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Aujourd’hui, le bureau de la FTF au lieu de ses 9
membres, tous élus le 22 décembre 2002, est réduit à
5 dont pour l’instant on a pas d’information sur la
décision à rester ou non avec le président décidé à
aller au bout de son mandat contre vents et marées.
Très attendue depuis le retour de la délégation
togolaise de son séjour allemand par le public
sportif, cette conférence de presse a été
l’occasion pour les démissionnaires de concrétiser
leur volonté de rendre le tablier mais aussi
d’édifier la population par le biais des
journalistes sur les raisons profondes de leur
démission.
M.
Dogbatsé est revenu dans un premier temps sur les
multiples méthodes d’humiliations qui ont jalonné
leur collaboration avec les autres membres du
bureau, surtout le président de la FTF, Rock
Gnassingbé. Selon ses explications, ils n’ont pas
été pour autant associés à la gestion du football
national comme cela avait été inscrit dans les
différents textes régissant la vie de cette
institution. Il a soutenu leur acte par
l’improvisation à outrance, l’amateurisme inscrits
en lettre d’or, qui ont sapé la vie de la FTF et
partant, de tout le football national. Une
déclaration de démission a été lue par le secrétaire
général, Espoir Assogbavi, mettant à nu le manque de
collaboration et de décision en concert. « Comment
admettre que les réunions hebdomadaires statutaires
ne sont jamais tenues et toutes les décisions sont
des équations personnelles du président ?»
s’est-il demandé.
Ces quatre anciens membres du BE de la fédération,
ont reconnu qu’ils « ont marqué leur temps et ont
atteint le seuil de rentabilité » et qu’il est
de leur devoir de rendre le tablier pour laisser la
voie à d’autres bonnes volontés de poursuivre le
chemin qui est celui du développement du football
togolais.
Répondant aux divers questionnements des
journalistes, ils ont accepté tour à tour avoir été
l’objet de dissuasions et menaces de tous genres.
Parmi ces menaces, ils se sont le plus appesantis
sur celle des appels sur « des numéros masqués
pour leur faire des propositions de cocaïne » et
des envois d’émissaires pour les convaincre à rester
à leur poste jusqu’à la fin de leur mandat qui
arrive à terme en décembre prochain. Pour terminer,
ils ont nié les rumeurs sur une quelconque
manipulation exercée par le président du CNOT, le
Général Zoumarou Gnofame.
Et
alors quel avenir pour la FTF et le football
national ?
Après ce coup de massue qui risque d’affecter le
fonctionnement de la fédération, c’est cette
question que se pose le public sportif. En toute
vraisemblance, ces quatre partants sont ceux de ce
qu’on peut qualifier de « noyau le plus important
de
la
FTF ».
Il devrait y avoir un risque de paralysie qui peut
conduire soit à la démission des autres membres ou à
la convocation d’un congrès anticipé. Mais il n’est
pas à perdre de vue que les rôles de ces
démissionnaires ne sont joués que par Rock
Gnassingbé. Et à travers les dernières interventions
de ce dernier sur la télévision nationale, rien
n’assure qu’il est prêt à se laisser entraîner. En
tout état de cause, cette démission peut concourir à
atténuer les probables sanctions que la Fifa serait
amenée à prendre contre le Togo dans l’affaire des
primes au mondial que tous les confrères étrangers
appellent aujourd’hui « le feuilleton togolais ».
Gabin
koissidjin |
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Dans la plupart des familles togolaises vivant en
milieu urbain, être endeuillé équivaut de nos jours
à débourser d’importantes sommes pour enterrer
dignement son proche parent. Finis les moments où
pressés par la décomposition du cadavre, les uns et
les autres s’empressaient d’inhumer leur proche
décédé. Avec l’apparition de la morgue, la fixation
d’un calendrier funéraire met du temps à prendre
forme, ce, au gré de la convocation et de la réunion
délicate des membres des familles parentes et
alliées du défunt. Au Togo, les Adja-Ewé constituent
l’ethnie majoritaire. L’exemple d’un de ses nombreux
démembrements que constituent les Awlã est assez
parlant.
Le
schéma classique des rites d’enterrement dans cette
ethnie est le suivant : veillée- enterrement en
plus ou non de la sortie de deuil. Avant de prendre
les allures de la modernité, l’observation de la
dernière partie de cette la sortie de deuil était
obligatoire. La cherté du coût de la vie, fruit du
marasme économique que connaît le Togo, a suffi à
ranger cette prescription traditionnelle dans le
registre du « facultatif ». Beaucoup lui
imputent l’alourdissement des charges funéraires.
