|
|
|
|
[
N°283: du
23 Aoùt 2007]
|
|
|
|
Altercation entre «policiers» et populations à Togo
2000 :
Les autorités promettent des sanctions |
|
« .....une enquête est ouverte pour déterminer les
auteurs et les complices de ces graves incidents,
afin de les punir conformément aux lois et règlements
en vigueur (…).Dores et déjà, certaines recrues
présumées auteurs et complices de ces évènements,
sont mis aux arrêts ». Ces passages sont un
extrait du communiqué rendu public mercredi dernier
par le ministre de la Sécurité, le Colonel Atcha
Titikpina Mohamed. Cette sortie médiatique des
autorités sécuritaires du pays intervient au
lendemain d’une altercation entre les nouvelles
recrues de la Police nationale hébergées sur le site
de Togo 2000 et des populations riveraines. |
|
Les faits
Une
affaire banale de sentiments (amoureux) serait à
l’origine du « conflit ». Selon le Colonel M.
Monpion, Directeur de la Police nationale, une jeune
recrue serait accusée de vouloir détourner sa
demi-sœur, qui se trouve être la copine d’un jeune
garçon du quartier au profit d’un de ses collègues.
D’après ses explications, c’est au retour de l’une
des visites routinières que la nouvelle recrue rend à
sa demi-sœur qu’elle a été prise en partie dimanche
20 août dernier par le « copain de sa demi-sœur »
et quelques jeunes garçons du quartier. Se sentant « humiliée »,
la jeune recrue, aidée de ses collègues de promotion,
a organisé une descente musclée « sans l’aval de
leur chef hiérarchique » dans le quartier lundi
dernier dans la soirée où tous les passants furent
passés à tabac. Selon le Colonel Monpion, ces
malheureux évènements ont entraîné des « blessés
légers qui ont été soumis à des soins pris
entièrement en charge par le Ministère de
la Sécurité ».
Le
faux pas des nouvelles recrues !
Pour le Colonel Monpion, cette sortie des nouvelles
recrues de la police n’est pas justifiée. Elles
auraient pu, a-t-il expliqué, faire part des
mésaventures de leur collègue à leur supérieur
hiérarchique, qui sont les seuls habiletés à prendre
des mesures qui s’imposent. En clair, les « futurs »
policiers ont désobéi aux règles et textes qui
régissent leur corporation. Selon un observateur, cet
état de fait pourrait coûter la carrière à certaines
d’entre elles. « Ces jeunes oublient qu’ils sont
pour le moment, en stage de formation. On peut en cas
d’indiscipline ou de comportements irresponsables,
les virer tout simplement », fait-il noter.
D’après des informations, ces jeunes recrues
brilleraient par leur absentéisme et par des sorties
nocturnes incontrôlées. Ces mêmes informations
indiquent que parfois, le nombre des absents au cours
des contrôles avoisine la cinquantaine.
Vers l’impunité zéro au Togo ?
Le
ton et la fermeté avec lesquels, le Directeur de la
Police nationale, le Colonel M. Monpion a lu le
communiqué rendant compte des évènement de Togo
2000 sur le plateau de la télévision nationale dans
son édition de 20 heures mercredi dernier, montrent
une certain sérieux dans la volonté des autorités
togolaises à lutter désormais contre l’impunité. Dans
cette logique, il a rappelé « aussi bien aux
forces de sécurité qu’aux populations civiles que nul
n’a le droit de se faire justice et que conformément
au message du chef de l’Etat, lancé à Atakpamé (dans
la préfecture de l’Ogou) le 30 juillet (à l’occasion
du démarrage de la campagne nationale de lutte contre
la violence politique et l’impunité) l’impunité
n’aura plus droit de cité dans notre pays ».
Quelle lecture doit-on faire de cette déclaration ?
De plus en plus, les autorités togolaises tiennent un
langage d’apaisement et d’explication en direction
des populations sur la nécessité d’instaurer un
climat de paix et de confiance dans le pays. Et, cela
est visible à travers des séminaires à l’intention
des civiles et des militaires au cours desquels, des
thèmes spécifiques sont abordés pour amener les uns
et les autres à comprendre les relations qui
devraient exister entre ces deux composantes de la
société.
