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6 Aoùt

[ 278: du 3 Aoùt 2007]  
Comité de crise de la FTF : Alexandre Adékambi a remis officiellement sa démission

Quelques jours après les supputations et les rumeurs qui ont couru sur les risques de démission de certains membres du Comité de crise de la FTF, (mis en place depuis le 26 juillet dernier par le gouvernement togolais et le Comité National Olympique Togolais), place à la dure réalité. Comme on pouvait s’y attendre, le 2e Conseiller de cette équipe de 11 membres que pilote le ministre Bernard Edjaïdè Walla, Alexandre Adékambi, a remis officiellement hier sa démission.

Selon les termes du courrier qu’il a adressé au président dudit Comité, M. Adékambi s’est dit « surpris d’apprendre par les médias » qu’il a été « nommé 2ème Conseiller ». Il a poursuivi en précisant qu’il est au « regret de décliner cette offre, pour des raisons de convenance personnelle».

Avec cette démission et le décès le 27 juillet dernier du Trésorier Général adjoint de ce même Comité, Djoni Baroma, il faut noter que l’équipe de crise constituée par les autorités politiques et sportives du Togo se retrouve désormais réduite à 9.       Il y a donc obligation pour les membres du bureau de coopter 2 nouveaux membres pour combler le vide.

En rappel, le Comité de crise a été crée par le gouvernement et le CNOT, une semaine après le retour d’une délégation togolaise d’Alger où elle a discuté avec la CAF (Confédération Africaine de Football) pour juguler la crise que connaissait le bureau élu de la FTF.

Cette crise tire son essence de la suspension de huit ans de toutes activités liées au football, infligée au président de la FTF, Tata Adaglo Avléssi, reconnu coupable de corruption par le jury disciplinaire de la CAF. La suite, ce fut une bataille rangée de succession entre deux camps, l’un dirigé par le Conseiller de la FTF et consacré doyen d’âge par le président suspendu et l’autre par le vice président, Gabriel Améyi qui réclamait la légitimité de présider aux destinées du sport roi au pays du Dr Kaolo.

Gabin KOISSIDJIN

 
Discours de Faure Gnassingbé à Atakpamé : Une toile de confessions hypocrites

L’écrivain français André Malraux a dit : « La vérité d’un homme, c’est d’abord ce qu’il cache ». Les propos de Faure Gnassingbé samedi dernier à Atakpamé (chef-lieu de la région des Plateaux), à l’occasion du lancement officiel de la campagne nationale de lutte contre la violence politique et l’impunité, révèlent au-delà des mots, une sorte d’aveu teinté d’hypocrisie sur les évènements malheureux qui ont secoué le Togo de février à mai 2005. La violence politique et l’impunité étant l’épicentre de la déconfiture de la vie sociopolitique au Togo, Faure Gnassingbé, en s’aventurant sur ce terrain sait très bien que la survie de son avenir politique en dépend. Car, ces deux sujets sont, à la limite, les « marques » indélébiles du régime  dont-il est le pur produit.

Pure coïncidence ou choix délibéré, la ville d’Atakpamé tout comme celle de Lomé, Anèho et bien d’autres localités ont été soumises aux atrocités de la force brute lors des violences de 2005 qui ont porté Faure Gnassingbé au pouvoir. La « prêche » du « fils de la nation » sur les « bas fonds » des sept collines d’Atakpamé s’apparente à une désintoxication des esprits au moment où se prépare une nouvelle élection. De l’avis de plusieurs observateurs de la tragédie politique, les populations togolaises redoutent toujours des violences pendant le prochain scrutin et c’est ce qui expliquerait la réticence de certaines d’entre elles à se faire inscrire. 

Pour cette catégorie de Togolais, encore sous le choc des violences d’avril 2005, Faure Gnassingbé a besoin des signaux forts et vrais. « (…) Je tenais à réaffirmer mon engagement ainsi que ma ferme détermination à œuvrer chaque jour, au rassemblement de toutes les filles et de tous les fils du pays, à l’union sincère et véritable du peuple togolais, qui n’aspire qu’à vivre dans la paix et la sécurité afin d’assurer la maîtrise de son développement de son destin », a-t-il déclaré.

