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Le gouvernement du Premier Ministre
Yawovi Agboyibo a été formé le 20 septembre
dernier. La surprise de cette équipe, comme on l’a
pu constater, est la présence du Dr Amah
Gnassingbé de l’UFC. Selon ce dernier, il y figure
sur la base d’une assemblée générale
extraordinaire tenue le 18 septembre où la quasi-totalité
des militants du parti se serait prononcée en
faveur d’une participation au gouvernement. Le Dr
Amah Gnassingbé qui fait alors partie de la liste
des 35 ministres et Secrétaires d’Etat se repose
donc sur la base de cette consultation « à la
base » pour justifier l’acceptation de son
portefeuille de « ministre d’Etat » sans
portefeuille. Le président national de l’UFC,
Gilchrist Olympio, a fait remarquer son
opposition quant à cette participation à l’équipe
de Maître Agboyibo au motif que cette dernière
est à majorité RPT. Des sources proches du parti
ont révélé que ce refus réside plutôt dans la
revendication du poste de premier ministre. A
l’instar du chef, d’autres ténors du parti,
notamment Patrick Lawson (2ème vice
président) et Jean Pierre Fabre (Secrétaire
Général) ont appuyé la position du président
national.
Le Dr Amah Gnassingbé qui estime
qu’il ne peut faire l’objet d’aucune procédure
d’exclusion de l’UFC, subit alors une
désolidarisation des principaux éléments du bureau
politique du parti, et se retrouve du coup esseulé
dans sa nouvelle position de ministre d’Etat. Il
partage ce titre honorifique de ministre d’Etat
avec Léopold Gnininvi (CDPA, Mines et énergie),
Kondi Agba (RPT, Santé) et Zarifou Ayéva (PDR,
Affaires étrangères), à la différence que lui,
reste sans portefeuille. Un autre ministre d’Etat,
l’ancien premier ministre, Edem Kodjo, siège en
tant que conseiller spécial de Faure Gnassingbé à
la présidence de la République, hors de l’équipe
gouvernementale.
M. Amah Gnassingbé est le 2ème
vice président de l’UFC. Il a conduit la
délégation de l’UFC au dialogue inter togolais à
Lomé, avant que le président du parti, Gilchrist
Olympio ne dirige ensuite la délégation qui a
poursuivi les travaux dans la capitale burkinabé.
Ce dernier vit en exil depuis 1992, où il a
échappé à un attentat. Depuis, il fait de rares et
stratégiques descentes à Lomé.
Dodji Aimé ABALO
Jean-Pierre Fabre, à propos de Amah
Gnassingbé «Une
procédure disciplinaire est en cours»
Jean Pierre
Fabre,
secrétaire général de l’Union des Forces de
Changement (UFC) était hier l’invité d’une
émission télévisée. Il était question entre autres
de la signature de l’Accord Politique Global, de
la nomination du Premier Ministre, de la formation
du gouvernement d’union nationale, du refus de
participation de l’UFC ainsi que le
problème né de l’entrée du 2ème vice-président
Amah Gnassingbé au gouvernement.
L’invité a d’abord tenu à relever
certaines insuffisances que comporterait l’Accord
politique signé le 20 août dernier telles que le
non règlement de la question relative à la
nomination du premier ministre, la formation du
gouvernement... Pourtant, malgré ces insuffisances,
l’UFC a signé l’accord. « C’est la situation du
pays, l’esprit d’ouverture qui nous a guidés »,
a expliqué M Fabre, qui ajoute par ailleurs que «
nous voulons poser des actes responsables pour
ne pas rester en marge du dialogue ».
Mais l’UFC se sent toujours flouée
en ce qui concerne la nomination du premier
ministre en la personne de Me Yawovi Agboyibo. « Nous
sommes le parti qui a été le plus triché durant
tout le processus démocratique au Togo: en 1998,
2003, 2005, on nous a volé la victoire à la
présidentielle. Donc, nous estimons qu’il faille
nommer un Premier ministre qui fasse l’assentiment
de la majorité du peuple... Des engagements ont
été pris au niveau du médiateur pour confier le
poste du premier ministre à l’UFC », a-t-il
déclaré. A la question de savoir si l’UFC n’a pas
déchanté, puisse qu’au lendemain de la nomination
de Me Agboyibo, il s’est dégagé une certaine
adhésion populaire, M Fabre s’est montré ferme. « Nous,
nous ne sommes pas trompés surtout après la
formation du gouvernement ».
S’agissant de la formation de
l’équipe gouvernementale, le secrétaire général de
l’UFC a estimé que le « gouvernement d’union
nationale est une émanation de l’Accord Politique
Global et par conséquent, ni le chef de l’Etat, ni
le premier ministre ne devrait procéder à sa
formation comme un « ‘’pas de charge’’ ». Pour
le secrétaire général de l’UFC, le gouvernement
actuel est « déséquilibré ; le RPT n’a pas
gagné une élection législative pour former un
gouvernement et se tailler la part du lion ».
