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[ No 120: 30 juin 2006]
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Hommage national à maman N’Danida :
La tradition en marche |
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Au Togo, en matière de fête,
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difficile de faire la part des choses
et de distinguer ce qui est officiel
de ce qui ne l’est. Les évènements
marquant la famille présidentielle
sont assimilés à l’Etat et sont
célébrés comme une apothéose
nationale. Cela s’apparente à une
civilisation royale où tout ce qui
touche au souverain et à ses proches
marque avant tout l’histoire de la
société.
C’est vrai, le souvenir des morts est
une pratique particulièrement chère à
l’Africain ; ce n’est pas comme Boris
Eltsine (l’ex président russe) qui
avait enterré sa défunte mère, presque
dans la clandestinité.
De Lomé à Pya, le culte rendu à la
mémoire de Eyadema est aisément
compréhensible à divers égards. Mais
l’hommage officiel rendu aux autres
défunts de sa famille à l’anniversaire
de leur disparition, à l’instar de la
« vénérée maman N’Danida »,
implique-t-il forcément une
mobilisation de l’Etat ? |
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Le souvenir des défunts de la famille
Gnassingbé est-il un évènement
national ? La question reste
diversement appréciée.
Pour certains, il s’agit d’un non
évènement, car seul le président de la
République est une illustre
personnalité en tant qu’institution et
non les autres membres de sa famille.
D’autres, partisans du pouvoir
togolais pensent le contraire. Pour
eux, en tant que « père de la
nation », Eyadema se devrait
d’être vénéré, au même titre que sa
mère qui l’aurait « offert en
cadeau au peuple togolais », une
conception qui complique davantage la
compréhension du phénomène, mais
éclairé en revanche sur la spécificité
du pouvoir au Togo, par rapport à sa
gestion. De cette particularité de
gestion jusqu’aux évènements du 05
février2005, le pas est vite franchi
pour préserver le fauteuil
présidentiel et les Gnassingbé
essuient de vives critiques d’avoir
fait de la chose étatique, leur
patrimoine, car les faits ne leur
donnent pas raison.
En Afrique, le souci d’obsèques dignes
à un parent défunt est légitime. Les
obsèques d’une mère sont un défi, une
démonstration de fierté pour ses
orphelins. Maman N’Danida a ainsi
bénéficié d’obsèques grandioses,
nationales, à son décès en 1984. Mais,
dans une certaine dérive, son image a
été inculquée et développée à la
conscience collective, sous forme
d’héroïne nationale, appuyant ainsi
fastidieusement le culte de la
personnalité dont a bénéficié d’abord
Eyadema lui-même de son vivant. Ce
culte était impressionnant.
Le 28 juin est considéré comme «
jour fatidique » où le peuple a
perdu « une mère », celle du « père
de la nation ».
Une occasion pour mobiliser tout le
gouvernement à Pya. Les étudiants de
la chorale « Avenir » de
l’Université de Lomé, désertent les
amphis pour la cause. Elle est
lucrative.
Puis pour matérialiser cette conquête
du peuple par l’image à la fois de la
mère et du fils, le buste de Maman N’Danida
est érigé sur l’esplanade du Stade
omnisport de Lomé, à quelques pas de
celui du fils, Eyadema, sur le vaste
esplanade de la « maison du parti »
rebaptisée «Palais des Congrès ».
Mais les deux blocs de bronze
disparaîtront nuitamment aux moments
chauds de la révolte populaire des
années 90, tout comme celui qui
trônait devant le somptueux marché
Maman N’Danida de Hédranawoé. C’était
à n’en point douter, pour les extirper
des affres des « casseurs » et
« Ekpémog » de cette époque
d’agitation sociale et politique. Mais
tout n’avait pas disparu, comme en
témoignent les troupes majorettes
Maman N’Danida de Lomé et Kara, de
même que la
cité Maman N’Danida, route de
Kpalimé, à Adidogomé….