Une poursuite judiciaire contre les coupables dans
cette affaire, pourrait donner un certain gage à la
politique de Faure Gnassingbé qui dit vouloir
éliminer les racines de l’impunité au Togo. Mais la
question est de savoir si des mesures disciplinaires
peuvent être prises contre les hauts gradés en cas de
« fautes », car après tout, ces nouvelles recrues
sont considérées comme des « petits poussins ».
Un autre fait qui semble être une nouveauté au Togo,
est le passage sur les medias des responsables pour
expliquer un certain nombre de faits aux populations.
Ainsi, les autorités en charge des questions
sécuritaires ont-elles donné les versions « officielles »
du coup de fusil mortel d’un militaire voleur de
carburant dans les environs de la télévision
nationale, la mort des élèves officiers dans un
accident de voiture (ceux-ci se rendaient à Kara dans
la Kozah) en janvier dernier et le cas présent en
sont les preuves. Même si a priori, on comprend que
c’est pour dissiper les mauvaises interprétations au
sein de l’opinion, il faut reconnaître qu’en
procédant ainsi, le pouvoir Faure cherche à instaurer
une autre méthode de gestion du pays.
Chacun doit jouer sa partition !
Les
victimes des bastonnades selon le chef de la Police
nationale ont saisi le ministère de la Sécurité, la
Représentation du Haut Commissariat des Nations Unies
pour le Droit de l’Homme au Togo, la CNDH (Commission
Nationale des Droits de l’Homme). Cette attitude
dénote de la part des populations leur volonté à
porter cette affaire devant les organes compétents
pour qu’elle soit tranchée avec toutes les garanties
possibles.
Mais, cela n’empêche pas de relever certains
comportements d’incivisme de la part de quelques
individus. En effet, de plus en plus, on remarque
chez des Togolais, une forme « d’insoumission »
vis-à-vis de la loi. Ces comportements sont surtout
visibles dans la circulation où des usagers refusant
d’obéir aux instructions des policiers lançant des
propos du genre « qui vous a même envoyés ici »
ou « va-t-en » et d’autres injures
provocatrices. Dans cette affaire de Togo 2000, s’il
est vrai que les jeunes recrues n’ont pas le droit de
sortir de leur « logis » pour aller s’en prendre aux
populations civiles « innocentes », aucun
droit n’autorise non plus des jeunes du quartier à
porter la main sur un agent de sécurité (dans ces
conditions précises).
C’est bien de saisir les instances en matière de
droit de l’Homme mais il sera mieux que chacun joue
son rôle en respectant l’autre.
Noël Y.A.GLISSOU |
|
|
|
Dans le cadre des législatives 2007 :
L’UFC investit ses candidats le 30 septembre |
|
De sources généralement bien informées, l’UFC (Union
des Forces de Changement) organise le 30 septembre
prochain à Lomé, le congrès d’investiture de ses
candidats à la députation. Selon les informations, le
parti aurait déjà arrêté la liste définitive des
« hommes et femmes » qui vont défendre les couleurs
du « Détia ». « Nous seront présents dans toutes les
81 circonscriptions du pays et nous croyons que nos
candidats sauront tirer leur épingle du jeu », a
déclaré un responsable de l’UFC. |
|
La 3ème tournée
reportée
L’état-major de l’UFC a reporté la 3e tournée
nationale que le parti projetait organiser à partir
de ce matin dans la partie septentrionale du pays.
D’après une source digne de foi, cette décision prise
à la dernière minuit, fait suite à un décès dans la
famille du président. Cependant, indique la même
source, elle aura lieu certainement avant le début de
la campagne électorale pour les prochaines
législatives.
Les responsables de cette formation politique
expliquent le bien fondé de leurs tournées dans les
différentes contrées du pays par le fait qu’il s’est
instauré au sein des populations, un sentiment de
doute et de déception après les évènements
douloureux qui ont lieu pendant la présidentielle du
24 avril 2005. « Il s’agit pour nous, non
seulement de présenter nos compassions aux familles
éprouvées mais aussi leur dire que la lutte pour
l’instauration d’une société démocratique doit être
soutenue et encouragée au Togo. Il s’agit également
d’éviter tout sentiment de fatalité et de croire que
nous ne pouvons pas atteindre notre objectif à
savoir, parvenir au pouvoir pour réaliser le
changement que le peuple souhaite avec la peur
au ventre », a déclaré une responsable de l’UFC.
