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Alain Holleville
Ambassadeur de France au Togo |
Alain Holleville : «Chacun doit contribuer à la
crédibilité du processus électoral»
Plusieurs diplomates accrédités au Togo ainsi que des
représentants des institutions internationales qui
apportent leur soutien au Togo dans l’organisation
des législatives du 14 octobre prochain, ont assisté
vendredi dernier, à la présentation des matériels
électoraux dans les locaux du Centre d’exposition
Togo 2000. A la suite de cette présentation, Alain
Holleville, Ambassadeur de France au Togo a, au nom
de ses Collègues, livré ses impressions sur le
déroulement du processus électoral.
« Nous sommes venus apprécier la qualité des progrès
effectués dans la préparation des élections du 14
octobre prochain et encourager l’ensemble des acteurs
impliqués dans ce processus. Nous pensons que le même
état d’esprit de bonne volonté doit continuer de
prévaloir. Chacun doit continuer à alimenter la
confiance ; traiter avec sérénité les questions ou
les difficultés qui peuvent apparaître en favorisant
tout ce qui peut contribuer à la crédibilité du
processus électoral… Pour ce qui nous concerne en
tant que partenaires du Togo dans ce processus, nous
allons continuer à jouer notre rôle d’accompagnement
jusqu’aux élections ». Ce sont là des extraits des
propos tenus par M. Holleville, au terme de la
présentation des kits électoraux par Jean-claude
Codjo Délava , président de la Commission
Logistique de la CENI (Commission Electorale
Nationale Indépendante) vendredi dernier à Lomé.
Peut-il avoir des accros dans le cheminement du Togo
vers ces élections ? M. Holleville se refuse de voir
les choses de cette façon. Pour lui, « ce qui est
intéressant, c’est de voir ce qui peut permettre aux
choses de bien se passer. Il faut que chacun puisse
s’apercevoir que le processus est assuré de façon
rigoureuse et que les organes chargés d’organiser le
scrutin, c’est-à-dire, la CENI et ses démembrements
de même que les partis politiques… jouent leur rôle
et rien que leur rôle de façon à ce que les citoyens
se rendent aux urnes en toute liberté, en toute
tranquillité et dans la transparence ».
Qu’est-ce qu’un kit électoral ?
Un kit électoral est un ensemble de matériels composé
d’encreur, de stylo, de crayon, de lampe, en un mot,
tout ce dont auront besoin les membres des bureaux de
vote et les électeurs le jour du scrutin.
Pour ce scrutin, la CENI doit déployer au total 5913
kits électoraux sur l’ensemble du territoire
national. Ce qui correspond au nombre total des
bureaux de vote. Il en est de même pour les urnes.
Mais, pour parer aux éventuelles difficultés, il est
également prévu des surplus de kits. Certains de ces
matériels doivent être déployés par les moyens
fluviaux en raison des inondations qui ont détruit
des infrastructures dans les régions des Plateaux et
des Savanes. Jean-claude Délava a fait une
démonstration du montage des isoloirs et a montré
l’aspect transparent des urnes.
L’utilisation de ces matériels nécessite des
connaissances préalables. En cela, des logisticiens
(ils seront dans chaque circonscription électorale)
ainsi que les membres des CELI (Commission Electorale
Locale Indépendante) ont été initiés aux techniques
de manipulation de ces kits.
Le
déploiement de tous les matériels a commencé depuis
samedi dernier. Les premiers véhicules doivent
desservir les préfectures de Kpendjal, Tone… dans
l’extrême nord du Togo et s’étendre sur le reste du
pays dans les jours à venir. La CENI, selon les
explications de M. Délava, devrait en principe
réceptionner le vendredi dernier l’ancre indélébile
et les enveloppes dans lesquelles le bulletin de vote
sera glissé.
La FOSEL (Forces Spéciales Elections Législatives
2007) est chargée d’assurer la sécurité du matériel
pendant le déploiement.
Noël Y.A.GLISSOU
Week-end de campagne électorale
: Une marée rose a sillonné
Lomé
Ce week-end, s’est écoulée
la première semaine de la campagne électorale au
Togo. Tous les partis et listes de candidats
indépendants étaient sur le terrain pour livrer leur
message à l’électorat. Il en est de même pour la
Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA)
qui a animé ce dimanche un meeting à la plage Ibis
Lomé centre. Peu avant, c’est à dire le samedi 6
octobre, les militants et sympathisants du parti du
professeur Léopold Gnininvi étaient dans les rues de
la circonscription électorale de la commune de Lomé.
Partie du siège du parti sis à Hanoukopé, la marée
rose a sillonné tour à tour les quartiers Bè,
Amoutivé, St Joseph, Bè kpota, Hédzranawoé, Wuiti, N’kafu,
Novissi, Forever pour finalement « chuter » au marché
de Hédzranawoé dans l’après-midi. Là, les
responsables du parti ont animé un grand meeting pour
livrer aux commerçants et aux commerçantes dudit
marché, leur message.
