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Depuis
près d’un ans, le monde de la cinématographie
togolaise semble se réveiller de son profond
sommeil. Après « Désir du Cœur » déjà réalisé
et « Fruit de la passion » (en cours de
réalisation) de Nana Opoku, et « Sosie » de
Madjé Ayité, les cinéphiles togolais ne tarderont
pas à découvrir le chef-d’œuvre de l’association
culturelle Auraculture. Pour cette aventure et à
l’image des autres castes de tournage de films au
Togo, cette association qui se veut un étendard de
la culture nationale, a misé sur une nouvelle
génération de comédiens togolais. Et déjà, après un
mois de travail, leur film intitulé « La victime »
avec le peu de moyen, est presque un produit fini en
attendant les apports de certaines bonnes volontés.
Toute l’histoire du film tourne autour d’une affaire
de dispute entre une mère et sa fille à propos d’un
homme. Dans le développement de ce scénario, made
in Togo, Bella (25ans) l’héroïne, après trois ans de
vie citadine, décide de faire un comme back dans
son village natal où réside sa mère. Cette
retrouvaille tourna très vite au vinaigre quand la
jeune dame se rendit compte que ce fonctionnaire
auquel elle s’était amourachée en ville n’était
autre que son père qu’elle n’a jamais connu. Avant
même de tirer toute la situation au clair, la jeune
dame dans la furie et pleine de jalousie pour sa
mère qu’elle prenait pour une voleuse d’homme, a
vite fait d’éliminer sa maman. Alors commença pour
elle une vie derrière les barreaux et une procédure
devant le tribunal. Le suspens durera jusqu’au bout.
Appelé à répondre de son crime, Bella est, par la
force des choses, une séropositive contaminée par
son propre père et auteur de la grossesse qu’elle
porte avant l’arrivée au village.
Doit-elle être finalement jugée comme victime de la
double facette de son père ou tout simplement comme
un bourreau dans cette sordide affaire
passionnelle ? Voilà la grande question qui ne
trouvera sa réponse qu’à la fin de ce film.
En
attendant que ce tournage, écrit par Junior Capo
Ayivi, ne prenne complètement corps, il faut retenir
en bref que « La victime » n’est que la
démonstration des péripéties du quotidien propre au
Togo, un agencement de la recherche du gain facile,
la convoitise, la corruption, les relations
sexuelles non protégées, l’irresponsabilité
parentale, la polygamie et autres maux dont
souffrent la plupart des sociétés de la sous région.
Selon des sources proches de l’association, le
tournage nécessiterait près de 31 millions qui ne
sont pas encore réunis. |