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10 Oct 2006

[ 160 : du 10 Oct 2006]  
Dahuku Péré, Pdt de l’Alliance  «Compaoré n’a rien inventé de nouveau»

Invité hier dans une émission télévisée, Dahuku Péré, président de l’ « Alliance », a abordé entre autres les questions relatives à l’Accord Politique Global, la nomination du Premier Ministre, les prochaines élections,  les 16 ans de lutte démocratique au Togo, la journée des enseignants, et s’est également prononcé sur la semaine de l’Architecte célébrée la semaine dernière au Togo....

La tâche essentielle qui incombe au gouvernement d’union nationale que dirige Me Yawovi Agboyibo est l’organisation des élections législatives en 2007 avant la fin du mandat de l’actuel parlement  composé en majorité des députés RPT. La configuration actuelle de la scène politique togolaise suscite la création des alliances de partis politiques en vue de la réalisation de meilleurs scores au cours de ces échéances. C’est dans cette optique que le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) de Me Yawovi Agboyibo et l’Alliance dirigée par Dahuku Peré, seraient en pourparlers pour créer un cadre consensuel en attendant la fixation des calendriers électoraux. «  C’est bien que quelqu’un s’intéresse à nous. Pour  la participation aux élections législatives, la présence de l’Alliance dans certaines préfectures peut aider certains partis », a déclaré M Peré. Mais il a reconnu que cette éventualité de s’unir au CAR est au point de discussions.

Sur la convocation du corps électoral en juin comme l’a déclaré Faure Gnassingbé en septembre dernier lors de son périple européen, le président de l’Alliance a rejeté toute manœuvre visant à précipiter les choses et a estimé que cette question relève de la compétence des organes chargés d’exécuter l’organisation du scrutin. «  Il revient aux organes techniques d’apprécier ce délai.  C’est l’Accord Politique Global qui dicte la feuille de route, les techniciens doivent prendre le temps nécessaire pour le faire », a-t-il précisé.

Sur l’absence de l’Alliance au dialogue ainsi que certaines formations politiques, M Péré a regretté cet état de fait mais semble se tourner résolument vers l’avenir « les gens ont choisi de négocier sans nous. Mais l’avenir est plus déterminant que le présent », fait-il noter et rejette toute idée de revendication ri gueuse comme le conçoit Nicolas Lawson du PRR (un autre parti qui n’est pas associé au dialogue) qui attend mener une « guérilla politique » pour se faire entendre «  Une guérilla? Ce n’est pas notre idée », a- t-il confié.

 De plus, pour une bonne application de l’Accord politique, l’ancien président de l’Assemblée nationale a demandé à ce que le gouvernement travaille pour la mise en place du « Comité de Suivi », (un comité est  prévu par l’Accord pour assister les Togolais dans son exécution).

Comme garantie de transparence pour les législatives  à venir, l’invité de TV7 s’est appuyé sur trois éléments importants. D’abord la première garantie selon lui, est la présence d’un Premier Ministre issu de l’opposition. Ensuite, il a insisté sur le comportement des représentants du pouvoir central- les préfets, les maires... «  Mes militants en parlent, moi même je suis au courant. Il faut les suivre de près car ils ont fait des choses par le passé », a-t-il révélé.

Dahuku Peré a aussi admis la présence d’observateurs militaires étant attendu selon lui que « tout cela est prévu par l’Accord... On applaudit l’Accord compte tenu de son contenu… »

S’agissant du bilan des 16 années de combat pour une société plus démocratique au Togo, l’invité de l’émission hebdomadaire de TV7 a reconnu que le pays a fait du progrès. Cependant, il a tenu à rappeler que  les choses prennent trop de temps à se dessiner contrairement aux autres pays. «  16 ans, je me dis que c’est trop. D’autres ont fait un an, deux ans..., » reconnaît-t-il avant d’ajouter que « nous devons maintenant nous tourner vers l’avenir ».

