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15 juillet 2006

[ No 126: 15  juin 2006]

Divorce consommé à la FTF : Assogbavi, Dogbatsé, Amégnran et Adjété démissionnent

Annoncée depuis l’Allemagne, la démission de certains membres du bureau exécutif de la Fédération Togolaise de Football est désormais effective depuis hier soir. Au nombre de quatre finalement (au lieu de sept démissions annoncées), ces désormais anciens membres du l’instance suprême du football national ont joint l’acte à la parole en signant au cours d’un point de presse à l’hôtel Ibis la déclaration de démission. Ces démissionnaires sont : le premier vice président, Winnie Dogbatsé, le deuxième vice, Théodore Amégnran, le secrétaire général, Espoir Assogbavi, et le trésorier général, Tino Adjété.

 
 

Aujourd’hui, le bureau de la FTF au lieu de ses 9 membres, tous élus le 22 décembre 2002, est réduit à 5 dont pour l’instant on a pas d’information sur la décision à rester ou non avec le président décidé à aller au bout de son mandat contre vents et marées. Très attendue depuis le retour de la délégation togolaise de son séjour allemand par le public sportif, cette conférence de presse  a été l’occasion pour les démissionnaires de concrétiser leur volonté de rendre le tablier mais aussi d’édifier la population par le biais des journalistes sur les raisons profondes de leur démission.

M. Dogbatsé est revenu dans un premier temps sur les multiples méthodes d’humiliations qui ont jalonné leur collaboration avec les autres membres du bureau, surtout le président de la FTF, Rock Gnassingbé. Selon ses explications, ils n’ont pas été pour autant associés à la gestion du football national comme cela avait été inscrit dans les différents textes régissant la vie de  cette institution. Il a soutenu leur acte par l’improvisation à outrance, l’amateurisme inscrits en lettre d’or, qui ont sapé la vie de la FTF et partant, de tout le football national. Une déclaration de démission a été lue par le secrétaire général, Espoir Assogbavi, mettant à nu le manque de collaboration et de décision en concert. « Comment admettre que les réunions hebdomadaires statutaires ne sont jamais tenues et toutes les décisions sont des équations personnelles du président ?» s’est-il demandé.

Ces quatre anciens membres du BE de la fédération, ont reconnu qu’ils « ont marqué leur temps et ont atteint le seuil de rentabilité » et qu’il est de leur devoir de rendre le tablier pour laisser la voie à d’autres bonnes volontés de poursuivre le chemin qui est celui du développement du football togolais. 

Répondant aux divers questionnements des journalistes, ils ont accepté tour à tour avoir été l’objet de dissuasions et menaces de tous genres. Parmi ces menaces, ils se sont le plus appesantis sur celle des appels sur « des numéros masqués pour leur faire des propositions de cocaïne » et des envois d’émissaires pour les convaincre à rester à leur poste jusqu’à la fin de leur mandat qui arrive à terme en décembre prochain. Pour terminer, ils ont nié les rumeurs sur une quelconque manipulation exercée par le président du CNOT, le Général Zoumarou Gnofame.

Et alors quel avenir pour la FTF et le football national ?

Après ce coup de massue qui risque d’affecter le fonctionnement de la fédération, c’est cette question que se pose le public sportif. En toute vraisemblance, ces quatre partants sont ceux de ce qu’on peut qualifier de « noyau le plus important de la FTF ». Il devrait y avoir un risque de paralysie qui peut conduire soit à la démission des autres membres ou à la convocation d’un congrès anticipé. Mais il n’est pas à perdre de vue que les rôles de ces démissionnaires ne sont joués que par Rock Gnassingbé. Et à travers les dernières interventions de ce dernier sur la télévision nationale, rien n’assure qu’il est prêt à se laisser entraîner. En tout état de cause, cette démission peut concourir à atténuer les probables sanctions que la Fifa serait amenée à prendre contre le Togo dans l’affaire des primes au mondial que tous les confrères étrangers appellent aujourd’hui « le feuilleton togolais ».

Gabin koissidjin

 

Cérémonies funéraires au Togo : Entre tradition et modernité
Fruit de la colonisation, l’occidentalisation massive des cérémonies traditionnelles africaines n’épargne pas les rites funéraires.

Il est quasiment impossible de  dissocier de nos jours les cérémonies funéraires traditionnelles et modernes dans les différentes agglomérations togolaises, quelle que soit l’ethnie frappée par la mort. Même dans les hameaux reculés, le modernisme joue. Autrement dit,  l’opposition nette entre tradition et modernité dans le « processus d’inhumation » d’un parent ne conserve son application stricte que dans des ethnies tenaces à la « chose traditionnelle »

Dans la plupart des familles togolaises vivant en milieu urbain, être endeuillé équivaut de nos jours à débourser d’importantes sommes pour enterrer dignement son proche parent. Finis les moments où pressés par la décomposition du cadavre, les uns et les autres s’empressaient d’inhumer leur proche décédé. Avec l’apparition de la morgue, la fixation d’un calendrier funéraire met du temps à prendre forme, ce, au gré de la convocation et de la réunion délicate des membres des familles parentes et alliées du défunt. Au Togo, les Adja-Ewé constituent l’ethnie majoritaire. L’exemple d’un de ses nombreux démembrements que constituent les Awlã est assez parlant.

