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3 Oct 2006

[ 160 : du 2 Oct 2006]  
L’UFC tire sur le gouvernement Agboyibo
Le gouvernement du Premier Ministre Yawovi Agboyibo a été formé le 20 septembre dernier. La surprise de cette équipe, comme on l’a pu constater, est la présence du Dr Amah Gnassingbé de l’UFC. Selon ce dernier, il y figure sur la base d’une assemblée générale extraordinaire tenue le 18 septembre où la quasi-totalité des militants du parti se serait prononcée en faveur d’une participation au gouvernement. Le Dr Amah Gnassingbé qui fait alors partie de la liste des 35 ministres et Secrétaires d’Etat se repose donc sur la base de cette consultation « à la base » pour justifier l’acceptation de son portefeuille de « ministre d’Etat » sans portefeuille. Le président national de l’UFC, Gilchrist Olympio, a fait remarquer son opposition  quant à cette participation à l’équipe de Maître Agboyibo  au motif que cette dernière est à majorité RPT. Des sources proches du parti ont révélé que ce refus réside plutôt dans la revendication du poste de premier ministre. A l’instar du chef, d’autres ténors du parti, notamment Patrick Lawson (2ème vice président) et Jean Pierre Fabre (Secrétaire Général) ont appuyé la position du président national.
Le Dr Amah Gnassingbé qui estime qu’il ne peut faire l’objet d’aucune procédure d’exclusion de l’UFC, subit alors une désolidarisation des principaux éléments du bureau politique du parti, et se retrouve du coup esseulé dans sa nouvelle position de ministre d’Etat. Il partage ce titre honorifique de ministre d’Etat avec Léopold Gnininvi (CDPA, Mines et énergie), Kondi Agba (RPT, Santé) et Zarifou Ayéva (PDR, Affaires étrangères), à la différence que lui, reste sans portefeuille. Un autre ministre d’Etat, l’ancien premier ministre, Edem Kodjo, siège en tant que conseiller spécial de Faure Gnassingbé à la présidence de la République, hors de l’équipe gouvernementale.
M. Amah Gnassingbé est le 2ème vice président de l’UFC. Il a conduit la délégation de l’UFC  au dialogue inter togolais à Lomé, avant que le président du parti, Gilchrist Olympio ne dirige ensuite la délégation qui a poursuivi les travaux dans la capitale burkinabé. Ce dernier vit en exil depuis 1992, où il a échappé à un attentat. Depuis, il fait de rares et stratégiques descentes à Lomé.
Dodji Aimé ABALO
 
