Echos du conseil des ministres :
Le gouvernement invite les populations à se
faire recenser !
Trois décrets et quelques communications ont
constitué l’essentiel des décisions du conseil des
ministres du mercredi dernier.
La
plus importante décision de cette réunion du
gouvernement togolais est sans nul doute, la
confirmation de la date du début du recensement
électoral. Ainsi, le conseil des ministres a décidé,
à la suite d’une communication du ministre de
l’Administration territoriale sur le processus
électoral, de fixer du 16 juillet au 17 août 2007, la
période du recensement électoral. Selon le communiqué
sanctionnant le conseil, les opérations de
recensement vont se dérouler en deux phases. Pour ce
faire, toutes les préfectures du pays sont
subdivisées en deux zones. Du 16 au 29 juillet, la
zone A recevra les équipes de recensement. Elles
seront dans la zone B du 4 au 17 août. Par contre,
dans la préfecture du Golfe et dans la Commune de
Lomé, les opérations vont se poursuivre de façon
continue durant la période établie.
Au
cours de sa rencontre, le gouvernement a lancé un
appel à tout le peuple togolais à se faire recenser.
Le communiqué appelle « les partis politiques à
mobiliser leurs militants « pour se faire
enregistrer sanstoutefois transformer leurs actions
en campagne électorale prématurée ».
Le
gouvernement a également mis en place au cours des
travaux du conseil, un « comité national et des
comités préfectoraux de la transhumance » qui
vont se charger du contrôle et de la gestion du
phénomène. Définie comme le déplacement massif des
bétails d’une zone à une autre à la recherche de la
bonne pâture et d’eau, la transhumance, constitue
souvent une source de conflits entre les bergers et
les populations autochtones.
Un
troisième projet de loi a été présenté par Séla Polo,
Garde des Sceaux, Ministre de la Justice. Il porte
sur la perte de la nationalité de certains Togolais.
Au terme de la communication du ministre, le conseil
a décidé d’autoriser des « compatriotes qui ont
émigré principalement en Allemagne, à perdre leur
nationalité togolaise pour acquérir celle des pays
d’accueil ».
Le
conseil des ministres a été aussi informé par la
ministre des Affaires sociales et de la Promotion de
la Femme, Mme Ibrahima Mémounatou, de l’élaboration
d’un nouveau Code des Personnes de la Famille. Un
document qu’elle entend soumettre plus tard au
gouvernement au cours d’un autre conseil des
ministres pour adoption.
Son
collègue Gilbert Atsu, secrétaire d’Etat auprès du
ministre de la Jeunesse et des Sports, quand à lui, a
informé le conseil sur la participation d’une
délégation togolaise aux Jeux Africains d’Alger qui
se déroulent du 11 au 23 juillet. Par ailleurs, il a
aussi signifié au gouvernement, « la décision
prise le 10 juillet 2007 par la CAF (Confédération
Africaine du Football) concernant Monsieur Tata
Avlessi, président de la FTF (Fédération Togolaise de
Football) soupçonné de tentative de corruption de
l’arbitre du match Tunisie-Togo de la récente CAN
(Coupe d’Afrique des Nations) cadette disputée à Lomé ».
Recensement électoral :
Des dysfonctionnements subsistent autour des
kits
L’organe chargé de l’organisation des
prochaines joutes électorales a procédé durant toute
cette semaine, à la formation des opérateurs de
saisie. Une formation qui a révélé plusieurs
dysfonctionnements susceptibles de nuire au bon
déroulement des opérations. Ces dysfonctionnements
vont de l’effectif requis pour l’enrôlement des
électeurs aux problèmes liés aux kits en passant par
la performance des opérateurs de saisie.
Insuffisance de l’effectif : un grand handicap
Selon les prévisions de la CENI (Commission
électorale nationale indépendante), chaque kit de
recensement devrait fonctionner avec deux opérateurs
de saisie. Ces deux agents utilisateurs des kits
pourraient ainsi travailler de façon rotative et
permettre un travail continu. Vu le nombre de kits
réquisitionnés pour l’opération de recensement, il
faut selon un expert des questions électorales, au
minimum 6000 agents. Pour l’heure, d’après les
informations recueillies auprès de certains membres
de la CENI et des formateurs de ces agents,
l’institution chargée de piloter le processus
électoral n’a pu rassembler qu’environ 3.900
opérateurs de saisie. Ce qui fait une moyenne de 1,3
personne par kit. Bref, au lieu que deux personnes
s’exécutent autour d’un appareil de recensement, dans
la plupart des centres, pratiquement le tiers, il
sera fréquent de ne retrouver qu’un seul opérateur.