Il a fait endosser la responsabilité des tournures prises par la situation politique togolaise à toute la classe politique «  En 1990, il y avait des gens au RPT qui ont tendu la main à l’opposition. Mais l’opposition est divisée après la Conférence Nationale Souveraine », a-t-il précisé.

En outre, il a insisté sur un esprit de partage qui selon lui doit guider tous les Togolais. « Le pays n’appartient à personne aux dépens des autres. C’est pourquoi, l’Alliance prévoit le partage. Nous avons un accord, s’il est bien appliqué doit nous permettre  de nous dire des vérités. Ceux qui ont discuté ont le devoir d’obligation », a indiqué M Péré qui regrette le manque de confiance dans la vie politique au sein de la classe politique. «  Les Togolais auraient pu faire les mêmes choses que ce que Blaise Compaoré a fait. Mais, on ne se fait pas confiance. Blaise Compaoré n’a rien inventé de nouveau dans la résolution de cette crise au Togo. »

En ce qui concerne la formation du gouvernement, le président de l’Alliance, s’est refusé à tout commentaire. «  Je ne suis pas juge du gouvernement. C’est le résultat qui compte ».

Dahuku Péré a également mené ses réflexions sur les conditions de vie et de travail des enseignants au Togo. Pour lui, « les conditions des enseignants sont allées en dégradant » », Il a fait dans cet ordre d’idées, des révélations très poignantes. « Je me suis laissé dire que c’est l’élève qui paye à manger l’enseignant pendant la récréation », a-t-il déclaré avant de se demander «quelle société nous voulons créer? Quelle valeur voulons nous inculquer? » Il a profité de l’occasion pour rappeler au gouvernement que les accords tripartites issus du dialogue social soient appliqués.

Abondant les problèmes que connaissent les villes du pays, M Péré a émis le vœu que l’ont revienne à une politique d’urbanisation. Il a insisté sur la responsabilité du gouvernement et des techniciens qui interviennent dans le domaine. «  Les techniciens doivent nous expliquer comment en  arriver là. L’Etat doit aider les citoyens s’il veut avoir une belle ville », a-t-il conclu.

Noël GLISSOU

Essozolim Melebou de CAP-RPT : «L’UFC a décidé de rester dans la logique d’opposition»

Le secrétaire général du Conseil d’Appui au Rassemblement du Peuple Togolais (CAP-RPT), Essozolim Koffi Mélébou était ce dimanche l’invité d’une émission télévisée, consacrée essentiellement à ce mouvement et ses rapports avec le parti politique RPT ; à l’accord politique global ; à la nomination du nouveau gouvernement d’union nationale et de Edem Kodjo à la présidence et à la non participation de l’UFC à la nouvelle équipe gouvernementale.

D’après Essozolim Mélébou, le CAP-RPT est un groupe de réflexion constitué par certains cadres du l’ex-parti unique du togo. Ce groupe de réflexion a pour ambition de remobiliser les militants et sympathisants du RPT. Un parti qui, selon Koffi Mélébou, « a été ébranlé après la disparition de Eyadema Gnassingbé, son fondateur  et dont les structures locales sont en léthargie ».

Se démarquant des vieilles méthodes de travail du parti, l’ancien préfet de Wawa et de Sotouboua a fait remarquer que « dans l’environnement politique actuelle, il est impératif de rompre avec les anciennes méthodes de travail ». Pour lui, « il faut que le parti s’adapte aux nouvelles réalités, et que le débat soit ouvert en son  sein». « Le RPT doit cesser d’être un parti de masse », a-t-il indiqué avant d’expliquer qu’il est nécessaire aujourd’hui que les militants de base doivent participer par leur contribution financière, intellectuelle, morale etc., à la vie du parti.

Dans tous les cas, précise le secrétaire général de CAP-RPT, « les jeunes veulent qu’on les laisse s’exprimer pour enrichir le débat politique», « et les militants ne veulent plus qu’on vienne leur imposer les candidats aux législatives ».

