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Golfe Info

9 juillet 2007

[ 265: du 7 juillet 2007]  
Avant la 6e  rencontre du comité de suivi : Blaise Compaoré exige des avancées !

Prévue pour le 11 juin dernier, la 6ème session du Comité de suivi de l’APG  (Accord Politique  Global) a été repoussée à une date ultérieure. Diverses raisons sont évoquées pour expliquer ce report. Dans les milieux du gouvernement, on évoque le calendrier chargé du président de ce Comité de suivi, Blaise Compaoré, comme la principale cause de la non tenue de cette rencontre. Mais des sources proches de l’opposition parlent de préalables que le chef de l’Etat burkinabé aurait exigés.

En effet, selon des sources dignes de foi dans le camp de l’opposition, le facilitateur du dialogue inter togolais a exigé des progrès sensibles dans les préparatifs des élections à venir avant une éventuelle nouvelle rencontre. Cela permettra, justifient ces sources, aux différentes délégations ou représentants des parties signataires de l’APG de travailler à partir des données précises.

D’après des leaders de cette tendance politique, la pression est mise notamment sur       gouvernement d’une part et sur la CENI (Commission électorale nationale indépendante) d’autre part. Il est demandé au gouvernement d’entreprendre des actions concrètes  et de mettre en place des mécanismes et conditions susceptibles de garantir la transparence et l’équité des prochaines élections. L’objectif serait d’éviter que les prochaines échéances électorales ne se déroulent et dans un environnement tendu empreint de violences.

La CENI de son côté est conviée à fournir un chronogramme précis des tâches à accomplir préalablement à la tenue effective des échéances électorales. A défaut d’un plan d’action clair, la date du début du recensement aurait été exigée.

C’est dans ce contexte que le ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso a effectué le vendredi 22 juin dernier une visite au Togo. Pendant son séjour, l’émissaire du président burkinabé a eu une séance de travail avec le chef du gouvernement et la CENI.

Ainsi, à côté du rappel à l’ordre de Faure Gnassingbé qui a demandé à Yawovi Agboyibo de s’impliquer davantage dans le processus électoral afin de lui insuffler une nouvelle dynamique, le passage du ministre burkinabé est perçu comme l’autre élément ayant motivé la tenue de la rencontre Premier ministre - membres de la CENI qui a abouti à l’annonce de l’imminence du début des opérations de recensement. A l’issue de cette séance de travail à la primature, le président de la CENI, Tozim Potopéré a déclaré en effet que la date du début des recensements sera communiquée par le conseil des ministres dans les jours à venir. Entre-temps, du côté du gouvernement, ce sont certains  préfets dits « activistes » qui ont été remplacés ou mutés.

Des actions que l’exécutif togolais ne veut pas mettre à l’actif d’une quelconque directive de la facilitation ou du Comité de suivi. Selon un ministre du gouvernement Agboyibo que nous avons contacté, ce sont des initiatives du gouvernement. Par ailleurs, le deuil qui a frappé le Togo, référence faite au crash de Lungi, a quelque peu bousculé le programme initialement établi, confie ce ministre avant d’ajouter que « la réunion du comité de suivi aura probablement lieu dans les jours à venir ».

En rappel, c’est à l’issue de la dernière session du comité de suivi que la date du 05 août avait été annoncée pour la tenue des élections législatives. A cette époque, il était reproché à la CENI de n’avoir pas concocté un chronogramme  précis de ses tâches.

Saturnin S. NOAMESSI

 
Pas d’opérations de délivrance des pièces d’identité : Une porte ouverte aux fraudes ?

Au nombre des mesures dictées par l’APG (Accord Politique Global)  pour l’organisation d’élections libres et transparentes, il y a la délivrance des pièces d’identité en vue du recensement électoral. Mais la question ne semble plus d’actualité. Aucun parti n’en parle. Même l’UFC (Union des Forces de Changement) qui critique tout sur son passage. Et pourtant, cette question  est très capitale…

L’APG  pour régler cette question  qui avait posé problème par le passé, stipule en son point 1-2-5 que: « Les parties prenantes au Dialogue conviennent de faire procéder à un recensement électoral en vue d’obtenir un fichier électoral fiable. Elles conviennent également de la mise en place d’un programme de délivrance de cartes nationales d’identité. Le recensement électoral est organisé par la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) en collaboration avec le gouvernement  qui déterminera les modalités de délivrance des cartes nationales d’identité ».

A partir de ces données, tous le «feu vert» est donné à l’équipe de Me Yawovi Agboyibo pour exécuter ce programme. Mais, finalement, l’opération n’aura plus lieu.