Ainsi, dorénavant chez les Awlã, les funérailles « tradi-modernes »
sont celles qui recueillent l’assentiment de
beaucoup de personnes. Les veillées de chants et de
prières qui dénotent la chrétienté des obsèques ici
sont entrecoupées ou marquées, voire rehaussées par
des chants et danses traditionnels comme l’Agbadja,
l’Akpéssè. De même, l’ « Atopani » (grand
tam-tam) sort de son mutisme pendant de pareilles
occasions lorsque des personnalités de marque de ce
sous-regroupement de l’ethnie Ewé viennent à passer
de vie à trépas. L’effectivité et l’application d’un
certain nombre de normes sanitaires dans les
diverses morgues n’empêchent pas les Awla de
délaisser certaines pratiques (traditionnelles à
souhait) dans le cadre de l’embaumement de leur
proche. De ce fait, pour le dernier bain du cadavre,
c’est un membre de sa famille qui doit forcément
asperger son corps d’eau avant que la personne
préposée à cette tâche ne prenne la relève pour le
bain intégral. Les paumes des mains de même que les
plantes des pieds de la personne décédée sont
embaumées avec du calcaire. Une herbe baptisée « Akpafia »
est introduite dans le cercueil du défunt en
souvenir d’un combat immémorial mené par un de ses
aïeux et pour marquer le « sceau Awlã » sur
le mort, la mort étant conçue ici et plus
généralement sur le continent noir comme un voyage,
un long trajet vers un autre monde. Très souvent,
c’est dans la ferveur des chants traditionnels que
le cortège du cadavre gagne le lieu de la veillée.
Cinq (05) jours après l’enterrement, on procède à la
cérémonie de libation dans l’optique d’être en
communication avec les mannes des ancêtres et de
baliser la voie d’une éventuelle vengeance au
défunt, s’il s’avérait toutefois vrai qu’il ne soit
pas décédé de sa « propre mort ». La
cérémonie de sortie de deuil, autrefois reportée à
plusieurs mois après l’enterrement, est désormais
exécutée deux (02) à trois (03) jours après la mise
en terre du cadavre.
Au
lendemain de ce marathon funéraire, toute la famille
éplorée se retrouve pour faire les comptes
financiers.
Il
n’est pas rare d’assister de nos jours à des scènes
humoristiques dans le déroulement de ces cérémonies.
Elles sont naturellement une émanation de la
modernité et contribuent un tant soit peu à
repousser la détresse due au deuil. De pareilles
scènes sont dans leur majeure partie animées par des
comédiens professionnels ou amateurs.
Cet exemple awla décrit dans les lignes qui
précèdent est une caricature de la cohabitation des
cérémonies funéraires traditionnelles et modernes
dans la société togolaise en général, l’ethnie
Adja-Ewé en particulier.
Chez les Kabyè, une composante de l’ethnie
Kabyè-Tem , les mois de février et de mars sont ceux
qui sont consacrés aux funérailles. En réalité, dans
ce milieu, le délai de l’accomplissement des
funérailles (qui ne se font qu’une seule fois) court
une année après l’enterrement. L’accomplissement des
funérailles est péremptoire en pays kabyè après le
décès des personnes âgées (personnes ayant
approximativement 70 ans ou plus) alors qu’il n’est
pas de mise pour les jeunes défunts. Toutefois, tout
comme chez les Awla, les coutumes funéraires
héritées de plusieurs générations précédentes sont
progressivement gagnées par la modernité.
Par exemple, autrefois dans le canton de Yadè,
l’utilisation du cercueil n’était pas de rigueur. On
enveloppait le cadavre des personnes âgées avec un
“linge” caractéristique appelé « bsabao »,
alors que celui des enfants et des jeunes l’était
dans un linge blanc. Les funérailles proprement
dites avaient lieu douze (12) mois après
l’enterrement du mort dans une ambiance de danse
traditionnelle nommée « So ». Cette ambiance
était entretenue par les membres des familles
parentes et alliées du défunt et débutait loin de
l’habitation éplorée. Le lendemain du « So »,
les beaux-fils ou les belles-filles du ou de la
décédé(e) préparent toujours dans la maison
endeuillée, de la pâte de mil accompagnée d’une
sauce cuisinée essentiellement avec de l’huile rouge
et un poulet non dépecé. Le tout prend l’appellation
de « Cudum ». De nos jours, morgue et bière
ont fait leur intrusion dans les habitudes
funéraires quand bien même certaines familles
restent fidèles à l’enterrement dans les tombes
traditionnelles (qui n’admettent pas les cercueils)
et qui rappellent beaucoup les pyramides égyptiennes
de par leur architecture. « Cudum » et « So »
résistent aussi à l’ère de la modernité même si les
ingrédients du « Cudum » sont sujets à des
variations comme le maïs à la place du mil. Autre
stigmate de la modernité, au lieu de la préparation
des mets rentrant dans la composition du « Cudum »,
on honore de plus en plus ce rituel avec tout
simplement la présentation de ses ingrédients aux
familles. La raison est toute simple : beaucoup
conçoivent de plus en plus ces cérémonies comme du
gaspillage financier, tant les plats préparés pour
respecter le cérémonial du « Cudum » sont
difficilement consommés.
