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4 Août 2006

[ 134: 2 Août 2006]  
Rackets, amendes pour stationnement interdit : Les chauffeurs de taxi en colère

« Nous sommes quotidiennement  embêtés par les syndicats et les policiers à Lomé. Mais ce matin, nous sommes débordés ; nous sommes surpris de voir les dirigeants des syndicats et des gendarmes débarquer au grand marché de Lomé et sans aucune explication, nous collent des amendes de 5 000, 10 000 voire 15 000 FCFA, à tout chauffeur qui tente de charger ou de décharger sa voiture aux  lieux habituels… ».Telle est l’une des multiples  réactions des chauffeurs de taxis à Lomé pour dire non à une descente des gendarmes, policiers et responsables des syndicats de conducteurs hier dans les rues du Grand marché de Lomé avec à la clé l’interdiction de stationner sous peine d’amende.

 
 

Le motif avancé selon les chauffeurs, est l’ « infraction » de stationnement interdit. Argument que semble balayer  du revers de la main ces conducteurs urbains. « Nous ne comprenons pas ce qui se passe dans ce pays. Personne ne nous a approché pour parler de cette nouvelle mesure. Les responsables syndicaux et la gendarmerie étaient la semaine passée en sensibilisation chez nos amis qui vont à l’intérieur du pays pour leur dire de plus garer n’importe comment. Cette mesure ne nous concerne pas. Les taxis de ville n’ont pas un stationnement fixe ; nous prenons nos passagers n’importe  », explique un chauffeur. Excédés, les taximen se sont dirigés au ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat pour bloquer la circulation. Mais ils seront priés de dégager les lieux.

Déterminés à trouver une solution à la crise, les chauffeurs se sont repliés sur le boulevard du 30 Août au niveau de Shell Victoire bloquant de nouveau la circulation aux usagers. Il a fallu l’intervention de la police anti-émeutes pour calmer les esprits  permettant ainsi de frayer un couloir aux taxi-motos et aux voitures personnelles.  « Nous ne quitterons ici sans avoir trouvé une solution à ce problème. Les endroits où les policiers et les gendarmes nous arrêtent ne disposent pas de panneaux de signalisation. Pourquoi veut-on toujours nous compliquer la vie ? Eyadema est mort, qu’on nous laisse maintenant vivre en paix dans le pays. Le temps où des individus prennent leurs décisions sans l’aval des autorités est révolu », déclare cet autre chauffeur visiblement désemparé. « J’ai quitté Lomé ce matin pour Noépé. A Zanguéra, j’ai payé 1000F aux policiers, 300F aux péages. Du retour, j’ai encore payé 300F pour le péage. Mais une fois au grand marché, les gendarmes et les policiers m’infligent une amende de 15000F quand je déchargeais ma voiture. C’est du vol organisé ; dans quel pays avez-vous entendu des choses pareilles où on prend des décisions sans avertir les concernés ? », s’interroge un autre chauffeur indigné.

Après plusieurs discussions avec un officier de la gendarmerie dépêché sur les lieux, une délégation des chauffeurs, accompagnée par celui-ci s’était rendue d’abord au ministère du commerce puis chez celui de l’Equipement, des Transports et des Postes et Télécommunication.

Les autorités semblent comprendre la réaction des conducteurs. « Votre attitude, montre que vous êtes des hommes responsables. Vous avez démontré votre volonté à construire les choses et non à les détruire… »,  a déclaré à l’endroit des manifestants, M. Patozem, Directeur Général des Transports. Aussi, les autorités ont- elles exhorté les chauffeurs à continuer leur travail comme toujours en attendant de trouver une solution définitive à la crise.

En outre, les pièces saisies aux chauffeurs leur seront restituées.  De même, ceux qui ont été contraints à payer des amendes entre le 31 juillet et le 01 Août, seront  remboursés.

Contrôle de routine ou escroquerie?

A voir de près le ticket de 5000F qui sanctionne  pour « infraction au stationnement interdit », l’agent routier n’a mentionné ni son nom, ni son grade alors même que des places sont réservées à ces indications sur ce document. Pourquoi ne l’a-t-il pas fait ?

Sur certaines routes, des informations font état d’une forme de magouille au niveau des péages de la part des chauffeurs et des agents chargés de la collecte des fonds. Des chauffeurs seraient en connivence avec ces agents pour utiliser le même ticket et payeraient  des sommes en dessous des montants établis.

Sur la route Lomé-Aného, les chauffeurs seraient soumis à des rackets de toutes sortes. Une passagère raconte : « Le 27 juillet dernier, nous nous rendions à Anèho. De la station Hollando à Dagué, le chauffeur a dû vider sa poche pour payer les policiers qui sont sur la route. A Dagué, il était obligé de prendre 500F chez  les passagers pour pouvoir payer les policiers qui sont là-bas. Nous étions furieux contre les policiers… ils sont devenus rois sur la route ».

