AgoraPress

 

Tribune

 

Politique

 

Culture

 

Société

 

Sites

 
 
Golfe Info

24 Aoùt

[ 283: du 23 Aoùt 2007]  
Altercation entre «policiers» et populations à Togo 2000 : Les autorités promettent des sanctions

« .....une enquête est ouverte pour déterminer les auteurs et les complices de ces graves incidents, afin de les punir conformément aux lois et règlements en vigueur (…).Dores et déjà, certaines recrues présumées auteurs et complices de ces évènements, sont mis aux arrêts ». Ces passages sont un extrait du communiqué rendu public mercredi dernier par le ministre de la Sécurité, le Colonel Atcha Titikpina Mohamed. Cette sortie médiatique des autorités sécuritaires du pays intervient au lendemain d’une altercation entre les nouvelles recrues de la Police nationale hébergées sur le site de Togo 2000 et des populations riveraines.

Les faits
Une affaire banale de sentiments (amoureux) serait à l’origine du « conflit ». Selon le Colonel M. Monpion, Directeur de la Police nationale, une jeune recrue serait accusée de vouloir détourner sa demi-sœur, qui se trouve être la copine d’un jeune garçon du quartier au profit d’un de ses collègues. D’après ses explications, c’est au retour de l’une des visites routinières que la nouvelle recrue rend à sa demi-sœur qu’elle a été prise en partie dimanche 20 août dernier par le « copain de sa demi-sœur » et quelques jeunes garçons du quartier. Se sentant « humiliée », la jeune recrue, aidée de ses collègues de promotion, a organisé une descente musclée « sans l’aval de leur chef hiérarchique » dans le quartier lundi dernier dans la soirée où tous les passants furent passés à tabac. Selon le Colonel Monpion, ces malheureux évènements ont entraîné des « blessés légers qui ont été soumis à des soins pris entièrement en charge par le Ministère de la Sécurité ».

Le faux pas des nouvelles recrues !
Pour le Colonel Monpion, cette sortie des nouvelles recrues de la police n’est pas justifiée. Elles auraient pu, a-t-il expliqué, faire part des mésaventures de leur collègue à leur supérieur hiérarchique, qui sont les seuls habiletés à prendre des mesures qui s’imposent. En clair, les « futurs » policiers ont désobéi aux règles et textes qui régissent leur corporation. Selon un observateur, cet état de fait pourrait coûter la carrière à certaines d’entre elles. « Ces jeunes oublient qu’ils sont pour le moment, en stage de formation. On peut en cas d’indiscipline ou de comportements irresponsables, les virer tout simplement », fait-il noter.

D’après des informations, ces jeunes recrues brilleraient par leur absentéisme et par des sorties nocturnes incontrôlées. Ces mêmes informations indiquent que parfois, le nombre des absents au cours des contrôles avoisine la cinquantaine. 

Vers l’impunité zéro au Togo ?
Le ton et la fermeté avec lesquels, le Directeur de la Police nationale, le Colonel M. Monpion a lu le communiqué       rendant compte des évènement de Togo 2000 sur le plateau de la télévision nationale dans son édition de 20 heures mercredi dernier, montrent une certain sérieux dans la volonté des autorités togolaises à lutter désormais contre l’impunité. Dans cette logique, il a rappelé « aussi bien aux forces de sécurité qu’aux populations civiles que nul n’a le droit de se faire justice et que conformément au message du chef de l’Etat, lancé à Atakpamé (dans la préfecture de l’Ogou) le 30 juillet (à l’occasion du démarrage de la campagne nationale de lutte contre la violence politique et l’impunité) l’impunité n’aura plus droit de cité dans notre pays ». Quelle lecture doit-on faire de cette déclaration ?

De plus en plus, les autorités togolaises tiennent un langage d’apaisement et d’explication en direction des populations sur la nécessité d’instaurer un climat de paix et de confiance dans le pays. Et, cela est visible à travers des séminaires à l’intention des civiles et des militaires au cours desquels, des thèmes spécifiques sont abordés pour amener les uns et les autres à comprendre les relations qui devraient exister entre ces deux composantes de la société.