« Nul n’aurait prédit  qu’après le président Eyadema, le RPT aurait une relation paisible avec l’opposition » dit-il, ajoutant que « le RPT sans Eyadema doit pouvoir prendre ses marques ».

Au sujet de l’accord politique global qui a sanctionné les pourparlers du dialogue intertogolais, M. Mélébou de RPT après avoir rappelé que le dialogue avait essentiellement pour objectifs : l’organisation d’élections législatives anticipées ; la consolidation de la démocratie et de la réconciliation, a  indiqué que les discussions ont abouti a un résultat consensuel. Pour lui, « c’est un cadre politique qui complète la constitution et qui apaise le climat politique ».

Selon l’ancien représentant du RPT à la commission électorale nationale indépendante, les lenteurs constatées dans la mise en place de la CENI et des autres organes devant intervenir dans le processus électoral n’est pas pour l’heure préjudiciable. A l’en croire, si le gouvernement arrivait à mettre en place la CENI d’ici la fin de ce mois d’octobre 2006, le Togo n’aura plus que besoin de six mois pour aller aux élections.

La non entrée de l’UFC au gouvernement de Me Yawovi Agboyibo est du point de vue de Essozolim Koffi Mélébou conforme à l’image de ce parti qui pour lui, aurait choisi de rester dans une logique d’opposition : « C’est bien que l’UFC reste dans l’opposition », a-t-il déclaré.

Sur la question d’une entrée éventuelle de ce parti au gouvernement,  M. Mélébou du CAP-RPT a invité les togolais à accepter de faire ce sacrifice pour accepter autant de ministre qu’il faut pour le gouvernement d’union nationale.

Essozolim Koffi Mélébou n’a rien à dire de la nomination de Edem Kodjo comme ministre d’Etat à la présidence. Après avoir relevé qu’aucune disposition de la constitution n’interdisait une telle nomination à Faure Gnassingbé, le député Essozolim a confié que cette nomination est une opportunité offerte au patron de la CPP « d’être au parfum des questions délicates rester en suspens dans l’accord politique global ». A l’endroit de ceux qui accueillent mal cette nomination, il s’est demandé s’ils auraient la même réaction, s’il s’agissait de Eric Amerding de l’UFC.

Enfin, déplorant le bras de fer qui oppose les joueurs de l’équipe nationale aux dirigeants de la fédération togolaise de football, le SG de CAP-RPT a invité les dirigeants de cette instance du football national « à montrer que les jeunes sont capables de gérer la nation » et demande aux  joueurs d’être courtois envers leurs responsables.

Marc D. Kouakani-assi

Réductions des coûts de communication chez Togo-Telecom et Togo-Cellulaire : La guerre des réductions a commencé
« Un grand vent de réductions » souffle depuis quelques mois sur  des sociétés  de télécommunication du Togo. Après l’opérateur du fixe, Togo Télécom, c’est au tour des deux sociétés de téléphonie mobile (Togocel et Télécel-Togo) de se lancer dans la dans avec des politiques de réduction tarifaires des coûts de communication. Si du côté de Togocel  l’annonce de la nouvelle n’a pas fait pas l’objet d’une importante campagne de communication comme cette société à l’habitude de la faire, chez son concurrent direct, Télécel, l’heure semble être plutôt au silence. Des comportements inhabituels de ces opérateurs qui font dire à certains observateurs que Togo Télécom leur a imposer un rythme de croisière digne de la mère des télécoms au togo.

Des réductions allant jusqu’à 40% c’est ce que la société Togocel offre depuis le 1er octobre à ses abonnés. Cette « réduction » est destinée, selon les sources autorisées, « à permettre aux abonnés de cette société de communiquer à petit coût ». Allant « jusqu’à -40 % » sur les appels nationaux, la réduction tarifaire de Togocel concerne surtout les appels effectués au sein du réseaux Togo cellulaire. Les appels intra réseaux sont ainsi facturés entre 1% et 40%. La réduction sur les appels nationaux est de 25 FCFA les 60 secondes pour les abonnés prépayés et de 70 FCFA pour les abonnés au profil « Libertis jeunes ». Finalement les tarifs passent respectivement de 165 FCFA à 140 FCFA et de 250 FCFA à 180 FCFA pour une communication  d’une minute.

