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Golfe Info

16 juillet 2007

[ 269: du 14 juillet 2007]  
Echos du conseil des ministres : Le gouvernement invite les  populations à se faire recenser !
Trois décrets et quelques communications ont constitué l’essentiel des décisions du conseil des ministres du mercredi dernier.

La plus importante décision de cette réunion du gouvernement togolais est sans nul doute, la confirmation de la date du début du recensement électoral. Ainsi, le conseil des ministres a décidé, à la suite d’une communication du ministre de l’Administration territoriale sur le processus électoral, de fixer du 16 juillet au 17 août 2007, la période du recensement électoral. Selon le communiqué sanctionnant le conseil, les opérations de recensement vont se dérouler en deux phases. Pour ce faire,  toutes les préfectures du pays sont subdivisées en deux zones. Du 16 au 29 juillet, la zone A recevra les équipes de recensement. Elles seront dans la zone B du 4 au 17 août. Par contre, dans la préfecture du Golfe et dans la Commune de Lomé, les opérations vont se poursuivre de façon continue durant la période établie.

Au cours de sa rencontre, le gouvernement a lancé un appel à tout le peuple togolais à se faire recenser. Le communiqué appelle « les partis politiques à mobiliser leurs militants « pour se faire enregistrer sanstoutefois transformer leurs actions en campagne électorale prématurée ».

Le gouvernement a également mis en place au cours des travaux du conseil, un « comité national et des comités préfectoraux de la transhumance » qui vont se charger du contrôle  et de la gestion du phénomène. Définie comme le déplacement massif des bétails d’une zone à une autre à la recherche de la bonne pâture et d’eau, la transhumance, constitue souvent une source de conflits entre les bergers et les populations autochtones.

Un troisième projet de loi a été présenté par Séla Polo, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice. Il porte sur la perte de la nationalité de certains Togolais. Au terme de la communication du ministre, le conseil a décidé d’autoriser des « compatriotes qui ont émigré principalement en Allemagne, à perdre leur nationalité togolaise pour acquérir celle des pays d’accueil ».

Le conseil des ministres a été aussi informé par la ministre des Affaires sociales et de la Promotion de la Femme, Mme Ibrahima Mémounatou, de l’élaboration d’un nouveau Code des Personnes de la Famille. Un document qu’elle entend soumettre plus tard au gouvernement au cours d’un autre conseil des ministres pour adoption.

Son collègue Gilbert Atsu, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Jeunesse et des Sports, quand à lui, a informé le conseil sur la participation d’une délégation togolaise aux Jeux Africains d’Alger qui se déroulent du 11 au 23 juillet. Par ailleurs, il a aussi signifié au gouvernement, « la décision prise le 10 juillet 2007 par la CAF (Confédération Africaine du Football) concernant Monsieur Tata Avlessi, président de la FTF (Fédération Togolaise de Football) soupçonné de tentative de corruption de l’arbitre du match Tunisie-Togo de la récente CAN (Coupe d’Afrique des Nations) cadette disputée à Lomé ».

 
Recensement électoral : Des dysfonctionnements subsistent autour des kits

L’organe chargé de l’organisation des prochaines joutes électorales a procédé durant toute cette semaine, à la formation des opérateurs de saisie. Une formation qui a révélé plusieurs dysfonctionnements susceptibles de nuire au bon déroulement des opérations. Ces dysfonctionnements vont de l’effectif requis pour l’enrôlement des électeurs aux problèmes liés aux kits en passant par la performance des opérateurs de saisie.

 
 
 

Insuffisance de l’effectif : un grand handicap

Selon les prévisions de la CENI (Commission électorale nationale indépendante), chaque kit de recensement devrait fonctionner avec deux opérateurs de saisie. Ces deux agents utilisateurs des kits pourraient  ainsi travailler de façon rotative et permettre un travail continu. Vu le nombre de kits réquisitionnés pour l’opération de recensement, il faut selon un expert des questions électorales, au minimum 6000 agents. Pour l’heure, d’après les informations recueillies auprès de certains membres de la CENI et des formateurs de  ces agents, l’institution chargée de piloter le processus électoral n’a pu rassembler qu’environ 3.900 opérateurs de saisie. Ce qui fait une moyenne de 1,3 personne par kit. Bref, au lieu que deux personnes s’exécutent autour d’un appareil de recensement, dans la plupart des centres, pratiquement le tiers, il sera fréquent de ne retrouver qu’un seul opérateur.