Le schéma classique des rites d’enterrement dans cette  ethnie  est le suivant : veillée- enterrement en plus ou non de la sortie de deuil. Avant de prendre les allures de la modernité, l’observation de la dernière partie de cette la sortie de deuil était obligatoire. La cherté du coût de la vie, fruit du marasme économique que connaît le Togo, a suffi à ranger cette prescription traditionnelle dans le registre du « facultatif ». Beaucoup lui imputent l’alourdissement des charges funéraires. Ainsi, dorénavant chez les Awlã, les funérailles « tradi-modernes » sont celles qui recueillent l’assentiment de beaucoup de personnes. Les veillées de chants et de prières qui dénotent la chrétienté des obsèques ici sont entrecoupées ou marquées, voire rehaussées par des chants et danses traditionnels comme l’Agbadja, l’Akpéssè. De même, l’ « Atopani » (grand tam-tam) sort de son mutisme pendant de pareilles occasions lorsque des personnalités de marque de ce sous-regroupement de l’ethnie Ewé viennent à passer de vie à trépas. L’effectivité et l’application d’un certain nombre de normes sanitaires dans les diverses morgues n’empêchent pas les Awla de délaisser certaines pratiques (traditionnelles à souhait) dans le cadre de l’embaumement de leur proche. De ce fait, pour le dernier bain du cadavre, c’est un membre de sa famille qui doit forcément asperger son corps d’eau avant que la personne préposée à cette tâche ne prenne la relève pour le bain intégral. Les paumes des mains de même que les plantes des pieds de la personne décédée sont embaumées avec du calcaire. Une herbe baptisée « Akpafia » est introduite dans le cercueil du défunt en souvenir d’un combat immémorial mené par un de ses aïeux et pour marquer le « sceau Awlã » sur le mort, la mort étant conçue ici et plus généralement sur le continent noir comme un voyage, un long trajet vers un autre monde. Très souvent, c’est dans la ferveur des chants traditionnels que le cortège du cadavre gagne le lieu de la veillée.

Cinq (05) jours après l’enterrement, on procède à la cérémonie de libation dans l’optique d’être en communication avec les mannes des ancêtres et de baliser la voie d’une éventuelle vengeance au défunt, s’il s’avérait toutefois vrai qu’il ne soit pas décédé de sa « propre mort ». La cérémonie de sortie de deuil, autrefois reportée à plusieurs mois après l’enterrement, est désormais exécutée deux (02) à trois (03) jours après la mise en terre du cadavre.

Au lendemain de ce marathon funéraire, toute la famille éplorée se retrouve pour faire les comptes financiers.

Il n’est pas rare d’assister de nos jours à des scènes humoristiques dans le déroulement de ces cérémonies. Elles sont naturellement une émanation de la modernité et contribuent un tant soit peu à repousser la détresse due au deuil. De pareilles scènes sont dans leur majeure partie animées par des comédiens professionnels ou amateurs.

Cet exemple awla décrit dans les lignes qui précèdent est une caricature de la cohabitation des cérémonies funéraires traditionnelles et modernes dans la société togolaise en général, l’ethnie Adja-Ewé en particulier.

Chez les Kabyè, une composante de  l’ethnie Kabyè-Tem , les mois de février et de mars sont ceux qui sont consacrés aux funérailles. En réalité, dans ce milieu, le délai de l’accomplissement des funérailles (qui ne se font qu’une seule fois) court une année après l’enterrement. L’accomplissement des funérailles est péremptoire en pays kabyè après le décès des personnes âgées (personnes ayant approximativement 70 ans ou plus) alors qu’il n’est pas de mise pour les jeunes défunts. Toutefois, tout comme chez les Awla, les coutumes funéraires héritées de plusieurs générations précédentes sont progressivement gagnées par la modernité.