Les prochaines législatives constituent un test pour
tous les partis politiques car, elles devront
déterminer le poids de chaque formation politique.
Elles devront permettre de surcroît au pays de
renouer avec les partenaires extérieurs qui ont plié
leur bagage depuis 1993, pour « déficit
démocratique ».
Noël Y.A.GLISSOU |
|
|
|
Législatives 2007 :
Le RECIT pour des candidatures indépendantes |
|
Le nouveau code électoral de la République togolaise
autorise, en dépit du mode de scrutin (scrutin de
liste proportionnelle à la plus forte moyenne), des
candidatures indépendantes. Afin de profiter de cette
disposition légale et de prendre part aux prochaines
élections législatives, des personnalités de la
société civile, réunis au sein du RECIT (Réseau des
Citoyens Indépendants pour la Transparence) ont
procédé le mercredi 22 août 2007 dernier au lancement
de la structure devant leur permettre de s’organiser
pour jouir de leurs droits. |
|
Selon Adoté Blivi, membre du directoire de cette
organisation, « le RECIT est un nouveau palier
dans l’espace politique togolais sur lequel se
présentent des citoyens ayant exercé ou vécu la chose
politique ». D’après lui, ce sont des valeurs
profondes et le souci d’influer sur le débat
politique qui les ont poussés « à cesser de se
mettre à l’écart du débat politique ». Les
membres du RECIT ont décidé d’apporter un remaniement
dans les pensées, et de donner un nouvel élan au
débat politique, ont-t-ils expliqué avant d’ajouter
que « le pays a besoin de nouveaux hommes et de
nouvelles femmes qui portent des engagements profonds »
pour son épanouissement.
Selon Me Martial Akakpo, porte-parole de ce réseau de
candidats indépendants, « le RECIT n’est ni un
parti politique, ni une association. C’est une
organisation informelle qui n’a ni statuts ni
règlement intérieur », mais qui veut traiter de
la politique.
Contrairement aux formations politiques où les
militants ne peuvent pas s’écarter de la ligne du
parti au nom du principe de la discipline du parti,
les membres du RECIT se disent être des hommes et des
femmes libres et qui s’en remettront démocratiquement
aux échanges et aux débats d’idée avant de se
prononcer sur les grandes décisions qui engagent la
nation. L’objectif assigné à cette organisation
composée de « transfuges de partis politiques »
et de responsables d’organisations de la société
civile, est, selon le président du directoire, Me
Zeus Ajavon « d’obliger les acteurs politiques à
assurer et à sauvegarder des conditions de vie
acceptables à la jeunesse, parce que demain se
prépare et se construit aujourd’hui ».
Pour l’ancien vice-président de la CPP (Convergence
Patriotique Panafricaine) de Edem Kodjo, les acteurs
de la société civile ne sauraient parvenir à cet
objectif en se mettant en marge des instances
décisionnelles. Pour cette raison, ils (lui et ses
camarades du RECIT) ont décidé « de mettre la main
à la pâte et de s’impliquer activement à la
construction du Togo nouveau, en obligeant, par leurs
actions, les acteurs politiques à faire ce qu’ils
doivent faire dans un Etat digne de ce nom ». Les
membres de RECIT veulent également «obliger la
société politique à poser les jalons et les repères
d’une gestion transparente des ressources du pays »
afin de créer de bonnes performances économiques
créatrices d’emplois.
Par
ailleurs, en vue de répondre aux exigences du code
électoral qui veut que chaque candidat ou
regroupement de candidats ait un emblème qui permet
de l’identifier ou d’identifier ses candidats, le
RECIT s’est doté d’un symbole : « le Kpatima »
(feuille d’une plante éponyme) tenu par une «main
propre».
Dans la tradition africaine et plus précisément au
Togo, cette plante aux multiples vertus est souvent
utilisée à l’occasion des cérémonies de purification
et de sanctification. Pour les membres du RECIT,
c’est au vu des valeurs prônées par leur organisation
qu’ils ont adopté comme symbole cette plante, car
disent t-ils, « nous sommes décidés à purifier le
débat politique dans notre pays et lui donner une
nouvelle image ».