Une difficulté qui pourrait éventuellement faire prolonger la période de recensement. Car, suivant la rapidité de chaque opérateur, la moyenne de cartes devant être imprimées chaque jour avoisinerait100. Malheureusement, fait remarquer un expert, ce chiffre pourrait être revu à la baisse si l’opérateur de saisie n’est pas relayé par moment. L’opération étant délicate, une fois fatigué, l’agent chargé de procéder au recensement proprement dit et à la réalisation de la carte d’électeur, risque de commettre des erreurs pouvant être préjudiciables au processus. Une information à prendre en considération pour assurer la crédibilité de cette campagne qui constitue le point culminant du processus électoral au Togo.

Dans l’histoire des élections de ce pays de la côte ouest africaine,c’est souvent à l’étape d’établissement du fichier électoral que commence les contestations qui au finish, aboutissent à des tensions et à des scènes de violence.

Consciente de l’enjeu, la CENI a entrepris dès le début de la formation des opérateurs de saisie, une seconde campagne de recrutement. Cette seconde vague d’opérateurs de saisie va pendant trois jours, être initiée à l’utilisation des kits. Un apprentissage qui s’annonce difficile quand on sait que d’autres, malgré cinq jours de formation, ne sont pas parvenus à remplir les conditions requises et fixées par les experts congolais. L’autre inquiétude est relative au bagage technique que cette dernière vague actuellement en formation, pourra acquérir pour faire efficacement face aux difficultés liées à l’utilisation du logiciel et des accessoires du kit.

Les problèmes techniques persistent…

Après un premier contact avec les kits de recensement, plusieurs difficultés techniques ont été enregistrées par les opérateurs de saisie. Divers témoignages révèlent que les kits destinés aux opérations de recensement ne fonctionnent pas correctement. « Chaque jour avec son lot de problèmes », confie un jeune formé.

En effet, il s’est établi un constat selon lequel, les différentes composantes d’un grand nombre de kits affichent des anomalies.  Pratiquement chaque jour, « si ce n’est pas le scanner à empreinte digitale, c’est l’imprimante ou le Webcam ou encore le PC qui doit être remplacé pour faire fonctionner normalement le kit dans son ensemble »,  confie Kokou qui pense qu’un travail technique doit être fait avant le 16 juillet, date du démarrage du recensement. Alex, un opérateur de saisie un peu plus sceptique, se demande si des dispositions correctives pourront être prises à temps. Pour lui, c’est évident que le processus d’enrôlement des électeurs va démarrer avec les mêmes difficultés ; ce qui visiblement aura de véritables incidences sur les performances des opérateurs de saisie.

Contacté pour donner une idée des mécanismes mis en place pour faire face à ces problèmes d’ordre technique, un membre de la CENI a confié que des techniciens sont mobilisés pour assurer la maintenance du matériel. C’est ainsi que durant la  période  qui va précéder celle du convoiement des kits vers les centres de recensement et de vote, un travail de réinitialisation des kits utilisés pour les formations sera effectué. Selon ce membre de la CENI, il sera procédé aussi à un remplacement des accessoires défaillants.

Un mois suffira-t-il pour le recensement ?

Cette interrogation d’un formateur appelé à se prononcer sur les compétences des personnes formées, est révélatrice des inquiétudes des uns et des autres sur le succès du processus électoral. Elle démontre  clairement que ce n’est pas tous les opérateurs de saisie «formés » à l’utilisation des kits qui pourront se confronter aux réalités du terrain.