Au niveau de la Primature, on explique que  l’opération de la délivrance des pièces nécessaires pour l’établissement de carte d’identité nationale prendra trop de temps si on devait la déclencher. En effet, au Togo, pour se faire délivrer son certificat de nationalité, le demandeur doit disposer des certificats de naissance et d’origine qu’il mettra à la disposition des services du ministère de la Justice. Des enquêtes sont ensuite diligentées pour déterminer l’authenticité de ces pièces. C’est à partir des conclusions de ces enquêtes que le certificat de nationalité est délivré. Selon la Primature, toutes ces opérations exigent un temps considérable. Ce qui pourrait amener « à reporter les élections à un an plus tard ».

Les alternatives

A défaut d’organiser les opérations « foraines » précitées, le gouvernement et les autres acteurs du processus électoral comptent sur les témoignages pour l’identification des citoyens démunis de ces pièces et qui devront s’inscrire sur les listes. Ainsi, explique la Primature, le jour du recensement, les chefs de village et les notables sont invités à statuer sur l’origine des personnes qui viendront pour se faire délivrer la carte d’électeur. En plus de ces chefs coutumiers, les représentants des différentes formations politiques qui prennent part au scrutin législatif seront également présents dans les bureaux de vote. Est-ce suffisant pour garantir une certaine transparence au processus ?

Du côté de l’UFC, on regrette l’ajournement de l’opération de délivrance des cartes d’identité aux populations en âge de voter. « Le gouvernement togolais  devrait disposer d’ un fichier d’Etat civil fiable pour que tous les citoyens aient des pièces », a déclaré Patrick Lawson, le 3e vice-président de ce parti qui précise que c’est l’ensemble des partenaires qui, à défaut des audiences foraines, a opté pour le témoignage. Toutefois, il appelle à la vigilance des représentants des partis d’opposition qui seront envoyés sur les lieux de recensement. « Nous demandons à nos représentants d’être vigilants et de suivre de près tout le déroulement de l’opération », a-t-il conseillé.

Des inquiétudes

Dans un rapport élaboré par une mission de l’Union Européenne sur le processus électoral (mission qui a séjourné au Togo du 13 au 23 mars 2007), les experts ont exprimé des inquiétudes liées à l’organisation des prochaines législatives en l’état actuel des choses. « ….Il y a un  besoin pressant d’améliorer la connaissance des électeurs et les rassurer sur le processus électoral. Il y a en effet une crainte générale parmi la population concernant les élections qui avaient lieu dans le passé et qui étaient accompagnées de violences. Le Togolais a besoin d’être rassuré afin de participer activement et paisiblement au processus », rappelle ce rapport.

Plus loin, les conclusions du même rapport indiquent que « ni la CENI  ni le Ministère de la Communication ne trouvent pas opportun d’enclencher un programme de sensibilisation nationale  (de la part de la population autour du processus électoral en général». Ces appréhensions confortent les pessimistes du processus et conduisent à des supputations aussi bien au sein des populations que chez certains responsables de partis politiques. Ces derniers accusent le parti au pouvoir et le  gouvernement de vouloir saboter le processus.

« Cela est fait à dessein. L’opposition est piégée. Des dispositions sont mises en place pour inscrire  des électeurs fictifs sur  les listes électorales». C’est du moins ce que pense un responsable  politique. Selon ce dernier, dans certaines régions du pays, des plans seraient déjà concoctés  pour faire passer des étrangers pour des Togolais. « Ces gens ne vont  plus utiliser les armes pour conserver le pouvoir. Pour cela, ils cherchent de nouvelles stratégies pour gagner en douceur les législatives », a estimé un autre analyste.

L’argument du « temps » que prendra les opérations de délivrance des pièces d’identité selon le gouvernement pose par ailleurs  problème.

En effet, il y a bientôt un an que l’APG a été signé. S’il y a véritablement la volonté de faire bouger les choses, pourquoi n’a-t-on pas pris les dispositions  nécessaires pour la réalisation de toutes les tâches qui concourent l’organisation d’élections transparentes? 

Les élections ont été déjà reportées une première fois et la CENI  peine à annoncer une nouvelle date. « Au lendemain de la signature de l’APG, le gouvernement et les autres acteurs du processus électoral se sont engagés dans des calculs politiciens ; l’installation de la CENI et la désignation de son président, l’adoption du type de carte d’électeur à utiliser et bien d’autres choses encore ont pris du temps à se dessiner. Du coup, tout le processus a pris du retard. Aujourd’hui, on nous dit que les opérations foraines pour la délivrance de pièces d’identité prendront beaucoup de temps. C’est un argument qui ne nous convainc pas», relève un observateur de la scène politique togolaise.

Apparemment, l’exécution de l’APG pose de sérieux problèmes que les signataires n’auraient peut-être pas anticipé. Cet Accord n’a pas en outre pris en considération tous les problèmes politiques togolais. Et, de plus en plus, des voix s’élèvent pour réclamer qu’un autre « deal » soit trouvé entre tous les protagonistes de la classe politique pour une résolution profonde de la crise.

Noël Y.A.GLISSOU

[ 266 : du 9 juillet 2007]
Législatives 2007 : Natchaba, super directeur de campagne du RPT ?