Marc D. KOUAKANI-ASSI |
|
|
|
Lancement des travaux du gazoduc :
Le gaz naturel aux portes du Togo |
|
Ce jeudi 23 août 2007 a eu lieu sur le site du projet
gazoduc du Togo, situé dans la zone industrielle de
Lomé, le lancement des travaux de construction des
installations à terre de cet hydrocarbure. |
|
C’est devant un parterre d’autorités politiques et
traditionnelles, de techniciens derrière lequel se
trouvaient les populations du village de Gbétsogbé
(localité abritant le site) que le ministre des Mines
et de l’Energie, le professeur Léopold Messan
Gnininvi, et le directeur de la West African Pipeline
Company (WAPCO), Jack Dérickson ont donné le coup
d’envoi des travaux de construction des installations
du gazoduc du Togo.
Attendu pour servir dans la production de
l’électricité, le gaz de l’Afrique de l’ouest
constitue une source d’espoir pour les populations et
les opérateurs économiques togolais qui ont vécu ces
derniers temps une crise énergétique sans précédant.
Décrivant ce projet, le ministre des Mines a comparé
l’ouvrage à « un long serpent de plus de
670
Km qui va inspirer le gaz du Nigeria pour le souffler
au Togo ».
Commencé en 1993 avec la réalisation des études de
préfaisabilité, le projet gazoduc du Togo s’est
poursuivi dans le temps avec la signature en 1995
d’un protocole d’accord tripartite entre le Nigeria,
le Bénin et le Togo pour l’approvisionnement de ces
deux derniers pays en gaz par le géant gazier de
l’Afrique de l’ouest.
De
cette date à 2003, d’autres accords seront signés et
l’Assemblée nationale togolaise se fera le devoir en
2004 de voter la loi portant cadre juridique de ce
projet. Un an plus tard, la société WAPCO se mettra
au travail pour effectuer les travaux devant aboutir
deux ans plus tard à « l’arrimage » du gaz sur
la côte togolaise.
Selon les techniciens, la station gazière de
Gbétsogbé servira à la construction d’un site de
réception et de conditionnement du gaz importé du
Nigeria via le Bénin. Celui-ci sera transporté puis
modulé pour être utilisé par les installations de la
centrale thermique de Lomé et celles des turbines à
gaz de la CEB (Compagnie Electrique du Bénin).
D’après le directeur de WAPCO, la station togolaise
est la troisième du genre réalisée par sa compagnie
après celles du Nigeria et du Bénin. Il a par la
suite rassuré les populations quand aux mesures
sécuritaires et environnementales prises pour les
épargner des impacts négatifs relatifs à la
réalisation des travaux.
Dans le souci de prouver aux populations leur
engagement citoyen, la société a procédé à la
réalisation de certains infrastructures sociaux
(écoles, dispensaires, etc.).
Afin de permettre au Togo et plus largement aux pays
de la sous région, notamment le Bénin, de bénéficier
des retombés énergétiques de cet hydrocarbure, Jack
Dérickson a invité les autres intervenants à
travailler d’arrache pied pour l’accomplissement de
ce projet. Pour sa part, le ministre Gnininvi a
confié que les autorités et les techniciens togolais
ne ménageront aucun effort pour apporter leurs
soutiens à la réalisation de ce projet. Pour lui, ce
projet constitue « l’espoir d’un avenir
énergétique très sûr » pour les togolais qui
voient en cette cérémonie de lancement « le bout
du Gazoduc ».
Avec le lancement des travaux du gazoduc togolais, on
peut s’attendre à la concrétisation d’autres projets
comme celui de la société américano-togolaise Contour
Global. En effet, le projet américain est destiné à
produire l’électricité à partir du gaz, une source
d’énergie qui se fait rare sur le marché et dont le
prix de vente varie selon le cours du brut.