Pour les Cabines cellulaires,  la réduction de 40% n’est pas graduelle. Elle est automatique quelle que soit la durée de la communication ; et l’impulsion est passée de 60 FCFA les 20 secondes à 35 FCFA les 15 secondes.

Autrement dit, pour un appel d’une minute, l’appelant qui payait 180 FCFA, devrait avec la nouvelle formule, s’attendre maintenant à payer 140 FCFA, soit une réduction de 40 FCFA. S’inscrivant dans la même logique que sa « mère », Togo Télécom (Togocel étant une filiale de Togo Télécom), l’argument officiel de la nouvelle politique de la première société de téléphonie mobile au Togo serait selon certaines sources « d’approcher progressivement les coûts réels de communication ».

Par ailleurs on note aussi une certaine réduction tarifaire dans les cabines utilisant les terminaux des opérateurs partenaires de Télécel. Chez ces opérateurs de cabines cellulaires, la communication sur le réseau de la société filiale du groupe atlantique coûte désormais 30 FCFA les 11 secondes contre 60 FCFA il y’a encore quelques jours. Une réduction pour le moins non officielle, et qui en tout état de cause ne saurait être pour l’instant tenue comme telle, la société elle-même se refusant à toute communication dans ce sens. Toutefois, il se dégage de toutes ces tractations un constat réel : la communication téléphonique est en passe d’être à la portée du commun des citoyens togolais.  Tout commence lorsque Togo cellulaire et ses partenaires (Jumbo World, Easycom-Togo etc.) ont entrepris de mettre sur le marché des cabines cellulaires. Une première pour les consommateurs qui peuvent maintenant  joindre des mobiles à des tarifs préférentiels à partir de cabines téléphoniques. « Au lieu de faire un appel vers un téléphone cellulaire à partir d’une cabine fixe, je préfère appeler à  partir d’une cabine cellulaire » révèle un consommateur. L’ appel « fixe vers mobile » était en effet facturé  à 200 FCFA hors taxe par minute, alors que celle  effectuée à partir d’une cabine pour la même destination reviendrait à de  180 FCFA pour la même durée.

Une formule commerciale qui va porter un coup dur à Togo Télécom. Celui-ci ayant manifestement commencé à enregistrer des pertes, change ses tarifs. Désormais, les appels effectués à partir des « fixes » de Togo Télécom vers les autres réseaux (Togocel et Télécel) sont facturés à 50 FCFA toutes les 15 secondes. Cette donnée nouvelle va amener la plupart des  consommateurs à se tourner vers les services de Togo Télécom devenus plus avantageux à leurs yeux.  C’est le début d’une guerre des prix qui va occasionner bon gré, mal gré la réaction des autres opérateurs qui sont obligés de s’inscrire dans la nouvelle dynamique créée par l’opérateur historique.

« La récession est évidente pour Togo cellulaire », pensent certains consommateurs. Dans tous les cas  elle vient de décider de frapper fort et vite en opérant la seconde modification de grille tarifaires sur le marché de la télécommunication cette année.

Il est connu que les entreprises et les sociétés de téléphonie du monde entier, disposent de stratégies commerciales et marketing qui leur permettent de vendre leurs produits. Crédits de communication ou innovations technologiques, c’est à grand renfort de « réductions tarifaires » et de « promotion » sur quelques uns de ses produits, que les opérateurs de téléphonie fixe et mobile attirent les clients. Ces stratégies leur permettent de drainer le plus de consommateurs  possible. Mais aussi surtout de répondre aux impératifs de la concurrence. Les entreprises togolaises du secteur ne dérogent pas à la règle. Cependant, ces réductions suscitent des contestations et des revendications pour le moins véhémentes de la part des consommateurs.  Les clients et les abonnés  prennent d’assaut les agences  pour exiger  des explications. L’on se rappelle qu’a l’annonce de sa nouvelle politique commerciale, Togo Télécom a du affronter l’association togolaise de consommateurs pour qui la campagne publicitaire menée autour de ce projet n’était qu’une publicité mensongère. Et il lui a fallu engager des communications supplémentaires pour convaincre ou du moins expliquer sa nouvelle formule.

