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Comité de crise de la FTF :
Alexandre Adékambi a remis officiellement sa
démission |
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Quelques jours après les supputations et les rumeurs
qui ont couru sur les risques de démission de
certains membres du Comité de crise de la FTF, (mis
en place depuis le 26 juillet dernier par le
gouvernement togolais et le Comité National Olympique
Togolais), place à la dure réalité. Comme on pouvait
s’y attendre, le 2e Conseiller
de cette équipe de 11 membres que pilote le ministre
Bernard Edjaïdè Walla, Alexandre Adékambi, a remis
officiellement hier sa démission. |
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Selon les termes du courrier qu’il a adressé au
président dudit Comité, M. Adékambi s’est dit « surpris
d’apprendre par les médias » qu’il a été « nommé
2ème Conseiller ».
Il a poursuivi en précisant qu’il est au « regret
de décliner cette offre, pour des raisons de
convenance personnelle».
Avec cette démission et le décès le 27 juillet
dernier du Trésorier Général adjoint de ce même
Comité, Djoni Baroma, il faut noter que l’équipe de
crise constituée par les autorités politiques et
sportives du Togo se retrouve désormais réduite à
9. Il y a donc obligation pour les membres du
bureau de coopter 2 nouveaux membres pour combler le
vide.
En
rappel, le Comité de crise a été crée par le
gouvernement et le CNOT, une semaine après le retour
d’une délégation togolaise d’Alger où elle a discuté
avec la CAF (Confédération Africaine de Football)
pour juguler la crise que connaissait le bureau élu
de la FTF.
Cette crise tire son essence de la suspension de huit
ans de toutes activités liées au football, infligée
au président de la FTF, Tata Adaglo Avléssi, reconnu
coupable de corruption par le jury disciplinaire de
la CAF. La suite, ce fut une bataille rangée de
succession entre deux camps, l’un dirigé par le
Conseiller de la FTF et consacré doyen d’âge par le
président suspendu et l’autre par le vice président,
Gabriel Améyi qui réclamait la légitimité de présider
aux destinées du sport roi au pays du Dr Kaolo.
Gabin KOISSIDJIN |
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Discours de Faure Gnassingbé à Atakpamé :
Une toile de confessions hypocrites |
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L’écrivain français André Malraux a dit : « La vérité
d’un homme, c’est d’abord ce qu’il cache ». Les
propos de Faure Gnassingbé samedi dernier à Atakpamé
(chef-lieu de la région des Plateaux), à l’occasion
du lancement officiel de la campagne nationale de
lutte contre la violence politique et l’impunité,
révèlent au-delà des mots, une sorte d’aveu teinté
d’hypocrisie sur les évènements malheureux qui ont
secoué le Togo de février à mai 2005. La violence
politique et l’impunité étant l’épicentre de la
déconfiture de la vie sociopolitique au Togo, Faure
Gnassingbé, en s’aventurant sur ce terrain sait très
bien que la survie de son avenir politique en dépend.
Car, ces deux sujets sont, à la limite, les
« marques » indélébiles du régime dont-il est le pur
produit. |
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Pure coïncidence ou choix délibéré, la ville d’Atakpamé
tout comme celle de Lomé, Anèho et bien d’autres
localités ont été soumises aux atrocités de la force
brute lors des violences de 2005 qui ont porté Faure
Gnassingbé au pouvoir. La « prêche » du « fils
de la nation » sur les « bas fonds » des
sept collines d’Atakpamé s’apparente à une
désintoxication des esprits au moment où se prépare
une nouvelle élection. De l’avis de plusieurs
observateurs de la tragédie politique, les
populations togolaises redoutent toujours des
violences pendant le prochain scrutin et c’est ce qui
expliquerait la réticence de certaines d’entre elles
à se faire inscrire.