D’après les experts congolais chargés de la supervision de la formation, chaque utilisateur du kit de recensement doit pouvoir établir une carte en cinq minutes. Une moyenne qui, respectée, devra permettre la fin effective du recensement le 17 août comme prévu. Or, selon certaines indiscrétions, une partie des personnes retenues pour cette campagne, ne maîtrise pas assez le logiciel de recensement. Ainsi au lieu d’une moyenne de cinq minutes, on aurait enregistré jusqu’à 20 minutes pour la réalisation d’une carte chez certains agents de saisie. « C’est un temps qui n’encourage pas mais nous sommes obligés d’évoluer avec toutes ces personnes. Au niveau des affectations, nous allons essayer de les mettre ensemble avec ceux qui sont un peu plus performants ou excellents », déclare un responsable d’une CELI (Commission électorale locale indépendante). Par ailleurs, poursuit-il,visiblement optimiste, « à force d’être en contact avec les kits, ils vont s’y habituer ». Un optimisme que ne partage point une source proche de l’organe chargé de l’organisation du processus électoral. Pour ce dernier, la CENI a commis l’erreur de recruter des personnes qui méconnaissent même les rudiments de l’informatique. Il trouve en outre que les opérateurs de saisie ne sont pas assez outillés pour prendre en charge toutes les difficultés auxquelles ils vont devoir faire face. Cette source évoque le nombre insuffisant de maintenanciers recrutés pour un suivi technique  de la campagne de recensement comme un handicap au bon déroulement du processus d’enregistrement des électeurs. Un opérateur de saisie se retrouvant seul, ne pourra, selon la conception du logiciel, faire démarrer son kit, encore moins procéder à la tâche qui lui incombe.

Ce sont là autant de problèmes que l’équipe de Tozim Potopéré doit régler d’ici trois jours pour assurer la crédibilité de ce recensement.

Les acteurs ne sont pas satisfaits des rétributions

Après les formateurs, ce sont les opérateurs de saisie qui ne sont pas satisfaits des indemnités qui leur sont allouées pour le travail qu’ils sont appelés à accomplir. La quasi-totalité des agents rencontrés mercredi dernier, à la fin de leur formation  aux Lycées de Tokoin et technique d’Adidogomé, ont  trouvé insuffisante la rétribution prévue par la CENI.

« Les indemnités journalières varient de 7.000 à 9.000 FCFA pour le recensement »; ces informations données par un président de CELI (Commission électorale locale indépendante) aux agents de la saisie en formation ont suscité des murmures. Ce qui a obligé ce responsable à préciser que le quota est fixé par la CENI.

Selon les opérateurs de saisie, cette somme ne correspond guère au travail qu’ils seront amenés à effectuer sur le terrain. Ils évoquent la complexité de la mission qui leur est assignée comme un élément qui devrait être pris en compte dans la fixation de la rétribution.

De plus, affirme une jeune femme qui venait à peine d’apposer sa signature sur le contrat de travail qui la lie normalement pendant un mois  à la CENI,  « nous avons une très grande responsabilité dans l’opération  car l’essentiel du travail est abattu par l’opérateur de saisie ». Pour elle,  étant donné que l’opérateur de saisie constitue un maillon incontournable dans le circuit qui débouche primo sur la délivrance de la carte d’électeur et secundo sur l’établissement d’un nouveau fichier électoral,  « il serait souhaitable que son indemnité soit revalorisée ».  Comme cette jeune femme, d’autres personnes ont émis le même vœu.

La raison évoquée par ces dernières est le fait que la somme fixée englobe tous les frais : hébergement (pour ceux qui sont affectés à l’intérieur du pays), coûts de déplacement et de restauration et la rétribution proprement dite. Or, « nous ignorons pour l’heure, les réalités du terrain », lance quelqu’un d’autre.

Parmi les plaignants, figurent un adulte qui affirme avoir signé le contrat par patriotisme et surtout à cause de la paupérisation toujours croissante qui sévit au Togo. « En fait ajoute un second, les autorités du pays ont décidé délibérément  d’exploiter la misère des populations ».