Pour certains analystes, autant Télécel a démocratisé le portable avec des cartes de recharges de 2500 FCFA en 2001, autant Togo Télécom démocratise les coûts de communication téléphonique au Togo.

Aujourd’hui, avec l’alignement de Togocel notamment sur la politique « révisionniste » de sa « mère », tout porte à croire que pendant des années les entreprises du secteur de la télécommunication au Togo ont passé leur temps à brasser d’énormes et colossaux bénéfices sur le dos des pauvres consommateurs togolais.

Eli GBODUI

2ème journée des éliminatoires CAN 2008 / défaite des Eperviers Le statut de mondialiste s’effrite
Après avoir été battus toute l’année 2005 par les Eperviers du Togo dans leurs confrontations précédentes, les Aigles du Mali ont réussi hier dimanche au stade du 26 mars de Bamako à vaincre le cygne indien qui les poursuivait. En match comptant pour la deuxième journée des éliminatoires de la CAN, Ghana 2008, les joueurs maliens malgré un arbitrage favorable et  poussés par un grand public qui a pris d’assaut les travées du stade de Bamako (théâtre des violences lors de la dernière rencontre entre les deux sélections), ont dû attendre l’ultime minute des arrêts de jeu pour faire plier Abalo Dosseh et les siens.

Le match a été engagé à 100 à l’heure. Surpris d’entrée par une nette  pression malienne, l’équipe togolaise sera dans un premier temps résolu à gérer la partie en assurant la base du portier, Kossi Agassa. Dans un jeu presque à la défensive et sans pour autant rompre, les Eperviers perdront du terrain et procéderont par des actions de contre menées par le duo d’attaque Adébayor-Kader. Dans ce schéma que les Togolais ont semblé bien maîtriser, les multiples assauts menés par Bassala Touré et tout le réseau offensif malien échoueront sur le rideau défensif togolais et plus encore finiront leur course dans les gangs du portier togolais du club espagnol de Herculès Alicante.

Mais, après avoir fait douter pendant 20 minutes la bande au coach Jean-François Jodar et le public de Bamako gonflé à bloc derrière les Aigles, les rapaces togolais sortiront de leur réserve pour créer la zizanie dans le camp adverse. On retrouvera à l’œuvre, une attaque des jaune et vert en gain de confiance et plus mobile qu’en début de partie. Elle posera par cette nouvelle phase de jeu d’énormes difficultés aux maliens. Ce réveil des visiteurs togolais ne sera que de courte durée, puisque le Mali reprendra le devant des débats avant la pause. C’est même in extremis que la fulgurante incursion de Momo Bassala à la 39ème a été très vite interceptée par le portier Agassa. Le même joueur reviendra aux 45ème et 46ème minutes sur coup franc pour mettre à rude épreuve le goal togolais qui restera intraitable jusqu’à la pause. Contrairement à la première partie, ce sont les Eperviers qui prendront les choses en main dès l’entame de la seconde mi-temps.