Une poursuite judiciaire contre les coupables dans cette affaire, pourrait donner un certain gage à la politique de Faure Gnassingbé qui dit vouloir éliminer les racines de l’impunité au Togo. Mais la question est de savoir si des mesures disciplinaires peuvent être prises contre les hauts gradés en cas de « fautes », car après tout, ces nouvelles recrues sont considérées comme des « petits poussins ».

Un autre fait qui semble être une nouveauté au Togo, est le passage sur les medias des responsables pour expliquer un certain nombre de faits aux populations. Ainsi, les autorités en charge des questions sécuritaires ont-elles donné les versions « officielles » du coup de fusil mortel d’un militaire voleur de carburant dans les environs de la télévision nationale, la mort des élèves officiers dans un accident de voiture (ceux-ci se rendaient à Kara dans la Kozah) en janvier dernier et le cas présent en sont les preuves. Même si a priori, on comprend que c’est pour dissiper les mauvaises interprétations au sein de l’opinion, il faut reconnaître qu’en procédant ainsi, le pouvoir Faure cherche à instaurer une autre méthode de gestion du pays.

Chacun doit jouer sa partition !
Les victimes des bastonnades selon le chef de la Police nationale ont saisi le ministère de la Sécurité, la Représentation du Haut Commissariat des Nations Unies pour le Droit de l’Homme au Togo, la CNDH (Commission Nationale des Droits de l’Homme). Cette attitude dénote de la part des populations leur volonté à porter cette affaire devant les organes compétents pour qu’elle soit tranchée avec toutes les garanties possibles.

Mais, cela n’empêche pas de relever certains comportements d’incivisme de la part de quelques individus. En effet, de plus en plus, on remarque chez des Togolais, une forme « d’insoumission » vis-à-vis de la loi. Ces comportements sont surtout visibles dans la circulation où des usagers refusant d’obéir aux instructions des policiers lançant des propos du genre « qui vous a même envoyés ici » ou « va-t-en » et d’autres injures provocatrices. Dans cette affaire de Togo 2000,  s’il est vrai que les jeunes recrues n’ont pas le droit de sortir de leur « logis » pour aller s’en prendre aux populations civiles « innocentes », aucun droit n’autorise non plus des jeunes du quartier à porter la main sur un agent de sécurité (dans ces conditions précises).

C’est bien de saisir les instances en matière de droit de l’Homme mais il sera mieux que chacun joue son rôle en respectant l’autre.

Noël Y.A.GLISSOU

 
Dans le cadre des législatives 2007 : L’UFC investit ses candidats le 30 septembre

De sources généralement bien informées, l’UFC (Union des Forces de Changement) organise le 30 septembre prochain à Lomé, le congrès d’investiture de ses candidats à la députation. Selon les informations, le parti aurait déjà arrêté la liste définitive des « hommes et femmes » qui vont défendre les couleurs du « Détia ». « Nous seront présents dans toutes les 81 circonscriptions du pays et nous croyons que nos candidats sauront tirer leur épingle du jeu », a déclaré un responsable de l’UFC.

La 3ème tournée reportée
L’état-major de l’UFC a reporté la 3e tournée nationale que le parti projetait organiser à partir de ce matin dans la partie septentrionale du pays. D’après une source digne de foi, cette décision prise à la dernière minuit, fait suite à un décès dans la  famille du président. Cependant, indique la même source, elle aura lieu certainement avant le début de la campagne électorale pour les prochaines législatives.

Les responsables de cette formation politique expliquent le bien fondé de leurs tournées dans les différentes contrées du pays par le fait qu’il s’est instauré au sein des populations, un sentiment de doute et de déception  après les évènements douloureux qui ont lieu pendant la présidentielle du 24 avril 2005. « Il s’agit pour nous, non seulement de présenter nos compassions aux familles éprouvées mais aussi leur dire que la lutte pour l’instauration d’une société démocratique doit être soutenue et encouragée au Togo. Il s’agit également d’éviter tout sentiment de fatalité et de croire que nous ne pouvons pas atteindre notre objectif à savoir, parvenir au pouvoir pour réaliser le changement que le peuple souhaite avec la peur au ventre », a déclaré une responsable de l’UFC.