Pour cette catégorie de Togolais, encore sous le choc
des violences d’avril 2005, Faure Gnassingbé a besoin
des signaux forts et vrais. « (…) Je tenais à
réaffirmer mon engagement ainsi que ma ferme
détermination à œuvrer chaque jour, au rassemblement
de toutes les filles et de tous les fils du pays, à
l’union sincère et véritable du peuple togolais, qui
n’aspire qu’à vivre dans la paix et la sécurité afin
d’assurer la maîtrise de son développement de son
destin », a-t-il déclaré.
Il
a tenté de faire « avaler » aux populations de
l’Ogou et par ricochet tout le peuple togolais, la « poudre »
de sa politique de réconciliation nationale qui, du
moins pour le moment, se heurte à la « triste »
réalité de la conservation du pouvoir. La polysémie
du discours du chef de l’Etat est perceptible si l’on
tient compte de certains actes qu’il est amené à
poser sur le terrain. « Sinon, comment peut-on
parler de réconciliation nationale tout en ayant une
mainmise sur les secteurs vitaux du pays, en
procédant à des nominations claniques et familiales ? »,
s’interroge un analyste.
Qui
veut porter atteinte aux institutions de la
République ?
Le
chef de l’Etat a, au cours de son adresse aux
populations, reconnu pour la première fois, la menace
d’une atteinte à la sûreté de l’Etat. « Plus
jamais de velléités et de tentatives de
déstabilisation de l’Etat et de ses institutions »,
a-t-il martelé.
En
effet, plusieurs journaux de la place avaient relayé
durant les mois précédents, des rumeurs sur un
probable coup d’Etat au Togo. Mais, il y a lieu de
s’interroger sur cette question. Car, dans un pays
normal, lorsqu’il y a tentative de coup d’Etat ou du
moins des rumeurs qui en font écho, le bon sens
demande que les autorités prennent le devant des
choses pour expliquer aux populations, les tenants
et les aboutissants de cette affaire. En lieu et
place, on a plutôt observé un mutisme total. Pour
nombre d’observateurs, cette question de coup d’Etat
n’est qu’une machination orchestrée au « sommet »
de l’Etat pour tromper les populations en les
détournant des vrais problèmes du pays. « S’il y a
des gens qui cherchent à perpétrer des actes
subversifs, on procède à leur arrestation. Ce
faisant, les populations sont rassurées et peuvent
vaquer librement à leurs occupations. Il y a toujours
un décalage entre ce qui est dit et ce qui se passe »,
fait noter un autre analyste.
Par
ailleurs, on peut s’interroger davantage sur les
mobiles des éventuels fossoyeurs de la République.
Qui détient les armes au Togo et peut en faire
usage ?
La
question de l’impunité
L’impunité et la violence politique au Togo sont des
questions très sensibles et requièrent une extrême
prudence de la part des acteurs de la classe
politique nationale qui en parlent. La résolution de
ce problème constitue un pari pour Faure Gnassingbé
et pour l’instant, il a choisi l’approche de
solution qui l’arrange: celle de ne pas « jeter »
en pâture les «bourreaux» des populations,
ceux-là même qui l’ont « fait roi ». « On
ne scie pas impunément l’arbre sur lequel l’on n’est
assis », dit l’adage. « Nous devons nous
atteler à proscrire la violence politique et à
combattre résolument l’impunité. Le combat contre la
violence politique et l’impunité doit être mené avec
détermination, sérénité et discernement », a-t-il
cependant indiqué. Ce que le peuple togolais n’ignore
pas, c’est que Faure Gnassingbé ne dispose pas
d’arguments solides pour trancher cette question.
Selon le président national du PRR (Parti pour le
Renouveau et la Rédemption), Nicolas Lawson, le « jeune
président » « ne peut pas punir ceux qui lui
ont permis d’accéder au pouvoir ».