A défaut d’être candidat du RPT (Rassemblement du peuple togolais) aux prochaines élections législatives, l’ex-président de l’Assemblée Nationale togolaise et professeur de droit à l’UL (Université de Lomé),  Ouatara Fambaré Natchaba est pressenti aux « fonctions » de super directeur de campagne du vieux parti à ces échéances.

Des sources proches du secrétariat général du parti indiquent que l’homme n’a ni accepté ni décliné l’offre, mais que tout porte à croire qu’il finira par s’exécuter, bon gré mal gré.

Ouatara Fambaré Natchaba a été pendant la législature en cours, député de la partie septentrionale du pays pour le compte du parti au pouvoir. Entre 2002 et 2005, il était le dauphin constitutionnel du défunt président Eyadèma Gnassingbé. Mais la vague de «coups d’Etat» qu’a connue le Togo entre les 05 et 06 février 2005 l’a aussi emporté.

En mission à l’extérieur du pays, l’ex-président de l’Assemblée Nationale à qui il revenait en cas de décès du président de la République d’assumer l’intérim du pouvoir, sera empêché de rentrer au pays pour assumer ses nouvelles fonctions. Faure Gnassingbé sera dans un premier temps désigné à sa place ; « le toiletteur venait d’être toiletté ». Suite aux condamnations nationales et internationales, celui-ci jettera l’éponge et cédera le poste « au plus chanceux des Togolais », El hadj Abass Bonfoh, alors 1er vice président du parlement. « Le toilettage du toiletteur » venait ainsi d’être définitivement consommé. Après moult tractations, il regagnera le pays en provenance du Bénin (accompagné par le président Mathieu Kérékou et rejoindra son parti. Dans la foulée, il retrouvera son siège de député à l’Assemblée.

Alors qu’il pensait pouvoir être « reconduit » dans ses « fonctions » de député, la nouvelle ère de l’ex-parti unique en a décidé autrement. Les élections primaires sont proposées par Faure Gnassingbé et organisées par le parti pour désigner ses candidats aux prochaines législatives. Dans la région des Savanes (dont il est originaire), Natchaba est battu. Ses proches dénoncent une mascarade, mais le parti comme à son habitude préfère s’accommoder d’une mauvaise élection.

Mécontent, l’homme refuse d’accepter le verdict des primaires et met en difficulté, malgré lui dit-on, les candidats retenus (ceux-ci ne pouvant pas aller en pré-campagne).

L’affaire parvient au président national du parti. Celui-ci aurait multiplié sans succès les rencontres avec l’intéressé pour désamorcer la crise.

On en était là lorsque des sources proches du parti ont confié que les premiers responsables du RPT ont fini par lui trouver le « poste » de super directeur de campagne des candidats du parti aux prochaines législatives. L’idée ici serait qu’après ces élections, le parti entend « l’envoyer » au Sénat (en création) ou dans une autre institution où il exercera son art préféré : la rhétorique.

Pour l’heure, bien qu’il n’ait pas le choix, l’homme, selon ses proches, ne semble pas très chaud pour le poste de directeur de campagne et continue d’œuvrer pour retrouver son « siège » de député de la 3ème circonscription électorale de l’Oti. C’est dire que Faure Gnassingbé et Solitoki Esso, respectivement président et secrétaire général du parti, ont du pain sur la planche et devraient batailler dur pour ramener le juriste dans les rangs. N’est ce pas que pendant longtemps le mot d’ordre de ce parti a été : « RPT avant tout, discipline» !

Marc D. KOUAKANI-ASSI

 
Primaires du RPT à Kara : La candidature de Kpatcha Gnassingbé contestée !

D’après des sources généralement bien informées, la candidature de Kpatcha Gnassingbé serait contestée par les populations de la Kara. Des raisons ethniques sont évoquées comme principales causes du refus de voir le fils du père fondateur du RPT (Rassemblement du peuple togolais), représenter le parti à la prochaine bataille électorale.

Le rejet de la population concernerait également les deux autres candidats de la localité, Kpan’le Patassé, ancien directeur général de l’OTP (Office togolais des phosphates) et Bernard Walla, ministre des Petites et moyennes entreprises et de la promotion de la Zone franche.

Selon les arguments avancés par les contestataires de ces candidatures, les trois représentants du RPT sont issus des cantons de Pya (les deux premiers) et de Lama (Walla). Or, pendant longtemps, « ce sont ces deux localités qui ont toujours été privilégiées », fait remarquer une source proche du parti et originaire de la région de la Kara. « Tout est fait comme si les autres cantons ne possèdent pas de cadres capables de défendre les intérêts du parti » s’est plaint une autre. D’après des informations recueillies, dans la plupart des cas, la famille Walla serait la grande bénéficiaire des différentes promotions « destinées » au canton de Lama. Du coté du canton de Pya, tout porte à croire que l’on commence par être lassé par l’envahissement « du nom Gnassingbé », qui est devenu le porte flambeau de cette formation politique. Quant à Patassé, il serait considéré comme l’élu de la « famille royale », et jouirait de ce fait des avantages liés à cette considération.