Les prochaines législatives constituent un test pour tous les partis politiques car, elles devront déterminer le poids de chaque formation politique. Elles devront permettre de surcroît au pays de renouer avec les partenaires extérieurs qui ont plié leur bagage depuis 1993, pour « déficit démocratique ».   

Noël Y.A.GLISSOU

 
Législatives 2007 : Le RECIT pour des candidatures indépendantes

Le nouveau code électoral de la République togolaise autorise, en dépit du mode de scrutin (scrutin de liste proportionnelle à la plus forte moyenne), des candidatures indépendantes. Afin de profiter de cette disposition légale et de prendre part aux prochaines élections législatives, des personnalités de la société civile, réunis au sein du RECIT (Réseau des Citoyens Indépendants pour la Transparence) ont procédé le mercredi 22 août 2007 dernier au lancement de la structure devant leur permettre de s’organiser pour jouir de leurs droits.

Selon Adoté Blivi, membre du directoire de cette organisation, « le RECIT est un nouveau palier dans l’espace politique togolais sur lequel se présentent des citoyens ayant exercé ou vécu la chose politique ». D’après lui, ce sont des valeurs profondes et le souci d’influer sur le débat politique qui les ont poussés « à cesser de se mettre à l’écart du débat politique ». Les membres du RECIT ont décidé d’apporter un remaniement dans les pensées, et de donner un nouvel élan au débat politique, ont-t-ils expliqué avant d’ajouter que « le pays a besoin de nouveaux hommes et de nouvelles femmes qui portent des engagements profonds » pour son épanouissement.

Selon Me Martial Akakpo, porte-parole de ce réseau de candidats indépendants, « le RECIT n’est ni un parti politique, ni une association. C’est une organisation informelle qui n’a ni statuts ni règlement intérieur », mais qui veut traiter de  la politique.

Contrairement aux formations politiques où les militants ne peuvent pas s’écarter de la ligne du parti au nom du principe de la discipline du parti, les membres du RECIT se disent être des hommes et des femmes libres et qui s’en remettront démocratiquement aux échanges et aux débats d’idée avant de se prononcer sur les grandes décisions qui engagent la nation. L’objectif assigné à cette organisation composée de « transfuges de partis politiques » et de responsables d’organisations de la société civile, est, selon le président du directoire, Me Zeus Ajavon « d’obliger les acteurs politiques à assurer et à sauvegarder des conditions de vie acceptables à la jeunesse, parce que demain se prépare et se construit aujourd’hui ».

Pour l’ancien vice-président de la CPP (Convergence Patriotique Panafricaine) de Edem Kodjo, les acteurs de la société civile ne sauraient parvenir à cet objectif en se mettant en marge des instances décisionnelles. Pour cette raison, ils (lui et ses camarades du RECIT) ont décidé « de mettre la main à la pâte et de s’impliquer activement à la construction du Togo nouveau, en obligeant, par leurs actions, les acteurs politiques à faire ce qu’ils doivent faire dans un Etat digne de ce nom ». Les membres de RECIT veulent également «obliger la société politique à poser les jalons et les repères d’une gestion transparente des ressources du pays » afin de créer de bonnes performances économiques créatrices d’emplois.

Par ailleurs, en vue de répondre aux exigences du code électoral qui veut que chaque candidat ou regroupement de candidats ait un emblème qui permet de l’identifier ou d’identifier ses candidats, le RECIT s’est doté d’un symbole : « le Kpatima » (feuille d’une plante éponyme) tenu par une «main propre».

Dans la tradition africaine et plus précisément au Togo, cette plante aux multiples vertus est souvent utilisée à l’occasion des cérémonies de purification et de sanctification. Pour les membres du RECIT, c’est au vu des valeurs prônées par leur organisation qu’ils ont adopté comme symbole cette plante, car disent t-ils, « nous sommes décidés à purifier le débat politique dans notre pays et lui donner une nouvelle image ».

