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Afrique
:
Difficile
transition urbaine |
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Au Togo,
le problème d’urbanisation est devenu très récurrent
ces dernières années, au point où dans l’actuel
gouvernement, il a été créé un ministère de la
ville. Il faut également noter que l’ampleur du
phénomène n’a pas laissé indifférent l’Observatoire
National des Architectes du Togo qui, depuis le
début de cette année 2006 n’a ménagé aucun effort en
ce qui concerne la sensibilisation des populations
sur la meilleure manière de s’acheter un terrain. Ce
fut le cas encore la semaine dernière avec un
séminaire de formation qui a regroupé des
journalistes togolais. Mais, le problème n’est
toujours pas résolu lorsqu’on sait que des
populations continuent de s’acquérir des terrains
dans l’illégalité ou dans l’ignorance presque totale
et sont souvent victimes des tromperies et de la
réclamation des familles de certains « vendeurs de
terrain » qui sont des fois les propriétaires ou de
simples mandataires. Parmi les risques courus par
ces acquisiteurs, on peut citer la dépossession, la
révision à la hausse du prix d’achat, des procédures
pénales à durée indéterminée, des expulsions
violentes assorties de perte de certains biens. |
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Si
dans cette ancienne colonie allemande (Togo
allemand, 1884-1914) et placée sous mandat français
(1914-1960), l’expulsion des habitants de certains
lieux est précédée d’un avertissement, il faut
reconnaître que le phénomène laisse à désirer comme
c’est d’ailleurs le cas dans d’autres pays
africains. En faisant un récapitulatif de ces
expulsions qui sont des fois commandées par des
autorités du tribunal ou encore des ayants droits de
certains anciens propriétaires, on constate qu’il
est question d’usurpation de terrain dans certains
cas alors que dans d’autres, il s’agit d’un achat de
terrain qui ne respecte pas les normes ou carrément
dans des concessions propres à l’Etat. Là démanent
des rivalités soient interfamiliales ou entre civils
et Etat. On peut prendre pour exemples les plus
frappant et récents, la destruction des maisons dans
le quartier Ablogamé à Lomé, juste en face de
l’Hôtel Sarakawa au début des années 2000 et plus
récemment encore en juin dernier à Apédokoè-Gbomamé,
Il s’est agit d’une intervention musclée d’un groupe
de 8 soldats accompagnés de deux huissiers pour
expulser les occupants de 13 maisons de la localité.
Selon certaines explications, c’est la 4ème intervention
de la famille Agbolossou en 30 années de réclamation
de ces terrains dont elle se dit propriétaire. A la
suite de cette expulsion qui a mis dans le vent tous
les biens de près de 55 personnes obligées de dormir
au clair de la lune et dans le froid, et qui portait
le risque de faire douter des «semblant»
d’évolution de la justice togolaise, l’avocat de
cette famille a apporté des preuves sur les
précédents jugements qui ont mis en veilleuse
l’affaire. Au dernier jugement, les parties ont été
conviées à se présenter devant le tribunal le 26
octobre. Cette affaire n’est qu’un cas parmi tant
d’autres quant on parle d’acquisition de terrain au
Togo. Il y a comme mentionné plus haut certaines
d’autres qui mettent aux prises une institution ou
encore l’Etat et ses administrés. La plupart de ces
oppositions sont issues peut être d’une saisie
opérée par l’Etat pour récupérer la dette que lui
doit le propriétaire mais que les bénéficiaires
ignorent. Mais dans d’autres cas, l’intérêt national
prend le dessus. Ce qui est d’ailleurs le cas dans
certains pays africains où le duel est parfois
assorti de heurts entre les bénéficiaires et les
forces de l’ordre commandés par l’Etat pour opérer
l’expulsion. Même si on n’est pas encore arrivé à
l’étape de destruction massive des habitats au Togo
comme c’est le quotidien désastreux dans certaines
villes d’Afrique, les propriétaires de terrain
loméens vivent sous la hantise d’une probable
réclamation des descendants des premiers
propriétaires.