Une
difficulté qui pourrait éventuellement faire
prolonger la période de recensement. Car, suivant la
rapidité de chaque opérateur, la moyenne de cartes
devant être imprimées chaque jour avoisinerait100.
Malheureusement, fait remarquer un expert, ce chiffre
pourrait être revu à la baisse si l’opérateur de
saisie n’est pas relayé par moment. L’opération étant
délicate, une fois fatigué, l’agent chargé de
procéder au recensement proprement dit et à la
réalisation de la carte d’électeur, risque de
commettre des erreurs pouvant être préjudiciables au
processus. Une information à prendre en considération
pour assurer la crédibilité de cette campagne qui
constitue le point culminant du processus électoral
au Togo.
Dans l’histoire des élections de ce pays de la côte
ouest africaine,c’est souvent à l’étape
d’établissement du fichier électoral que commence les
contestations qui au finish, aboutissent à des
tensions et à des scènes de violence.
Consciente de l’enjeu, la CENI a entrepris dès le
début de la formation des opérateurs de saisie, une
seconde campagne de recrutement. Cette seconde vague
d’opérateurs de saisie va pendant trois jours, être
initiée à l’utilisation des kits. Un apprentissage
qui s’annonce difficile quand on sait que d’autres,
malgré cinq jours de formation, ne sont pas parvenus
à remplir les conditions requises et fixées par les
experts congolais. L’autre inquiétude est relative au
bagage technique que cette dernière vague
actuellement en formation, pourra acquérir pour faire
efficacement face aux difficultés liées à
l’utilisation du logiciel et des accessoires du kit.
Les problèmes techniques persistent…
Après un premier contact avec les kits de
recensement, plusieurs difficultés techniques ont été
enregistrées par les opérateurs de saisie. Divers
témoignages révèlent que les kits destinés aux
opérations de recensement ne fonctionnent pas
correctement. « Chaque jour avec son lot de
problèmes », confie un jeune formé.
En
effet, il s’est établi un constat selon lequel, les
différentes composantes d’un grand nombre de kits
affichent des anomalies. Pratiquement chaque jour,
« si ce n’est pas le scanner à empreinte digitale,
c’est l’imprimante ou le Webcam ou encore le PC qui
doit être remplacé pour faire fonctionner normalement
le kit dans son ensemble », confie Kokou qui
pense qu’un travail technique doit être fait avant le
16 juillet, date du démarrage du recensement. Alex,
un opérateur de saisie un peu plus sceptique, se
demande si des dispositions correctives pourront être
prises à temps. Pour lui, c’est évident que le
processus d’enrôlement des électeurs va démarrer avec
les mêmes difficultés ; ce qui visiblement aura de
véritables incidences sur les performances des
opérateurs de saisie.
Contacté pour donner une idée des mécanismes mis en
place pour faire face à ces problèmes d’ordre
technique, un membre de la CENI a confié que des
techniciens sont mobilisés pour assurer la
maintenance du matériel. C’est ainsi que durant la
période qui va précéder celle du convoiement des
kits vers les centres de recensement et de vote, un
travail de réinitialisation des kits utilisés pour
les formations sera effectué. Selon ce membre de la
CENI, il sera procédé aussi à un remplacement des
accessoires défaillants.
Un mois suffira-t-il pour le recensement ?
Cette interrogation d’un formateur appelé à se
prononcer sur les compétences des personnes formées,
est révélatrice des inquiétudes des uns et des autres
sur le succès du processus électoral. Elle démontre
clairement que ce n’est pas tous les opérateurs de
saisie «formés » à l’utilisation des kits qui
pourront se confronter aux réalités du terrain.
