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Golfe Info |
3 juillet 2007
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[
N°264: du
2 juillet 2007]
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Gestion des affaires publiques
Faure Gnassingbé manque-t-il d’autorité ? |
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Il
y a plus de deux ans que Faure Gnassingbé préside
aux destinées du Togo. De plus en plus, l’on se rend
compte de certains dysfonctionnements dans la gestion
du pays. Certains responsables prennent des airs de
liberté et le chef de l’Etat, Faure Gnassingbé,
semble ne pas les maîtriser. Le pouvoir de Faure,
est-il un mirage ? |
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Dans les communautés africaines en général et en
particulier au Togo, la conception de la notion de « chef »
est celle d’une personne jouissant d’une certaine
carrure, capable d’aller au-devant des situations et
disposant d’une certaine autorité vis-à-vis de ses
sujets. Contrairement à ses prédécesseurs, Sylvanus
Olympio et Eyadema Gnassingbé qui, de par leur
charisme ont su imprimer une certaine marque à leurs
actions, le chef de l’Etat actuel du Togo, Faure
Gnassingbé, pour l’instant, continue de tituber dans
ses prises de décision. Son pouvoir est soumis aux
pesanteurs du passé et a du mal à immerger.
De
quoi s’agit-il exactement ?
Dans sa famille politique où le système est basé sur
une oligarchie puissante, Faure Gnassingbé éprouve
des difficultés à faire passer des réformes
démocratiques. L’organisation des élections primaires
pour le choix des candidats au sein du RPT
(Rassemblement du Peuple Togolais), a montré que les
« nostalgiques de l’ère Eyadèma » ne sont pas
prêts pour le changement. Certains barons ayant
échoué au cours de ces consultations, ont refusé de
se soumettre au verdict des urnes. Jusqu’à la semaine
dernière, le député « toiletteur toiletté »,
Natchaba Outarra Fambaré insistait pour être candidat
quand bien même, il a été battu lors des primaires.
Selon les informations, le chef de l’Etat lui aurait
proposé de choisir des postes auxquels il voudrait
être nommé. Peine perdue, le « parisien »
s’accroche toujours à son « siège de député»
et veut le garder.
Du vivant de Gnassingbé père, personne n’osait
contester ses décisions. Gnassingbé Eyadéma avait les
coudées franches pour gouverner le pays. Mais
aujourd’hui, le pouvoir « est partagé entre
plusieurs courants » et chacun cherche à régner
en « un coq du village dans son coin», fait
observer un analyste.
Par ailleurs, des informations font état de choix
sélectifs de certains ministres du gouvernement dans
les invitations à honorer de leur présence des
rencontres (séminaire et forum). En effet, il se dit
que des ministres refusent de prendre part à
certaines manifestations publiques. « Nous avons
organisé des séminaires sur les possibilités
financières que le Togo doit exploiter pour rompre
avec son marasme économique. Des ministres ont été
conviés mais, ils ont tous refusé d’y prendre part
», se plaignait un responsable syndical. La
désobéissance des ministres au « grand chef »
témoigne d’un certain malaise dans l’administration
du pays.
Paradoxalement, ces mêmes ministres sont perçus quand
les grosses sociétés de la place organisent des
manifestations. D’autres, « zélés »,
chercheraient à faire capoter le processus actuel par
des décisions parfois « chaotiques » si elles
venaient à être exécutées.
De sources concordantes, Faure Gnassingbé n’aurait
pas donné son quitus pour que le communiqué du 13
mars dernier (appelant le Premier ministre a organisé
rapidement les législatives) soit diffusé sur les
antennes des chaînes publiques. Là encore, on accuse
deux ministre proches du chef de l’Etat, d’être aux
« commandes du coup contre le Bélier noir ».
Que dire des « supers ministres » ? De sources
proches du gouvernement, ces derniers n’assistent
même pas aux « conseils de cabinet » (présidé
par le Premier ministre).
Ainsi, bien des actes (pas toujours heureux) ont été
posés au Togo où le nom du chef de l’Etat, Faure
Gnassingbé, a été cité comme étant celui qui a donné
l’ordre d’exécution. Mais, à la fin, on se rend
compte de la « machination ». Autrement dit,
ces décisions se prennent sans l’aval de « Faurevi ».
C’est ainsi qu’au soir du 24 mars 2007, juste après
la fin du match Togo-Sierra Léone comptant pour la 3e journée
des éliminatoires CAN (Coupe d’Afrique des Nations)
Ghana 2008, le président de la FTF (Fédération
Togolaise de Football), Tata Adaglo Avlessi, avait
sorti un communiqué dans lequel il suspendait trois
joueurs des Eperviers pour cause d’« indiscipline ».
Selon les informations, c’est un Officier des FAT
(Forces Armées Togolaises) qui aurait demandé à Tata
Avlessi de prendre lesdites sanctions sur demande du
chef de l’Etat. Or, selon des proches du chef de
l’Etat, celui-ci n’en était pour rien. En clair, la
décision de sanction ne provenait pas de Faure
Gnassingbé.
Comment pouvait-il en être autrement si on se réfère
au coup d’Etat constitutionnel du 05 février 2005 ?
Faure a-t-il des arguments pour véritablement
s’imposer ?
Pas
évident. Son entourage semble toujours lui renvoyer
l’ascenseur ! Faure Gnassingbé est le produit d’un
système politique qui cherche toujours à se
maintenir. Les habitudes ont la peau dure et le
« prince de Kara » ne peut qu’épouser le diktat des
« vrais détenteurs du pouvoir » qui sont,
selon l’historien Atsutsè Kokouvi Agbobli, « nos
amis les militaires ».