En plus de ces considérations à caractère ethnique, des doutes planeraient sur la popularité de ces trois personnalités.

Par ailleurs, les autres cantons estiment être lésés dans le partage des postes à responsabilité. Cette contestation aurait créé une situation de crise qui a contraint l’état major du parti à se réunir. C’est ainsi que des séances de travail sont initiées depuis mercredi dernier pour résoudre ce problème et bien d’autres qui fragilisent la cohésion de cette formation politique.  Mais, qui osera, si les populations maintenaient leurs exigences du remplacement de ces trois personnalités, demander le retrait d’un certain Kpatcha Gnassingbé ? That’s the question…

En dehors de ce qu’il convient d’appeler « le problème Kara », les responsables du RPT essaient également de trouver des solutions à la crise qui secoue la région Centrale. Ecarté par les primaires, Abass Bonfoh, l’actuel président de l’Assemblée nationale, voyant sans nul doute lui échapper la chance inouïe et le destin heureux qui l’ont propulsé au sommet  de l’Etat, ne veut en aucun cas lâcher prise. Il se serait imposé comme candidat dans sa région, mettant ainsi à rude épreuve l’efficacité des primaires introduits par Faure Gnassingbé pour accroître les chances de son parti aux prochaines législatives.

Au vu de ce qui précède, il apparaît que la maison RPT est «en feu». Pour la sauver, il faudra une perspicacité de la part de ses premiers responsables qui doivent prendre des décisions objectives et impartiales pour ne pas faire couler la barque « RPT » ; non seulement cette barque mais aussi et surtout tout le régime dont elle est la génitrice.

Une crise profonde au RPT déstabiliserait le pouvoir de Faure Gnassingbé qui, visiblement, est décidé à insuffler une nouvelle dynamique  à sa formation politique. A moins que, comme l’ont annoncé diverses sources proches de la présidence « le jeune » se décide à faire valoir définitivement la différence entre son père et lui en créant sa propre formation politique ; un pas qu’il aura du mal à franchir à l’heure actuelle.

Saturnin S. NOAMESSI

 
Échec de la formation d’un gouvernement africain au sommet d’Accra : A qui la faute ?

Accra, la capitale ghanéenne, devait être la ville historique de la formation du gouvernement des Etats-Unis d’Afrique. Le 9e Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA a pris fin mardi dernier sans avoir réussi à créer cette équipe gouvernementale. Deux camps s’opposent  et la question est renvoyée en janvier 2008, à Addis-Abeba, lors d’une prochaine rencontre. A défaut d’un gouvernement, le Sommet d’Accra a mis en place 4 Commissions pour plancher davantage sur la question.

Ce devait être une mission accomplie pour le président John Kufuor pour marquer les 50 ans de l’indépendance de son pays et faire montre de la bonne santé de la diplomatie ghanéenne depuis qu’il assume la présidence en exercice de l’UA (Union Africaine). Et la déception est d’autant plus grande chez les Ghanéens qui pensaient faire honneur au « père de leur indépendance », le Docteur Kwami N’Krumah, l’un des pionniers du projet des Etats-Unis d’Afrique. L’échec des discussions sur la création d’un gouvernement à l’échelle continentale exprime bien les disparités des points de vue sur la gestion des pays africains.

Pourquoi le projet a-t-il échoué ?

A Accra, le « syndicat des chefs d’Etat d’Afrique » a passé outre à l’idée chère aux premiers dirigeants du continent qui, aux lendemains des indépendances, voyaient l’émergence de l’Afrique à travers une « union sacrée ».

Deux camps s’opposent sur ce projet : celui de ceux qui voulaient tout de suite la concrétisation du projet à savoir, le Libyen Khadafi, le Sénégalais Wade et le Gabonais Bongo Odimba. On retrouve également sur cette ligne, le Togo, conduit par  Faure Gnassingbé. Pour ces pays à majorité francophone, le Sommet d’Accra devait être le ciment de l’unité retrouvée entre les Africains à travers la mise en place du gouvernement de l’Afrique. Ainsi donc, Kadhafi, malgré ses « pétrodollars», n’a pas pu convaincre ses pairs africains sur sa cause et devra à la limite, se contenter des quatre Commissions précitées.

A l’inverse, se trouvent les « puissants » anglophones, aux premiers rangs desquels, l’Afrique du Sud  et le géant pétrolier de l’Ouest, le Nigeria. Pour les dirigeants de ces pays, le projet en soi n’est pas mauvais, mais ils refusent d’aller trop vite en besogne. En fait, ces pays prônent le renforcement des ensembles régionaux à l’instar de la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), la CEMAC (Communauté Economique  et Monétaire de l’Afrique Centrale), la SADC (Communauté pour le Développement de l’Afrique Australe qui regroupe également les îles de l’Océan Indien) et l’UMA (Union du Maghreb). Ainsi, pour Thabo MBéki et ses « complices », le gouvernement de l’Afrique ne peut se faire que sur la base des avancées notables de ces regroupements sous-régionaux.