D’après les experts congolais chargés de la
supervision de la formation, chaque utilisateur du
kit de recensement doit pouvoir établir une carte en
cinq minutes. Une moyenne qui, respectée, devra
permettre la fin effective du recensement le 17 août
comme prévu. Or, selon certaines indiscrétions, une
partie des personnes retenues pour cette campagne, ne
maîtrise pas assez le logiciel de recensement. Ainsi
au lieu d’une moyenne de cinq minutes, on aurait
enregistré jusqu’à 20 minutes pour la réalisation
d’une carte chez certains agents de saisie. « C’est
un temps qui n’encourage pas mais nous sommes obligés
d’évoluer avec toutes ces personnes. Au niveau des
affectations, nous allons essayer de les mettre
ensemble avec ceux qui sont un peu plus performants
ou excellents », déclare un responsable d’une
CELI (Commission électorale locale indépendante). Par
ailleurs, poursuit-il,visiblement optimiste, « à
force d’être en contact avec les kits, ils vont s’y
habituer ». Un optimisme que ne partage point une
source proche de l’organe chargé de l’organisation du
processus électoral. Pour ce dernier, la CENI a
commis l’erreur de recruter des personnes qui
méconnaissent même les rudiments de l’informatique.
Il trouve en outre que les opérateurs de saisie ne
sont pas assez outillés pour prendre en charge toutes
les difficultés auxquelles ils vont devoir faire
face. Cette source évoque le nombre insuffisant de
maintenanciers recrutés pour un suivi technique de
la campagne de recensement comme un handicap au bon
déroulement du processus d’enregistrement des
électeurs. Un opérateur de saisie se retrouvant seul,
ne pourra, selon la conception du logiciel, faire
démarrer son kit, encore moins procéder à la tâche
qui lui incombe.
Ce sont là autant de problèmes que
l’équipe de Tozim Potopéré doit régler d’ici trois
jours pour assurer la crédibilité de ce recensement.
Les
acteurs ne sont pas satisfaits des rétributions
Après les formateurs, ce sont les opérateurs de
saisie qui ne sont pas satisfaits des indemnités qui
leur sont allouées pour le travail qu’ils sont
appelés à accomplir. La quasi-totalité des agents
rencontrés mercredi dernier, à la fin de leur
formation aux Lycées de Tokoin et technique d’Adidogomé,
ont trouvé insuffisante la rétribution prévue par la
CENI.
«
Les indemnités journalières varient de 7.000 à
9.000 FCFA pour le recensement »; ces
informations données par un président de CELI
(Commission électorale locale indépendante) aux
agents de la saisie en formation ont suscité des
murmures. Ce qui a obligé ce responsable à préciser
que le quota est fixé par la CENI.
Selon les opérateurs de saisie, cette somme ne
correspond guère au travail qu’ils seront amenés à
effectuer sur le terrain. Ils évoquent la complexité
de la mission qui leur est assignée comme un élément
qui devrait être pris en compte dans la fixation de
la rétribution.
De
plus, affirme une jeune femme qui venait à peine
d’apposer sa signature sur le contrat de travail qui
la lie normalement pendant un mois à la CENI, « nous
avons une très grande responsabilité dans
l’opération car l’essentiel du travail est abattu
par l’opérateur de saisie ». Pour elle, étant
donné que l’opérateur de saisie constitue un maillon
incontournable dans le circuit qui débouche primo sur
la délivrance de la carte d’électeur et secundo sur
l’établissement d’un nouveau fichier électoral, « il
serait souhaitable que son indemnité soit revalorisée ».
Comme cette jeune femme, d’autres personnes ont émis
le même vœu.
La
raison évoquée par ces dernières est le fait que la
somme fixée englobe tous les frais : hébergement
(pour ceux qui sont affectés à l’intérieur du pays),
coûts de déplacement et de restauration et la
rétribution proprement dite. Or, « nous ignorons
pour l’heure, les réalités du terrain », lance
quelqu’un d’autre.
Parmi les plaignants, figurent un adulte qui affirme
avoir signé le contrat par patriotisme et surtout à
cause de la paupérisation toujours croissante qui
sévit au Togo. « En fait ajoute un second, les
autorités du pays ont décidé délibérément
d’exploiter la misère des populations ».