Opération nettoyage au Zimbabwe
Le
cas le plus typique des expulsions violentes est
celui du Zimbabwe du président Robert Mugabé en la
faveur d’une vaste opération nationale réaménagement
des villes.
Pratiquement sans aucun avertissement, le
gouvernement du Zimbabwe a lancé en mai 2005 une
opération de « nettoyage » des villes. L’«
Opération Murambatsvina », baptisée «
Rétablissement de l’ordre », a débuté à Harare,
la capitale, et est rapidement devenue une campagne
de démolitions et d’expulsions menée par la police
et l’armée. Connue sous le nom populaire d’«
Opération tsunami » en raison de sa rapidité et
de sa furie, la campagne a abouti à la destruction
d’habitations, de locaux d’entreprises et de
magasins dans plusieurs parties du pays.
Selon un rapport de Anna Kajumulo Tibaijuka, envoyée
spéciale de l’ONU pour les questions ayant trait aux
établissements humains et la directrice exécutive du
Programme des Nations Unies pour les établissements
humains (ONU-Habitat), publié en mai 2005, quelque
700 000 Zimbabwéens ont perdu leur maison ou leurs
moyens d’existence, ou les deux, et 2,4 millions ont
été indirectement touchés.
L’Opération
Rétablissement de l’ordre a été mise en œuvre dans
un climat de défiance et de peur, sans dialogue
entre les autorités gouvernementales et locales
ainsi qu’entre le gouvernement et la société civile.
Alors que le rapport reconnaît que le contexte
social, économique et politique dans lequel
l’opération a eu lieu était spécifique au Zimbabwe,
il partageait cependant des points communs avec
d’autres villes africaines qui avaient connu une
urbanisation rapide.
Contrairement à d’autres parties du monde où la
transition urbaine a été liée à l’industrialisation
et à un plus grand nombre d’opportunités
économiques, l’urbanisation en Afrique a eu un prix.
Elle s’est faite dans le contexte d’un déclin
économique persistant pendant les 30 dernières
années. Selon ONU-Habitat, plus de 70 % de la
population urbaine en Afrique subsaharienne vit dans
des conditions similaires, dans des logements
insalubres ou surpeuplés avec un accès limité aux
services de base.
La
situation s’est aggravée dans les années 1980
lorsque de nombreux pays africains ont adopté des
réformes d’ajustement structurel lancées par le
Fonds monétaire international et la Banque mondiale,
entraînant d’importantes réductions des budgets
locaux qui se sont répercutées sur les services
fournis à la population urbaine. Actuellement,
seulement 48 % des ménages urbains en Afrique
subsaharienne ont accès à l’eau, contre 19 % dans
les établissements informels. De même seulement 31 %
des ménages urbains sont connectés à un système
d’évacuation des eaux usées contre 7 % dans les
bidonvilles
Historique des problèmes urbains
Un
grand nombre de problèmes remontent à la période
coloniale. Dans de nombreuses colonies, le centre
de la ville était réservé aux Blancs, avec une zone
tampon sous-développée autour du quartier central
des affaires. Les villes étaient souvent planifiées
à l’avance et imposées aux localités sans accorder
trop d’attention aux contraintes existantes. La
population autochtone était relocalisée dans des
cités noires, à la périphérie de la ville, ou dans
des « réserves » rurales.
Les Africains sont venus en masse dans les villes
dans les années 1960 après l’indépendance. Au cours
de dix ans d’indépendance, la population urbaine est
passée de 23 % dans les années 1980 à 30 % au début
des années 1990. Les gouvernements qui ont succédé
au gouvernement colonial ont été pris de court et
n’étaient pas préparés à faire face à un flux rapide
de migrants. Cette tendance a été renforcée par des
disparités de plus en plus marquées en matière de
salaires, par l’absence de politiques d’urbanisation
et une mauvaise gestion économique, ce qui a
engendré une crise.