Plus expressive et plus rassurante, la formation togolaise maintiendra la résistance et disputera, désormais d’égal à égal, toutes les balles. Vivement secoué le Mali multipliera les maladresses à l’approche du but togolais et sera peu convainquant en milieux de terrain. A cette allure, le but de Dramane Traoré dans l’avant dernière  minute du temps additionnel n’a été pour bon nombre qu’un effet de surprise. La remontée du milieu de terrain alors que les Togolais faisaient montre d’une légère baisse de bras, sera très fatale. A l’issue d’une ultime incursion qui a laissé les récupérateurs togolais sans réaction, le meneur de jeu malien trouve Bassala démarqué sur le flanc droit de l’attaque malienne ; le service de ce dernier sera hors de portée d’Agassa qui cède enfin à Traoré Dramane. Le stade de Bamako jubile alors que Lomé est réduit en silence. Ce score est resté inchangé jusqu’au coup de sifflet final de l’arbitre algérien Mohamed Benouza.

Malgré la défaite, les Eperviers ont montré une certaine présence et n’ont pas pour autant démérité.

Cette victoire malienne tout comme celle du Bénin en début de la soirée de dimanche ont la particularité  de relancer les débats dans ce groupe 9 des éliminatoires où désormais le Mali (4points) prend la tête et est suivi de près par le Togo et les Ecureuils béninois (tous deux ont trois points chacun).

La dernière  journée de la phase aller s’annonce très intéressante car le moindre faux pas de l’une des trois sélections risque de peser lourd dans la balance. Avec son statut de leader du groupe, le Mali sera en déplacement au Bénin alors que les Eperviers du Togo offriront leur hospitalité à la sélection de la Sierra Léone.

Gabin KOISSIDJIN

[ 160 : du 6 Oct 2006]

Union des Forces de Changement : Couler ou rebondir ?
L’Union des Forces de Changement (UFC), le « parti des terroristes » ou « parti le plus radical » ou bien « le plus populaire »,ou encore le parti de tout autre qualificatif qu’on lui attribue pour le rendre célèbre en bien ou en mal , traverse  actuellement une période d’ombre. Des clivages divers commencent par émerger, des contradictions internes deviennent plus retentissantes, et, les  milliers de fans du « détia » s’émoussent …Quel mal  est sur le point de faire voler en éclat le parti des razzias électoraux ? Le grand déballage de l’après «Accord Politique Global» auquel on assiste risque de réduire considérablement la force de frappe du « jaune ». La réunion entre  toutes les fédérations et le bureau  national cette semaine à Accra au Ghana est déterminante, vitale, car des résolutions prises, dépendra l’avenir politique et les nouvelles orientations du parti .L’UFC devra  redéfinir son comportement général face à l’accord, en statuant pour de bon sur la question de la participation au gouvernement, ainsi que les sottes d’humeur qui en sont nées…

Le 20 août dernier, tous les protagonistes de la crise politique togolaise ont apposé leurs signatures au bas de l» Accord Politique Global». C’est le conseiller spécial de Gilchrist Olympio, Eric Amerding qui a signé l’Accord au nom de l’UFC .Toutes les parties ont affiché un visage emprunt de satisfaction qui, apparemment ne laissait entrevoir aucun murmure immédiat, même si Faure Gnassingbé, en s’engageant à l’application des clauses de l’accord,parlait d’atermoiements.

Les Togolais ont attendu 20 jours après la signature de cet accord pour qu’enfin, Faure Gnassingbé dévoile le nom du Premier Ministre, en la personne de Me Yawovi Agboyibo ;un choix ouvertement contesté par Gilchrist Olympio ,président national du parti .Les textes qui ne précisent en aucune manière la provenance du premier ministre stipulent au point 4-1 que « toutes les parties prenantes au dialogue acceptent le principe de la formation d’un gouvernement d’union nationale .Elles proposent au président de la République de former un gouvernement d’union nationale ouvert aux partis politiques et à la société civile dans un esprit de réconciliation et de confiance mutuelle pour la consolidation du processus d’apaisement »..

Sur le plan interne, la participation du Docteur Amah Gnassingbé au gouvernement  a créé un clivage criard entre les «pour et les contre» de sa démarche. Ce contraste  porte à réflexion; étant attendu qu’il n’est pas soutenu par le président Olympio ; il se retrouve donc au gouvernement « à titre personnel ».