Il a tenté de faire « avaler » aux populations de l’Ogou et par ricochet tout le peuple togolais, la « poudre » de sa politique de réconciliation nationale qui, du moins pour le moment, se heurte à la « triste » réalité de la conservation du pouvoir. La polysémie du discours du chef de l’Etat est perceptible si l’on tient compte de certains actes qu’il est amené à poser sur le terrain. « Sinon, comment peut-on parler de réconciliation nationale tout en ayant une mainmise sur les secteurs vitaux du pays, en procédant à des nominations claniques et familiales ? », s’interroge un analyste.

Qui veut porter atteinte aux institutions de la République ?
Le chef de l’Etat a, au cours de son adresse aux populations, reconnu pour la première fois, la menace d’une atteinte à la sûreté de l’Etat. « Plus jamais de velléités et de tentatives de déstabilisation de l’Etat et de ses institutions », a-t-il martelé.

En effet, plusieurs journaux de la place avaient relayé durant les mois précédents, des rumeurs sur un probable coup d’Etat au Togo. Mais, il y a lieu de s’interroger sur cette question. Car, dans un pays normal, lorsqu’il y a tentative de coup d’Etat ou du moins des rumeurs qui en font écho, le bon sens demande que les autorités prennent le devant des choses pour expliquer aux  populations, les tenants et les aboutissants de cette affaire. En lieu et place, on a plutôt observé un mutisme total. Pour nombre d’observateurs, cette question de coup d’Etat n’est qu’une machination orchestrée au « sommet » de l’Etat pour tromper les populations en les détournant des vrais problèmes du pays. « S’il y a des gens qui cherchent à perpétrer des actes subversifs, on procède à leur arrestation. Ce faisant, les populations sont rassurées et peuvent vaquer librement à leurs occupations. Il y a toujours un décalage entre ce qui est dit et ce qui se passe », fait noter un autre analyste.

Par ailleurs, on peut s’interroger davantage sur les mobiles des éventuels fossoyeurs de la République. Qui détient les armes au Togo et peut en faire usage ?

La question de l’impunité
L’impunité et la violence politique au Togo sont des questions très sensibles et requièrent une extrême prudence de la part des acteurs de la classe politique nationale qui en parlent. La résolution de ce problème constitue un pari pour Faure Gnassingbé et pour l’instant, il a choisi l’approche de solution qui l’arrange: celle de ne pas « jeter » en pâture les «bourreaux» des populations, ceux-là même qui l’ont « fait roi ». « On ne scie pas impunément l’arbre sur lequel l’on n’est assis », dit l’adage. « Nous devons nous atteler à proscrire la violence politique et à combattre résolument l’impunité. Le combat contre la violence politique et l’impunité doit être mené avec détermination, sérénité et discernement », a-t-il cependant indiqué. Ce que le peuple togolais n’ignore pas, c’est que Faure Gnassingbé ne dispose pas d’arguments solides pour trancher cette question. Selon le président national du PRR (Parti pour le Renouveau et la Rédemption), Nicolas Lawson, le « jeune président » « ne peut pas punir ceux qui lui ont permis d’accéder au pouvoir ».

Le renvoi aux calendes grecques de cette épineuse question n’est donc pas une surprise pour les observateurs les plus avisés. Mais, cela ne signifie pas pour autant, l’impunité zéro au Togo. Ainsi, tout comme les Khmers rouge du Cambodge tels que le Général Kang Kek Leu alias « Duch », Pol Pot, le Chilien Augusto Pinochet, le Français Maurice Papon, le Libérien Charles Taylor et tous ceux qui croient avoir un droit de vie et de mort sur leurs concitoyens ont fini par être rattrapés par leur passé, la Justice devra un jour statuer sur la thématique de l’impunité au Togo. Même si sur le plan national, on peut trouver des arrangements du genre « amnistie », il est fort à parier que les organisations internationales de défense des Droits de l’Homme et des libertés individuelles ne peuvent pas se résoudre à ce « deal ».

Et, en évoquant les faiblesses de la justice togolaise pour expliquer l’ajournement de cette question, « l’homme du 05 février » ne fait que reporter un « match » qui, certainement aura lieu.« Des poursuites judiciaires initiées dans un climat de vive tension et dans un contexte où la justice est suspectée de partialité et d’être instrumentalisée, soulèveraient certainement d’autres problèmes encore plus complexes », a-t-il affirmé.