Marc D. KOUAKANI-ASS |
|
|
|
Tissu industriel de l’espace UEMOA :
Une nouvelle phase de soutien en vue |
|
De
récentes analyses indiquent que l’activité économique
de l’UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest
Africaine) a connu un fléchissement en raison,
notamment, des contre-performances du secteur
secondaire. C’est pour renforcer durablement la
stabilité économique de la zone Uémoa, par un
accroissement de la compétitivité, la création d’un
meilleur climat d’investissement et la promotion de
l’emploi que le PRMN (Programme de Restructuration et
de Mise à Niveau) a été mis en place. En améliorant
l’environnement et la performance des entreprises, le
PRMN vise à permettre au secteur privé, producteur de
richesses, de jouer pleinement son rôle de moteur de
croissance. |
|
Le secteur secondaire ouest africain
Les
entreprises industrielles de la sous-région font face
à de nombreuses contraintes internes et externes qui
pénalisent leurs performances dans un environnement
marqué par la globalisation de l’économie et la forte
concurrence qui en découle.
D’abord, le tissu industriel des pays de l’espace
Uémoa est en général très faible et participe peu à
la formation du PIB (Produit Intérieur Brute). Ainsi,
la contribution de l’industrie dans l’Uémoa varie
entre 12% et 27% du PIB.
Ensuite, les ressources sont très peu transformées.
Les exportations sont essentiellement constituées de
produits primaires. En effet, pour chacun des pays de
l’espace, la principale source de devise est
constitué de produits agricoles ou miniers : coton,
phosphate, noix de cajou, pêche, arachide, or ou
uranium.
Par
ailleurs, le secteur secondaire est peu diversifié.
Les pays possèdent souvent les mêmes unités dans les
mêmes filières. Ainsi, deux secteurs,
l’agroalimentaire et le textile, représentent les 2/3
de la valeur ajoutée manufacturière de l’industrie
sous régionale. En outre, les industries de soutien
tels les emballages et le machinisme agricole sont
peu développés.
Enfin, de nombreuses activités sont absentes du tissu
industriel de l’Uémoa, faute entre autres, de marchés
nationaux suffisamment larges.
Justification du PRMN
Le
contexte actuel de mondialisation et de globalisation
exacerbée de l’économie qui vise une intégration
croissante de l’économie mondiale, offre aux
industries des PVD (Pays en Voie de Développement)
une grande opportunité d’encrage dans l’espace
économique des pays développés. Ces derniers
représentent le plus grand marché pour les PVD et les
mettent par conséquent face à l’impératif de la
restructuration et de la mise à niveau de leurs
industries.
Ainsi, l’Uémoa pour permettre aux entreprises de ces
Etats membres de se mettre au niveau des exigences du
libre-échange et de la circulation des biens et
services, lance le PRMN. Ce programme vise à intégrer
et à positionner le secteur productif ouest africain
dans le contexte concurrentiel des accords de l’OMC
(Organisation Mondial du Commerce) et la perspective
de l’APE (Accord de Partenariat économique).
La
restructuration et la mise à niveau de l’industrie
La
mise à niveau d’une entreprise vise l’amélioration
qualitative de ses différentes fonctions et de son
système productif pour acquérir progressivement la
capacité de produire selon des standards
technologiques et qualitatifs internationaux.
La
démarche se déroule en trois phases : le pré
diagnostic, le diagnostic stratégique et le plan de
restructuration ou le plan de mise à niveau.
Le
pré diagnostic est réalisé à travers un questionnaire
d’éligibilité au programme. Ce questionnaire
permettra donc de définir l’éligibilité à la
restructuration ou à la mise à niveau. Il sert
également à préciser le champ d’investigation pour
l’établissement du diagnostic et du plan de
restructuration ou de mise à niveau.
Le
diagnostic stratégique consiste à analyser les
fonctions de l’entreprise en tenant compte des
contraintes liées à la compétitivité dans le contexte
des mutations économiques et technologiques dans son
environnement concurrentiel.
Le
diagnostic stratégique permettra aussi de déceler les
forces et les faiblesses de l’entreprise, ensuite de
définir les orientations stratégiques qui lui
permettront de renforcer sa performance et
d’identifier les actions à court et à moyen terme de
restructuration ou de mise à niveau. Le diagnostic
stratégique permettra aussi de définir les moyens
financiers requis pour mettre en œuvre les actions de
restructuration ou de mise en œuvre.
Le
plan de restructuration concerne principalement des
ajustements structurels et financiers. Il peut s’agir
de reconversion ou d’arrêt d’activités non viables et
de restructuration financière. L’objectif du plan de
restructuration est d’offrir à l’entreprise de
retrouver sa bancabilité ainsi que de répondre aux
critères d’éligibilité à la mise à niveau.