De plus, le Général éprouvait une
certaine fierté à recevoir ses hôtes
sur ses terres. Il en était devenu
fantaisiste. Le caveau familial était
devenu un Site touristique où devaient
passer les visiteurs pour
l’incontournable « dépôt de gerbes »
et la « signature du livre de
condoléances »
Aujourd’hui, Faure perpétue la
tradition, à la différence peut- être
que cela ne marque pas l’actualité
singulière des médias d’Etat une
semaine durant. Mais le lieu se veut
toujours touristique après avoir
accueilli Koromsa, Kabissa et surtout
Eyadema. Les Eperviers du Togo en
savent quelque chose après leur double
qualification CAN-Mondial 2006. En
privilégiant la tombe de Eyadema, ils
ont dû oublier celle de l’ex Epervier,
Atchalimondom Gnassingbé.
Cela dénote d’une certaine
focalisation à outrance de la vie
politique sur ce qu’a fait Eyadema.
Ses détracteurs, de même que ses
encenseurs tombent dans ce piège,
comme-ci le Togo n’existait pas avant
lui. Le jeune Faure, successeur
controversé de son père à la
présidence joue la carte de la
continuité de ces fêtes grandioses
dans lesquelles il a grandi, depuis le
jus de fruits jusqu’à la bière. En
juin 2005, il avait été suspecté
réticent à la commémoration du
souvenir de la «grand-mère de la
nation». Mais, il est clair, cette
fois-ci (juin 2006), qu’il s’y est
résolu. Son père avait l’habitude de
célébrer des fêtes qui renforçaient le
mythe de sa propre personne (13
janvier, prise du pouvoir, 24 janvier-
accident d’avion, 23 septembre-
victoire sur les terroristes…), des
évènements également célébrés à l’ère
Faure.
Et pourtant, dans la logique, à
défaut d’être l’ « homme du 05
février », il est plutôt celui du
« 24
avril 2005 »;
un anniversaire électoral dont la
première édition (24 avril 2006) a dû
passer dans la clandestinité du fait
qu’il coïncidait également avec un
massacre de populations, 500 morts
selon l’ONU, 150 morts d’après la
Commission Koffigoh, et 800 selon la
LTDH. Un défi de remède à l’impunité
pèse sur le successeur de Eyadema pour
qu’il puisse savourer avec faste et
parade l’anniversaire de sa montée au
pouvoir. A défaut, il ne pourra écrire
et jouir de sa propre histoire.
Dodji Aimé ABALO |
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Mise en fonction des postes de péage
La LTDH réagit:
« C’est
un acte de soumission des citoyens à
la torture» |
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La Ligue Togolaise des Droits de
l’Homme (LTDH) dans une déclaration en
date du 28 juin 2006, « s’indigne
et s’insurge » contre la décision
du conseil des ministres, de rendre
opérationnel « quatre postes de
péage érigés sur les routes nationales
du Togo », dès le 1er
juillet 2006.
Dans cette déclaration, la ligue
estime que cette décision trop hâtive
constitue une atteinte aux droits de
la population, étant donné que le
« gouvernement a institué et perçoit
déjà multiples impôts et taxes pour
l’entretien routier ». Malgré
cela, « les routes du Togo
demeurent dans un état de délabrement
très avancé, voir quasi impraticable,
source d’insécurité et d’accidents
meurtriers », fait constater la
LTDH. Elle rappelle par ailleurs que
« les raquettes policières et des
gendarmes sur les routes sont
comprises dans les tarifs de transport
payés par les citoyens sur les
différents axes routiers du Togo ».
Une raison suffisante pour que cette
décision soit abrogée le plus tôt
possible, selon la ligue.
A l’heure où le Togo est déjà
confronté à des hausses répétitives du
prix des produits pétroliers et des
denrées alimentaires, contre
lesquelles la gouvernement n’a pris
aucune « disposition », ni
mesure d’accompagnement, la ligue
estime que cette nouvelle décision
accentue « la situation de
précarité et de souffrance dans
laquelle les autorités ont enfoncé les
paisibles populations togolaises ».
Pour la ligue, cela constitue une « violation
flagrante des droits socio-économiques
de tout un peuple, un acte de
soumission des citoyens à la torture »,
vu la baisse du pouvoir d’achat de la
population et la situation économique
que traverse les Togolais depuis plus
d’une décennie.