Le renvoi aux calendes grecques de cette épineuse
question n’est donc pas une surprise pour les
observateurs les plus avisés. Mais, cela ne signifie
pas pour autant, l’impunité zéro au Togo. Ainsi, tout
comme les Khmers rouge du Cambodge tels que le
Général Kang Kek Leu alias « Duch », Pol Pot, le
Chilien Augusto Pinochet, le Français Maurice Papon,
le Libérien Charles Taylor et tous ceux qui croient
avoir un droit de vie et de mort sur leurs
concitoyens ont fini par être rattrapés par leur
passé, la Justice devra un jour statuer sur la
thématique de l’impunité au Togo. Même si sur le plan
national, on peut trouver des arrangements du genre
« amnistie », il est fort à parier que les
organisations internationales de défense des Droits
de l’Homme et des libertés individuelles ne peuvent
pas se résoudre à ce « deal ».
Et, en évoquant les faiblesses de la justice
togolaise pour expliquer l’ajournement de cette
question, « l’homme du 05 février » ne fait que
reporter un « match » qui, certainement aura lieu.« Des
poursuites judiciaires initiées dans un climat de
vive tension et dans un contexte où la justice est
suspectée de partialité et d’être instrumentalisée,
soulèveraient certainement d’autres problèmes encore
plus complexes », a-t-il affirmé.
En effet, la complexité du dossier de l’impunité tel
que évoqué par le chef de l’exécutif ne requiert pas
l’adhésion de tous les acteurs politiques. «Au
dialogue national, lorsque cette question avait été
posée, on a vite fait de trouver une échappatoire.
Des gens, pour compliquer la situation, ont choisi
d’élargir le dossier, le temps pour eux d’effacer
leurs traces et pourquoi pas bénéficier d’une
immunité parlementaire », révèle un observateur.
Déjà, des voix s’élèvent pour dénoncer l’approche
proposée par le chef de l’Etat.
Les
mots seuls ne suffisent pas !
« Aux
victimes des violences, des exactions et autres
troubles politiques, particulièrement ceux liés aux
processus électoraux, je voudrais qu’elles trouvent
ici l’expression de la compassion et de la solidarité
renouvelées de la nation tout entière ».
Cette déclaration du chef de l’Etat ne rime pas
forcément avec la volonté des populations qui
souhaitent de connaître les auteurs des exactions et
autres formes de traitements inhumains auxquels leurs
parents ont été victimes.
Pour se faire entendre, plusieurs organisations de la
société civile et des partis politiques prévoient des
actions citoyennes (une marche de protestation contre
l’impunité samedi prochain) pour exiger de Faure
Gnassingbé, que la lumière soit faite sur les
violences qui ont émaillé l’élection présidentielle
d’avril 2005 et les assassinats politiques de Tavio
Amorin, Sylvanus Olympio, Marc Attidépé, ….
A la proche donc des prochaines élections, les
populations togolaises et les autres acteurs
politiques qui doutent toujours de la « bonne
volonté » de Faure Gnassingbé, ont besoin des
actes concrets plutôt qu’une simple « confession ». « Faure
Gnassingbé doit plutôt chercher une autre solution.
Une indemnisation des victimes ou une autre
formule pour apaiser les coeurs meurtris des
Togolais», suggère à ce titre un religieux.
A
chacun son appel !
Les
promesses de Faure Gnassingbé à bannir les germes de
la violence politique et l’impunité interviennent
deux ans après une présidentielle catastrophique.
L’héritier du régime dictatorial d’ Eyadema
Gnassingbé sait très bien que son pouvoir dispose
désormais de bases solides face à une opposition
vacillante, minée par des querelles intestines et en
manque de stratégies politiques. En outre, il
s’appuie sur un apparent climat politique moins
tendu depuis la signature de l’APG avec en toile de
fond, des élections législatives en vue. Dès lors,
Faure Gnassingbé croit avoir poussé des ailes de
légitimité et s’évertue vaille que vaille de faire
comprendre à ses concitoyens le discours qu’on
pourrait résumer ainsi: « Ecoutez ! Oublier le
passé, je suis au pouvoir, c’est l’essentiel ; le
reste on verra après ».
L’appel au repentir de Faure Gnassingbé à Atakpamé
est atypique par rapport à celui de son père défunt
Eyadema Gnassingbé, appel lancé le 30 août 1969 à
Kpalimé (ville située à 127 km au Nord-Ouest de
Lomé), soit six ans après l’assassinat du premier
président démocratiquement élu, Sylvanus Olympio. A
cette époque, le « sergent » Etienne Eyadema
Gnassingbé avait lancé un appel dit « historique »
pour le Rassemblement de tout le Peuple Togolais.