Du
coté des autorités, on estime que différents
paramètres ont été considérés avant la fixation des
indemnités. C’est à partir de diverses études que les
taux de compensation ont été décidés, communique un
responsable de la CELI. Ces frais sont de 3.000 FCFA
par jour pour le temps de la formation et de 7.000 à
9.000 FCFA par jour selon les lieux d’affectation
pour la période du recensement. La semaine dernière,
ce sont les formateurs qui ont initié des actions
revendicatives dans le but de réclamer une
augmentation de leur indemnité.
Pour
la tenue des élections à venir, environ 19 milliards
de FCFA ont pourtant été mobilisés par le
gouvernement togolais.
Affaire de corruption d’arbitres :
La CAF confirme la suspension de Tata
La Confédération Africaine de Football (CAF), suite
aux multiples interprétations données à la décision
de suspension du président de la Fédération Togolaise
de Football (FTF), Tata Adaglo Avléssi, a sorti hier
sur son site Internet une note pour éclairer la
lanterne des uns et des autres. Selon cette note, le
président de la FTF est reconnu coupable de
« corruption d’arbitre lors de la Coupe d’Afrique des
Nations cadette disputée en mars dernier au Togo ».
La
note de la CAF révèle par ailleurs que les rapports
mis à la disposition du Jury Disciplinaire démontrent
qu’ « une somme d’argent a été remise à l’arbitre
du match Tunisie – Togo comptant pour la phase de
poule de la CAN des cadets, Pa Abdou Sarr » par
le biais de son collègue togolais, Cessi Attivi. Si
ces derniers ont été suspendus, le premier à vie et
le second pour une durée de 4 ans de toute activité
relative au football, le président de la FTF a, quand
à lui, écopé d’une suspension de 8 ans assortis d’une
voie de recours. En d’autres termes, à la différence
de ces deux arbitres, il a été donné à Tata Avléssi
l’opportunité de faire appel de la décision. Ce qu’il
a fait depuis la notification de la décision.
Tata Avléssi dément son implication
Rentré hier à Lomé en début de soirée en provenance
de Paris, le président de la FTF, Tata Adaglo Avléssi,
a animé un point de presse à l’hôtel Bijou de Djifa
Kpota (banlieue est de Lomé). Soutenu par certains
membres du bureau exécutif de la FTF, le patron du
football national a réitéré sa volonté de voir cette
affaire de corruption d’arbitres dans laquelle il est
inculpé connaître un aboutissement heureux pour le
bonheur du sport roi togolais. Dans sa déclaration,
il s’est montré très rassurant sur les résultats du
recours introduit auprès de la CAF. « L’homme du
09 janvier » a, une fois encore, renouvelé sa
disponibilité à confronter les arbitres du match
Tunisie – Togo, surtout le Togolais Cessi Attivi,
auteur des allégations. Il a également fait savoir « qu’en
aucun moment, il n’y a eu échange d’enveloppe ni
d’argent entre lui et quelque arbitre que ce soit, ni
hier ni aujourd’hui, ni demain ».
En
cas de non aboutissement, il s’est dit « prêt à
porter l’affaire devant le Tribunal Arbitral des
Sports de Lausanne en Suisse ».
Il
faut noter que, outre le collectif d’avocats
(togolais et européens) qui s’est constitué et piloté
par le bâtonnier Aquéréburu, c’est un public togolais
très surchauffé qui soutient le président Tata
Avléssi de Mass dans sa démarche. Malgré les
difficultés de l’heure, ce public n’a pas manqué hier
encore, de l’aéroport de Lomé – Tokoin à l’hôtel
Bijou, de montrer toute sa sympathie et sa
reconnaissance au président de la FTF.
Tout compte fait, il y a lieu de s’interroger sur
l’aboutissement des voies de recours dans la mesure
où l’étape de confrontation que demande par Tata
Avléssi semble être déjà dépassée. Si tel est le cas,
l’autre question est de savoir comment sera organisée
la succession de Tata Avléssi à la tête de la FTF.
Doit-on opter pour de nouvelles élections comme
certains l’appellent de leur vœu ou ce sera un long
intérim de 3 ans 6 mois comme le souhaite le camp des
pro-Gabriel Améyi ? Une chose est sûre, le football
national a encore de long mois de crise devant lui.