Marc D. KOUAKANI-ASSI

 
Lancement des travaux du gazoduc : Le gaz naturel aux portes du Togo

Ce jeudi 23 août 2007 a eu lieu sur le site du projet gazoduc du Togo, situé dans la zone industrielle de Lomé, le lancement des travaux de construction des installations à terre de cet hydrocarbure.

C’est devant un parterre d’autorités politiques et traditionnelles, de techniciens derrière lequel se trouvaient les populations du village de Gbétsogbé (localité abritant le site) que le ministre des Mines et de l’Energie, le professeur Léopold Messan Gnininvi, et le directeur de la West African Pipeline Company (WAPCO), Jack Dérickson ont donné le coup d’envoi des travaux de construction des installations du gazoduc du Togo.

Attendu pour servir dans la production de l’électricité, le gaz de l’Afrique de l’ouest constitue une source d’espoir pour les populations et les opérateurs économiques togolais qui ont vécu ces derniers temps une crise énergétique sans précédant.

Décrivant ce projet, le ministre des Mines a comparé l’ouvrage  à « un long serpent de plus de 670 Km qui va inspirer le gaz du Nigeria pour le souffler au Togo ».

Commencé en 1993 avec la réalisation des études de préfaisabilité, le projet gazoduc du Togo s’est poursuivi dans le temps avec la signature en 1995 d’un protocole d’accord tripartite entre le Nigeria, le Bénin et le Togo pour l’approvisionnement de ces deux derniers pays en gaz par le géant gazier de l’Afrique de l’ouest.

De cette date à 2003, d’autres accords seront signés et l’Assemblée nationale togolaise se fera le devoir en 2004 de voter la loi portant cadre juridique de ce projet. Un an plus tard, la société WAPCO se mettra au travail pour effectuer les travaux devant aboutir deux ans plus tard à « l’arrimage » du gaz sur la côte togolaise.

Selon les techniciens, la station gazière de Gbétsogbé servira à la construction d’un site de réception et de conditionnement du gaz importé du Nigeria via le Bénin. Celui-ci sera transporté puis modulé pour être utilisé par les installations de la centrale thermique de Lomé et celles des turbines à gaz de la CEB (Compagnie Electrique du Bénin).

D’après le directeur de WAPCO, la station togolaise est la troisième du genre réalisée par sa compagnie après celles du Nigeria et du Bénin. Il a par la suite rassuré les populations quand aux mesures sécuritaires et environnementales prises pour les épargner des impacts négatifs relatifs à la réalisation des travaux.

Dans le souci de prouver aux populations leur engagement citoyen, la société a procédé à la réalisation de certains infrastructures sociaux (écoles, dispensaires, etc.).

Afin de permettre au Togo et plus largement aux pays de la sous région, notamment le Bénin, de bénéficier des retombés énergétiques de cet hydrocarbure, Jack Dérickson a invité les autres intervenants à travailler d’arrache pied pour l’accomplissement de ce projet. Pour sa part, le ministre Gnininvi a confié que les autorités et les techniciens togolais ne ménageront aucun effort pour apporter leurs soutiens à la réalisation de ce projet. Pour lui, ce projet constitue « l’espoir d’un avenir énergétique très sûr » pour les togolais qui voient en cette cérémonie de lancement « le bout du Gazoduc ».

Avec le lancement des travaux du gazoduc togolais, on peut s’attendre à la concrétisation  d’autres projets comme celui de la société américano-togolaise Contour Global. En effet, le projet américain est destiné à produire l’électricité à partir du gaz, une source d’énergie qui se fait rare sur le marché et dont le prix de vente varie selon le cours du brut.