Dès
que l’entreprise aura réalisé son plan de
restructuration, elle peut postuler à la mise à
niveau.
Le
plan de mise à niveau porte essentiellement sur la
stratégie et les objectifs de renforcement de la
performance de l’entreprise à court et à moyen terme.
Il porte aussi sur le programme d’investissement au
plan matériel en déclinant l’impact sur la
compétitivité de l’entreprise d’une part et sur le
plan de financement et les prévisions financières
démontrant sa rentabilité d’autre part.
Enjeux et cibles du PRNM
Le
PRMN porte trois enjeux majeurs à travers une phase
pilote, prélude à un programme régional ambitieux. Le
premier est la création de capacités internes de
gestion stratégique de programmes. La mise en place
d’un environnement favorable à la pérennisation de
programmes est le deuxième enjeu de ce Programme.
Enfin la phase pilote a pour enjeu d’expérimenter les
outils techniques sur un échantillon réduit
d’entreprises.
Le
plan d’exécution globale du Programme prévoit deux
grandes phases. La phase pilote qui durera deux ans,
doit permettre de mettre en place tous les organes et
de lancer le Programme auprès d’un échantillon de 120
entreprises. Puis, la phase de déploiement sur trois
ans, permettra de généraliser le Programme afin
d’atteindre l’objectif de 1000 entreprises (dont 670
entreprises mises à niveau et 330 restructurées).
Le
Programme de Restructuration et de Mise à Niveau
s’adresse aux entreprises industrielles
potentiellement viables.
Toutefois, lorsqu’une entreprise ne présente pas les
conditions nécessaires de bancabilité et se trouve en
situation de déstructuration financière, elle peut
bénéficier au préalable d’une restructuration avant
de s’inscrire dans le processus de mise à niveau.
L’entreprise éligible au Programme de restructuration
est donc une entreprise haut potentiel, notamment à
l’export.
L’éligibilité à la mise à niveau concerne les
entreprises établies dans les pays de l’Uémoa et en
activité depuis plus de deux ans. Les entreprises
jugées viables et celles qui possèdent un haut
potentiel de performances et qui ne sont pas en
difficultés financières sont également éligibles. Ces
entreprises devront témoigner d’une volonté forte
d’amélioration et d’innovation.
L’éligibilité au programme pilote concerne les
entreprises agro-industrielles à fort potentiel,
notamment en termes d’exportation et d’emploi et
ayant une forte capacité d’adaptation et
d’innovation.
Outre les entreprises, le PRMN vise au plan
institutionnel principalement les ministères de
l’industrie des Etats membres de l’Uémoa, les
Chambres de Commerce et de l’Industrie, les
organisations professionnelles et patronales, les
structures d’appui au secteur privé et les
institutions financières.
Articulations et structures techniques
Le
programme pilote s’articule autour de cinq grandes
composantes ordonnancées et assorties d’activités
spécifiques. La première composante est le
renforcement des capacités institutionnelles
régionales et nationales.
L’appui à la conception et à la mise en place de
mécanismes de financement est la deuxième composante.
La troisième et la quatrième sont la création ou le
renforcement des capacités techniques régionales et
nationales puis la mise en place du programme pilote
pour la restructuration de 60 entreprises
agroalimentaires.
La
mise en place du programme pilote pour la mise à
niveau de 60 entreprises agro-industrielles.
Le
programme pilote vise un triple objectif. D’abord, il
vise à créer les conditions de pérennisation du PRMN
en mettant en place des institutions nationales
animées par des responsables bien formés et gérées de
manière participative sur la base d’une vision de
développement partagée. Le deuxième objectif est
d’expérimenter une méthodologie d’appui afin de
définir une approche adaptée aux réalités
intrinsèques de chaque pays. La phase pilote vise
enfin le développement d’un programme régional sur la
base des visions nationales.
L’exécution de la phase pilote est confiée à l’ONUDI
(Organisation des Nations Unies pour le Développement
Industriel) qui dispose d’une vaste expérience
internationale dans le domaine du développement
industriel, le renforcement des capacités liées au
commerce et en particulier la restructuration et la
mise à niveau. L’Onudi mobilise la connaissance, les
compétences, l’information et la technologie pour
promouvoir un emploi productif et une économie
compétitive.
