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7 Oct2007 

[ 305: du 07 Oct 2007]  

Alain Holleville
Ambassadeur de France au Togo

Alain Holleville : «Chacun doit contribuer à la crédibilité du processus électoral»
Plusieurs diplomates accrédités au Togo ainsi que des représentants des institutions internationales qui apportent leur soutien au Togo dans l’organisation  des législatives du 14 octobre prochain, ont assisté vendredi dernier, à la présentation des matériels électoraux dans les locaux du Centre d’exposition Togo 2000. A la suite de cette présentation, Alain Holleville, Ambassadeur de France au Togo a, au nom de ses Collègues, livré ses impressions sur le  déroulement du processus électoral.

« Nous sommes venus apprécier  la qualité des progrès effectués dans la préparation des élections du 14 octobre prochain et encourager l’ensemble des acteurs impliqués dans ce processus. Nous pensons que le même état d’esprit de bonne volonté doit continuer de prévaloir. Chacun doit continuer à alimenter la confiance ;  traiter avec sérénité les questions ou les difficultés qui peuvent apparaître  en favorisant tout ce qui peut contribuer à la crédibilité du processus électoral… Pour ce qui nous concerne en tant que partenaires du Togo dans ce processus, nous allons continuer à jouer notre rôle d’accompagnement jusqu’aux élections ». Ce sont là des extraits des propos tenus par M. Holleville, au terme de la présentation des kits électoraux par Jean-claude Codjo Délava ,  président de la Commission  Logistique de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) vendredi dernier à Lomé. Peut-il avoir des accros dans le cheminement du Togo vers ces élections ? M. Holleville se refuse de voir les choses de cette façon. Pour lui, « ce qui est intéressant, c’est de voir ce qui peut permettre aux choses de bien se passer. Il faut que chacun puisse s’apercevoir  que le processus est assuré de façon rigoureuse et que les organes chargés d’organiser le scrutin, c’est-à-dire, la CENI et ses démembrements de même que les partis politiques… jouent leur rôle et rien que leur rôle de façon à ce que les citoyens se rendent aux urnes en toute liberté, en toute tranquillité et dans la transparence ».  

Qu’est-ce qu’un kit électoral ?

Un kit électoral est un ensemble de matériels composé d’encreur, de stylo, de crayon, de lampe, en un mot, tout ce dont auront besoin les membres des bureaux de vote et les électeurs le jour du scrutin.

Pour ce scrutin, la CENI doit déployer au total 5913 kits électoraux sur l’ensemble du territoire national. Ce qui  correspond au nombre total des bureaux de vote. Il en est de même pour les urnes. Mais, pour parer aux éventuelles difficultés, il est également prévu des surplus de kits. Certains de ces matériels doivent être déployés par les moyens fluviaux en raison des inondations qui ont détruit des infrastructures dans les régions des Plateaux et des Savanes. Jean-claude Délava a fait une démonstration du montage des isoloirs et a montré l’aspect transparent des urnes.

L’utilisation de ces matériels nécessite des connaissances préalables. En cela, des logisticiens (ils seront dans chaque circonscription électorale) ainsi que les membres des CELI (Commission Electorale Locale Indépendante) ont été initiés aux techniques de manipulation de ces kits.

Le déploiement de tous les matériels a commencé depuis samedi dernier. Les premiers véhicules doivent desservir les préfectures de Kpendjal, Tone… dans l’extrême nord du Togo et s’étendre sur le reste du pays dans les jours à venir. La CENI, selon les explications de M. Délava, devrait en principe réceptionner le vendredi dernier l’ancre indélébile et les enveloppes dans lesquelles le bulletin de vote sera glissé.

La FOSEL (Forces Spéciales Elections Législatives 2007) est chargée d’assurer la sécurité du matériel pendant le déploiement. 

Noël Y.A.GLISSOU
 

Week-end de campagne électorale : Une marée rose a sillonné Lomé
Ce week-end, s’est écoulée la première semaine de la campagne électorale au Togo. Tous les partis et listes de candidats  indépendants étaient sur le terrain pour livrer leur message à l’électorat. Il en est de même pour la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA) qui a animé ce dimanche un meeting à la plage Ibis Lomé centre. Peu avant,  c’est à dire le samedi 6 octobre, les militants et sympathisants du parti du professeur Léopold Gnininvi étaient dans les rues de la circonscription électorale de la commune de Lomé. Partie du siège du parti sis à Hanoukopé, la marée rose a sillonné tour à tour les quartiers Bè, Amoutivé, St Joseph, Bè kpota, Hédzranawoé, Wuiti, N’kafu, Novissi, Forever pour finalement « chuter » au marché de Hédzranawoé dans l’après-midi. Là, les responsables du parti ont animé un grand meeting pour livrer aux commerçants et aux commerçantes dudit marché, leur message.