Marc D. KOUAKANI-ASS

 

Tissu industriel de l’espace UEMOA : Une nouvelle phase de soutien en vue

De récentes analyses indiquent que l’activité économique de l’UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest Africaine) a connu un fléchissement en raison, notamment, des contre-performances du secteur secondaire. C’est pour renforcer durablement la stabilité économique de la zone Uémoa, par un accroissement de la compétitivité, la création d’un meilleur climat d’investissement et la promotion de l’emploi que le PRMN (Programme de Restructuration et de Mise à Niveau) a été mis en place. En améliorant l’environnement et la performance des entreprises, le PRMN vise à permettre au secteur privé, producteur de richesses, de jouer pleinement son rôle de moteur de croissance.

Le secteur secondaire ouest africain
Les entreprises industrielles de la sous-région font face à de nombreuses contraintes internes et externes qui pénalisent leurs performances dans un environnement marqué par la globalisation de l’économie et la forte concurrence qui en découle.

D’abord, le tissu industriel des pays de l’espace Uémoa est en général très faible et participe peu à la formation du PIB (Produit Intérieur Brute). Ainsi, la contribution de l’industrie dans l’Uémoa varie entre 12% et 27% du PIB.

Ensuite, les ressources sont très peu transformées. Les exportations sont essentiellement constituées de produits primaires. En effet, pour chacun des pays de l’espace, la principale source de devise est constitué de produits agricoles ou miniers : coton, phosphate, noix de cajou, pêche, arachide, or ou uranium.

Par ailleurs, le secteur secondaire est peu diversifié. Les pays possèdent souvent les mêmes unités dans les mêmes filières. Ainsi, deux secteurs, l’agroalimentaire et le textile, représentent les 2/3 de la valeur ajoutée manufacturière de l’industrie sous régionale. En outre, les industries de soutien tels les emballages et le machinisme agricole sont peu développés.

Enfin, de nombreuses activités sont absentes du tissu industriel de l’Uémoa, faute entre autres, de marchés nationaux suffisamment larges.

Justification du PRMN
Le contexte actuel de mondialisation et de globalisation exacerbée de l’économie qui vise une intégration croissante de l’économie mondiale, offre aux industries des PVD (Pays en Voie de Développement) une grande opportunité d’encrage dans l’espace économique des pays développés. Ces derniers représentent le plus grand marché pour les PVD et les mettent par conséquent face à l’impératif de la restructuration et de la mise à niveau de leurs industries.

Ainsi, l’Uémoa pour permettre aux entreprises de ces Etats membres de se mettre au niveau des exigences du libre-échange et de la circulation des biens et services, lance le PRMN. Ce programme vise à intégrer et à positionner le secteur productif ouest africain dans le contexte concurrentiel des accords de l’OMC (Organisation Mondial du Commerce) et la perspective de l’APE (Accord de Partenariat économique).

La restructuration et la mise à niveau de l’industrie
La mise à niveau d’une entreprise vise l’amélioration qualitative de ses différentes fonctions et de son système productif pour acquérir progressivement la capacité de produire selon des standards technologiques et qualitatifs internationaux.

La démarche se déroule en trois phases : le pré diagnostic, le diagnostic stratégique et le plan de restructuration ou le plan de mise à niveau.

Le pré diagnostic est réalisé à travers un questionnaire d’éligibilité au programme. Ce questionnaire permettra donc de définir l’éligibilité à la restructuration ou à la mise à niveau. Il sert également à préciser le champ d’investigation pour l’établissement du diagnostic et du plan de restructuration ou de mise à niveau.

Le diagnostic stratégique consiste à analyser les fonctions de l’entreprise en tenant compte des contraintes liées à la compétitivité dans le contexte des mutations économiques et technologiques dans son environnement concurrentiel.

Le diagnostic stratégique permettra aussi de déceler les forces et les faiblesses de l’entreprise, ensuite de définir les orientations stratégiques qui lui permettront de renforcer sa performance et d’identifier les actions à court et à moyen terme de restructuration ou de mise à niveau. Le diagnostic stratégique permettra aussi de définir les moyens financiers requis pour mettre en œuvre les actions de restructuration ou de mise en œuvre.

Le plan de restructuration concerne principalement  des ajustements structurels et financiers. Il peut s’agir de reconversion ou d’arrêt d’activités non viables et de restructuration financière. L’objectif du plan de restructuration est d’offrir  à l’entreprise de retrouver sa bancabilité ainsi que de répondre aux critères d’éligibilité à la mise à niveau.