Alors que les gouvernements ont fourni des services
sociaux, tels que l’éducation, les soins de santé et
l’augmentation des salaires aux populations pendant
les premières années d’indépendance, les problèmes
socio-politiques et économiques sous-jacents n’ont
pas été résolus et ont engendré une crise nationale.
L’une des questions les plus problématiques a
concerné les terres. Et alors que cette question
avait été au cœur de la lutte pour l’indépendance.
Face à ces multiples difficultés qui retardent
aujourd’hui l’évolution urbaine des villes
africaines, le rapport 2005 de ONU-Habitat
recommande, entre autres, la révision des anciennes
lois, afin qu’elles reflètent les réalités sociales,
économiques et culturelles auxquelles fait face les
populations des pays africains, surtout les pauvres.
Il recommande également que la communauté
internationale tire les leçons de la crise au
Zimbabwe pour tout le reste de l’Afrique, à savoir
la nécessité de mettre en œuvre l’ordre du jour
d’Habitat et les Objectifs du Millénaire pour le
développement.
Gabin KOISSIDJIN |
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Utilisation du gaz et du charbon de bois au sein
des ménages Les pauvres dépensent beaucoup plus en
énergie |
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Dans la plupart des ménages, il est difficile, voire
presque impossible que la ménagère utilise la
cuisinière à gaz pour préparer les mets succulents
qui font les délices de nos sociétés africaines. Le
charbon de bois ou le bois de chauffage sont les
deux principales sources d’énergies que l’on utilise
pour la cuisine. Alors qu’au Togo, des mesures ont
été récemment prises pour freiner voire empêcher la
déforestation et tout ce que ce phénomène cause
comme séquelle, il est avéré que la consommation des
produits dérivés de la bio masse ne faiblit pas. Les
ménages togolais continuent, en marge de la
modernité, d’utiliser du charbon de bois pour la
cuisine, ou du bois pour le chauffage. Mais à quel
prix? |
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Au Togo, des hectares de superficie de plantation
servent à satisfaire la demande de près d’un million
de bois de chauffe et 200 000 tonnes, au charbon de
bois. Sur le continent, les chiffres attestent que
2.5 millions d’hectares de terres sont défrichées
chaque année. Une petite enquête au sein d’un ménage
a révélé que deux ménages sur trois n’utilisent que
le charbon de bois et le bois de chauffage pour la
cuisine. Ou alors, ce sont des familles ayant une
condition sociale relativement aisée qui se
permettent le « luxe » d’utiliser une
cuisinière à gaz, aussi petite soit-elle. Paradoxe
qui rendrait perplexe plus d’un, quant on considère
que le sac de charbon de bois coûte environ 5000 et
11000 FCFA. La bouteille de gaz, quant à elle coûte
entre 1500 et 3500 FCFA. Dans le cas du charbon de
bois, selon que l’on soit en saison pluvieuse ou en
saison sèche, les prix des sacs augmentent ou
diminuent. En période de pluie, l’Etat défectueux
des routes et les difficultés liées à la préparation
du charbon de bois rendent en effet l’acheminement
des sacs plus difficile, donc plus coûteux. Le bois
mort et sec, transformé en charbon, provient des
savanes de l’intérieur du pays. Contrairement à
cela, le prix de la bouteille de gaz varie rarement.
Une conférence à Rio de Janeiro sur la consommation
énergétique en 2001, a permis de faire la lumière
sur le sujet. Les principaux décideurs avaient
convenu d’opérer une transition progressive de
l’énergie biomasse à des énergies modernes. Il a
été prouvé que le rendement au fourneau est cinq à
huit fois inférieur au gaz. Pour les mêmes utilités,
un même individu, pour la même durée, dépenserait
jusqu’à 500 f CFA par jour pour s’approvisionner en
charbon de bois, soit un sac entier pratiquement
(3500 FCFA); alors qu’il aurait pu économiser plus
de la moitié de cette somme en utilisant la
cuisinière à gaz, vu que la bouteille à gaz ne coûte
que 1500 FCFA. Il apparaît donc que, pour la même
activité énergétique, le charbon de bois fait
dépenser beaucoup plus que le gaz. De plus « les
caprices de la nature, imposent à l’être humain, un
suivi de plus en plus minutieux de sa consommation
en énergie ». Au parfum de l’urgence, les
dirigeants de certains pays africains se sont aussi
rencontrés à Niamey au Niger pour parler des ENR
(énergies renouvelables). Les technologies ENR ont
été présentées à cette rencontre comme la solution
aux problèmes. L’on peut aujourd’hui se procurer des
cuisinières, fours et même des chauffe-eau solaires
à des prix relativement bas (entre 300 000 et
600 000 F CFA). Des matériaux qu’on utiliserait
toute la vie, certes, mais que le togolais, voire
l’africain moyen, peut difficilement se procurer.