On imagine aisément que le fils héritier suit
inexorablement les traces du père même si pour le
premier, sa méthode à lui, c’est le « dialogue »,
comme si Eyadema Gnassingbé ne s’était pas érigé en
« apôtre » de la paix.
En somme, l’appel de Faure Gnassingbé à l’unisson au
tour de la cause nationale est tâché d’hypocrisie et
ne serait à même de produire son effet.
Les
populations togolaises et la communauté
internationale attendent du chef de l’Etat, plus que
des mots, de réels gestes et une autre orientation
dans la gestion du pays. Le premier test du succès de
la politique de Faure reste et demeure pour
l’instant, les prochaines élections législatives.
Noël Y.A.GLISSOU |
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Fin de recensement électoral dans la zone A
Diverses tentatives de fraudes enregistrées |
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De sources proches de la CENI (Commission Electorale
Nationale Indépendante), le nombre total de personnes
inscrites dans la zone A sur les listes dépassent
1.7millions à la date du 29 juillet dernier. Ces
chiffres non encore exhaustifs, devront être
complétés par la liste des trois (03) jours de
prorogation. |
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Des
cas de fraudes et double inscription
Ils
ont été signalés à Vogan, chef-lieu de la préfecture de
Vo. Selon les informations, des individus se sont
présentés dans des bureaux de vote avec des cartes
d’identité scolaire sans les cachets des établissements
de provenance. Alertée, la gendarmerie de la localité
aurait procédé à des arrestations. Les personnes
impliquées dans cette affaire seraient détenues. Le code
électoral prévoit en cas de fraude au cours des
opérations de recensement, des peines de prison aux
éventuels candidats.
Il est signalé également des doubles inscriptions dans
certains centres. C’est le cas de l’épouse d’un haut
responsable du pays au Camp Général Gnassingbé Eyadema.
En effet, selon un membre des CLC (Comité Listes et
Cartes), dans un premier temps, elle s’est faite
enregistrée avec des incorrections au niveau des noms.
Une fois les erreurs décelées, elle a demandé qu’elles
soient corrigées. Ce qui selon l’agent a été fait. Le
hic, c’est qu’elle a exigé rentrer chez elle avec les
deux cartes ce à quoi, les agents auraient opposé une
fin de non recevoir. Mais elle reviendra plus tard pour
la retirer. « Il n’y a pas à s’alarmer ; si la
centralisation des données est fiable, on devra déceler
toutes ces anomalies dans les résultats finaux »
rassure un responsable politique.
Réaction des partis politiques
Selon
le secrétaire général de l’UFC (Union des Forces de
Changement), la CENI « peut mieux » faire
son travail. « Nous avons tous été unanimes sur la
nécessité d’une prorogation des délais du recensement et
la
CENI devrait normalement aller dans le sens d’une
semaine comme nous avions souhaité »,
a-t-il déclaré. Il a regretté cette attitude de la CENI
car, de toutes les façons, explique t-il, il y a eu un 4e jour. « Pourquoi
n’a-t-on pas étalé une fois de bon cette durée sur
une semaine ? La
CENI a toujours fait preuve d’hésitation et cela nous
inquiète sérieusement pour la suite du processus »,
a-il ajouté. Par ailleurs, Jean-Pierre Fabre s’est dit
préoccuper par cette manière « particulière » à
la CENI en ce sens que pour « le scrutin proprement
dit, on aura pas à jouer aux tâtonnements. Il faut
éviter ces genres de pratiques », a-t-il conclu.
Au niveau du CAR (Comité d’Action pour le Renouveau), la
satisfaction semble de mise. En effet, selon Me Dodji
Kokou Apévon, 3éme vice-président du CAR, les opérations
de recensement se sont déroulées dans de bonnes
conditions malgré les difficultés. « Nous avons
constaté que tous les Togolais en âge de voter et qui
ont la volonté de se faire inscrire l’ont fait »,
a-t-il déclaré, ajoutant qu’ « on doit féliciter
la
CENI pour le travail abattu eu égard à la complexité des
opérations ».
