilisera un nombre important de forces
de sécurité.
Une
disposition saluée par certains responsables de la
CAF et la délégation malienne dans la mesure où plus
d’un millier de supporters étrangers dont 500 maliens
sont attendus à Lomé vendredi prochain. Ceci, dans la
mesure où ces groupes de supporters ont besoin d’une
haute protection en cas de débordement.
Ce
match entre Eperviers du Togo et Aigles du Mali a
pour enjeu de déterminer la première sélection du
groupe 9. Une victoire du Togo le propulsera
définitivement à la phase finale de la CAN Ghana
2008 ; c’est également le cas pour le Mali qui a
obligation de victoire. Les deux pays sont toutefois
sous la menace du Bénin qui se rend le même jour en
Sierra Léone.
Le
Mali et le Togo sont en tête du groupe, avec chacun 9
points, talonnés par le Bénin (8 points), et la
Sierra Leone qui ferme la marche avec 1 point.
Gabin
Koissidjin |