La
mise en œuvre globale du Programme est conçue selon
une stratégie originale qui privilégie la cohérence
et la complémentarité entre les niveaux régional et
national.
Au
niveau régional, la commission de l’Uémoa, initiateur
du PRMN, agit pour le compte de l’Union en recourant
à des actes de ses organes comme pour l’attribution
des ressources budgétaires et à des textes
réglementaires ou conventionnels.
Au
niveau national, les Etats membres ont un rôle
similaire à celui de la commission de l’Uémoa pour ce
qui concerne la levée des fonds afin de renforcer les
ressources des programmes nationaux. Les Comités de
Pilotage Nationaux réaliseront la gestion stratégique
de leur programme et constitueront le relais national
du Comité de pilotage régional en charge du PRMN. Les
Bureaux de Restructuration et de Mise à Niveau
assurent l’interface opérationnelle avec les
entreprises.
Le
budget total de ce programme s’élève à environ 202
milliards de Fcfa pour une intervention auprès de
1000 entreprises industrielles.
Le
coût de la phase pilote est d’environ 10 milliards de
francs CFA.
Deux fonds seront crées pour garantir la
disponibilité de ressources suffisantes et pérennes
pour le programme. Il s’agit d’un fonds de
restructuration destiné à financier les opérations de
restructuration et un fonds de mise à niveau destiné
à financer les opérations de mise à niveau.
Hermann KPOGNON |
|
|
|
Faits divers :
L’E-mail
qui tue |
|
Monsieur et madame James décident de partir en congé
dans le même hôtel qu’il y a 10 ans, lors de leur
lune de miel. Mais, à cause d’un empêchement
professionnel de dernière minute, la femme ne peut
pas prendre son vol le jeudi comme initialement
prévu.
Il est donc décidé que le mari prendrait l’avion le
jeudi et sa femme le lendemain. |
|
Monsieur James arrive comme prévu sur le lieu
de repos et après avoir loué la chambre d’hôtel, il
se rend compte que le décor a changé dans la chambre
et de surcroît, il y a un ordinateur avec connexion
Internet.
Après avoir rempli les formalités de location avec le
maître d’hôtel, il décide alors d’envoyer un courrier
à sa femme, pour l’informer qu’il a fait un bon
voyage. Ravi qu’il était du décor de l’hôtel et
surtout de disposer d’un ordinateur avec connexion
Internet dans sa chambre, M. James, pressé d’en
informer sa femme, se trompe en tapant son adresse
mail.
C’est ainsi que son cher courrier électronique fut
adressé par inattention à une veuve qui vient de
rentrer des funérailles de son mari mort d’une crise
cardiaque.
Occupée depuis une semaine, la veuve décide de
consulter en premier lieu sa boîte mail pour
vérifier si elle n’a pas reçu de messages de
condoléances de sa famille ou de ses amis.
C’est ainsi qu’à la lecture du premier d’entre eux,
elle s’évanouit.
Son
fils entre dans la chambre et la trouve allongée sur
le sol, sans connaissance, au pied de l’ordinateur.
Sur
l’écran, on peut lire le message suivant : « A mon
épouse bien-aimée, je suis bien arrivé.Tu seras
certainement surprise de recevoir de mes nouvelles
maintenant et de cette manière. Ici, ils ont des
ordinateurs et tu peux envoyer des messages à ceux
que tu aimes. Je viens d’arriver et j’ai vérifié que
tout était prêt pour ton arrivée, demain vendredi.
J’ai hâte de te revoir. J’espère que ton voyage se
passera aussi bien que le mien .Il n’est pas
nécessaire que tu apportes beaucoup de vêtements : il
fait une chaleur d’enfer ici » !
C’est ainsi que notre veuve fut « conviée » à
rejoindre son mari dans l’au-delà, par simple
inattention de James puisque la dame ne se relèvera
pas de sa syncope. Poursuivi en justice après une
sérieuse enquête, il a écopé de 10 ans
d’emprisonnement et d’une amende d’une importante
somme d’argent.
Hugues A. AYIVI-BLIBO |
|
 |
|
|
|