Gabin
Koissidjin
Crash
de Lungi :
L’identification complète des corps terminée
De sources généralement bien informées,
l’identification complète des corps des victimes du
crash de Lungi (Sierra Léone) a pris fin cette
semaine. « Dès à présent, toutes les opérations
d’identifications sont terminées. Toutes les familles
ont pu obtenir le corps de leurs parents », a confié
un officiel togolais. Pour éviter toute confusion, le
Togo avait sollicité le soutien du gouvernement
français qui a fourni une équipe de médecins légistes
pour l’aider à identifier le corps des victimes du
crash de Lungi.
Les
premières opérations effectuées à la morgue de Lomé
ont permis l’identification de 15 des 21 victimes.
Pour les six autres corps (parmi lesquels il y a deux
Togolais), les experts ont dû se replier sur Paris où
ils ont dû faire recours aux tests d’ADN. « Cette
phase a pris beaucoup de temps. Les experts ont
utilisé une demi-tonne de matériels pour pouvoir
réussir les opérations », précise le même
officiel.
Les
autorités togolaises annoncent par ailleurs,
l’ouverture dans les jours à venir, d’une enquête
internationale pour situer les responsabilités du
crash. « Nous sommes à la phase de la recherche
des experts qui devront faire partie de cette équipe.
Elle sera composée de Togolais, de Gabonais, de
Sénégalais, de Français et de Sierra Léonais », a
indiqué cette même source.
Le
03 juin dernier, un hélicoptère de la Compagnie
Paramount Airlines à bord duquel voyageait une partie
de la délégation togolaise partie soutenir les
Eperviers lors de la 4e Journée
des éliminatoires de la CAN Ghana 2008, s’est écrasé
sur l’aéroport de Lungi en Sierra Léone. 21 personnes
dont le ministre togolais des Sports, Richard Attipoé
ont été tuées. Selon plusieurs témoins, l’appareil a
eu deux explosions (entre 10 et 5 m du sol) avant sa
désintégration complète sur le tarmac de l’aéroport.
D’autre part, à l’issue des enquêtes préliminaires,
ce sont les thèses d’accident qui semblent se
confirmer.
Noël Y.
A. GLISSOU
Journée de réflexion de l’unrec :
Les
jeunes leaders politiques sensibilisés
le centre Régional des Nations Unies pour la Paix et
le Désarmement (UNREC) a organisé, mercredi dernier à
son siège à Agbalépédo (banlieue nord ouest de Lomé),
une journée de réflexion sur la prévention des
conflits et la culture de la paix en période
électorale. Initiée à l’attention des jeunes leaders
des partis politiques du Togo, cette journée
s’inscrit dans le cadre de la campagne « Civils et
militaires ensemble construisons la nation » lancée
depuis janvier 2007 dans 12 pays de la sous région
ouest africaine par l’UNREC. C’était l’occasion pour
les uns et les autres de s’imprégner des méfaits des
conflits armés sur le développement du continent
africain.
Selon l’expert en désarmement et coordinateur associé
au Programme de Réforme du Secteur de Sécurité en
Afrique, Thierry Zang, les travaux de cette journée
s’inscrit dans le cadre de la politique de formation
des leaders au recours au dialogue et à la culture de
l’intérêt national lors des joutes électorales. Dans
cette optique, il a énuméré les activités déjà
réalisées et celles qui sont en cours de réalisation
afin de renforcer les relations entre les composantes
de la société togolaise à savoir les populations
civiles et les forces de défense et de sécurité. Les
jeunes leaders ont, au cours de cette journée, suivi
des documentaires sur les conflits qui ont secoué le
continent pendant la dernière décennie et qui se
poursuivent en ce début de troisième millénaire.
Trois communications ont également retenus
l’attention des participants. Il s’agit des exposés
sur les thèmes, « Stratégies d’appropriation du
message de campagne de sensibilisation ASSEREP - Togo
par les jeunes leaders politiques », « les
Jeunes leaders politiques et la promotion de la paix
et de la sécurité » et « les principes de la
culture de la paix et de la non violence ».