Interrogées sur la question, certaines ménagères
soutiennent que la modernisation aidant, les gens
utilisent de plus en plus le gaz; cependant « il
est des repas typiquement traditionnels que l’on ne
peut pas préparer avec une cuisinière à gaz...notre
bonne vieille pâte (Akoumé), pâte de maïs par
exemple...» Pour d’autres, seul le bois de
chauffage ferait l’affaire. « Vous imaginez,
affirme l’une d’entre elle, faire la cuisson de mes
beignets ou de mes boules d’accassa avec une
cuisinière?» De plus, « l’équipement en
matériel de cuisine coûte cher » selon d’autres
ménagères. Il s’agira donc pour les unes et les
autres de faire un choix : un investissement à long
terme dans les énergies modernes ou continuer à
utiliser les énergies tirées de la biomasse.
Eli Gbodui |
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Selon Atsutsè kokouvi Agbobli... |
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Invité hier d’une émission télévisée, le
journaliste, historien et politogue, Atsutsè
Kokouvi Agbobli s’est épanché sur les résultats de
la démocratisation du continent africain, ceux du
Togo et les développements de l’actualité nationale
de ces dernières semaines. |
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Atsutsè Kokouvi Agbobli a d’entrée de
jeu été amené à se prononcer sur le bilan du
processus démocratique sur le continent africain,
surtout sur le point du respect des libertés
fondamentales reconnues à tout être humain. Il a
dans cet ordre d’idées estimé que les libertés
publiques (ensemble des libertés reconnues aux
individus et aux groupes face à l’Etat) sont « quelque
peu respectées » d’une façon générale en général
en Afrique. Revenant sur le cas togolais, il a
toutefois reconnu qu’« il y a une avancée en
matière de libertés publiques » et plus
précisément dans le domaine de la « liberté
d’expression ». Dans la même logique, il a
justifié le déficit démocratique africain, et par
ricochet, le retard économique des pays africains
par le fait que les Etats occidentaux ne veulent pas
d’une démocratie véritable en Afrique pour des
raisons économiques d’une part, et d’autre part par
le fait que les intellectuels africains ont « cessé
de réfléchir depuis des années ».
Revenant sur l’actualité nationale, l’ex- ministre
de la Culture a jugé nécessaire « un compromis
global » pour l’organisation de quelconques
élections au Togo, probables fruits des pourparlers
inter-togolais qui se poursuivent à Ouagadougou avec
la facilitation du président Blaise Compaoré. Tout
en souhaitant « bonne chance » à ce dernier
dans sa tâche de médiateur, A. K. Agbobli a déclaré
que les « problèmes politiques (togolais) de
fond » ne pourront pas être résolus par le
président burkinabé.
Mr. Agbobli a par ailleurs donné son point de vue
sur le bilan d’une année du gouvernement Kodjo. A
ses yeux, au nom de la démocratie représentative, ce
bilan « devait » être présenté devant la
représentation nationale et non au cours d’une
conférence de presse, tout en précisant qu’« on
ne pouvait pas faire mieux en une année », au
regard de l’environnement socio-politique dans
lequel le premier ministre a travaillé. Aussi,
a-t-il trouvé « normal » qu’Edem Kodjo
défende son bilan et le juge positif.
Edem GADEGBEKU |
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