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29 juillet 2006

[No 131: 26 juillet 2006]

 

Vers un audit des comptes de la CEB : De hauts fonctionnaires du Togo et du Bénin risquent la prison
 
 
 

La société bénino-togolaise de gestion de l’électricité a lancé un avis pour la sélection d’un cabinet pour le recrutement d’un consultant individuel spécialiste en audit interne pour ses comptes. Cet avis paru mardi dernier dans le quotidien national togolais a pour objectif selon les responsables de la société de renforcer les capacités de « l’équipe d’audit déjà en place en vue de la rendre opérationnelle ».

Cette initiative de la CEB intervient à un moment où la société est confrontée à d’énormes problèmes liés à la gestion catastrophiques de ses ressources, s’est retrouvée face à diverses crises dont la dernière, énergétique, a plongé le Bénin et le Togo dans un profond délestage. La société chargée de la commercialisation de l’énergie électrique aurait contracté une dette de plus d’un milliard de F CFA auprès de son fournisseur du Ghana. Cette version annoncée comme étant la source de la crise d’électricité que Lomé et ses environs avaient connue, a été démentie par les autorités de la CEB à qui s’étaient associés les responsables de la CEET, la compagnie chargée de la gestion et de la distribution de l’électricité au Togo. Selon ces deux sociétés, le problème aurait une explication technique et serait lié à la longue saison sèche que la côte a connue. Les eaux du barrage d’Akosombo auraient tari alors que les demandes n’ont cessé de s’accroître, avaient argumenté les responsables de la CEB et de la CEET.

A part ce problème qui a révélé au grand jour le malaise du géant de l’électricité au Bénin et au Togo, une autre affaire avait dans le temps suscité des remous surtout au sein de la presse togolaise. Il s’agit d’un fameux contrat signé le 12 décembre 2005 avec une société chinoise, Zhong jia, d’un montant de 197 milliards de FCFA  et destiné à la construction du barrage d’Adjrarala, contrat dénoncé au lendemain de sa signature par l’Etat togolais à cause des dysfonctionnements constatés dans la négociation de l’accord. On évoquait dans le temps des pots de vin et commissions qui auraient motivé la signature de cette convention…

Après, ce sont des magouilles et des détournements déguisés (achat fictif de matériels, partenariat avec des entreprises fictives, surfacturation des frais de mission…) qui seraient institués en règle et qui seront dénoncés. D’ailleurs, plusieurs cadres de l’entreprise ont perdu leur fonction dans ces pratiques et d’autres ont un petit tour à la prison civile de Lomé
.

Ces différentes pratiques qui ont ruiné la société se seraient réalisées avec la complicité des hautes personnalités des deux pays. Ces hauts fonctionnaires des Etats togolais et béninois risquent d’être interpellés si un véritable audit venait à être réalisé conformément au vœu des plus grandes autorités de la CEB. 

Saturnin S. NOAMESSI

 

 

 

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