A
l’issue des débats, ces représentants des partis
politiques ont été amené à dégager des voies et
moyens pouvant permettre d’assurer, par le biais de
l’exercice de leurs fonctions, une meilleure
promotion du capital paix et sécurité au Togo.
Outre ces journées de réflexion dont la prochaine
sera celle qui va réunir les journalistes, l’UNREC a
opté dans le cadre du processus électoral en cours au
Togo, pour la sensibilisation à la paix par le biais
des supports comme l’affichage, les prospectus et la
sensibilisation à travers des ateliers de formation.
Gabin KOISSIDJIN
Développement du secteur agricole au Togo :
Quelle place pour l’agriculture dans l’économie
togolaise ?
L’agriculture
occupe une place importante dans l’économie
togolaise mais elle souffre du manque de stratégies
devant permettre son développement. Selon des
estimations fournies par le ministre Yves Madow
Nagou de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche,
l’élevage occupe 75 % des agriculteurs et représente
25 % du PIB (Produit Intérieur Brut) togolais.
Aujourd’hui, relève-t-il, le pays compte environ
10 millions de têtes animales et les produits de
l’élevage couvrent 40 % des besoins des Togolais en
matière de protéines animales.
En ce qui concerne la pêche, le Togo, selon les
responsables de ce ministère, dispose de sites qui
s’y prêtent mais la population ne se donne pas à
cette activité. La quantité de poissons pêchés au
Togo est de 30. 000 tonnes par an et représente 4 %
du PIB. Toutefois, le pays éprouve des besoins qui
sont trois fois supérieurs à cette quantité.
Le plus étonnant, c’est que le Togo qui est
essentiellement un pays agricole (2/3 de la
population s’y adonne) ne dispose pas d’écoles
d’agriculture (hormis celle de Tové) qui puissent
permettre le développement de ce secteur vital pour
une croissance économique par la formation de jeunes
ingénieurs et techniciens. Les rares ingénieurs qui
sortent de l’université sont convertis en enseignants
des sciences physiques et des mathématiques dans les
lycées et collèges de la place. Pendant longtemps,
les pays sous-développés ont institué la révolution
verte mais force est de constater qu’aucune mesure
d’accompagnement n’a été adoptée autour de ce
programme au Togo.
Selon le ministre Nagou, le gouvernement doit venir
en aide aux populations afin de leur permettre
d’élever leur niveau de vie. Pour ce faire, un
investissement doit être fait au niveau des
infrastructures et les agriculteurs devront être
aidés à accéder à des financements. Actuellement, 1,2
millions de f cfa sont investis pour appuyer les
producteurs et l’essentiel du travail est fait par
les mutuelles de crédits agricoles.
Durant sa dernière campagne agricole, le Togo a
enregistré un excédent céréalier alors que, selon le
ministre de l’Agriculture, les paysans n’ont pas
augmenté leurs surfaces cultivables.
Malheureusement, le Togo ne dispose pas de structures
pour aider les agriculteurs, pour exporter cet
excédent. La conséquence logique qui en découle,
c’est la vulnérabilité des paysans face aux
commerçants qui fixent les prix à leur gré.
Selon des spécialistes dans ce domaine, le Togo peut
s’organiser et vendre son excédent céréalier aux pays
du Sahel qui sont en manque cruel à cause du climat
qui ne se prête pas à l’agriculture sur leur
territoire.
Aujourd’hui, tout porte à croire que les plus
misérables au Togo sont les paysans qui peinent à
envoyer leurs enfants à l’école et à vendre toutes
leurs récoltes.
Alors, comment peut-on prétendre associer les paysans
au développement si les prix des produits vivriers
sont continuellement en chute libre? Les pauvres
agriculteurs qui se tournent vers d’autres produits
agricoles pour combler ce manque à gagner se trouvent
confrontés à beaucoup de problèmes. Ainsi, la
production agricole togolaise est passée de 180.000
tonnes à 40.000 tonnes au cours de la dernière
campagne.
Cette situation se justifie d’une part, par la
concurrence déloyale des pays développés qui
subventionnent leurs produits de rente et d’autre
part, par l’imprévision de la SOTOCO (Société
Togolaise du Coton) qui n’a pas vu le danger venir
pour s’y adapter.