De plus, M Fabre a relevé un nombre
de situations qu’il qualifie de « confuses et
suspectes » qui ont prévalu avant la formation
du gouvernement. « On a tenté de débaucher
certains membres de notre parti. On ne nous a pas
consultés avant la formation du gouvernement …»...........
Selon M Fabre, l’UFC est toujours
dans le processus et n’attend pas le quitter sous
aucun prétexte « Les négociations se
poursuivent, nous n’avons pas fermé la porte sur
ce gouvernement.. ». En outre, M Fabre a
critiqué le souhait exprimé par Faure Gnassingbé
en ce qui concerne l’organisation des législatives
en juin 2007. Pour lui, « il faut éviter de se
substituer aux institutions chargées d’organiser
les choses. Nous n’avons pas peur d’aller aux
élections. Il faut prendre le temps d’organiser
les élections. La CENI doit organiser un
chronogramme précis ». Il estimé que l’UFC ne
peut entrer dans un quelconque gouvernement sans
avoir l’intention d’apporter un plus au processus.
Dans ce cas de figure poursuit-il, il faut un
gouvernement d’union nationale véritable, un
comité de suivi et la présence permanente de la
Médiation pour accompagner tout le processus : «
Il faut que ces trois entités ne soient pas à
problème », a-t-il suggéré.
Abordant la question relative à
l’entrée du Docteur Amah Gnassingbé au
gouvernement, le secrétaire général du parti de
Gilchrist Olympio a tenté d’expliquer les contours
de cette « affaire ». Selon lui, M Amah a
convoqué une réunion le dimanche 17 septembre au
matin alors même que les rencontres ont lieu tous
les lundis pour les membres du bureau politique. A
cette réunion, aucune décision n’aurait été prise
et les délégués se sont donnés rendez-vous sur le
mercredi 20. C’est donc dans l’attente de cette
réunion que « nous avons été surpris
d’apprendre que le Docteur Amah Gnassingbé
accompagné de Antoine Bodjona et Issa Seydou sont
allés à la Primature avec une liste de
ministrables », a -t-il révélé. Il a aussi
indiqué que le sieur Antoine Bodjona
fait actuellement objet de manipulation de la part
de Pascal Bodjona. « C’est un honneur pour
nous que le RPT pêche à chaque fois les gros
poissons chez nous, c’est un épiphénomène ».
Pour M Jean Pierre Fabre, l’affaire Amah
Gnassingbé ne dérobera pas aux textes qui
régissent le parti « Ce n’est pas la première
fois que nous sommes confrontés à ce genre de
problème. Nous allons régler cette affaire sans
rage ; il y a une procédure disciplinaire qui est
en cours », a-t-il affirmé. Par ailleurs, il
s’est démarqué d’une position du Ministre d’Etat
Amah Gnassingbé qui avait indiqué qu’il n’était
pas informé lors de la constitution de la
délégation de l’UFC qui s’était rendue à
Ouagadougou pour les négociations avec le
facilitateur Blaise Compaoré. « M Amah
Gnassingbé était bien informé sur la délégation
qui s’était rendue à Ouagadougou », a-t-il
démenti.
Noël
Glissou
Actualité politique
nationale
: Selon
Komlan Alipui du Grad ...
La nomination de Me Yawovi Agboyibo
au poste de premier ministre qui aurait dû être
formalisé lors des pourparlers inter togolais, la
composition du gouvernement, la présentation qu
programme du gouvernement devant l’assemblée
nationale par le nouveau premier ministre sont
entre autres les sujets abordés dans l’émission 7
sur 7 du dimanche 1er Octobre 2006,
avec Victor Komlan Alipui, président du Groupe de
Réflexion et d’Action pour la Démocratie, ancien
ministre de l’économie et des finances.
Victor Komlan Alipui avant
l’analyse de l’environnement politique actuel, a
rendu un hommage jugé mérité à Me Yawovi Agboyibo.
Il a estimé que sa nomination peut être considérée
comme une consécration de la carrière politique
d’une personnalité qui a commencé la lutte dès le
début du processus démocratique au Togo, allusion
faite aux années 90, moments pendants lesquels,
« des jeunes se sont décidés à mettre fin au
système de parti unique dans lequel le pays
évoluait ».
Revenant à la formule ayant conduit
le leader du CAR à la primature, le leader du GRAD
a clarifié la position de son association en
s’attaquant surtout à la forme.
Selon Victor Komlan Alipui,
l’actuel chef de gouvernement ne devrait pas être
nommé par décret présidentiel. Il justifie cette
position par le fait que le Togo était dans une
situation exceptionnelle, une situation de crise.
Situation qui avait motivé la signature des 22
engagements, le 14 avril 2004 à Bruxelles devant
l’Union Européenne, pour combler le déficit
démocratique dont le Togo est accusé et renouer
avec la coopération.