En effet, la complexité du dossier de l’impunité tel que évoqué par le chef de l’exécutif ne requiert pas l’adhésion de tous les acteurs politiques. «Au dialogue national, lorsque cette question avait été posée, on a vite fait de trouver une échappatoire. Des gens, pour compliquer la situation, ont choisi d’élargir le dossier, le temps pour eux d’effacer leurs traces et pourquoi pas bénéficier d’une immunité parlementaire », révèle un observateur. Déjà, des voix s’élèvent pour dénoncer l’approche proposée par le chef de l’Etat.

Les mots seuls ne suffisent pas !
« Aux victimes des violences, des exactions et autres troubles politiques, particulièrement ceux liés aux processus électoraux, je voudrais qu’elles trouvent ici l’expression de la compassion et de la solidarité renouvelées de la nation tout entière ».

Cette déclaration du chef de l’Etat ne rime pas forcément avec la volonté des populations qui souhaitent de connaître les auteurs des exactions et autres formes de traitements inhumains auxquels leurs parents ont été victimes.

Pour se faire entendre, plusieurs organisations de la société civile et des partis politiques prévoient des actions citoyennes (une marche de protestation contre l’impunité samedi prochain) pour exiger de Faure Gnassingbé, que la lumière soit faite sur les violences qui ont émaillé l’élection présidentielle d’avril 2005 et les assassinats politiques de Tavio Amorin, Sylvanus Olympio, Marc Attidépé, ….

A la proche donc des prochaines élections, les populations togolaises et les autres acteurs politiques qui doutent toujours de la « bonne volonté » de Faure Gnassingbé, ont besoin des actes concrets plutôt qu’une simple « confession ». « Faure Gnassingbé doit plutôt chercher une autre solution. Une indemnisation des victimes ou une autre formule pour apaiser les coeurs meurtris des Togolais», suggère à ce titre un religieux.

A chacun son appel !
Les promesses  de Faure Gnassingbé à bannir les germes de la violence politique et l’impunité interviennent deux ans après une présidentielle catastrophique.

L’héritier du régime dictatorial d’ Eyadema Gnassingbé sait très bien que son pouvoir dispose désormais de bases solides face à une opposition vacillante,  minée par des querelles intestines et en manque de stratégies politiques. En outre, il s’appuie sur un   apparent climat politique moins tendu depuis la signature de l’APG avec en toile de fond, des élections législatives en vue. Dès lors, Faure Gnassingbé croit avoir poussé des ailes de légitimité et s’évertue vaille que vaille de faire comprendre à ses concitoyens le discours qu’on pourrait résumer ainsi: « Ecoutez ! Oublier le passé, je suis au pouvoir, c’est l’essentiel ; le reste on verra après ».

L’appel au repentir de Faure Gnassingbé à Atakpamé est atypique par rapport à celui de son père défunt Eyadema Gnassingbé, appel lancé le 30 août 1969 à Kpalimé (ville située à 127 km au Nord-Ouest de Lomé), soit six ans après l’assassinat du premier président démocratiquement élu, Sylvanus Olympio. A cette époque, le « sergent » Etienne Eyadema Gnassingbé avait lancé un appel dit « historique » pour le Rassemblement de tout le Peuple Togolais.

On imagine aisément que le fils héritier suit inexorablement les traces du père même si pour le premier, sa méthode à lui, c’est le « dialogue », comme si Eyadema Gnassingbé ne s’était pas érigé en « apôtre » de la paix.

En somme, l’appel de Faure Gnassingbé à l’unisson au tour de la cause nationale est tâché d’hypocrisie et ne serait à même de produire son effet.

Les populations togolaises et la communauté internationale attendent du chef de l’Etat, plus que des mots, de réels gestes et une autre orientation dans la gestion du pays. Le premier test du succès de la politique de Faure reste et demeure pour l’instant, les prochaines élections législatives.

Noël Y.A.GLISSOU

 
Fin de recensement électoral dans la zone A Diverses tentatives de fraudes enregistrées

De sources proches de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), le nombre total de personnes inscrites dans la zone A sur les listes dépassent 1.7millions à la date du 29 juillet dernier. Ces chiffres non encore exhaustifs, devront être complétés par la liste des trois (03) jours de prorogation.

Des cas de fraudes et double inscription
Ils ont été signalés à Vogan, chef-lieu de la préfecture de Vo. Selon les informations, des individus se sont présentés dans des bureaux de vote avec des cartes d’identité scolaire sans les cachets des établissements de provenance. Alertée, la gendarmerie de la localité aurait procédé à des arrestations. Les personnes impliquées dans cette affaire seraient détenues. Le code électoral prévoit en cas de fraude au cours des opérations de recensement, des peines de prison aux éventuels candidats.

