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La
bonne santé d’un pays dépend de son appareil
judiciaire qui en est le soubassement. Mais au
Togo, cette réalité ne semble pas de mise. Ce
diagnostic est donc posé par le ministre Tchessa Abi.
« …la
Justice togolaise est dans un état assez difficile,
assez déplorable, lacunaire et ne répondait pas aux
normes internationales auxquelles notre pays a
adhéré ».
Face à ce constat somme toute alarmant, les
nouvelles autorités semblent opter pour le
changement si l’on en croit le ministre. « C’est
à base de ce diagnostic que la réforme de la justice
est engagé pour corriger les tares qui s’y trouvent »,
a-t-il indiqué.
Les maux qui gangrènent la justice togolaise sont en
substance selon le ministre Abi Tchessa, la « corruption,
la lenteur dans les prestations, l’improvisation, le
non recyclage des juges. Les gens ne parlent que de
cela mais le problème est beaucoup plus profond que
cela », a-t-il révélé. Ainsi, annonce Me Abi
« le programme de modernisation de la justice validé
par l’Etat togolais doit déboucher sur …l’épurement
des contentieux existants devant les grandes
juridictions, notamment
la
Cour Suprême… »
IL en a saisi l’occasion pour citer quelques
attributions de cette institution qui sont entre
autres « la régulation de la jurisprudence…. ».
Me Tchessa Abi a également annoncé la « réforme
des lois qui régissent la vie de la nation togolaise »,
de même que des « audiences foraines pour compter
du début de septembre de cette année ».
D’autres infrastructures sont en vue pour renforcer
l’appareil juridique du pays. « Avec le concours
de nos partenaires de l’extérieur, nous allons
construire un Cour d’Appel à Lomé et un Palais de
Justice à Kara », a indiqué Me Tchessa.
S’agissant de la réforme de la Cour
constitutionnelle, organe chargé du règlement des
contentieux électoraux et le seul habileté à casser
les actes posés par un politique, le ministre de la
justice n’a pas donné une réponse précise et semble
renvoyer le sujet au dialogue national. « La
Cour Constitutionnelle est une institution de la
République…Il est actuellement question au dialogue
de voir s’il y a des réformes à y apporter…Il faut
qu’il y ait une adhésion consensuelle des parties au
dialogue sur cette question…Je pense que la réforme
de la Cour Constitutionnelle ne dépend pas de la
réforme de la Justice »
Par ailleurs, le ministre Tchessa Abi a mis sur le
compte de la non formation des juges, le retard pris
par le Togo dans la création de la Cour des comptes.
A
propos de la libération du pédophile français
Philippe Desmars, condamné à cinq ans de prison en
mars dernier pour abus sexuel sur une mineure
togolaise, Me Tchessa semble laver sa main dans
cette affaire. « J’ai donné des instructions
fermes au début de cette affaire pour que Desmars
soit puni avec toute la rigueur de la loi…En ce qui
concerne sa libération, c’est une partie que je n’ai
pas pu suivre. J’étais en à l’extérieur du pays ».En
outre, il a déclaré que l’une des innovations que
l’Etat togolais compte apporter à la modernisation
de la justice togolaise est la rapidité des
instructions des affaires au niveau des
tribunaux. « Nous essayons de faire en sorte
qu’en 90 jours, tout dossier en justice soit jugé ».
Autre question abordée par Me Tchessa est la
participation de son parti au gouvernement alors
qu’il faisait partie de la coalition des six partis
de l’opposition à la présidentielle du 24 avril
2005. Sur ce point, le ministre a déclaré sans
détour : « Les choix politiques sont toujours
difficiles à faire. Nous avons vu qu’il y a des
opportunités à saisir, c’est ce que nous avons fait…
Nous ne regrettons pas notre action », a-t-il
souligné. « Des gens pensent qu’on allait se
fondre au RPT, mais notre identité est préservée. Ce
qui a de sens, c’est de sauvegarder l’intérêt de la
nation », a-t-il ajouté.
En abordant les questions relatives au dialogue
inter togolais, le patron du PSR a fustigé la mise à
l’écart de certaines formations politiques. « Nous
aurions pu apporter notre contribution à ce
dialogue… mais, les partis cherchent à ramener tout
à leur cuisine, c’est malsain tout cela ». Selon
lui, « la sortie de crise n’est pas le paraphe
ni la signature d’un document. Elle repose dans
des élections démocratiques, transparentes,
acceptées et acceptables par tout le monde ». De
plus, il a affirmé que « le dialogue en voulant
tout embrasser n’a pas le pouvoir de prendre des
mesures exécutoires ». Sur la question de la
révision de la constitution, Me Tchessa a indiqué
tout simplement que « c’est un problème
fondamental pour lequel il faut aller à la
facilitation ».
Néanmoins, il a soutenu une élection à deux tours.
« Le mode de scrutin à un tour ne s’adapte pas à
nos réalités, compte tenu de la configuration
politique du pays ». Enfin, le ministre en
charge de la justice a indiqué que « le
gouvernement actuel a fait des efforts encourageants ».
Noël
glissou |