Par exemple, autrefois dans le canton de Yadè, l’utilisation du cercueil n’était pas de rigueur. On enveloppait le cadavre des personnes âgées avec un “linge” caractéristique appelé « bsabao », alors que celui des enfants et des jeunes l’était dans un linge blanc. Les funérailles proprement dites avaient lieu douze (12) mois après l’enterrement du mort dans une ambiance de danse traditionnelle nommée « So ». Cette ambiance était entretenue par les membres des familles parentes et alliées du défunt et débutait loin de l’habitation éplorée. Le lendemain du « So », les beaux-fils ou les belles-filles du ou de la décédé(e) préparent toujours dans la maison endeuillée, de la pâte de mil accompagnée d’une sauce cuisinée essentiellement avec de l’huile rouge et un poulet non dépecé. Le tout prend l’appellation de « Cudum ». De nos jours, morgue et bière ont fait leur intrusion dans les habitudes funéraires quand bien même certaines familles restent fidèles à l’enterrement dans les tombes traditionnelles (qui n’admettent pas les cercueils) et qui rappellent beaucoup les pyramides égyptiennes de par leur architecture. « Cudum » et « So » résistent aussi à l’ère de la modernité même si les ingrédients du « Cudum » sont sujets à des variations comme le maïs à la place du mil. Autre stigmate de la modernité, au lieu de la préparation des mets rentrant dans la composition du « Cudum », on honore de plus en plus ce rituel avec tout simplement la présentation de ses ingrédients aux familles. La raison est toute simple : beaucoup conçoivent  de plus en plus ces cérémonies comme du gaspillage financier, tant les plats préparés pour respecter le cérémonial du « Cudum » sont difficilement consommés.

Le recours aux services d’un charlatan pour éclairer la lanterne des uns et des autres sur les causes de la mort du proche parent est de plus délaissé, surtout par les proches qui sont chrétiens. Par ailleurs, d’aucuns prolongent ces cérémonies en organisant des fêtes sous le label de la modernité à côté du « Cudum », fêtes qui sont contraires normalement à l’esprit des funérailles en pays kabyè. La viande du bœuf y est abondamment servie. Dans tous les cas, les funérailles s’accomplissent chez les Kabyè selon les dernières volontés de la personne décédée d’une part, et sont amputées du « Cudum » et du « So » lorsqu’elles sont faites par les Kabyè musulmans. Que ce soit au nord comme au sud Togo, des divergences profondes opposent citadins et villageois le plus clair du temps quand il s’agit de combiner tradition et modernité. Eau bénite, encens s’opposent aux volailles à sacrifier et cauris d’un côté. De l’autre côté, « sodabi » ou « tchouk » (alcools locaux), pâtes traditionnelles (« akume » au sud, « moto », dans la préfecture de Tchaoudjo etc) contrastent avec liqueurs, riz occidentaux et repas de services traiteurs.

Cependant, les rites funéraires empruntent plus majoritairement au Togo actuellement les traits de la modernité que ceux de la tradition. Eperonnés par le temps, les contraintes budgétaires, celles des religions dites « occidentales », et renforcés dans leur nouvelle mode funéraire par la perte sensible des valeurs culturelles africaines, beaucoup de Togolais citadins optent de plus en plus pour la simplification des funérailles de leurs proches, voire son occidentalisation très poussée. Du coup, les frais supplémentaires auxquels ils tentent d’échapper en reléguant au second plan la tradition réapparaissent dans ceux qu’occasionnent les rites funéraires modernes, onéreux dans leur grande partie, quoi qu’on fasse. 

Mais la forme des funérailles est sujette à de multiples variations d’une ethnie à une autre, d’un grand ensemble ethnique à un autre, avec par endroits une préséance du traditionnel sur le moderne, surtout au moment de « la mise en bière ».

Edem GADEGBEKU

Prolifération des médicaments de rue au Togo : Il est urgent d’agir
 

Le ministère de la Santé a initié hier dans la salle de conférence de l’Ecole nationale des sages-femmes de Lomé, une rencontre avec les pharmaciens, les douaniers et les policiers pour plancher sur l’urgence d’une action efficace contre la prolifération du commerce illicite des médicaments au Togo.

Réunis autour du thème : « le marché illicite des médicaments, ampleur du problème et stratégie de lutte », les participants à cette rencontre ont tous convenu du danger réel que courent les populations des pays pauvres en général et du Togo en particulier, à cause de la vente de ces médicaments dits « de rue » ou de la « poussière ».

Les chiffres sont révélateurs de l’ampleur de ce fléau. Selon les estimations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), plus de 200.000 personnes meurent chaque année, en Afrique, des conséquences de ce commerce. Aussi, assiste-t-on  de plus en plus à des malformations congénitales dues à la prise de ces médicaments. « Il est urgent d’agir », a affirmé Suzanne Aho ministre de la Santé pour qui l’ « élaboration d’un plan de stratégie basé sur l’information et la sensibilisation » est nécessaire pour combattre le mal. Elle a, en outre, préconisé « l’application de la loi sur les produits pharmaceutiques » en vigueur au Togo.

A part les séquelles que leur prise laisse dans l’organisme humain (ce sont des produits qui tuent à petit feu), ils constituent un manque à gagner pour les économies et conduisent à la ruine des pharmacies et autres points légaux de vente. Ce commerce contribue, enfin, ont fait constater les participants à la rencontre, à un dérèglement du circuit d’approvisionnement des médicaments car se retrouvant partout sans aucun contrôle.

Edem K. ASSIGNON

 

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