Cette situation de crise qui entre
temps a été aggravée par « le coup d’Etat qui a
suivi le décès de Eyadema Gnassingbé »,
constitue un élément majeur devant orienter les
actions politiques à mener pour un réel
apaisement. Pour le président du GRAD, avec les
évènements des 05 et 06 février et l’élection
présidentielle du 24 avril de la même année,
scrutin jugé « irrégulier », « les
résultats non légitimes », « Faure Gnassingbé est
considéré comme un président de fait ».
« Etant un
président de fait, il faut, afin de ramener la
confiance, un dialogue ».
Ces discussions, preuve d’une certaine anomalie
dans la vie politique du pays, exigent donc « une
mise en parenthèse de la constitution ».
Une fois la constitution mise de
coté, le dialogue devrait discuter non seulement
de la désignation du premier ministre mais aussi
de la distribution des portefeuilles. Une
stratégie qui aurait le mérite d’éviter au nouveau
processus de normalisation enclenché, les
déconvenues constatées. « Un premier ministre
choisi par consensus par exemple lors du dialogue
ne souffrirait d’aucune contestation » a fait
remarquer l’ancien ministre de l’économie et des
finances. La crise togolaise étant d’ordre
politique, il convient selon lui, « de se
situer dans un contexte politique pour sortir le
pays de l’impasse ; malheureusement, on a maintenu
la constitution », laissant du fait la
« latitude au chef de l’Etat d’opérer son choix ».
Cette situation pouvait être évitée si ce point
avait figuré dans l’accord, a suggéré Victor
Komlan Alipui : « nous aurions voulu que ce
point figure dans l’accord politique global et
qu’il soit formalisé ».
Toujours dans le contexte de la
nomination du chef de gouvernement et du « supposé
engagement qui aurait été donné à l’UFC », le
président du GRAD a déploré le manque d’éléments
tangibles devant attester l’existence d’un tel
accord.
A propos de la représentativité des
forces politiques dans le gouvernement d’union
nationale, l’invité de l’émission 7 sur 7 l’a
trouvée disproportionnée. Il pense que le
gouvernement est déséquilibré et précise « qu’il
ne s’agit pas d’un véritable gouvernement d’union
nationale ». Selon lui, la configuration actuelle
du gouvernement témoigne que « le pouvoir a
toujours gardé ce rapport de force qui entame une
véritable sortie de crise ».
Pour ce qui concerne l’effectif,
Victor Komlan Alipui, après avoir déploré la
pléiade de portefeuilles créés, a souhaité sa
réduction pour une meilleure efficacité de
l’action gouvernementale, notamment, les élections
législatives selon la feuille de route du
dialogue. Avec la répartition faite souligne le
président du GRAD, « on a l’impression qu’on a
donné des postes à un certain nombre de personnes
pour soutenir le camp. » Ainsi, avec l’appui de
certaines personnalités étrangères et surtout
celui de l’armée, le creuset s’élargit entre le
pouvoir et le reste de la classe politique, a
tenté d’expliquer l’ancien ministre qui a affirmé
avoir attiré l’attention de Me Yawovi Agboyibo sur
cette situation au moment où il a été élu à la
tête du directoire du dialogue.
Le président du GRAD s’est
également prononcé sur la question des ministres
d’Etat sans attribution précise. Se référant à la
loi fondamentale du pays, il a fait remarquer que
le poste existe et doit être mis sous l’autorité
du premier ministre. C’est dans ce sens qu’il a
jugé la nomination de Edem Kodjo au poste de
ministre d’Etat à la présidence, non conforme à la
constitution. De plus, le déficit notoire
d’attributions lié à certains postes ministériels,
le cas de Amah Gnassingbé et surtout du
prédécesseur de Me Yawovi Agboyibo, pourrait
causer selon le président du GRAD, des conflits de
compétence. Car, si le premier peut être considéré
comme le numéro deux du gouvernement, même s’il
est sans portefeuille, le second étant rattaché à
la présidence, crée « un flou dans la définition
de prérogatives ». Cela montre, a-t-il souligné,
que « le premier ministre n’a pas les mains libres
et la marge de manœuvres » pour agir.
Interpellé à se prononcer sur la
présentation devant l’assemblée du programme de
gouvernement, faite la semaine dernière par Me
Yawovi Agboyibo, Victor Komlan Alipui a trouvé
inopportune la démarche car, estime t-il, en
allant chercher l’aval du parlement, il a donné au
pouvoir, la verge qui servirait à le fouetter ».
Selon la logique du GRAD, le gouvernement d’union
nationale a une feuille de route tracée par le
dialogue, ce qui suppose un processus politique.
Avec cette présentation, l’assemblée a la
possibilité de mettre un terme à son mandat à tout
moment.
Avant de conclure par l’invitation
du peuple à la mobilisation pour mener à bien le
processus électoral, Victor Komlan Alipui
a dénoncé l’annonce probable de la tenue
des législatives en juin 2007 faite par Faure
Gnassingbé lors de sa visite en France. Pour lui,
cette annonce relève de la compétence de la CENI.
Saturnin S. NOAMESSI
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