|
Da Massan, ménagère dans le quartier Xédzranawoé
(banlieue nord-est de Lomé), âgée d’une trentaine
d’années est friande de corps chauds de jeunes
hommes qu’elle entretient sur le dos de son mari
Daniel, imprimeur de son état. Et pourtant ce n’est
pas de l’attention ou de l’affection qui lui manque
de la part de celui qui a consenti des sacrifices
pour lui assurer son train de vie. Bijoux, pagne,
commerce…, tout est bon pour manifester à l’être
aimé tout l’amour qu’on lui porte. Mais, le seul
reproche de Daniel, c’est de découcher le plus
souvent pour raison de travail.
Kokou est le dernier venu dans le quartier. Jeune
homme bien bâti avec des épaules d’athlète, il
paraît plus âgé qu’il ne l’est et beaucoup lui
donneraient volontiers 25 ou 30 ans. Il n’a que 18
ans et n’a pas tardé à taper dans les yeux de Da
Massan qui voit en lui, un moyen de combler les « nombreuses
nuits passées seule dans le froid » de sa
chambre. Telle une bête guettant sa proie, elle
multiplie les assauts et finit par conquérir le
jeune Kokou.
« Kokou, viens m’accompagner au marché, Kokou,
aide-moi à faire le ménage… », autant de
sollicitations de la part de Da Massan qui ont fini
par payer, faisant du jeune usurpateur un être
plutôt serviable apprécié par Daniel. Mais les
habitants du quartier s’inquiètent de cette relation
et de fil à aiguille, la nouvelle tombe dans les
oreilles de Daniel.
Il décide alors de donner une correction à ce jeune
qui abuse de sa confiance et le cocufie depuis un
certain temps. La veille de l’examen alors que ses
camarades révisaient assidûment leurs leçons, Kokou,
à son habitude, est entre les jambes de Da Massan,
en plein ébat amoureux. Et c’est le moment choisi
par Daniel pour débarquer avec des amis à la maison.
Son cœur est déchiré quand il entend les
gémissements de sa femme, au rythme martelé de
Kokou.
Après une course poursuite dans le quartier, Kokou
est rattrapé par ses poursuivants qui ne sont pas
allés de mains mortes pour lui ôter l’envie de
courir la femme d’autrui.
Kokou, bien qu’essoufflé a quand même la force
d’interdire qu’on continue par lui taper sur le bras
gauche, victime d’une précédente facture. L’un des
supplicers comprit, et comme pour lui rendre
service, passe au bras suivant, le droit.
Il invite les autres à faire plaisir à
Kokou en ne lui « caressant que le bras droit ».
le
malheureux sent son bras l’abandonner, ayant produit
un certain bruit; il est brisé. Kokou est à bout de
souffle. Les cris des femmes qui ont accouru
n’entament en rien la rage de Daniel à en finir.
Mais, une autre détonation, ou mieux une
déflagration viendra sauver le pauvre. Elle viendra
de son anus. Ses bourreaux l’abandonnent à moitié
évanouie, baignant dans sa propre bouse. Il ne se
réveillera qu’à l’aube le lendemain. Kokou se sent
mal, et sent mauvais. Il est 6 heures. Ses camarades
qu’il voit passer se rendent au centre d’écrit pour
la 1ère épreuve…
Edem K. ASSIGNON |