Dans son adresse, le professeur Gnininvi a expliqué à ses interlocuteurs qu’ils n’iront pas aux urnes pour voter pour le bon plaisir de son parti ou de sa personne mais plutôt pour le changement de leurs conditions de vie. Afin que l’on ne retombe  dans les erreurs du passé, les responsables de la CDPA ont invité l’assistance à accorder son suffrage à ses candidats le 14 octobre prochain.

En retour, le professeur Gnininvi et ses camarades leur promettent une amélioration de leurs conditions de vie, l’école primaire gratuite, la bonne gouvernance et la transparence dans la gestion des affaires publiques. Selon le leader de la CDPA et tête de liste du parti dans Lomé commune, le Togo a passé 17 ans à se chercher sur la voie de la démocratie et s’est laissé dépassé par ses voisins de la sous-région. Pour rompre avec ce passé douloureux et sombre, il a convié les uns et les autres à œuvrer pour que les élections du 14 octobre se déroulent dans la paix, la sécurité et la transparence. Au sujet de cette dernière problématique, le patron de la CDPA a estimé un peu regrettable la polémique en cours à la CENI sur la question de l’authentification du bulletin de vote. Après avoir expliqué que c’est de façon consensuelle que les membres de la commission électorale ont décidé de faire signer au verso les bulletins de vote par les présidents et rapporteurs des bureaux de vote, le leader de la CDPA a confié qu’il ignore les raisons de la remise en cause de cet acquis. De ce fait, il a convié la CENI à transcender cette difficulté car, devrait-il lancer à l’endroit de l’équipe de Tozim Potopéré, «le peuple a confiance en vous et attend que vous surmontez cette épreuve ».

Marc D. Kouakani-Assi

Authentification des bulletins de vote Un émissaire de Compaoré à Lomé
Le ministre burkinabé des Affaires étrangères et de la Coopération régionale, Djibril Bassolé est arrivé depuis samedi dernier à Lomé. D’après les informations, le diplomate burkinabé est venu au Togo pour régler définitivement, la crise qui secoue la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) depuis le début de la semaine dernière. Des sources bien informées indiquent que l’émissaire du président du Faso, Blaise Campaoré, médiateur du dialogue inter togolais, doit rencontrer les membres de la CENI de même que les responsables des partis politiques pour trouver une issue favorable à cette question. « Au Burkina-Faso, c’est le système d’authentification des bulletins par le moyen de la signature qui est utilisé  pour la crédibilité des scrutins », révèlent ces mêmes sources.

Avant d’arriver à Lomé, M. Bassolé a effectué une escale à Cotonou au Bénin où il a été reçu par le président Thomas Boni yayi. Il a déclaré avoir été reçu par le président Yayi et « discuté du processus de paix en Côte d’Ivoire et des élections législatives au Togo ». « Pour nous, a-t-il déclaré, le message est clair, il faut œuvrer à tout prix pour instaurer et maintenir la paix dans la sous-région ».  A la tribune des Nations Unies mardi dernier (à l’occasion de l’Assemblée générale annuelle), M. Bassolé a salué la volonté des Togolais à sortir leur pays de son « déficit démocratique » à travers ces élections législatives. Il a également annoncé la disponibilité de son pays à oeuvrer dans ce sens. « Les perspectives sont encourageantes et, au nom du président Blaise Compaoré, facilitateur du dialogue inter togolais, je puis témoigner de la sincère volonté et du réel engagement des populations et de la classe politique togolaises à sortir leur pays de la crise et à créer les meilleures conditions propices pour la  reconstruction, la croissance et le développement », a-t-il déclaré.

Dans la foulée, on annonce que le chef du gouvernement, Me Yawovi Agboyibo a adressé une correspondance le même jour au président Blaise Compaoré, suite à une saisine de son cabinet par la CENI sur les difficultés qu’elle éprouve à régler cette question de l’authentification des bulletins de vote.

En début de semaine dernière, une partie de la CENI a remis en cause l’une des dispositions prises antérieurement et ce,  de façon consensuelle, à savoir : l’authentification des bulletins de vote par l’apposition au verso des signatures des présidents et rapporteurs des bureaux de vote avant leur utilisation par les électeurs. Ceci devrait, selon les tenants de cette thèse, permettre de limiter les fraudes électorales. Mais pour les adversaires de cette assertion, cette disposition constitue une violation du Code électoral en son article 121 qui stipule que les « bulletins portant des signes de reconnaissances sont nuls et n’entrent pas en compte dans le résultat du dépouillement ». Pour beaucoup d’observateurs, cette question d’authentification est le dernier « verrou » à sauter avant le scrutin du 14 octobre prochain.