Dans son adresse, le professeur Gnininvi a expliqué à
ses interlocuteurs qu’ils n’iront pas aux urnes pour
voter pour le bon plaisir de son parti ou de sa
personne mais plutôt pour le changement de leurs
conditions de vie. Afin que l’on ne retombe dans les
erreurs du passé, les responsables de la CDPA ont
invité l’assistance à accorder son suffrage à ses
candidats le 14 octobre prochain.
En retour, le professeur Gnininvi et ses camarades
leur promettent une amélioration de leurs conditions
de vie, l’école primaire gratuite, la bonne
gouvernance et la transparence dans la gestion des
affaires publiques. Selon le leader de la CDPA et
tête de liste du parti dans Lomé commune, le Togo a
passé 17 ans à se chercher sur la voie de la
démocratie et s’est laissé dépassé par ses voisins de
la sous-région. Pour rompre avec ce passé douloureux
et sombre, il a convié les uns et les autres à œuvrer
pour que les élections du 14 octobre se déroulent
dans la paix, la sécurité et la transparence. Au
sujet de cette dernière problématique, le patron de
la CDPA a estimé un peu regrettable la polémique en
cours à la CENI sur la question de l’authentification
du bulletin de vote. Après avoir expliqué que c’est
de façon consensuelle que les membres de la
commission électorale ont décidé de faire signer au
verso les bulletins de vote par les présidents et
rapporteurs des bureaux de vote, le leader de la CDPA
a confié qu’il ignore les raisons de la remise en
cause de cet acquis. De ce fait, il a convié la CENI
à transcender cette difficulté car, devrait-il lancer
à l’endroit de l’équipe de Tozim Potopéré, «le peuple
a confiance en vous et attend que vous surmontez
cette épreuve ».
Marc D. Kouakani-Assi
Authentification
des bulletins de vote Un émissaire de Compaoré à Lomé
Le ministre burkinabé des Affaires étrangères et de
la Coopération régionale, Djibril Bassolé est arrivé
depuis samedi dernier à Lomé. D’après les
informations, le diplomate burkinabé est venu au Togo
pour régler définitivement, la crise qui secoue la
CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante)
depuis le début de la semaine dernière. Des sources
bien informées indiquent que l’émissaire du président
du Faso, Blaise Campaoré, médiateur du dialogue inter
togolais, doit rencontrer les membres de la CENI de
même que les responsables des partis politiques pour
trouver une issue favorable à cette question. « Au
Burkina-Faso, c’est le système d’authentification des
bulletins par le moyen de la signature qui est
utilisé pour la crédibilité des scrutins », révèlent
ces mêmes sources.
Avant d’arriver à Lomé, M. Bassolé a effectué une
escale à Cotonou au Bénin où il a été reçu par le
président Thomas Boni yayi. Il a déclaré avoir été
reçu par le président Yayi et « discuté du processus
de paix en Côte d’Ivoire et des élections
législatives au Togo ». « Pour nous, a-t-il déclaré,
le message est clair, il faut œuvrer à tout prix pour
instaurer et maintenir la paix dans la sous-région ».
A la tribune des Nations Unies mardi dernier (à
l’occasion de l’Assemblée générale annuelle), M.
Bassolé a salué la volonté des Togolais à sortir leur
pays de son « déficit démocratique » à travers ces
élections législatives. Il a également annoncé la
disponibilité de son pays à oeuvrer dans ce sens.
« Les perspectives sont encourageantes et, au nom du
président Blaise Compaoré, facilitateur du dialogue
inter togolais, je puis témoigner de la sincère
volonté et du réel engagement des populations et de
la classe politique togolaises à sortir leur pays de
la crise et à créer les meilleures conditions
propices pour la reconstruction, la croissance et le
développement », a-t-il déclaré.
Dans la foulée, on annonce que le chef du
gouvernement, Me Yawovi Agboyibo a adressé une
correspondance le même jour au président Blaise
Compaoré, suite à une saisine de son cabinet par la
CENI sur les difficultés qu’elle éprouve à régler
cette question de l’authentification des bulletins de
vote.
En début de semaine dernière, une partie de la CENI a
remis en cause l’une des dispositions prises
antérieurement et ce, de façon consensuelle, à
savoir : l’authentification des bulletins de vote par
l’apposition au verso des signatures des présidents
et rapporteurs des bureaux de vote avant leur
utilisation par les électeurs. Ceci devrait, selon
les tenants de cette thèse, permettre de limiter les
fraudes électorales. Mais pour les adversaires de
cette assertion, cette disposition constitue une
violation du Code électoral en son article 121 qui
stipule que les « bulletins portant des signes de
reconnaissances sont nuls et n’entrent pas en compte
dans le résultat du dépouillement ». Pour beaucoup
d’observateurs, cette question d’authentification est
le dernier « verrou » à sauter avant le scrutin du 14
octobre prochain.