La position du Togo

Avant le Sommet d’Accra, le chef de la diplomatie togolaise, Zarifou Ayéva, avait organisé plusieurs rencontres sur le plan national pour recueillir l’avis des Togolais sur le projet. La démarche des autorités togolaises est intervenue à une semaine seulement de l’ouverture du Sommet d’Accra. Au delà des résultats de ces consultations, certaines sources ont indiqué que Lomé avait déjà sa position sur le sujet, celle de soutenir le projet de création d’un gouvernement africain. Le pouvoir togolais  peut-il adopter une position différente de celle exprimée par ses soutiens à l’intérieur du continent ? « Pas du tout », répond un professeur de droit. « Depuis la mort du Général Eyadema, la diplomatie togolaise a perdu un peu de sa verve et on note pour l’instant, une politique de  suivisme. On imagine donc que le Togo s’est aligné sur la position de la Libye pour ne pas  fâcher  Kadhafi, considéré comme un soutien de  poids  au régime de Faure Gnassingbé », a-t-il conclu.

Le Togo sous le règne de Gnassingbé père s’est illustré dans le règlement de plusieurs crises sur le continent. Eyadèma Gnassingbé jouissait d’une certaine réputation auprès de ses pairs. « L’homme du 13 janvier » a joué par exemple un grand  rôle dans le règlement de la crise entre le Tchad et la Libye dans les années 1980, au Libéria, en Angola, en Sierra Leone, en Côte d’Ivoire etc. C’est également sous l’impulsion d’ Eyadèma Gnassingbé que les bases de la mutation de l’OUA (Organisation de l’Unité Africaine) en l’UA (Union Africaine) ont été posées lors du Sommet de 2000 à Lomé. Même si elle était qualifiée de « diplomatie de billets de banque », la diplomatie togolaise avait le mérite de se singulariser et d’être indépendante.

Le « tout-puissant » Kadhafi

Depuis son isolement dans le monde arabe, le « Guide » de la révolution libyenne, Muammar Kadhafi, tente de récupérer le projet du panafricanisme à son compte. Mais la personnalité du guide libyen pose problème. Il y a bien de sujets sur lesquels la Libye n’est pas tout à fait un bon élève ; les Droits de l’Homme et les questions de démocratie pour ne citer que ces deux la. On note également chez Kadhafi un certain prosélytisme. Ainsi, beaucoup de chefs d’Etat africains craindraient l’influence de sa religion (l’islam) dans un gouvernement continental dans lequel la Libye aura un grand rôle à jouer.

Au cours des débats du 9e Sommet de l’UA, il a même refusé de prendre la parole parce que l’hôte de la rencontre, John Kufuor, l’a désigné sous le nom de « président de la Libye ». « Il n’y a pas de président en Libye, il n’y a qu’un Guide », a-t-il déclaré créant ainsi un scandale diplomatique. « Comment voudra-t-on créer un gouvernement d’envergure continentale si les premiers responsables ont du mal à se respecter entre eux-mêmes ? », s’interroge un observateur. Chacun cherche en réalité à s’imposer. Dans ces conditions, il est normal que des gens manifestent leur hostilité face à ce projet des Etats-Unis d’Afrique.

Les ambitions personnelles

Les questions de souveraineté et d’identité personnelles en Afrique constituent un autre frein à la création des Etats-Unis d’Afrique. En effet, il se dit que certains dirigeants africains conçoivent mal ce projet dans la mesure où plus tard, ils seront amenés à perdre des privilèges dont ils jouissent actuellement. Dans ces conditions, beaucoup d’interrogations existent sur la personnalité de celui qui devra être à la tête de l’équipe continentale. Dans une Afrique où les ambitions ne sont pas toujours les mêmes et où les intérêts diffèrent d’un président à un autre, il serait difficile que du jour au lendemain, des gens acceptent d’abandonner leur « proie » au profit d’une union.

Par ailleurs, il existe actuellement, une brouille entre les « trois grands » du continent à savoir le Nigeria, la Libye et l’Afrique du Sud. Paradoxalement, ces pays constituent les chefs de file des ensembles régionaux sur lesquels d’autres pays devront s’appuyer pour conduire la barque « Afrique » vers le fédéralisme. De plus, une certaine dichotomie prévaut dans la gestion des pays qui sont conviés à créer le gouvernement unique d’Afrique. En effet, sur le continent, il y a des pays qui connaissent des avancées en matière de démocratie et d’autres qui peinent à s’ouvrir aux changements démocratiques. La cohabitation serait donc difficile entre ces deux blocs. Toutefois, selon le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheick Tidiane Gadio, on ne doit pas attendre d’avoir tous les arguments possibles avant la création de ce gouvernement : « C’est dire que nous ne sommes pas convaincus que ceux qui ont bâti les Etats-Unis d’Amérique, que les premiers qui ont signé l’acte de la constitution américaine et qui étaient ressortissants de 13 Etats ont attendu d’avoir tous les arguments économiques, politiques et socioculturels ; d’avoir tous les bons arguments pour aller à l’unité. Il y a quelque part dans l’histoire des peuples, des moments forts où il faut avoir le sens du destin (…). Nous devons nous demander si, la génération qui nous a précédée, la génération actuelle et celle qui doit venir, sommes tous prêts à remplir notre mission et à bâtir l’unité de l’Afrique », a-t-il confié au journal ivoirien, Fraternité Matin.

