|
La
société bénino-togolaise de gestion de l’électricité
a lancé un avis pour la sélection d’un cabinet pour
le recrutement d’un consultant individuel
spécialiste en audit interne pour ses comptes. Cet
avis paru mardi dernier dans le quotidien national
togolais a pour objectif selon les responsables de
la société de renforcer les capacités de
« l’équipe d’audit déjà en place en vue de la rendre
opérationnelle ».
Cette initiative de la CEB intervient à un
moment où la société est confrontée à d’énormes
problèmes liés à la gestion catastrophiques de ses
ressources, s’est retrouvée face à diverses crises
dont la dernière, énergétique, a plongé le Bénin et
le Togo dans un profond délestage. La société
chargée de la commercialisation de l’énergie
électrique aurait contracté une dette de plus d’un
milliard de F CFA auprès de son fournisseur du
Ghana. Cette version annoncée comme étant la source
de la crise d’électricité que Lomé et ses environs
avaient connue, a été démentie par les autorités de
la CEB à qui s’étaient associés les responsables de
la CEET, la compagnie chargée de la gestion et de la
distribution de l’électricité au Togo. Selon ces
deux sociétés, le problème aurait une explication
technique et serait lié à la longue saison sèche que
la côte a connue. Les eaux du barrage d’Akosombo
auraient tari alors que les demandes n’ont cessé de
s’accroître, avaient argumenté les responsables de
la CEB et de la CEET.
A part ce problème qui a révélé au grand jour le
malaise du géant de l’électricité au Bénin et au
Togo, une autre affaire avait dans le temps suscité
des remous surtout au sein de la presse togolaise.
Il s’agit d’un fameux contrat signé le 12 décembre
2005 avec une société chinoise, Zhong
jia,
d’un montant de 197 milliards de FCFA et destiné à
la construction du barrage d’Adjrarala, contrat
dénoncé au lendemain de sa signature par l’Etat
togolais à cause des dysfonctionnements constatés
dans la négociation de l’accord. On évoquait dans le
temps des pots de vin et commissions qui auraient
motivé la signature de cette convention…
Après, ce sont des magouilles et des détournements
déguisés (achat fictif de matériels, partenariat
avec des entreprises fictives, surfacturation des
frais de mission…) qui seraient institués en règle
et qui seront dénoncés. D’ailleurs, plusieurs cadres
de l’entreprise ont perdu leur fonction dans ces
pratiques et d’autres ont un petit tour à la prison
civile de Lomé.
Ces différentes pratiques qui ont ruiné la société
se seraient réalisées avec la complicité des hautes
personnalités des deux pays. Ces hauts
fonctionnaires des Etats togolais et béninois
risquent d’être interpellés si un véritable audit
venait à être réalisé conformément au vœu des plus
grandes autorités de la CEB. |