Par ailleurs, il a rejeté l’idée d’une prorogation d’une
semaine. « Il faut un délai relativement court, car
même si on nous accordait deux mois, les gens attendrons
toujours les derniers jours pour se précipiter sur les
lieux », a-t-il fait remarquer.
Du
côté des responsables du PDR (Parti pour la démocratie
et le renouveau), on s’accorde à reconnaître que le
processus de recensement électoral a été relativement
bon. Le vice-président de ce parti Agbéwonou Antoine
Edoh, ministre de l’Enseignement Technique et de la
Formation Professionnelle a, au cours d’une rencontre
organisée hier au siège du parti avec les membres des
CLC, imputé la responsabilité des difficultés
constatées lors des opérations à la « large
indépendance » accordée par les signataires de l’APG à
la CENI. « C’est la méfiance vis-à-vis de
l’administration qui nous a amené à accorder à
la
CENI cette marge de manœuvre »,
a-t-il indiqué. Il a par ailleurs, énuméré des problèmes
liés à l’identification des personnes sans pièces, l’immiscion
de certains responsables de parti politique, l’absence
des observateurs nationaux et internationaux. De plus,
il a révélé que des individus ont franchi les frontières
pour se faire enregistrer. A cet effet, le
vice-président du PDR a estimé que la Justice togolaise
doit, pour une première fois, dire le droit une fois
qu’elle sera saisie de ces cas.
Noël Y. A. GLISSOU |
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Essor de l’habitat urbain :
Cas d’Adidogomé, un quartier périphérique de
Lomé |
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Avant les années 90, très peu de Loméens se sont
intéressés à l’achat d’un terrain dans les quartiers
périphériques de Lomé. Ces quartiers, entre autres
Agoè, Adidoadin, Avédji, Kégué, Kpogan, Legbassito
pour ne citer que ceux-là, étaient totalement
méconnus des populations du centre-ville de la
capitale togolaise et faisaient même l’objet de
dédain de leur part. C’étaient pour certains, des
zones où « il ne fallait en aucun cas mettre les
pieds ». Mais à la fin des années quatre-vingts, pour
diverses raisons, ces quartiers vont progressivement
amorcer leur développement. Le cas d’Adidogomé
illustre parfaitement ce phénomène. |
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« En 1985, mon frère m’avait demandé d’acheter un
terrain à Adidogomé mais j’avais refusé parce que
c’est trop près de la frontière ghanéene, ce n’est
pas du tout sécurisant ».
Tels sont les propos d’un père de famille qui
aujourd’hui regrette amèrement de n’avoir pas écouté
son frère il y a quelques années. A l’heure actuelle,
il n’a plus les moyens de satisfaire son envie d’être
propriétaire terrien. Et même s’il disposait de ces
moyens, encore faut-il qu’il trouve un terrain à
acheter. Comme lui, beaucoup de Loméens, pour une
raison ou une autre, ont raté l’occasion d’acquérir
un terrain à Adidogomé. Demandez-leur pourquoi et ils
vous répondront qu’ils ne savaient pas qu’un jour, « Adidogomé
sera ce qu’il est aujourd’hui ».
Adidogomé a véritablement commencé à se muer au
milieu des années quatre-vingt-dix. Les quelques
habitations autochtones en banco dispersées çà et là
et communément appelées « maisons rouges » ont
progressivement fait place aux constructions beaucoup
plus « chics » et modernes. Chacun y va selon ses
moyens. C’est ainsi qu’à côté de maisons à
l’architecture simple et modeste, on peut retrouver
des habitations en béton armé « rez-de-chaussée »
(logis dallés et non montés) et de grandes maisons à
étages. Il n’y a pas un seul jour où les maçons ne
sont pas à l’œuvre. Cette frénésie de constructions
n’a pas laissé indifférentes certaines grandes
personnalités locales qui n’hésitent pas à débourser
de grosses sommes pour se payer des terrains bien
situés. Au bout de quelques années, des maisons ont
poussé à Adidogomé « comme des champignons »
donnant ainsi un tout autre visage à ce quartier.