Les conflits sur le continent

Le continent africain est encore le théâtre de plusieurs conflits armés et divers observateurs n’imaginent pas la formation d’un gouvernement en l’état actuel des choses. Il faut donc arriver un jour à régler tous ces problèmes ou à la limite, trouver une méthode de résolution plus efficace de ces calamités. Les pays les plus riches de l’Afrique seront amenés à contribuer beaucoup plus que les autres au financement de ce gouvernement et cela, nombre d’entre eux, ne veulent pas en attendre parler, du moins pour le moment.

L’Afrique veut à travers le fédéralisme constituer un  autre pôle de prise des grandes décisions de la planète. Un projet ambitieux qui, cependant, pour se réaliser, exige des sacrifices et un dépassement des considérations égoïstes. Mais, les dirigeants africains sont-ils prêts à le faire ?

Noël Glissou

 
Fait divers : Le dilemme de Razak

La scène se passe dans l’un des centres  hospitaliers à Lomé. Un bouquet de fleurs à  la main, pétrifié, Razak sent ses jambes l’abandonner. Le monsieur, un haut cadre d’une organisation internationale au Togo, est confronté à un dilemme. Faut-il s’occuper de sa femme qui vient de s’évanouir (elle est sage-femme dans cet hôpital) ou rester au chevet de sa maîtresse qui lutte contre la mort après un accouchement difficile ? Ce qui est sûr, dans son for intérieur, Razak, à l’instant même, regrette  son infidélité qui risque de coûter la vie à deux personnes.

Comme il est de coutume chez les « grotos » d’entretenir des relations extraconjugales avec des jeunes filles, Razak sort, il y a un bon bout de temps, avec la petite Tatiana dont il a fait connaissance lorsque cette dernière était en stage dans son service.

Avec sa femme, Razak se fait passer pour le mari le plus sérieux, le plus attentionné qui puisse exister. Naturellement, son épouse, Mariana, crut  à son «chéri coco» et ne cessait de se vanter devant ses copines d’être tombée sur un mari exemplaire.

Razak menait ainsi paisiblement sa double vie; il faut dire qu’il a les moyens de sa « politique » car, ce ne sont pas les moyens financiers qui lui font défaut.  Lorsqu’il allait manger au restaurant avec sa dulcinée Tatiana, celle qui lui évitait à ses yeux d’avoir une vie monotone, il rentrait tardivement à  la maison en faisant croire à sa femme qu’il était invité à un dîner de gala ou à une conférence de presse et par conséquent, il ne pouvait plus prendre son repas du soir. Les jours où il ne peut pas tromper la vigilance de son épouse, Razak s’arrange à rentrer tard dans la nuit, quand madame est déjà au lit. Il profite souvent du sommeil de Mariana  pour donner son repas à ses deux chiens, de peur que celle-ci se rende compte le lendemain qu’il n’avait pas mangé la nuit précédente. «Que c’est salutaire d’avoir un chien chez soit », disait-il tout souriant. Des années passèrent sans que Mariana ne sache que son « adorable chéri » mène une vie à double vitesse. Razak devenait de plus en plus attentionné avec elle. Mariana mettrait ses doigts à couper pour croire que son « homme » n’est pas exactement ce qu’il prétend être !

Un jour, Tatiana annonce à Razak qu’elle est enceinte. Affolé, Razak passe par tous les moyens pour la convaincre de mette fin à cette grossesse qui risque de lui compliquer la vie. Mais en vain. La jeune fille est prête à garder la grossesse quel que soit le prix à payer et elle menace même de faire un scandale si Razak ne s’occupe plus d’elle. Désarmé, ce dernier se résolut malgré lui à être père de nouveau. Les analyses échographiques le réconforteront  dans sa décision. Le futur nouveau-né est une fille alors que sa femme ne lui a fait que trois garçons jusqu’à présent. Razak était tout heureux à l’idée d’avoir une fille puisque, pendant longtemps, il était prêt à dépenser sa fortune pour en avoir.