Jean-Pierre Fabre, à propos de Amah Gnassingbé  «Une procédure disciplinaire est en cours»
Jean Pierre Fabre, secrétaire général de l’Union des Forces de Changement (UFC) était hier l’invité d’une émission télévisée. Il était question entre autres  de la signature de l’Accord Politique Global, de la nomination du Premier Ministre, de la formation du gouvernement d’union nationale, du refus de participation de l’UFC ainsi  que le problème né de l’entrée du 2ème vice-président Amah Gnassingbé au gouvernement.
L’invité a d’abord tenu  à relever certaines insuffisances que comporterait l’Accord politique signé le 20 août dernier telles que le non règlement de la question relative à la nomination du premier ministre, la formation du gouvernement... Pourtant, malgré ces insuffisances, l’UFC a signé l’accord. « C’est la situation du pays, l’esprit d’ouverture qui nous a guidés », a expliqué M Fabre, qui ajoute par ailleurs que «  nous voulons poser des actes responsables pour ne pas rester en marge du dialogue ».
Mais l’UFC se sent toujours flouée en ce qui concerne la nomination du premier ministre en la personne de Me Yawovi Agboyibo. « Nous sommes le parti qui a été le plus triché durant tout le processus démocratique au Togo: en 1998, 2003, 2005, on nous a volé la victoire à la présidentielle. Donc, nous estimons qu’il faille nommer un Premier ministre qui fasse l’assentiment de la majorité du peuple... Des engagements ont été pris au niveau du médiateur pour confier le poste du premier ministre à l’UFC », a-t-il déclaré. A la question de savoir si l’UFC n’a pas déchanté, puisse qu’au lendemain de la nomination de Me Agboyibo, il s’est dégagé une certaine adhésion populaire, M Fabre s’est montré ferme. « Nous, nous ne sommes pas trompés surtout après la formation du gouvernement ».
S’agissant de la formation de l’équipe gouvernementale, le secrétaire général de l’UFC a estimé que le «  gouvernement d’union nationale est une émanation de l’Accord Politique Global et par conséquent, ni le chef de l’Etat, ni le premier ministre ne devrait procéder à sa formation comme un « ‘’pas de charge’’ ». Pour le secrétaire général  de l’UFC, le gouvernement actuel est « déséquilibré ; le RPT n’a pas gagné une élection législative pour former un gouvernement et se tailler la part du lion ».
De plus, M Fabre a relevé un nombre de situations qu’il qualifie de « confuses et suspectes » qui ont prévalu avant la formation du gouvernement. « On a tenté de débaucher certains membres de notre parti. On ne nous a pas consultés avant la formation du gouvernement …»...........
Selon M Fabre, l’UFC est toujours dans le processus et n’attend pas le quitter sous aucun prétexte « Les négociations se poursuivent, nous n’avons pas fermé la porte sur ce gouvernement.. ». En outre, M Fabre a critiqué le souhait exprimé par Faure Gnassingbé en ce qui concerne l’organisation des législatives en juin 2007. Pour lui, «  il faut éviter de se substituer aux institutions chargées d’organiser les choses. Nous n’avons pas peur d’aller aux élections. Il faut prendre le temps d’organiser les élections. La CENI doit organiser un chronogramme précis ». Il estimé que l’UFC ne peut entrer dans un quelconque gouvernement sans avoir l’intention d’apporter un plus au processus. Dans ce cas de figure poursuit-il, il faut un gouvernement d’union nationale véritable, un comité de suivi et la présence permanente de la Médiation pour accompagner tout le processus : «  Il faut que ces trois entités ne soient pas à problème », a-t-il suggéré.
Abordant la question  relative à  l’entrée du Docteur  Amah Gnassingbé au gouvernement, le secrétaire général du parti de Gilchrist Olympio a tenté d’expliquer les contours de cette « affaire ». Selon lui, M Amah a convoqué une réunion le dimanche 17 septembre au matin alors même que  les rencontres ont lieu tous les lundis pour les membres du bureau politique. A cette réunion, aucune décision n’aurait été prise et les délégués se sont donnés rendez-vous sur le mercredi 20. C’est donc dans l’attente de cette réunion que « nous avons été surpris d’apprendre que le Docteur Amah Gnassingbé accompagné de Antoine Bodjona et  Issa Seydou sont allés à la Primature avec une liste de ministrables », a -t-il révélé. Il a aussi indiqué que le sieur  Antoine Bodjona fait actuellement objet de manipulation de la part de Pascal Bodjona. «  C’est un honneur pour nous que le RPT pêche à chaque fois les gros poissons chez nous, c’est un épiphénomène ». Pour M Jean Pierre Fabre, l’affaire Amah Gnassingbé ne dérobera pas aux textes qui régissent le parti «  Ce n’est pas la première fois que nous sommes confrontés à ce genre de problème. Nous allons régler cette affaire sans rage ; il y a une procédure disciplinaire qui est en cours », a-t-il affirmé. Par ailleurs, il s’est démarqué d’une position du Ministre d’Etat Amah Gnassingbé qui avait indiqué qu’il n’était pas informé lors de la constitution de la délégation de l’UFC qui s’était rendue à Ouagadougou pour les négociations avec le facilitateur Blaise Compaoré. «  M Amah Gnassingbé était bien informé sur la délégation qui s’était rendue à Ouagadougou », a-t-il démenti.
Noël Glissou
 