Ceci étant, quelles sont les raisons de cet essor de
l’habitat à Adidogomé ?
Plusieurs facteurs expliquent cette envie de
construire à Adidogomé. Le facteur démographique en
est un. En effet, la population de Lomé augmentant
de jour en jour, il était devenu nécessaire de
décongestionner le centre-ville. Ce qui a alors
poussé plusieurs personnes à construire à Adidogomé
pour venir y trouver «refuge». De plus, il se fait
que par rapport aux rares parcelles encore non
acquises au centre-ville, celles d’Adidogomé sont
moins coûteuses. Ce critère économique séduit alors
ceux qui ont envie de construire.
Les
facteurs d’ordre social ne sont pas non plus à
négliger dans l’explication d’un tel phénomène. Une
nouvelle habitante d’Adidogomé confie qu’après
l’accident de son mari, il lui fallait beaucoup de
repos. Cela exigeait calme et sérénité et « c’est
justement pour cette raison que mon mari a
décidé de construire à Adidogomé »,
ajoute-t-elle. Autrement dit, pour cet homme malade,
Adidogomé est un lieu de repos par excellence.
La
géographie a aussi bien de choses à voir dans cet
essor précité. Adidogomé grouille surtout de
populations originaires de la préfecture voisine de
Kloto. Pour eux, vivre dans ce quartier, c’est être
tout près de leurs villages et villes natales.
« Quoi de plus bon que d’avoir une maison dans les
environs immédiats de la route qui mène au village »,
déclarent-ils souvent.
A
toutes ces raisons, viennent se greffer d’autres tout
aussi valables. Adidogomé étant un quartier très
craint par les uns et les autres à cause des voleurs
qui y font des descentes et des « coupeurs de tête »
qui y sévissaient, il fallait faire quelque chose
pour encourager et rassurer ceux qui voudraient venir
y construire une maison. Le camp militaire qui s’y
trouve a beaucoup contribué à dissiper ces
inquiétudes. Le Lycée d’enseignement technique et le
CEG (Collège d’Enseignement Général) qui s’y trouvent
expliquent également cette «ruée» vers Adidogomé dans
la mesure où ces établissements scolaires précités
attirent bon nombre d’élèves vers cette zone
d’habitation. Pour certains Loméens, les études de
leurs enfants justifient la construction d’une maison
dans cette zone. Des sociétés et écoles comme
Togocellulaire, Togotélécom, la Poste, IAEC ont ainsi
contribué indirectement à l’essor de l’habitat à
Adidogomé. Leurs annexes installées sur place ont
« ouvert les yeux » à ceux qui doutaient encore
de la capacité de ce quartier à s’urbaniser
rapidement. Ils ont alors accouru, convaincus que
vivre à Adidogomé ne signifie pas toujours être
obligés d’aller jusqu’au centre-ville pour satisfaire
leurs besoins urgents et immédiats. Mais bien que
constituant un grand avantage pour le quartier, ce
développement de son habitat lui pose en même temps
de sérieux problèmes.
Le
plus visible de tous ces problèmes reste la
construction anarchique des maisons. Le plus clair du
temps, les ventes de terrains ne se font pas selon
les normes de la DGUH (Direction Générale de
l’Urbanisme et de l’Habitat). C’est ainsi que, sans
le savoir, beaucoup d’acheteurs se font vendre des
réserves d’Etat ou des terrains débouchant sur des
rues. Les conséquences sont désastreuses. D’une
part, la maison illégalement bâtie est détruite et le
terrain repris par la DGUH sans aucun dédommagement.
D’autre part, c’est la partie de la maison se
trouvant dans la rue qui est complètement rasée,
toujours sans aucune réparation. En témoignent les
inscriptions « à casser, rue de … » ou « à
casser, réserve administrative » qu’on retrouve
très souvent sur les murs d’un certain nombre de
maisons.