Il est signalé également des doubles inscriptions dans certains centres. C’est le cas de l’épouse d’un haut responsable du pays au Camp Général Gnassingbé Eyadema. En effet, selon un membre des CLC (Comité Listes et Cartes), dans un premier temps, elle s’est faite enregistrée avec des incorrections au niveau des noms. Une fois les erreurs décelées, elle a demandé qu’elles soient corrigées. Ce qui selon l’agent a été fait. Le hic, c’est qu’elle a exigé rentrer chez elle avec les deux cartes ce à quoi, les agents auraient opposé une fin de non recevoir. Mais elle reviendra plus tard pour la retirer. « Il n’y a pas à s’alarmer ; si la centralisation des données est fiable, on devra déceler toutes ces anomalies dans les résultats finaux » rassure un responsable politique.

Réaction des partis politiques
Selon le secrétaire général de l’UFC (Union des Forces de Changement), la CENI « peut mieux » faire son travail. « Nous avons tous été unanimes sur la nécessité d’une prorogation des délais du recensement et la CENI devrait normalement aller dans le sens d’une semaine comme nous avions souhaité », a-t-il déclaré. Il a regretté cette attitude de la CENI car, de toutes les façons, explique t-il, il y a eu un 4e jour. « Pourquoi n’a-t-on pas étalé une fois de bon cette durée sur une semaine ? La CENI a toujours fait preuve d’hésitation et cela nous inquiète sérieusement pour la suite du processus », a-il ajouté. Par ailleurs, Jean-Pierre Fabre s’est dit préoccuper par cette manière « particulière » à la CENI en ce sens que pour « le scrutin proprement dit, on aura pas à jouer aux tâtonnements. Il faut éviter ces genres de pratiques », a-t-il conclu.

Au niveau du CAR (Comité d’Action pour le Renouveau), la satisfaction semble de mise. En effet, selon Me Dodji Kokou Apévon, 3éme vice-président du CAR, les opérations de recensement se sont déroulées dans de bonnes conditions malgré les difficultés. « Nous avons constaté que tous les Togolais en âge de voter et qui ont la volonté de se faire inscrire l’ont fait », a-t-il déclaré, ajoutant qu’ « on doit féliciter
la CENI pour le travail abattu eu égard à la complexité des opérations ».

Par ailleurs, il a rejeté l’idée d’une prorogation d’une semaine. « Il faut un délai relativement court, car même si on nous accordait deux mois, les gens attendrons toujours les derniers jours pour se précipiter sur les lieux », a-t-il fait remarquer.

Du côté des responsables du PDR (Parti pour la démocratie et le renouveau), on s’accorde à reconnaître que le processus de recensement électoral a été relativement bon. Le vice-président de ce parti  Agbéwonou Antoine Edoh, ministre de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle a, au cours d’une rencontre organisée hier au siège du parti avec les membres des CLC, imputé la responsabilité des  difficultés constatées lors des opérations à la « large indépendance » accordée par les signataires de l’APG à la CENI. « C’est la méfiance vis-à-vis de  l’administration qui nous a amené à accorder à la CENI cette marge de manœuvre », a-t-il indiqué. Il a par ailleurs, énuméré des problèmes liés à l’identification des personnes sans pièces, l’immiscion de certains responsables de parti politique, l’absence des observateurs nationaux et internationaux. De plus, il a révélé que des individus ont franchi les frontières pour se faire enregistrer. A cet effet, le vice-président du PDR a estimé que la Justice togolaise doit, pour une première fois, dire le droit une fois qu’elle sera saisie de ces cas.

Noël Y. A. GLISSOU

 
Essor de l’habitat urbain : Cas d’Adidogomé, un quartier périphérique de Lomé

Avant les années 90, très peu de Loméens se sont intéressés à l’achat d’un terrain dans les quartiers périphériques de Lomé. Ces quartiers, entre autres Agoè, Adidoadin, Avédji, Kégué, Kpogan, Legbassito pour ne citer que ceux-là, étaient totalement méconnus des populations du centre-ville de la capitale togolaise et faisaient même l’objet de dédain de leur part. C’étaient pour certains, des zones où « il ne fallait en aucun cas mettre les pieds ». Mais à la fin des années quatre-vingts, pour diverses raisons, ces quartiers vont progressivement amorcer leur développement. Le cas d’Adidogomé illustre parfaitement ce phénomène.