Dès que l’entreprise aura réalisé son plan de restructuration, elle peut postuler à la mise à niveau.

Le plan de mise à niveau porte essentiellement sur la stratégie et les objectifs de renforcement de la performance de l’entreprise à court et à moyen terme. Il porte aussi sur le programme d’investissement au plan matériel en déclinant l’impact sur la compétitivité de l’entreprise d’une part et sur le plan de financement et les prévisions financières démontrant sa rentabilité d’autre part.

Enjeux et cibles du PRNM
Le PRMN porte trois enjeux majeurs à travers une phase pilote, prélude à un programme régional ambitieux. Le premier est la création de capacités internes de gestion stratégique de programmes. La mise en place d’un environnement favorable à la pérennisation de programmes est le deuxième enjeu de ce Programme. Enfin la phase pilote a pour enjeu d’expérimenter les outils techniques sur un échantillon réduit d’entreprises.

Le plan d’exécution globale du Programme prévoit deux grandes phases. La phase pilote qui durera deux ans, doit permettre de mettre en place tous les organes et de lancer le Programme auprès d’un échantillon de 120 entreprises. Puis, la phase de déploiement sur trois ans, permettra de généraliser le Programme afin d’atteindre l’objectif de 1000 entreprises (dont 670 entreprises mises à niveau et 330 restructurées).

Le Programme de Restructuration et de Mise à Niveau s’adresse aux entreprises industrielles potentiellement viables.

Toutefois, lorsqu’une entreprise ne présente pas les conditions nécessaires de bancabilité et se trouve en situation de déstructuration financière, elle peut bénéficier au préalable d’une restructuration avant de s’inscrire dans le processus de mise à niveau. L’entreprise éligible au Programme de restructuration est donc une entreprise  haut potentiel, notamment à l’export.

L’éligibilité à la mise à niveau concerne les entreprises établies dans les pays de l’Uémoa et en activité depuis plus de deux ans. Les entreprises jugées viables et celles qui possèdent un haut potentiel de performances et qui ne sont pas en difficultés financières sont également éligibles. Ces entreprises devront témoigner d’une volonté forte d’amélioration et d’innovation.

L’éligibilité au programme pilote concerne les entreprises agro-industrielles à fort potentiel, notamment en termes d’exportation et d’emploi et ayant une forte capacité d’adaptation et d’innovation.

Outre les entreprises, le PRMN vise au plan institutionnel principalement les ministères de l’industrie des Etats membres de l’Uémoa, les Chambres de Commerce et de l’Industrie, les organisations professionnelles et patronales, les structures d’appui au secteur privé et les institutions financières.

Articulations et structures techniques

Le programme pilote s’articule autour de cinq grandes composantes ordonnancées et assorties d’activités spécifiques. La première composante est le renforcement des capacités institutionnelles régionales et nationales.

L’appui à la conception et à la mise en place de mécanismes de financement est la deuxième composante. La troisième et la quatrième sont la création ou le renforcement des capacités techniques régionales et nationales puis la mise en place du programme pilote pour la restructuration de 60 entreprises agroalimentaires.

La mise en place du programme pilote pour la mise à niveau de 60 entreprises agro-industrielles.

Le programme pilote vise un triple objectif. D’abord, il vise à créer les conditions de pérennisation du PRMN en mettant en place des institutions nationales animées par des responsables bien formés et gérées de manière participative sur la base d’une vision de développement partagée. Le deuxième objectif est d’expérimenter une méthodologie d’appui afin de définir une approche adaptée aux réalités intrinsèques de chaque pays. La phase pilote vise enfin le développement d’un programme régional sur la base des visions nationales.

L’exécution de la phase pilote est confiée à l’ONUDI (Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel) qui dispose d’une vaste expérience internationale dans le domaine du développement industriel, le renforcement des capacités liées au commerce et en particulier la restructuration et la mise à niveau. L’Onudi mobilise la connaissance, les compétences, l’information et la technologie pour promouvoir un emploi productif et une économie compétitive.