Le 2ème vice-président met au défi quiconque voudra le révoquer du parti. Et donc la procédure disciplinaire annoncée par le secrétaire général se limite faiblement à une injonction à ne pas agir au nom du parti, contrairement à Gabriel Dosseh-Anyron, renvoyé après son entrée au gouvernement de Edem Kodjo en juin 2005.

Le 1er octobre dernier, au cours d’une émission télévisée, Jean-Pierre Fabre a fait des révélations alarmistes en déclarant que « Mr Amah Gnassingbé subit une manipulation de la part de Antoine  Bodjona», insistant sur le fait que ce dernier est « le père de Pascal Bodjona », directeur de cabinet de Faure Gnassingbé et qui a conduit la délégation du RPT au dialogue.

Comme il fallait s’y attendre, certains membres de l’UFC se sentent indignés. Pour ces membres, Jean-Pierre Fabre tisse par là une «fibre ethnique», une polémique que lui-même avait tenu à éloigner de cette cuisine interne. D’autres analystes s’érigent en faux contre cette conception du problème et se demandent pourquoi on n’a  pas dit la même chose lorsque le ministre Dosseh a été exclu du parti? Dans une correspondance adressée à la rédaction de Golfe Info, des jeunes du parti se disent scandalisés par les propos du secrétaire général.» ...Pourquoi Fabre n’a pas tenu à préciser que lors de cette émission que c’est grâce à ce père de Pascal Bojona et de M Issa Seydou que le bureau de l’UFC a échappé à la colère de certains jeunes de Pagouda qui voulaient les frapper? Quand Fabre parle de vérité... Il sait bien que Mrs Antoine Bodjona et Issa Seydou sont deux poids lourds de l’UFC au côté de Amah Gnassingbé qui font la fierté dudit parti «, ajoute la note signée par Bagnanga Malana qui assure la coordination au niveau de Pagouda.

De sources bien informées, toutes les fédérations du parti sont invitées à une rencontre avec M Olympio à Accra .Les discussions devraient tourner autour d’une éventuelle participation au gouvernement en profitant pour aplanir également toute cette cacophonie.

A la suite du boycott du gouvernement par l’UFC, de hauts responsables du parti se sont rendus à Ouagadougou pour proposer  au facilitateur Blaise Compaoré, leurs conditions d’entrée au gouvernement d’union nationale.

La suite de la démarche de l’UFC dépendra de « comment le pouvoir juge nos conditions », a précisé Jean Pierre Fabre.

Noël GLOSSOU

LE PT, à propos du 05 octobre:   «Les togolais doivent prendre en main leur propre sort»

Dans un communiqué  datant du 4 octobre 2006,  le Parti des travailleurs s’est prononcé sur la journée du 5 octobre. Ce communiqué titré « il y a 16 ans : le soulèvement populaire du 5 octobre », s’est voulu être un  historique des événements qui ont marqué la fameuse journée du 5 octobre 1990.  Il a rendu hommage aux « martyrs tués au cours de ces 16 ans» et exiger que justice soit faite à ces derniers, tout en lançant un appel aux togolais pour qu’ils « prennent en main leur propre sort ».