Du coté des autorités, on estime que différents paramètres ont été considérés avant la fixation  des indemnités. C’est à partir de diverses études que les taux de compensation ont été décidés, communique un responsable de la CELI.  Ces frais sont de 3.000 FCFA par jour pour le temps de la formation et de 7.000 à 9.000 FCFA par jour  selon les lieux d’affectation pour la période du recensement. La semaine dernière, ce sont les formateurs qui ont initié des actions revendicatives dans le but de réclamer une augmentation de leur indemnité.

Pour la tenue des élections à venir, environ 19 milliards de FCFA ont pourtant été mobilisés par le gouvernement togolais.

 
Affaire de corruption d’arbitres : La CAF confirme la suspension  de Tata

La Confédération Africaine de Football (CAF), suite aux multiples interprétations données à la décision de suspension du président de la Fédération Togolaise de Football (FTF), Tata Adaglo Avléssi, a sorti hier sur son site Internet une note pour éclairer la lanterne des uns et des autres. Selon cette note, le président de la FTF est reconnu coupable de « corruption d’arbitre lors de la Coupe d’Afrique des Nations cadette disputée en mars dernier au Togo ».

La note de la CAF révèle par ailleurs que les rapports mis à la disposition du Jury Disciplinaire démontrent qu’ « une somme d’argent a été remise à l’arbitre du match Tunisie – Togo comptant pour la phase de poule de la CAN des cadets, Pa Abdou Sarr » par le biais de son collègue togolais, Cessi Attivi. Si ces derniers ont été suspendus, le premier à vie et le second pour une durée de 4 ans de toute activité relative au football, le président de la FTF a, quand à lui, écopé d’une suspension de 8 ans assortis d’une voie de recours. En d’autres termes, à la différence de ces deux arbitres, il a été donné à Tata Avléssi l’opportunité de faire appel de la décision. Ce qu’il a fait depuis la notification de la décision.

Tata Avléssi dément son implication

Rentré hier à Lomé en début de soirée en provenance de Paris, le président de la FTF, Tata Adaglo Avléssi, a animé un point de presse à l’hôtel Bijou de Djifa Kpota (banlieue est de Lomé). Soutenu par certains membres du bureau exécutif de la FTF, le patron du football national a réitéré sa volonté de voir cette affaire de corruption d’arbitres dans laquelle il est inculpé connaître un aboutissement heureux pour le bonheur du sport roi togolais. Dans sa déclaration, il s’est montré très rassurant sur les résultats du recours introduit auprès de la CAF. « L’homme du 09 janvier » a, une fois encore, renouvelé sa disponibilité à confronter les arbitres du match Tunisie – Togo, surtout le Togolais Cessi Attivi, auteur des allégations. Il a également fait savoir « qu’en aucun moment, il n’y a eu échange d’enveloppe ni d’argent entre lui et quelque arbitre que ce soit, ni hier ni aujourd’hui, ni demain ».

En cas de non aboutissement, il s’est dit « prêt à porter l’affaire devant le Tribunal Arbitral des Sports de Lausanne en Suisse ».

Il faut noter que, outre le collectif d’avocats (togolais et européens) qui s’est constitué et piloté par le bâtonnier Aquéréburu, c’est un public togolais très surchauffé qui soutient le président Tata Avléssi de Mass dans sa démarche. Malgré les difficultés de l’heure, ce public n’a pas manqué hier encore, de l’aéroport de Lomé – Tokoin à l’hôtel Bijou, de montrer toute sa sympathie et sa reconnaissance au président de la FTF.

Tout compte fait, il y a lieu de s’interroger sur l’aboutissement des voies de recours dans la mesure où l’étape de confrontation que demande par Tata Avléssi semble être déjà dépassée. Si tel est le cas, l’autre question est de savoir comment sera organisée la succession de Tata Avléssi à la tête de la FTF. Doit-on opter pour de nouvelles élections comme certains l’appellent de leur vœu ou ce sera un long intérim de 3 ans 6 mois comme le souhaite le camp des pro-Gabriel Améyi ? Une chose est sûre, le football national a encore de long mois de crise devant lui.