Neuf mois se sont écoulés sans que Razak ne s’en rende compte. Ce lundi matin-là, la maman de Tatiana  l’appelle pour lui apprendre que sa « femme » est en travail (elle est sur le point d’accoucher). Sans tarder, Razak appelle son ami Toussaint qui est médecin dans une clinique de la capitale pour lui annoncer l’arrivée de sa « femme ». Malheureusement, l’accouchement se révéla difficile et il fallut évacuer Tatiana au CHU-Tokoin.  Là, les médecins arrivèrent à la délivrer par césarienne, mais elle était très fatiguée parce qu’elle a perdu assez de sang.

Tout joyeux d’avoir enfin une fille, et en attendant de trouver la meilleure façon d’annoncer cette nouvelle à sa femme, Razak achète un bouquet de fleurs et se rend à l’hôpital. S’il savait qu’une surprise désagréable l’attendait! Sa joie lui avait obnubilé les yeux à telle enseigne qu’il oublia que sa femme légitime y travaille. 

Dans la salle d’hospitalisation, l’heureux papa se retrouva donc nez à nez avec sa femme qui, le voyant avec un bouquet de fleurs, avait tout compris. La jeune mère est bien sa coépouse. Aussitôt, elle tombe évanouie. Ah, la pauvre, elle a veillé toute la nuit pour s’occuper de Tatiana. Des deux femmes, de qui allait-il s’occuper ? Razak suait à grosses gouttes !

Grégoire Awesso

 
Coupure anarchique du courant : Qu’en dit la CEET ?

Décidément les togolais ne comprennent plus rien du délestage. Non seulement ils constatent son aggravation, mais ils observent aussi des coupures anarchiques du courant. Et nombreux sont ceux qui s’en plaignent tous les jours. « Que se passe t-il au juste à la CEET ? » s’interroge Athanase qui se plaint de n’avoir vu la lumière que pendant une heure de temps mercredi dernier (dans son quartier à Amoutiévé), alors que dans d’autres quartiers de Lomé, certains disent en avoir eu pour 16 voire 20 heures de temps au moins.

Et pourtant la CEET (Compagnie d’Energie Electrique du Togo) a établi un programme de fourniture destiné, a priori, à prévenir et à épargner la population des coupures intempestives et imprévisibles.

Mais voilà, il se fait que Noupokou Dammipi et ses collaborateurs n’arrivent pas à respecter le programme qu’ils ont eux-mêmes concocté. Selon un responsable de la direction d’exploitation, service en charge des coupures et des fournitures à la CEET, cet état de chose est lié aux caprices des fournisseurs de la CEB (Communauté Electrique du Bénin), principal fournisseur de la CEET.

En effet, expliquent ces techniciens, « il arrive qu’avant d’élaborer son programme, la CEET soit amener à constater une disponibilité énergétique de 80 mégawatts de courant et que quelques jours après, on lui dise qu’il n’y a plus que 50 mégawatts de courant disponible sur le réseau. » 

Dans le premier cas, vu le fait que la société ne peut pas stocker le courant, alors, elle distribue ce qu’elle a au maximum de consommateurs possible. Ce qui fait, disent-ils, que même ceux qui ne sont pas censé être alimentés pendant certaines tranches horaires, le sont que, d’autres eux ont le courant au-delà de  l’heure de fourniture normale prévue dans le programme.

La deuxième situation, la plus décevante pour les populations, est celle où la quantité de courant disponible avant l’élaboration du programme de fourniture, connaît une baisse. Dans ce cas, disent les techniciens de la CEET, « nous n’avons pas le choix, nous coupons le maximum de foyers possible ! Même ceux qui n’étaient pas prévu être coupé en ce moment », précisent-ils. 

Selon les responsables de la compagnie, le premier cas est  plus fréquent les week-ends et les jours fériés où les industriels et l’administration ne tournent pas.

En plus, certains fournisseurs, tels que la CIE (Compagnie Ivoirienne d’Electricité) et la VRA (Volta Region Authorithy) ne seraient pas trop exigeants pendant les week-ends où ils autorisent des «tirages» allant entre 20 à 30 mégawatts pour la VRA à 10 à 20 mégawats pour la CIE.  

A l’inverse, pendant les jours ouvrables, c’est le programme établi qui est censé être respecté. Mais au cas où une turbine ou une panne intervient dans le circuit, celui-ci (le programme) devient caduc (d’où les coupures intempestives et anarchiques).

Par ailleurs, d’après le programme actuel, ce sont les zones administratives et industrielles qui sont privilégiées. Selon ce programme, ces deux zones devront avoir du courant  entre 7 h et 17 h voire 19 heures selon la disponibilité du courant, alors que les zones de « ménages » sont divisées en deux groupes alternatifs. 

Le groupe A est censé avoir le courant entre 23 h et 7 h au cours de la première semaine alors que le groupe B devrait l’avoir entre 15 h et 19 h au cours de la même période. La semaine d’après, on inverse la programmation et c’est le groupe A qui a le courant le jour alors que le groupe B l’a la nuit.