L’autre problème sérieux est relatif à l’achat des
terrains. Les Togolais ont un revenu moyen. Ils n’ont
donc pas la capacité de faire appel à un architecte
pour les conseiller sur les zones où ils doivent
acheter leurs terrains. Ainsi, c’est seulement
pendant la saison pluvieuse, à la faveur des crues,
que certains habitants d’Adidogomé se rendent compte
que leurs maisons se situent dans un bas fond.
Dans le même registre, on remarque que des
propriétaires terriens sans scrupule vendent parfois
une même parcelle à deux personnes différentes. Ce
qui n’est pas sans engendrer de longs procès et
quelquefois des pertes en vies humaines.
Le
développement des quartiers de la capitale togolaise
polit certes son image. Cependant, ce développement
doit bénéficier d’un meilleur encadrement de la part
des autorités en charge des questions urbaines au
Togo. C’est seulement à ce prix qu’on aura de belles
villes au Togo, à l’instar de celles qu’on voit dans
les pays développés.
Rodolphe TOMEGAH |
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Faits divers : Les
leçons d’une impolitesse |
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Ce soir-là, il sonnait 17h 30 et comme d’habitude sur
le boulevard, l’embouteillage était au rendez-vous.
Des voitures par-ici, des motos par-là et des piétons
cherchant à tout prix à traverser la route. C’est
ainsi qu’on distinguait des queues de voitures
(privées et taxis) et des conducteurs de motos qui se
faufilaient entre les véhicules. Parmi ces
conducteurs de moto, se trouvait Djondo, un homme, la
cinquantaine bien sonnée, instituteur à la retraite
de son état qui a remorqué son grand frère sur son
engin à deux roues de marque « Mate ». Djondo, au
cours de son slalom entre les voitures, brise par
inattention le rétroviseur d’une voiture Toyota
lorsque son guidon le percuta. Raphaël, le conducteur
de la Toyota descend alors de sa voiture et commence
par traiter Djondo de tous les noms d’oiseaux, allant
jusqu’à lui «envoyer la main à la figure». |
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Malgré les supplications de Djondo et de son grand
frère, Raphaël continuait de plus bel dans son élan
de formulation d’insultes en taxant le conducteur
«infortuné» et son passager « de vieux ivrognes,
je ne veux rien entendre, payez- moi mon rétroviseur
tout de suite ou je vous emmène à la police ;
lorsque vous buvez vos sodabi, restez à la maison et
ne venez pas nous gêner sur les routes ! Vous me
payez mon rétroviseur ou je confisque votre moto »,
a-t-il ajouté. Djondo et son parent ne furent sortis
d’affaire que grâce à un de ses anciens élèves qui se
trouvait également dans la circulation et qui a pris
sur lui de payer le prix du rétroviseur brisé.
En
fait, Raphaël est un jeune âgé d’une trentaine
d’années, rentré des Etats-Unis d’Amérique depuis
seulement six mois et homme d’affaires dans la
capitale. C’est juste après son retour au bercail
qu’il a fait la connaissance de Kayi. Une relation
amoureuse singulière est née de cette rencontre de
telle sorte que les deux tourtereaux ont entrepris de
faire célébrer leur mariage peu de temps après. Il
faut rappeler que nos deux amoureux ont décidé de
donner ce coup d’accélérateur à leur relation sans
avoir pris le soin d’avertir préalablement leurs
proches parents. Ainsi, deux jours après le drame du
boulevard, Raphaël et quelques membres de sa famille
se présentent chez les parents de Kayi pour d’une
part concrétiser les fiançailles entre leur fils et
cette dernière et d’autre part annoncer l’imminence
de son union avec Raphaël, c’est-à-dire demander sa
main. L’adage qui dit que « le monde est petit et que
seules les montagnes ne se rencontrent pas » allait
se confirmer ce jour-là car, le futur beau-père de
Raphaël n’était autre que Djondo, celui-là même qu’il
a publiquement humilié quelques jours plus tôt.