Gabin Koissidjin

 
Crash de Lungi : L’identification complète des corps terminée

De sources généralement bien informées, l’identification complète des corps des victimes du crash de Lungi (Sierra Léone) a pris fin cette semaine. « Dès à présent, toutes les opérations d’identifications sont terminées. Toutes les familles ont pu obtenir le corps de leurs parents », a confié un officiel togolais. Pour éviter toute confusion, le Togo avait sollicité le soutien du gouvernement français qui a fourni une équipe de médecins légistes pour l’aider à identifier le corps des victimes du crash de Lungi.

Les premières opérations effectuées à la morgue de Lomé ont permis l’identification de 15 des 21 victimes. Pour les six autres corps (parmi lesquels il y a deux Togolais), les experts ont dû se replier sur Paris où ils ont dû  faire recours aux tests d’ADN. « Cette phase a pris beaucoup de temps. Les experts ont utilisé une demi-tonne de matériels pour pouvoir réussir les opérations », précise le même officiel.

Les autorités togolaises annoncent par ailleurs, l’ouverture dans les jours à venir, d’une enquête internationale pour situer les responsabilités du crash. « Nous sommes à la phase de la recherche des experts qui devront faire partie de cette équipe. Elle sera composée de Togolais, de Gabonais, de Sénégalais, de Français et de Sierra Léonais », a indiqué cette même source.

Le 03 juin dernier, un hélicoptère de la Compagnie Paramount Airlines à bord duquel voyageait une partie de la délégation togolaise partie soutenir les Eperviers lors de la 4e Journée des éliminatoires de la CAN Ghana 2008, s’est écrasé sur l’aéroport de Lungi en Sierra Léone. 21 personnes dont le ministre togolais des Sports, Richard Attipoé ont été tuées. Selon plusieurs témoins, l’appareil a eu deux explosions (entre 10 et 5 m du sol) avant sa désintégration complète sur le tarmac de l’aéroport. D’autre part, à l’issue des enquêtes préliminaires, ce sont les thèses d’accident qui semblent se confirmer.

Noël Y. A. GLISSOU

 
Journée de réflexion de l’unrec :  Les jeunes leaders  politiques sensibilisés

le centre Régional des Nations Unies pour la Paix et le Désarmement (UNREC) a organisé, mercredi dernier à son siège à Agbalépédo (banlieue nord ouest de Lomé), une journée de réflexion sur la prévention des conflits et la culture de la paix en période électorale. Initiée à l’attention des jeunes leaders des partis politiques du Togo, cette journée s’inscrit dans le cadre de la campagne « Civils et militaires ensemble construisons la nation » lancée depuis janvier 2007 dans 12 pays de la sous région ouest africaine par l’UNREC. C’était l’occasion pour les uns et les autres de s’imprégner des méfaits des conflits armés sur le développement du continent africain.

Selon l’expert en désarmement et coordinateur associé au Programme de Réforme du Secteur de Sécurité en Afrique, Thierry Zang, les travaux de cette journée s’inscrit dans le cadre de la politique de formation des leaders au recours au dialogue et à la culture de l’intérêt national lors des joutes électorales. Dans cette optique, il a énuméré les activités déjà réalisées et celles qui sont en cours de réalisation afin de renforcer les relations entre les composantes de la société togolaise à savoir les populations civiles et les forces de défense et de sécurité.  Les jeunes leaders ont, au cours de cette journée, suivi des documentaires sur les conflits qui ont secoué le continent pendant la dernière décennie et qui se poursuivent en ce début de troisième millénaire. Trois communications ont également retenus l’attention des participants. Il s’agit des exposés sur les thèmes, «  Stratégies d’appropriation du message de campagne de sensibilisation ASSEREP - Togo par les jeunes leaders politiques », « les Jeunes leaders politiques et la promotion de la paix et de la sécurité » et « les principes de la culture de la paix et de la non violence ».