Elle dénonce à cet effet, cette
nouvelle disposition et rappelle
au peuple « son droit de
revendication de meilleures conditions
de vie et de travail garantie par les
textes de loi en vigueur » au
Togo. La Ligue dans sa déclaration
exige que les « autorités accordent
un sursis à exécution immédiate de
cette décision, jusqu’à la
réhabilitation totale des
infrastructures routières ». Car,
sa mise en application aura des
« répercutions fâcheuses sur les
conditions de vie des citoyens telles
qu’une nouvelle augmentation du tarif
des transports, l’aggravation du non
respect des clauses d’assurance par la
pratique des surcharges ». En cas
de non exécution de cette doléance, la
Ligue Togolaise des Droits de l’Homme
« se réserve le droit d’appeler le
peuple à l’insurrection jusqu’à
l’abrogation de cette décision ».
Ange-Marie DJIKPOR |
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Pour assainir les medias, la HAAC est
formelle :
Plus de tapage des tradithérapeutes |
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A compter du 1er octobre
2006, tous les médias audiovisuels du
Togo doivent cesser de diffuser des
spots publicitaires des
tradithérapeutes. La décision a été
rendue publique le 28 juin dernier
par la Haute Autorité de
l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC),
lors d’une séance de travail avec les
responsables des médias, en son siège,
à Agbalépédogan, banlieue Nord-est de
Lomé.
Les responsables de la HAAC justifient
cette décision par le fait que les
articles « 44 et 45 du cahier de
charges et obligations générales des
sociétés de diffusions sonores et
télévisions privées n’autorisent pas
ces pratiques. » La HAAC dénonce
par ailleurs l’usurpation de titres de
« docteur ou de professeur »
que se donnent les tradithérapeutes.
Selon l’institution, cet état de
choses est contraire à leur
profession.
Outre la publicité sur les médicaments
des tradithérapeutes, l’autorité de
réglementation exige des médias
audiovisuels de mettre fin à la
promotion sur leurs chaînes les
boissons alcooliques, du tabac, la « commercialisation
de l’image féminine » et la
pornographie.
Il est également demandé aux médias
privés concernés de revoir leurs
programmes car estiment la HAAC la « programmation
anarchique des spots de publicité et
la présence démesurée de ces vendeurs
d’illusions de charlatans et de
pasteurs de toute sorte prennent le
pas sur le professionnalisme et le
rôle qui leur est dévolu. »
Ces décisions ont provoqué de vives
réactions chez certains patrons
d’organe de presse. « Ces
décisions ont été prises sans notre
avis ; nous ne vivons que de cela. Ca
va être dur pour nous. Nous verrons
dans quelle mesure cette décision va
être appliquée », s’est alarmé,
Luc Hussel Adjaho, patron de TV ZION.
Faux, rétorque Philippe Evégno,
Président de la HAAC, qui indique
avoir averti depuis novembre 2005, les
médias qui se prêtent à ces pratiques.
Jacques Djakouti Mitri, président de
l’Union des Radio et Télévision Libres
du Togo (URATEL) , pour sa part se
veut conciliant « je sais que c’est
dur pour les patrons des médias
privés, mais je pense qu’il vont
concevoir d’autres programmes pour
faire entrer des fonds », a-t-il
conseillé.
Les guérisseurs traditionnels
connaissent une ascension vertigineuse
au Togo depuis les années 2000.
La crise sociopolitique que traverse
le pays depuis 1990, les difficultés
financières de l’Etat à faire face aux
besoins sanitaires d’une population
sans cesse croissante et la cherté des
produits pharmaceutiques, expliquent
la prolifération des tradithérapeutes,
qui vont jusqu’à prétendre guérir
toutes sortes de maladies même, le
Sida. Certains médias audiovisuels se
sont spécialisés dans la promotion de
ces « vendeurs d’illusions et
autres diseurs d’aventures. »
Une autre rencontre est prévue
aujourd’hui entre la HAAC et les
responsables de la presse écrite.