En début de semaine dernière, les responsables de l’Union des Syndicats des Conducteurs Routiers du Togo, accompagnés de gendarmes ont mené une compagne de sensibilisation dans les gares routières de Lomé sur de nouvelles stratégies qui ont été prises pour réglementer le secteur de transport. Il a été décidé l’arrêt des stationnements dits « sauvages », la surcharge des personnes et des marchandises.

Des chauffeurs avaient dénoncé ces mesures, estimant qu’il y a des problèmes que les autorités devraient régler avant de prendre ces genres de décisions. D’autres villes plus structurées comme Accra (au Ghana) ne connaissent pas de tels problèmes. Avec l’instauration des « Bus- stop », les véhicules sont éduqués à s’arrêter et à stationner dans l’ordre et la discipline sous peine d’amende.

Noël GLISSOU

 
ltdh :  Le feuilleton continue

L’actuel bureau exécutif de la LTDH (Ligue togolaise des droits de l’homme) a rendu publique le 28 juillet dernier, une nouvelle mise au point consécutive à la réunion organisée unilatéralement (« tout seul ») par Clumson-Eklu au Foyer Pie XII le samedi 22 juillet dernier.

Le bureau exécutif  a tenu « à rappeler qu’entre deux assemblées générales, il est le seul organe compétent pour diriger et animer » la LTDH. Le même bureau a ensuite resitué le contexte de la crise qui met depuis plusieurs mois la LTDH sous les projecteurs de l’actualité nationale en rappelant « que le sieur Clumson-Eklu est seul à défier l’autorité du bureau exécutif et que le problème actuel l’oppose non pas à Apedo-Amah, mais à tout le reste du bureau exécutif ».

Par ailleurs, poursuit cette mise au point, « depuis le 11 mai 2006, le sieur Clumson-Eklu a entrepris une campagne de désinformation et d’intoxication sur les médias suite à la désignation provisoire par tous les autres membres du bureau exécutif du sieur Ayayi Togoata Apedo-Amah pour assurer l’intérim du président » de la LTDH. Après avoir qualifié cette « désignation provisoire » de « conforme » aux textes de la LTDH, le bureau s’est en outre dit « étonné beaucoup de l’interprétation tendancieuse et de mauvaise foi » que Clumson-Eklu fait des décisions judiciaires relatives aux « trois (3) procès » qu’il a « intentés contre Ayayi Togoata Apedo-Amah », le tout en se « cachant derrière le nom d’Adoté Ghandi Akwei » (ex-président de la LTDH, actuellement en « exil politique »).

Le bureau a enfin dénié tout fondement à l’accusation de « la prétendue dilapidation des fonds » évoquée selon lui par Clumson-Eklu et a « invité tous ses membres à se tenir prêts pour la prochaine assemblée générale afin de sauver la Ligue de ceux qui veulent la détruire pour des motifs et des intérêts inavouables ».

Edem Gadegbeku

 
Audit de la dette intérieure du Togo : Les créanciers conviés à produire des preuves

Annoncé depuis la fin de l’année dernière, le processus devant conduire à une meilleure visibilité du dossier de la dette intérieure du Togo vient d’être enclenché.

Selon un communiqué rendu public par le ministère de l’Economie, des finances et des privatisations, le cabinet KPMG-auditeurs Associés en Afrique « est mandaté pas le gouvernement togolais pour procéder à l’audit de la dette intérieure du pays arrêté le
31 décembre 2005 ». Pour ce faire, le ministre Boukpéssi Payadowa de l’économie, des finances et des privatisations a invité les personnes physiques et morales détentrices d’un titre de créance sur l’Etat togolais à produire leurs créances » arrêtées à la période susmentionnée au cabinet ainsi mandaté, entre le 7 août et le 06 septembre 2006. Il est par ailleurs demandé aux éventuels créanciers de l’Etat, « de fournir tous les documents et supports justificatifs », afférents à leurs créances. Il s’agit entre autres des factures, des bons de livraison, des bons de réception, des bons de commande des services de l’Etat, etc.

Estimé à environ 275 milliards de FCFA en 2005. La dette intérieure du Togo est jugée énorme par certains économistes qui envisagent des possibilités de surestimation de cet indicateur économique. D’où la nécessité pour l’Etat d’y voire clair.

De l’ordre d’à peine un milliard de FCFA au début les années 90, la dette intérieure qui est l’ensemble de ce que l’Etat doit aux personnes physiques et morales du territoire national, a connu une évolution vertigineuse ces  dix dernières années pour enfin s’établir à 275 milliards en 2005.

Une situation qui, a en croire les analystes, s’expliquerait par : les excessifs dépassements des budgets alloués aux services de l’Etat pour la consommation du téléphone, de l’eau et de l’électricité ; une surfacturation des services ou produits vendus à l’administration publique, les fausses factures établies pour services non vendus à l’Etat ou à ses démembrements, etc.  A en croire certains responsables du ministère, le présent audit a pour vocation de permettre à l’Etat de disposer des chiffres réels et non des estimations de sa dette intérieure. Il en va affirment-ils, de « l’assainissement des finances publiques et à la relance de l’Economie du pays ».

Marc D. kouakani-assi

 

 

 

 

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