Le
recours aux services d’un charlatan pour éclairer la
lanterne des uns et des autres sur les causes de la
mort du proche parent est de plus délaissé, surtout
par les proches qui sont chrétiens. Par ailleurs,
d’aucuns prolongent ces cérémonies en organisant des
fêtes sous le label de la modernité à côté du « Cudum »,
fêtes qui sont contraires normalement à l’esprit des
funérailles en pays kabyè. La viande du bœuf y est
abondamment servie. Dans tous les cas, les
funérailles s’accomplissent chez les Kabyè selon les
dernières volontés de la personne décédée d’une
part, et sont amputées du « Cudum » et du « So »
lorsqu’elles sont faites par les Kabyè musulmans.
Que ce soit au nord comme au sud Togo, des
divergences profondes opposent citadins et
villageois le plus clair du temps quand il s’agit de
combiner tradition et modernité. Eau bénite, encens
s’opposent aux volailles à sacrifier et cauris d’un
côté. De l’autre côté, « sodabi » ou « tchouk »
(alcools locaux), pâtes traditionnelles (« akume »
au sud, « moto », dans la préfecture de
Tchaoudjo etc) contrastent avec liqueurs, riz
occidentaux et repas de services traiteurs.
Cependant, les rites funéraires empruntent plus
majoritairement au Togo actuellement les traits de
la modernité que ceux de la tradition. Eperonnés par
le temps, les contraintes budgétaires, celles des
religions dites « occidentales », et renforcés dans
leur nouvelle mode funéraire par la perte sensible
des valeurs culturelles africaines, beaucoup de
Togolais citadins optent de plus en plus pour la
simplification des funérailles de leurs proches,
voire son occidentalisation très poussée. Du coup,
les frais supplémentaires auxquels ils tentent
d’échapper en reléguant au second plan la tradition
réapparaissent dans ceux qu’occasionnent les rites
funéraires modernes, onéreux dans leur grande
partie, quoi qu’on fasse.
Mais la forme des funérailles est sujette à de
multiples variations d’une ethnie à une autre, d’un
grand ensemble ethnique à un autre, avec par
endroits une préséance du traditionnel sur le
moderne, surtout au moment de « la mise en bière ».
Edem GADEGBEKU |
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Le
ministère de la Santé a initié hier dans la salle de
conférence de l’Ecole nationale des sages-femmes de
Lomé, une rencontre avec les pharmaciens, les
douaniers et les policiers pour plancher sur
l’urgence d’une action efficace contre la
prolifération du commerce illicite des médicaments
au Togo.
Réunis autour du thème : « le marché illicite des
médicaments, ampleur du problème et stratégie de
lutte », les participants à cette rencontre ont
tous convenu du danger réel que courent les
populations des pays pauvres en général et du Togo
en particulier, à cause de la vente de ces
médicaments dits « de rue » ou de la « poussière ».
Les chiffres sont révélateurs de l’ampleur de ce
fléau. Selon les estimations de l’Organisation
Mondiale de la Santé (OMS), plus de 200.000
personnes meurent chaque année, en Afrique, des
conséquences de ce commerce. Aussi, assiste-t-on de
plus en plus à des malformations congénitales dues à
la prise de ces médicaments. « Il est urgent
d’agir », a affirmé Suzanne Aho ministre de la Santé
pour qui l’ « élaboration d’un plan de stratégie
basé sur l’information et la sensibilisation »
est nécessaire pour combattre le mal. Elle a, en
outre, préconisé « l’application de la loi sur
les produits pharmaceutiques » en vigueur au
Togo.
A
part les séquelles que leur prise laisse dans
l’organisme humain (ce sont des produits qui tuent à
petit feu), ils constituent un manque à gagner pour
les économies et conduisent à la ruine des
pharmacies et autres points légaux de vente. Ce
commerce contribue, enfin, ont fait constater les
participants à la rencontre, à un dérèglement du
circuit d’approvisionnement des médicaments car se
retrouvant partout sans aucun contrôle.
Edem K. ASSIGNON |