« En 1985, mon frère m’avait demandé d’acheter un terrain à Adidogomé mais j’avais refusé parce que c’est trop près de la frontière ghanéene, ce n’est pas du tout sécurisant ». Tels sont les propos d’un père de famille qui aujourd’hui regrette amèrement de n’avoir pas écouté son frère il y a quelques années. A l’heure actuelle, il n’a plus les moyens de satisfaire son envie d’être propriétaire terrien. Et même s’il disposait de ces moyens, encore faut-il qu’il trouve un terrain à acheter. Comme lui, beaucoup de Loméens, pour une raison ou une autre, ont raté l’occasion d’acquérir un terrain à Adidogomé. Demandez-leur pourquoi et ils vous répondront qu’ils ne savaient pas qu’un jour, « Adidogomé sera ce qu’il est aujourd’hui ».

Adidogomé a véritablement commencé à se muer  au milieu des années quatre-vingt-dix. Les quelques habitations autochtones en banco dispersées çà et là et communément appelées « maisons rouges » ont progressivement fait place aux constructions beaucoup plus « chics » et  modernes. Chacun y va selon ses moyens. C’est ainsi qu’à côté de maisons à l’architecture simple et modeste, on peut retrouver des habitations en béton armé « rez-de-chaussée » (logis dallés et non montés) et de grandes maisons à étages. Il n’y a pas un seul jour où les maçons ne sont pas à l’œuvre. Cette frénésie de constructions n’a pas laissé indifférentes certaines grandes personnalités locales qui n’hésitent pas à débourser de grosses sommes pour se payer des terrains bien situés. Au bout de quelques années, des maisons ont poussé à Adidogomé « comme des champignons » donnant ainsi un tout autre visage à ce quartier. Ceci étant, quelles sont les raisons de cet essor de l’habitat à Adidogomé ?

Plusieurs facteurs expliquent cette envie de construire à Adidogomé. Le facteur démographique en est un. En effet, la population  de Lomé augmentant de jour en jour, il était devenu nécessaire de décongestionner le centre-ville. Ce qui a alors poussé plusieurs personnes à construire à Adidogomé pour venir y trouver «refuge». De plus, il se fait que par rapport aux rares parcelles encore non acquises au centre-ville, celles d’Adidogomé sont moins coûteuses. Ce critère économique séduit alors ceux qui ont envie de construire.

Les facteurs d’ordre social ne sont pas non plus à négliger dans l’explication d’un tel phénomène. Une nouvelle habitante d’Adidogomé confie qu’après l’accident de son mari, il lui fallait beaucoup de repos. Cela exigeait  calme et sérénité et « c’est justement pour cette raison que mon mari a décidé de construire à Adidogomé », ajoute-t-elle. Autrement dit, pour cet homme malade, Adidogomé est un lieu de repos par excellence.

La géographie a aussi bien de choses à voir dans cet essor précité. Adidogomé grouille surtout  de populations originaires de la préfecture voisine de Kloto. Pour eux, vivre dans ce quartier, c’est être tout près de leurs villages et villes natales. « Quoi de plus bon que d’avoir une maison dans les environs immédiats de la route qui mène au village », déclarent-ils souvent.

A toutes ces raisons, viennent se greffer d’autres tout aussi valables. Adidogomé étant un quartier très craint par les uns et les autres à cause des voleurs qui y font des descentes et des « coupeurs de tête » qui y sévissaient, il fallait faire quelque chose pour encourager et rassurer ceux qui voudraient venir y construire une maison. Le camp militaire qui s’y trouve a beaucoup contribué à dissiper ces inquiétudes. Le Lycée d’enseignement technique et le CEG (Collège d’Enseignement Général) qui s’y trouvent expliquent également cette «ruée» vers Adidogomé dans la mesure où ces établissements scolaires précités attirent bon nombre d’élèves vers cette zone d’habitation. Pour certains Loméens, les études de leurs enfants justifient la construction d’une maison dans cette zone. Des sociétés et écoles comme Togocellulaire, Togotélécom, la Poste, IAEC ont ainsi contribué indirectement à l’essor de l’habitat à Adidogomé. Leurs annexes installées sur place ont « ouvert les yeux » à ceux qui doutaient encore de la capacité de ce quartier à s’urbaniser rapidement. Ils ont alors accouru, convaincus que vivre à Adidogomé ne signifie pas toujours être obligés d’aller jusqu’au centre-ville pour satisfaire leurs besoins urgents et immédiats. Mais bien que constituant un grand avantage pour le quartier, ce développement de son habitat lui pose en même temps de sérieux problèmes.