Noël GLISSOU |
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Réfection de la Nationale N° 1 :
Koffi Sama revient aux affaires |
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Le
22 juin dernier, le
gouvernement togolais a signé avec
Progosa, un groupe de manutention
portuaire, un accord pour la réfection
de la route Lomé- Dapaong.
Au cours de la cérémonie, Jacques
Dupuydauby, Président de Progosa, a
annoncé que les travaux de la
réhabilitation de cette route longue
de plus de 680 km seront dirigés pour
le compte du Togo par M Koffi Sama,
l’ex premier ministre sous Gnassingbé
1er.
Vétérinaire de formation, il est
membre du bureau politique du
Rassemblement du Peuple Togolais (RPT).
Il s’est illustré comme l’un des plus
grands attristés de la mort du général
Eyadema, une mort qu’il a qualifiée de
« catastrophe nationale » au
soir du
05 février 2005.
Visiblement traumatisé par la
disparition de son ancien mentor, il
n’a pas pu retenir ses larmes lors de
l’oraison funèbre qu’il a lue le 13
mars 2005 au Palais des Congrès de
Lomé devant les micros des chaînes
nationales et internationales. Son
gouvernement laissé intact après le
décès du général a préparé les
élections qui ont vu l’accession
controversée au pouvoir de Faure
Gnassingbé. L’ex
premier ministre aurait
déclaré, à l’époque, lors d’un conseil
des ministres « qu’il vaut mieux
trois mille morts que de sacrifier un
peuple ». Une révélation faite par
François Akila-Esso Boko, ancien
ministre de l’Intérieur et de la
Décentralisation qui a claqué la porte
à la veille de la présidentielle du
24 avril 2005.
C’est sans surprise qu’il revient aux affaires
puisque, déjà, le jour de la passation
de service à la Primature, Edem Kodjo,
nommé à son remplacement, souhaitait à
son prédécesseur un retour rapide aux
services de la nation.
Noël GLISSOU |
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Crise à la
ftf :
Dogbatsè, Amégnran et Assogbavi
menacés ? |
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« Le Togo est un pays où désormais tout est possible ».
Cette phrase de Zickgraph marque toujours
l’actualité du football togolais. La crise qui a
terni la participation des Eperviers à la coupe du
Monde 2006 continue d’enregistrer de multiples
rebondissements.
Le dernier ce sont les diverses menaces dont font
l’objet certains membres de la fédération depuis
l’annonce de leur intension de démission. Winnie
Dogbatsè, Théodore Amégnran, Espoir Assogbavi,
respectivement premier et deuxième vice-présidents
et secrétaire général de la FTF ainsi que quatre
autres de leurs collègues sont devenus des cibles à
abattre. Une situation qui serait empirée suite à
une émission diffusée dans la semaine sur une chaîne
de radio locale, émission dans laquelle ils sont
revenus sur les magouilles et la gestion opaque de
la fédération togolaise de football.
Depuis lors, Winnie Dogbatsè se serait retrouvé dans
une situation d’insécurité apparente. Les nombreuses
tentatives du journal Golfe Info, hier, pour obtenir
de lui un entretien, ont été vaines. Quant à
Théodore Amégnran, il paierait le prix de ses propos
acerbes contre son président. Resté en France, après
la déroute des Eperviers, il serait selon certaines
informations en train de suivre des traitements
médicaux. Mais d’autres estiment qu’il y
a
trouvé refuge. Quant à sa femme et ses enfants
restés à Lomé, ils seraient à maintes reprises
victimes de harcèlements et d’intimidations.
Pour l’heure, tout porte à croire que Rock
Gnassingbé soit décidé à conserver à n’importe quel
prix son poste. C’est ce qui justifierait ses
nombreuses tentatives dans le but de soudoyer les
sept membres démissionnaires du bureau afin de les
persuader
à
ne pas passer à l’action. Il aurait proposé des
millions de FCFA à certains qu’il jugerait trop
bavard. Tout sera plus clair lors d’un éventuel
point de presse de la FTF très attendu.
Saturnin
S. Noamessi |
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