Remontant aux origines du mouvement, le communiqué signé par le secrétaire chargé de la coordination du Parti des travailleurs, Claude Améganvi, a rappelé, au prime abord,  les circonstances dans lesquelles « le mouvement du 5 octobre » a débuté. Selon lui, « le  peuple togolais s’était alors soulevé spontanément à partir de sa jeunesse, pour mettre fin au régime RPTiste du dictateur Etienne Gnassingbé Eyadema ». Cette journée, pour Claude Améganvi, « plonge ses origines dans le profond rejet des régimes qui se sont succédés au Togo, depuis que le cours normal de son histoire a été brutalement interrompu, le 13 janvier 1963 ». Faisant ainsi allusion à l’assassinat de Sylvanus Olympio, premier Président démocratiquement élu du Togo, auquel a succédé le régime de l’ancien président, feu Gnassingbé Eyadema. Ce régime, Claude Améganvi l’a par ailleurs qualifié de « dictatorial et d’arbitraire », tout en l’accusant d’avoir assassiné « massivement des pauvres citoyens » dont « le seul tort » a-t-il ajouté est « d’avoir contesté le régime d’oppression ». L’on se rappelle que ce 5 octobre 1990, deux militants de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA), Hilaire Logo Dossouvi et  Doglo Agbélenko  devaient comparaître devant la justice togolaise. Un soulèvement populaire, « rapidement étendu à tout le territoire » avait alors empêché le déroulement du procès. Selon  Claude Ameganvi, les « présumés » ont été  « sauvagement torturés par la suite, sur les ordres »  du directeur général de la Police nationale d’alors, Pitalounani Laokpessi. Il a incriminé par la même occasion le gouvernement de l’ancien Premier Ministre, Edem Kodjo, au sein duquel ce dernier a officié en tant que ministre de la sécurité, avant de céder sa place au qui a, selon lui,  dirigé la  « féroce répression qui fit plus de 1000 morts tout au long de l’année 2005, après la disparition d’Eyadema ». Atcha Titikpina avant d’obtenir ce poste était alors colonel du  régiment commando de la Garde présidentielle (RCGP).

Poursuivant, il écrit que ce mouvement « est noyé dans un bain de sang, depuis 16 ans ». Le communiqué fait alors état d’une liste détaillée des dates qui selon lui ont marqué « la spirale de violence sanglante où les forces de répression (armée, gendarmerie et police) ont tué en toute impunité en faisant souvent disparaître les corps ». Entre autre, en 1990, 1991, 1992 et 1993 où des soulèvements populaires, notamment celui des femmes les 15 et 16 mars 1991ont été « violemment réprimés » par les forces armées et la police nationale, faisant plusieurs milliers de morts. La plupart des corps des victimes seront tout simplement jetés dans la lagune ou dans les bois. Le communiqué a aussi ajouté à cette liste, les « assassinats  de démocrates » à l’instar de Tavio Amorin, ou encore Marc Atidépé et les  massacres de Fréau Jardin qui ont conduit à la prise  de sanction de l’Union européenne à l’encontre du Togo pour « déficit démocratique ». D’autres « répressions sanglantes » ont, toujours selon le communiqué, entaché les élections législatives de février 1994, en 1998 et en 2003 au cours des  campagnes pour la présidentielle. Au total, plus de 6800 personnes, auraient perdu la vie depuis le soulèvement populaire du 5 octobre 1990. «  Plus de 6800 morts, n’est ce pas trop pour un petit Togo de 5 millions d’habitants ? » s’est-il interrogé, avant de conclure  qu’à l’occasion de la commémoration de ce 16ème anniversaire du soulèvement du 5 octobre «  le parti des travailleurs tient à rendre hommage à la mémoire de ces milliers de martyrs » tout en émettant le voeux que tous les auteurs et responsables de crimes soient finalement jugés. « Nous exigeons que justice leur soit rendue pour que cesse l’impunité » a-t-il affirmé.

Pour finir, Claude Améganvi a fait le constat que des personnes politiques se réclamant de l’opposition, tels Joseph Koffigoh, Yao Agboyibo ou Léopold Gnininvi ont opéré un « irrémédiable tournant » en composant avec l’actuel pouvoir. Un changement de situation qu’il qualifie «de trahison de la mémoire de ceux qui ont été assassiné en 2005 par le régime RPT au profit de l’installation au  pouvoir de Faure Essozimna Gnassingbé. Dès lors, il lance un appel au peuple togolais et l’invite  à « directement prendre en main son sort pour régler par lui-même, à travers des organes de sa propres création, (des comités de quartiers, de villes et de villages) les problèmes qui lui sont posés à travers la dégradation de ses conditions d’existence ».

Eli Gbodui

 

 

 

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