Noël Y. A. GLISSOU

Lendemain des législatives : L’UFC prône un gouvernement d’ouverture !
Le parti qui sortira victorieux (majorité absolue surtout) des prochaines législatives doit avoir « la victoire modeste ». C’est du moins l’avis de l’UFC (Union des Forces de Changement) relayé par son 3ième vice président, Patrick Lawson. Vendredi dernier, lors d’un meeting à Aného, le responsable du Détia, après avoir entretenu son auditoire sur le programme de société de son parti, a indiqué qu’au sortie des élections, il faudrait que les uns et les autres se mettent ensemble pour la reconstruction du Togo. Pour lui, cela passe par la formation d’une équipe gouvernementale dans laquelle toutes les sensibilités qui le souhaitent seront représentées. Pour ce faire, il a invité les formations politiques à avoir « la victoire modeste » pour ne pas faire du choix porter par le peuple sur elles, un instrument de règlement de compte ou d’accaparement du pouvoir d’Etat. A en croire la tête de liste de l’UFC dans la préfecture des Lacs, le Togo est dans un tel état de déliquescence qu’il faut que le parti qui sortira vainqueur des élections fasse appel aux autres pour gouverner le pays. Selon lui, même en cas de majorité absolue, l’UFC son parti entend faire appel aux autres formations politiques pour gérer le Togo.

Selon certains analystes, cette position du « Détia » lève un coin de voile sur les réelles intentions de ce parti qui a été pendant longtemps soupçonné, à tort ou à raison, de vouloir procéder, en cas d’accession au pouvoir politique, à des règlements de compte. De plus, certains estiment qu’avec ce discours, l’UFC montre sa volonté d’associer les autres à la gestion de la chose publique si l’opportunité lui est donnée. D’autres par contre pensent qu’il s’agit d’un discours électoraliste qui cadre très mal avec la position traditionnelle de cette formation politique.

Pendant longtemps, le parti de Gilchrist Olympio a été considéré comme le plus radical des partis de l’opposition togolaise. Au lendemain de la présidentielle controversée, il était de ces partis politiques qui ont posé des préalables pour entrer au gouvernement d’ouverture proposé par Faure Gnassingbé. Il sera par contre le seul parti signataire de l’APG à ne pas rentrer dans le gouvernement Agboyibo. Raison évoquée ; le parti a été floué par le chef de l’Etat qui lui aurait promis la primature dans les coulisses de Ouaga, la capitale burkinabé où a été menée la deuxième phase du dialogue inter togolais.

Aujourd’hui donc, plus qu’un simple verre d’eau versé dans le vin du Détia, c’est un véritable argument politique que veut faire valoir l’Union des forces de changement pour maximiser ses chances de victoire. Pour l’heure, le discours paraît assez inhabituel, et tous les togolais attendent de voir si les boys du Détia tiendront promesse en cas de victoire.

Marc D. Kouakani-Asi

Togo-Mali  Le match de toutes les particularités
Eperviers du Togo et Aigles du Mali se retrouvent ce vendredi au stade de Kégué à Lomé en match comptant pour la 6e et dernière journée de la phase éliminatoire de la CAN (Coupe d’Afrique des Nations) 2008. Pour cette rencontre qui frise du côté malien celui de la revanche des éliminatoires jumelées CAN et Mondial 2006, on retrouve plusieurs dispositions particulières dont les plus marquantes sont celles du choix d’un coordinateur en plus du commissaire au match, de la vente des billets et des séances d’entraînements.

Pour la première, elle porte en elle le risque d’une lourde et sévère supervision du comportement des officiels et du public togolais, avant, pendant et après la rencontre. Une décision de la CAF qui fait penser qu’un moindre geste anti-sportif de la part des Togolais, même en cas de victoire sur le Mali de Frédéric Kanouté, peut faire pencher la qualification du côté de ces derniers. Avis est donc lancé aux supporters Togolais de bien se comporter.

Quant à la vente des billets, pour la première fois au Togo, elle se fait à guichet fermé. Ce qui ne doit pas entraîner une confusion au niveau du public. Il est donc impérieux de lever l’équivoque selon laquelle un match à guichet fermé est différent d’un match  à huis clos.

Si la rencontre en elle-même n’est pas à huis clos, les séances d’entraînements tant des Togolais que des Maliens les seront.

Mais au-delà de toutes ces dispositions qui viennent se greffer sur celle de la programmation de la rencontre à la même heure que celle entre la Sierra Leone et le Bénin, la question est de savoir, si les dispositions sécuritaires prises peuvent être à la hauteur de cette rencontre qui coïncide avec la période de clôture de la campagne des élections législatives togolaises.

Gabin Koissidjin

 

 
 
 
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