Le plus visible de tous ces problèmes reste la construction anarchique des maisons. Le plus clair du temps, les ventes de terrains ne se font pas selon les normes de la DGUH (Direction Générale de l’Urbanisme et de l’Habitat). C’est ainsi que, sans le savoir, beaucoup d’acheteurs se font vendre des réserves d’Etat ou des terrains débouchant sur des rues. Les  conséquences   sont  désastreuses. D’une part, la maison illégalement bâtie est détruite et le terrain repris par la DGUH sans aucun dédommagement. D’autre part, c’est la partie de la maison se trouvant dans la rue qui est complètement rasée, toujours sans aucune réparation. En témoignent les inscriptions « à casser, rue de … » ou « à casser, réserve administrative » qu’on retrouve très souvent sur les murs d’un certain nombre de maisons.

L’autre problème sérieux est relatif à l’achat des terrains. Les Togolais ont un revenu moyen. Ils n’ont donc pas la capacité de faire appel à un architecte pour les conseiller sur les zones où ils doivent acheter leurs terrains. Ainsi, c’est seulement pendant la saison pluvieuse, à la faveur des crues, que certains habitants d’Adidogomé se rendent compte que leurs maisons se situent dans un bas fond.

Dans le même registre, on remarque que des propriétaires terriens sans scrupule vendent parfois une même parcelle à deux personnes différentes. Ce qui n’est pas sans engendrer de longs procès et quelquefois des pertes en vies humaines.

Le développement des quartiers de la capitale togolaise polit certes son image. Cependant, ce développement doit bénéficier d’un meilleur encadrement de la part des autorités en charge des questions urbaines au Togo. C’est seulement à ce prix qu’on aura de belles villes au Togo, à l’instar de celles qu’on voit dans les pays développés.

Rodolphe TOMEGAH

 
Faits divers :  Les leçons d’une impolitesse

Ce soir-là, il sonnait 17h 30 et comme d’habitude sur le boulevard, l’embouteillage était au rendez-vous. Des voitures par-ici, des motos par-là et des piétons cherchant à tout prix à traverser la route. C’est ainsi qu’on distinguait des queues de voitures (privées et taxis) et des conducteurs de motos qui se faufilaient entre les véhicules. Parmi ces conducteurs de moto, se trouvait Djondo, un homme, la cinquantaine bien sonnée, instituteur à la retraite de son état qui a remorqué son grand frère sur son engin à deux roues de marque « Mate ». Djondo, au cours de son slalom entre les voitures, brise par inattention le rétroviseur d’une voiture Toyota lorsque son guidon le percuta. Raphaël, le conducteur de la Toyota descend alors de sa voiture et commence par traiter Djondo de tous les noms d’oiseaux, allant jusqu’à lui «envoyer la main à la figure».

Malgré les supplications de Djondo et de son grand frère, Raphaël continuait de plus bel dans son élan de formulation d’insultes en taxant le conducteur «infortuné» et son passager « de vieux ivrognes, je ne veux rien entendre, payez- moi mon rétroviseur tout de suite ou je vous emmène à la police ;  lorsque vous buvez vos sodabi, restez à la maison et ne venez pas nous gêner sur les routes ! Vous me payez mon rétroviseur ou je confisque votre moto », a-t-il ajouté. Djondo et son parent ne furent sortis d’affaire que grâce à un de ses anciens élèves qui se trouvait également dans la circulation et qui a pris sur lui de payer le prix du rétroviseur brisé.