En un mot, les responsables de la CEET semblent vouloir  décliner  leurs responsabilités dans l’affaire des coupures anarchiques.  Ce que n’entendent pas accepter les populations qui ne cessent de crier leur ras-le-bol sur cette compagnie qui parait impuissante devant la crise actuelle.

L’impuissance de la CEET et le cri de détresse de la population amènent à s’interroger sur les alternatives ou les plans de secours envisagés par l’Etat. Surtout qu’une rumeur fait état d’une opération de levée de capitaux sur le marché financier régional.  

Marc D. KOUAKANI-ASSI

 
Lutte contre la torture au Togo : Le gouvernement invité à plus d’efforts

En fin de séjour au Togo, la mission de suivi des recommandations du Comité des Nations Unies contre la torture  a rendu public son rapport sur la situation du Togo. Ensemble avec des associations de défense et de promotion des droits de l’Homme, la mission, tout en prenant en compte les efforts du gouvernement pour une action efficiente dans le cadre de la promotion des droits de l’Homme, a formulé des recommandations à l’endroit des autorités du pays. Celles-ci visent surtout à accompagner les actions déjà entreprises  afin de les rendre plus efficaces pour une consolidation de la lutte contre la torture au Togo.

C’est à l’occasion d’une séance de travail avec la presse ce jeudi 05 juillet 2007à la paroisse Saint Antoine de Padoue de Hanoukopé à Lomé que la mission a fait le bilan de ses travaux au Togo.

Selon Patrick Mützenberg, responsable de programme à l’OMCT (Organisation mondiale contre la torture), une ONG (Organisation non gouvernementale)  basée à Genève, en Suisse, des avancées notables ont été enregistrées ces derniers temps. Ces avancées à mettre à l’actif des efforts déployés par le gouvernement pour la mise en œuvre des recommandations du CAT (Comité des Nations Unies  contre la torture), bien qu’importantes, ne satisfont pas en totalité les attentes des associations de lutte pour l’abolition de la torture et tout autre traitement inhumain et dégradant.

C’est ainsi que le gouvernement a été convié au respect de toutes les recommandations initialement formulées  à son endroit par le (CAT) puis relayées par la présente mission avec l’appui des ONG opérant sur place.

Les autorités sont conviées dans ce cadre à « impliquer activement les organisations de la société civile à la préparation des rapports périodiques destinés aux Organes de traités et au suivi des recommandations ». Une autre requête jugée assez importante par Guillaume Colin, secrétaire exécutif adjoint de la FIACAT (Fédération Internationale de l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture) membre de la mission de suivi et d’évaluation, est la nécessité de la ratification  du protocole facultatif  de la convention contre la torture par l’Etat togolais. Selon ses explications, ce protocole a pour objectif de « prévenir la torture et les autres formes de mauvais traitements en établissant un système de visite régulière aux lieux de détention, menées par des organes internationaux et nationaux indépendants ».

En plus de ces deux recommandations, il a été demandé aux gouvernants de mettre tout en œuvre pour « intégrer dans l’arsenal pénal togolais, la définition du crime de torture ainsi que les sanctions y afférentes ». Il leur est par ailleurs demandé de trouver des stratégies appropriées  susceptibles de garantir la sécurité de toute personne  dénonçant  des tortures  ou des mauvais traitements.   

La lutte contre l’impunité, un sujet préoccupant pour la plupart des associations, mouvements et organisations de défense des droits humains, a été également prise en considération. Pour la mission et les défenseurs des droits de l’Homme, il urge qu’un combat soi mené contre ce phénomène à travers « la mise en place d’un mécanisme d’enquête pénale, efficace et indépendante  sur les cas de tortures et autres mauvais traitements ».

Enfin, le respect des délais d’établissement des rapports à soumettre au CAT a été rappelé au gouvernement.

Depuis la ratification de la Convention des Nations Unies contre la torture par l’Etat togolais, le premier rapport d’étape de la mise en œuvre  de cette convention  n’a été envoyé qu’en mai 2006, après 17 ans de retard. Parallèlement au rapport envoyé par l’Etat togolais,  l’OMCT a élaboré un autre document alternatif sur la violence étatique et la pratique de la torture et autres mauvais traitements au Togo. Selon Patrick Mützenberg, ce rapport alternatif a été préparé en étroite collaboration avec des ONG togolaises et des membres de la société civile.

Un examen des deux rapports a permis de formuler des recommandations à l’endroit des autorités du pays. C’est pour un travail de suivi de ces recommandations, que la présente mission est arrivée au Togo. Elle a été appuyée dans ses travaux sur le territoire togolais par l’ACAT-Togo (Action des chrétiens pour l’abolition  de la torture), Amnesty International Togo, le Bureau International Catholique de l’enfance, le Collectif des associations contre l’impunité au Togo, le conseil consultatif des femmes du Togo, la Commission nationale des droits de l’Homme, « Enfants radieux », la Ligue togolaise des droits de l’Homme et bien d’autres associations.

Saturnin S. A. NOAMESSI

 
 

 
 
 
 
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