Après la mise en place des deux familles, l’oncle de
Raphaël prit la parole et annonça le but de leur
visite matinale. En réalité, jusque-là, ni Djondo ni
Raphaël ne s’étaient pas encore mutuellement
reconnus. Malheureusement pour Raphaël, le grand
frère de Djondo qui était sur la moto au moment du
drame du boulevard était aussi présent et l’a pour sa
part, tout de suite reconnu. Ainsi, sans attendre que
l’oncle du jeune « faroteur » ait fini de parler, le
grand frère de Djondo arracha la parole et
questionna :
- Jeune homme, n’est-ce pas toi qui as une
voiture Toyota de couleur bleu marine ?
- Bien sûr. Comment le savez-vous monsieur ? Vous
me connaissiez auparavant ! reprit Raphaël avec
l’intime conviction d’avoir déjà marqué des points
auprès d’un membre éminent de sa belle-famille.
Mais le grand frère de Djondo reprit tout de suite la
parole sur un ton véhément et agressif : « Mais
Djondo, ne te rappelles-tu pas de l’incident du
boulevard de mardi dernier » ?
C’est ainsi que Djondo sursauta et reconnu le jeune
homme qui l’a traité de vieux ivrogne… Après quelques
minutes de silence de cimetière et d’émoi dans
l’assemblée, l’oncle de Raphaël rouvrit difficilement
la bouche et demanda à la «belle-famille» un petit
moment de concertation entre les membres de sa
délégation qui ne savaient plus où donner de la tête.
Sortis pour la fameuse concertation, Raphaël et sa
suite ne reviendront plus sur leurs pas.
C’est ainsi que pour un rétroviseur brisé, Raphaël
venait de perdre à jamais sa dulcinée Kayi. A qui la
faute ?
Hugues A. AYIVI-BLIBO |
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Comité de crise de la FTF :
Alexandre Adékambi a remis officiellement sa
démission |
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Quelques jours après les supputations et les rumeurs
qui ont couru sur les risques de démission de
certains membres du Comité de crise de la FTF, (mis
en place depuis le 26 juillet dernier par le
gouvernement togolais et le Comité National Olympique
Togolais), place à la dure réalité. Comme on pouvait
s’y attendre, le 2e Conseiller
de cette équipe de 11 membres que pilote le ministre
Bernard Edjaïdè Walla, Alexandre Adékambi, a remis
officiellement hier sa démission. |
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Selon les termes du courrier qu’il a adressé au
président dudit Comité, M. Adékambi s’est dit « surpris
d’apprendre par les médias » qu’il a été « nommé
2ème Conseiller ».
Il a poursuivi en précisant qu’il est au « regret
de décliner cette offre, pour des raisons de
convenance personnelle».
Avec cette démission et le décès le 27 juillet
dernier du Trésorier Général adjoint de ce même
Comité, Djoni Baroma, il faut noter que l’équipe de
crise constituée par les autorités politiques et
sportives du Togo se retrouve désormais réduite à
9. Il y a donc obligation pour les membres du
bureau de coopter 2 nouveaux membres pour combler le
vide.
En
rappel, le Comité de crise a été crée par le
gouvernement et le CNOT, une semaine après le retour
d’une délégation togolaise d’Alger où elle a discuté
avec la CAF (Confédération Africaine de Football)
pour juguler la crise que connaissait le bureau élu
de la FTF.
Cette crise tire son essence de la suspension de huit
ans de toutes activités liées au football, infligée
au président de la FTF, Tata Adaglo Avléssi, reconnu
coupable de corruption par le jury disciplinaire de
la CAF. La suite, ce fut une bataille rangée de
succession entre deux camps, l’un dirigé par le
Conseiller de la FTF et consacré doyen d’âge par le
président suspendu et l’autre par le vice président,
Gabriel Améyi qui réclamait la légitimité de présider
aux destinées du sport roi au pays du Dr Kaolo.
Gabin KOISSIDJIN |
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