La mise en œuvre globale du Programme est conçue selon une stratégie originale qui privilégie la cohérence et la complémentarité entre les niveaux régional et national.

Au niveau régional, la commission de l’Uémoa, initiateur du PRMN, agit pour le compte de l’Union en recourant à des actes de ses organes comme pour l’attribution des ressources budgétaires et à des textes réglementaires ou conventionnels.

Au niveau national, les Etats membres ont un rôle similaire à celui de la commission de l’Uémoa pour ce qui concerne la levée des fonds afin de renforcer les ressources des programmes nationaux. Les Comités de Pilotage Nationaux réaliseront la gestion stratégique de leur programme et constitueront le relais national du Comité de pilotage régional en charge du PRMN. Les Bureaux de Restructuration et de Mise à Niveau assurent l’interface opérationnelle avec les entreprises.

Le budget total de ce programme s’élève à environ 202 milliards de Fcfa pour une intervention auprès de 1000 entreprises industrielles.

Le coût de la phase pilote est d’environ 10 milliards de francs CFA.

Deux fonds seront crées pour garantir la disponibilité de ressources suffisantes et pérennes pour le programme. Il s’agit d’un fonds de restructuration destiné à financier les opérations de restructuration et un fonds de mise à niveau destiné à financer les opérations de mise à niveau.

Hermann KPOGNON

 
Faits divers : L’E-mail qui tue

Monsieur et madame James décident de partir en congé dans le même hôtel qu’il y a 10 ans, lors de leur lune de miel. Mais, à cause d’un empêchement professionnel de dernière minute, la femme ne peut pas prendre son vol le jeudi comme initialement prévu. Il est donc décidé que le mari prendrait l’avion le jeudi et sa femme le lendemain.

Monsieur James arrive comme prévu sur le lieu de repos et après avoir loué la chambre d’hôtel, il se rend compte que le décor a changé dans la chambre et de surcroît, il y a un ordinateur avec connexion Internet.

Après avoir rempli les formalités de location avec le maître d’hôtel, il décide alors d’envoyer un courrier à sa femme, pour l’informer qu’il a fait un bon voyage. Ravi qu’il était du décor de l’hôtel et surtout de disposer d’un ordinateur avec connexion Internet dans sa chambre, M. James, pressé d’en informer sa femme, se trompe en tapant son adresse mail.

C’est ainsi que son cher courrier électronique fut adressé par inattention à une veuve qui vient de rentrer des funérailles de son mari mort d’une crise cardiaque.

Occupée depuis une semaine, la veuve décide de consulter en premier lieu  sa boîte mail pour vérifier si elle n’a pas reçu de messages de condoléances de sa famille ou de ses amis.

C’est ainsi qu’à la lecture du premier d’entre eux, elle s’évanouit.

Son fils entre dans la chambre et la trouve allongée sur le sol, sans connaissance, au pied de l’ordinateur.

Sur l’écran, on peut lire le message suivant : « A mon épouse bien-aimée, je suis bien arrivé.Tu seras certainement surprise de recevoir de mes nouvelles maintenant et de cette manière. Ici, ils ont des ordinateurs et tu peux envoyer des messages à ceux que tu aimes. Je viens d’arriver et j’ai vérifié que tout était prêt pour ton arrivée, demain vendredi. J’ai hâte de te revoir. J’espère que ton voyage se passera aussi bien que le mien .Il n’est pas nécessaire que tu apportes beaucoup de vêtements : il fait une chaleur d’enfer ici » !

C’est ainsi que notre veuve fut « conviée » à rejoindre son mari dans l’au-delà, par simple inattention de James puisque la dame ne se relèvera pas de sa syncope. Poursuivi en justice après une sérieuse enquête, il a écopé de 10 ans d’emprisonnement et d’une amende d’une importante somme d’argent.

Hugues  A.  AYIVI-BLIBO

 
 
 
 
Job.com
 

© 2005  www.togoforum.com All rights reserved