 
Actualité  politique  nationale : Selon Komlan Alipui du Grad ...
La nomination de Me Yawovi Agboyibo au poste de premier ministre  qui aurait dû être formalisé lors des pourparlers inter togolais, la composition du gouvernement, la présentation qu programme du gouvernement devant l’assemblée nationale par le nouveau premier ministre sont entre autres les sujets abordés dans l’émission 7 sur 7 du dimanche 1er Octobre 2006, avec Victor  Komlan Alipui, président du Groupe de Réflexion et d’Action pour la Démocratie, ancien ministre de l’économie et des finances.
Victor Komlan Alipui avant l’analyse de l’environnement politique actuel, a rendu un hommage jugé mérité à Me Yawovi Agboyibo. Il a estimé que sa nomination peut être considérée comme une consécration de la carrière politique d’une personnalité qui a commencé la lutte dès le début du processus démocratique au Togo, allusion faite aux années 90, moments pendants lesquels, « des jeunes se sont décidés à mettre fin au système de parti unique dans lequel le pays évoluait ».
Revenant à la formule ayant conduit le leader du CAR à la primature, le leader du GRAD a clarifié la position de son association en s’attaquant surtout à la forme.
Selon Victor Komlan Alipui, l’actuel chef de gouvernement ne devrait pas être nommé par décret présidentiel. Il justifie cette position par le fait que le Togo était dans une situation exceptionnelle, une situation de crise. Situation qui avait motivé la signature des 22 engagements, le 14 avril 2004 à Bruxelles devant l’Union Européenne, pour combler le déficit démocratique dont le Togo est accusé et renouer avec la coopération.
Cette situation de crise qui entre temps a été aggravée par « le coup d’Etat qui a suivi le décès de Eyadema Gnassingbé », constitue un élément majeur devant orienter les actions politiques à mener pour un réel  apaisement. Pour le président du GRAD, avec les évènements des 05 et 06 février et l’élection présidentielle du 24 avril de la même année, scrutin jugé « irrégulier », « les résultats non légitimes »,  « Faure Gnassingbé est considéré comme un président de fait ».
« Etant un président de fait, il faut, afin de ramener la confiance, un dialogue ». Ces discussions, preuve d’une certaine anomalie dans la vie politique du pays, exigent donc « une mise en parenthèse de la constitution ».
Une fois la constitution mise de coté, le dialogue devrait discuter non seulement de la désignation du premier ministre mais aussi de la distribution des portefeuilles. Une stratégie qui aurait le mérite d’éviter au nouveau processus de normalisation enclenché, les déconvenues constatées. « Un premier ministre choisi par consensus par exemple lors du dialogue ne souffrirait d’aucune contestation » a fait remarquer l’ancien ministre de l’économie et des finances.  La crise togolaise étant d’ordre politique, il convient selon lui, «  de se situer dans un contexte politique pour sortir le pays de l’impasse ; malheureusement, on a maintenu la constitution », laissant du fait la « latitude au chef de l’Etat d’opérer son choix ». Cette situation pouvait être évitée si ce point avait figuré dans l’accord, a suggéré Victor  Komlan Alipui : « nous aurions voulu que ce point figure dans l’accord politique global et qu’il soit formalisé ».
Toujours dans le contexte de la nomination du  chef de gouvernement et du « supposé engagement qui aurait été donné à l’UFC », le président du GRAD a déploré le manque d’éléments tangibles devant attester l’existence d’un tel accord.
A propos de la représentativité des forces politiques dans le gouvernement d’union nationale, l’invité de l’émission 7 sur 7 l’a trouvée disproportionnée. Il pense que le gouvernement est déséquilibré et précise « qu’il ne s’agit pas d’un véritable gouvernement d’union nationale ».  Selon lui, la configuration actuelle du gouvernement témoigne que « le pouvoir a toujours gardé ce rapport de force qui entame une véritable sortie de crise ».
Pour ce qui concerne l’effectif, Victor Komlan Alipui, après avoir déploré la pléiade de portefeuilles créés, a souhaité sa réduction pour une meilleure efficacité de l’action gouvernementale, notamment, les élections législatives selon la feuille de route du dialogue. Avec la répartition faite souligne le président du GRAD, « on a l’impression qu’on a donné des postes à un certain nombre de personnes pour soutenir le camp. » Ainsi, avec l’appui de certaines personnalités étrangères et surtout celui de l’armée, le creuset s’élargit entre le pouvoir et le reste de la classe politique, a tenté d’expliquer l’ancien ministre qui a affirmé avoir attiré l’attention de Me Yawovi Agboyibo sur cette situation  au moment où il a été élu à la tête du directoire du dialogue.
Le président du GRAD s’est également prononcé sur la question des ministres d’Etat sans attribution précise. Se référant à la loi fondamentale du pays, il a fait  remarquer que le poste existe et doit être mis sous l’autorité du premier ministre. C’est dans ce sens qu’il a jugé la nomination de Edem Kodjo au poste de ministre d’Etat à la présidence, non conforme à la constitution. De plus, le déficit notoire d’attributions lié à certains postes ministériels, le cas de Amah Gnassingbé et surtout du prédécesseur de Me Yawovi Agboyibo, pourrait causer selon le président du GRAD, des conflits de compétence. Car, si le premier peut être considéré comme le numéro deux du gouvernement, même s’il est sans portefeuille, le second étant rattaché à la présidence, crée « un flou dans la définition de prérogatives ». Cela montre, a-t-il souligné, que « le premier ministre n’a pas les mains libres et la marge de manœuvres » pour agir.
Interpellé à se prononcer sur la présentation devant l’assemblée du programme de gouvernement, faite la semaine dernière par Me Yawovi Agboyibo, Victor Komlan Alipui a trouvé inopportune la démarche car, estime t-il, en allant chercher l’aval du parlement, il a donné au pouvoir, la verge qui servirait à le fouetter ». Selon la logique du GRAD,  le gouvernement d’union nationale a une feuille de route tracée par le dialogue, ce qui suppose un processus politique. Avec cette présentation, l’assemblée a la possibilité de mettre un terme à son mandat à tout moment. 
Avant de conclure par l’invitation du peuple à la mobilisation  pour mener à bien le processus électoral, Victor Komlan Alipui  a dénoncé l’annonce probable de la tenue des législatives en juin 2007 faite par Faure Gnassingbé lors de sa visite en France. Pour lui, cette annonce relève de la compétence de la CENI.
Saturnin S. NOAMESSI
 

 

 

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