A l’issue des débats, ces représentants des partis politiques ont été amené à dégager des voies et moyens pouvant permettre d’assurer, par le biais de l’exercice de leurs fonctions, une meilleure promotion du capital paix et sécurité au Togo.

Outre ces journées de réflexion dont la prochaine sera celle qui va réunir les journalistes, l’UNREC a opté dans le cadre du processus électoral en cours au Togo, pour la sensibilisation à la paix  par le biais des supports comme l’affichage, les prospectus et la sensibilisation à travers des ateliers de formation.

Gabin KOISSIDJIN

 
Développement du secteur agricole au Togo : Quelle place pour l’agriculture  dans l’économie togolaise ?

L’agriculture occupe une place importante dans l’économie togolaise mais elle souffre du manque de stratégies devant permettre son développement. Selon des estimations fournies par le ministre Yves Madow Nagou de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, l’élevage occupe 75 % des agriculteurs et représente 25 % du PIB (Produit Intérieur Brut) togolais.

Aujourd’hui, relève-t-il, le pays compte environ 10 millions de têtes animales et les produits de l’élevage couvrent 40 % des besoins des Togolais en matière de protéines animales.

En ce qui concerne la pêche, le Togo, selon les responsables de ce ministère, dispose de sites qui s’y prêtent mais la population ne se donne pas à cette activité. La quantité de poissons pêchés au Togo est de 30. 000 tonnes par an et représente 4 % du PIB. Toutefois, le pays éprouve des besoins qui sont trois fois supérieurs à cette quantité. 

Le plus étonnant, c’est que le Togo qui est essentiellement un pays agricole (2/3 de la population s’y adonne) ne dispose pas d’écoles d’agriculture (hormis celle de Tové) qui puissent permettre le développement de ce secteur vital pour une croissance économique par la formation de jeunes ingénieurs et techniciens.  Les rares ingénieurs qui sortent de l’université sont convertis en enseignants des sciences physiques et des mathématiques dans les lycées et collèges de la place. Pendant longtemps, les pays sous-développés ont institué la révolution verte mais force est de constater qu’aucune mesure d’accompagnement n’a été adoptée autour de ce programme au Togo.

Selon le ministre Nagou, le gouvernement doit venir en aide aux populations afin de leur permettre d’élever leur niveau de vie. Pour ce faire, un investissement doit être fait au niveau des infrastructures et les agriculteurs devront être aidés à accéder à des financements. Actuellement, 1,2 millions de f cfa sont investis pour appuyer les producteurs et l’essentiel du travail est fait par les mutuelles de crédits agricoles.

Durant sa dernière campagne agricole, le Togo a enregistré un excédent céréalier alors que, selon le ministre de l’Agriculture, les paysans n’ont pas augmenté leurs surfaces cultivables.

Malheureusement, le Togo ne dispose pas de structures pour aider les agriculteurs, pour exporter cet excédent. La conséquence logique qui en découle, c’est la vulnérabilité des paysans face aux commerçants qui fixent les prix à leur gré.

Selon des spécialistes dans ce domaine, le Togo peut s’organiser et vendre son excédent céréalier aux pays du Sahel qui sont en manque cruel à cause du climat qui ne se prête pas à l’agriculture sur leur territoire.

Aujourd’hui, tout porte à croire que les plus misérables au Togo sont les paysans qui peinent à envoyer leurs enfants à l’école et à vendre toutes leurs récoltes.

Alors, comment peut-on prétendre associer les paysans au développement si les prix des produits vivriers sont continuellement en chute libre? Les pauvres agriculteurs qui se tournent vers d’autres produits agricoles pour combler ce manque à gagner se trouvent confrontés à beaucoup de problèmes. Ainsi, la production agricole togolaise est passée de 180.000 tonnes à 40.000 tonnes au cours de la dernière campagne.

Cette situation se justifie d’une part, par la concurrence déloyale des pays développés qui subventionnent leurs produits de rente et d’autre part, par l’imprévision de la  SOTOCO  (Société Togolaise du Coton) qui n’a pas vu le danger venir pour s’y adapter.

Grégoire AWESSO

 
 
 
 
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