Noël Y. A. GLISSOU
Lendemain des législatives
:
L’UFC prône un gouvernement d’ouverture !
Le parti qui sortira victorieux (majorité absolue
surtout) des prochaines législatives doit avoir « la
victoire modeste ». C’est du moins l’avis de l’UFC
(Union des Forces de Changement) relayé par son 3ième
vice président, Patrick Lawson. Vendredi dernier,
lors d’un meeting à Aného, le responsable du Détia,
après avoir entretenu son auditoire sur le programme
de société de son parti, a indiqué qu’au sortie des
élections, il faudrait que les uns et les autres se
mettent ensemble pour la reconstruction du Togo. Pour
lui, cela passe par la formation d’une équipe
gouvernementale dans laquelle toutes les sensibilités
qui le souhaitent seront représentées. Pour ce faire,
il a invité les formations politiques à avoir « la
victoire modeste » pour ne pas faire du choix porter
par le peuple sur elles, un instrument de règlement
de compte ou d’accaparement du pouvoir d’Etat. A en
croire la tête de liste de l’UFC dans la préfecture
des Lacs, le Togo est dans un tel état de
déliquescence qu’il faut que le parti qui sortira
vainqueur des élections fasse appel aux autres pour
gouverner le pays. Selon lui, même en cas de majorité
absolue, l’UFC son parti entend faire appel aux
autres formations politiques pour gérer le Togo.
Selon certains analystes, cette position du « Détia »
lève un coin de voile sur les réelles intentions de
ce parti qui a été pendant longtemps soupçonné, à
tort ou à raison, de vouloir procéder, en cas
d’accession au pouvoir politique, à des règlements de
compte. De plus, certains estiment qu’avec ce
discours, l’UFC montre sa volonté d’associer les
autres à la gestion de la chose publique si
l’opportunité lui est donnée. D’autres par contre
pensent qu’il s’agit d’un discours électoraliste qui
cadre très mal avec la position traditionnelle de
cette formation politique.
Pendant longtemps, le parti de Gilchrist Olympio a
été considéré comme le plus radical des partis de
l’opposition togolaise. Au lendemain de la
présidentielle controversée, il était de ces partis
politiques qui ont posé des préalables pour entrer au
gouvernement d’ouverture proposé par Faure Gnassingbé.
Il sera par contre le seul parti signataire de l’APG
à ne pas rentrer dans le gouvernement Agboyibo.
Raison évoquée ; le parti a été floué par le chef de
l’Etat qui lui aurait promis la primature dans les
coulisses de Ouaga, la capitale burkinabé où a été
menée la deuxième phase du dialogue inter togolais.
Aujourd’hui donc, plus qu’un simple verre d’eau versé
dans le vin du Détia, c’est un véritable argument
politique que veut faire valoir l’Union des forces de
changement pour maximiser ses chances de victoire.
Pour l’heure, le discours paraît assez inhabituel, et
tous les togolais attendent de voir si les boys du
Détia tiendront promesse en cas de victoire.
Marc D. Kouakani-Asi
Togo-Mali Le match de toutes les particularités
Eperviers du Togo et Aigles du Mali se retrouvent ce
vendredi au stade de Kégué à Lomé en match comptant
pour la 6e et dernière journée de la phase
éliminatoire de la CAN (Coupe d’Afrique des Nations)
2008. Pour cette rencontre qui frise du côté malien
celui de la revanche des éliminatoires jumelées CAN
et Mondial 2006, on retrouve plusieurs dispositions
particulières dont les plus marquantes sont celles du
choix d’un coordinateur en plus du commissaire au
match, de la vente des billets et des séances
d’entraînements.
Pour la première, elle porte en elle le risque d’une
lourde et sévère supervision du comportement des
officiels et du public togolais, avant, pendant et
après la rencontre. Une décision de la CAF qui fait
penser qu’un moindre geste anti-sportif de la part
des Togolais, même en cas de victoire sur le Mali de
Frédéric Kanouté, peut faire pencher la qualification
du côté de ces derniers. Avis est donc lancé aux
supporters Togolais de bien se comporter.
Quant à la vente des billets, pour la première fois
au Togo, elle se fait à guichet fermé. Ce qui ne doit
pas entraîner une confusion au niveau du public. Il
est donc impérieux de lever l’équivoque selon
laquelle un match à guichet fermé est différent d’un
match à huis clos.
Si la rencontre en elle-même n’est pas à huis clos,
les séances d’entraînements tant des Togolais que des
Maliens les seront.
Mais au-delà de toutes ces
dispositions qui viennent se greffer sur celle de la
programmation de la rencontre à la même heure que
celle entre la Sierra Leone et le Bénin, la question
est de savoir, si les dispositions sécuritaires
prises peuvent être à la hauteur de cette rencontre
qui coïncide avec la période de clôture de la
campagne des élections législatives togolaises.
Gabin Koissidjin |