En fait, Raphaël est un jeune âgé d’une trentaine d’années, rentré des Etats-Unis d’Amérique depuis seulement six mois et homme d’affaires dans la capitale. C’est juste après son retour au bercail qu’il a fait la connaissance de Kayi. Une relation amoureuse singulière est née de cette rencontre de telle sorte que les deux tourtereaux ont entrepris de faire célébrer leur mariage peu de temps après. Il faut rappeler que nos deux amoureux ont décidé de donner ce coup d’accélérateur à leur relation sans avoir pris le soin d’avertir préalablement leurs proches parents. Ainsi, deux jours après le drame du boulevard, Raphaël et quelques membres de sa famille se présentent chez les parents de Kayi pour d’une part concrétiser les fiançailles entre leur fils et cette dernière et d’autre part annoncer l’imminence de son union avec Raphaël, c’est-à-dire demander sa main. L’adage qui dit que « le monde est petit et que seules les montagnes ne se rencontrent pas » allait se confirmer ce jour-là car, le futur beau-père de Raphaël n’était autre que Djondo, celui-là même qu’il a publiquement humilié quelques jours plus tôt. 

Après la mise en place des deux familles, l’oncle de Raphaël prit la parole et annonça le but de leur visite matinale. En réalité, jusque-là, ni Djondo ni Raphaël ne s’étaient pas encore mutuellement reconnus. Malheureusement pour Raphaël, le grand frère de Djondo qui était sur la moto au moment du drame du boulevard était aussi présent et l’a pour sa part, tout de suite reconnu. Ainsi, sans attendre que l’oncle du jeune « faroteur » ait fini de parler, le grand frère de Djondo arracha la parole et questionna :

-     Jeune homme, n’est-ce pas toi qui as une voiture Toyota de couleur bleu marine ?

-     Bien sûr. Comment le savez-vous monsieur ? Vous me connaissiez auparavant ! reprit Raphaël avec l’intime conviction d’avoir déjà marqué des points auprès d’un membre éminent de sa belle-famille.

Mais le grand frère de Djondo reprit tout de suite la parole sur un ton véhément et agressif : « Mais Djondo, ne te rappelles-tu pas de l’incident du boulevard de mardi dernier » ?

C’est ainsi que Djondo sursauta et reconnu le jeune homme qui l’a traité de vieux ivrogne… Après quelques minutes de silence de cimetière et d’émoi dans l’assemblée, l’oncle de Raphaël rouvrit difficilement la bouche et demanda à la «belle-famille» un petit moment de concertation entre les membres de sa délégation qui ne savaient plus où donner de la tête. Sortis pour la fameuse concertation, Raphaël et sa suite ne reviendront plus sur leurs pas.

C’est ainsi que pour un rétroviseur brisé, Raphaël venait de perdre à jamais sa dulcinée Kayi. A qui la faute ?

Hugues  A.  AYIVI-BLIBO

 
Comité de crise de la FTF : Alexandre Adékambi a remis officiellement sa démission

Quelques jours après les supputations et les rumeurs qui ont couru sur les risques de démission de certains membres du Comité de crise de la FTF, (mis en place depuis le 26 juillet dernier par le gouvernement togolais et le Comité National Olympique Togolais), place à la dure réalité. Comme on pouvait s’y attendre, le 2e Conseiller de cette équipe de 11 membres que pilote le ministre Bernard Edjaïdè Walla, Alexandre Adékambi, a remis officiellement hier sa démission.

Selon les termes du courrier qu’il a adressé au président dudit Comité, M. Adékambi s’est dit « surpris d’apprendre par les médias » qu’il a été « nommé 2ème Conseiller ». Il a poursuivi en précisant qu’il est au « regret de décliner cette offre, pour des raisons de convenance personnelle».

Avec cette démission et le décès le 27 juillet dernier du Trésorier Général adjoint de ce même Comité, Djoni Baroma, il faut noter que l’équipe de crise constituée par les autorités politiques et sportives du Togo se retrouve désormais réduite à 9.       Il y a donc obligation pour les membres du bureau de coopter 2 nouveaux membres pour combler le vide.

En rappel, le Comité de crise a été crée par le gouvernement et le CNOT, une semaine après le retour d’une délégation togolaise d’Alger où elle a discuté avec la CAF (Confédération Africaine de Football) pour juguler la crise que connaissait le bureau élu de la FTF.

Cette crise tire son essence de la suspension de huit ans de toutes activités liées au football, infligée au président de la FTF, Tata Adaglo Avléssi, reconnu coupable de corruption par le jury disciplinaire de la CAF. La suite, ce fut une bataille rangée de succession entre deux camps, l’un dirigé par le Conseiller de la FTF et consacré doyen d’âge par le président suspendu et l’autre par le vice président, Gabriel Améyi qui réclamait la légitimité de présider aux destinées du sport roi au pays du Dr Kaolo.

Gabin KOISSIDJIN

 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
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