En effet, les conditions de l’arrivée de Faure
Gnassingbé au pouvoir constituent un véritable
handicap pour lui. Il ne pourra pas prendre de
décisions qui mettent en péril les intérêts de ceux
qui l’ont intronisé. L’héritier d’Eyadèma Gnassingbé
a été propulsé au devant de la scène politique dans
la « précipitation ». Lui-même ne paraît pas
prêt pour assurer les hautes fonctions de chef de
l’Etat.
A la limite, il est une « cire vierge » dans
la politique togolaise. De Jacques Chirac en France à
Georges Bush aux Etats-Unis d’Amérique, devenir
président de la République requiert le passage obligé
de certaines responsabilités dans l’appareil de
l’Etat. Avant d’être élu président de la République
en France en 1995, Jacques Chirac fut d’abord
militant, maire, député et plusieurs fois ministre ou
Premier ministre ….
Les expériences acquises et l’appartenance aux grands
réseaux mondiaux permettent de mieux appréhender les
rouages de la politique nationale et internationale.
Mais, dans le contexte togolais, Faure, quand bien
même il était dans l’ombre de son père, n’avait que
quelques «idées» de la réalité du pouvoir. Les « grands
penseurs et ceux qui espéraient capturer
éventuellement le pouvoir un jour » cherchaient à
tirer le « plat » vers eux. Ses brefs passages
à l’Assemblée nationale et au Ministère de
l’Equipement, des Mines, des Postes et
Télécommunications n’auront pas suffi pour lui « procurer »
un véritable charisme politique.
Et
pourtant, il a une pléthore de conseillers
La
présidence togolaise est l’une des plus fournie en
conseillers. A priori, on peut imaginer que c’est
pour la bonne gestion des affaires de l’Etat. Mais, à
l’inverse, cela pose un problème car, malgré tous ces
« dispositifs», des décisions « hasardeuses »
sont prises.
En effet, certains observateurs estiment que la
dernière nomination des préfets effectuée par le chef
de l’Etat ne répond pas aux aspirations d’une partie
de la classe politique nationale. Des mauvaises
langues accusent le chef de l’Etat d’avoir « divisé
le pays en deux ». « Je ne sais pas ceux qui
conseillent le chef de l’Etat dans ses prises de
décisions. Aujourd’hui, nous sommes tous d’accord
pour aller aux élections. Si nous avons signé l’APG
(Accord Politique Global), c’est dans l’intention de
rompre avec les années Eyadèma. Or, de plus en plus,
on se rend compte que le chef de l’Etat prend des
décisions qui ne nous encouragent pas. La nomination
des préfets en est une », se plaignait un
responsable de l’opposition…
Faure Gnassingbé est donc arrivé au pouvoir sans en
être véritablement préparé et cela transparaît dans
ses actes. Même s’il a la volonté de redonner une
nouvelle image au pays, il se trouvera confronter à
la réticence des membres du « groupe du 05 février
2005 » (selon l’expression du Président de la
Commission de l’Union Africaine, Alpha Omar Konaré
pour qualifier ceux qui ont fait allégeance à Faure
Gnassingbé après l’annonce de la mort de son père).
Du côté du peuple, les inquiétudes subsistent et l’on
attend l’issue des élections législatives pour
mésuser sa volonté politique. Comme quoi, « un
chef qui n’a que pour trône un rocher et pour royaume
un coin dans le maquis, combien de temps restera-t-il
caché » ?
En définitive, le numéro 1 togolais doit batailler
dur pour concrétiser sa philosophie politique de
« nouvelle ère ». « Présidant d’accord, mais
autorité d’abord », a dit un journaliste qui
pense que l’homme du « 05 février 2005 » n’a pas
assez d’autorité et a du mal à s’imposer aux anciens
collaborateurs de son père.
Noël Y. A.
Glissou |
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Selon Dénis Nayone:
«
Le CAR est en déphasage avec son idéologie» |
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Le
leader de l’Union Populaire pour la République (UPR),
Dénis Nayone, a expliqué hier lors d’une émission
télévisée, les positions de son parti par rapport aux
difficultés que rencontre le processus électoral, les
raisons de sa défection au CAR (Comité d’action pour
le renouveau) et s’est penché sur le problème
énergétique que traverse le Togo depuis déjà quelque
mois. |
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Le
CAR en déphasage avec son idéologie
Revenu au pays à la faveur du processus de
réconciliation et sur invitation de patron de son
ancien parti, Dénis Nayone a quitté le CAR à la
surprise générale. Il explique son départ du parti de
Me Yawovi Agboyibo par l’inadéquation subite de
l’idéologie de cette formation avec ses propres
principes. D’après l’ancien conseiller à la
primature, sa source de motivation à œuvrer aux côtés
de Me Yawovi Agboyibo, résidait dans le choix
idéologique de ce parti. « Le CAR s’est défini
comme la formation politique des déshérités »,
dès sa formation a rappelé Dénis Nayone. Cette
mission que s’est assigné le parti ne pouvait être
accompli que si « nous exerçons le pouvoir ».
Arriver au gouvernement, il était important de passer
de la théorie à la pratique, transformer en réalité
les promesses faites aux populations.
Cette phase fonctionnelle a visiblement été laissée
de coté. Pour les responsables du CAR, révèle Nayone,
le discours était tout autre : « Nous aussi, nous
sommes arrivés. Il nous faut arranger notre
situation ».
Ainsi, des actes que nous avions pendant
longtemps combattus, des membres de l’opposition, une
fois associés à l’exécutif, se les sont appropriés, a
fait remarquer le leader de l’UPR. « Nous avons
toujours exigé qu’il n y ait pas de cumul de
fonctions dans ce pays, mais c’est encore nous qui
nous permettons de cumuler des fonctions », a
déclaré l’ancien militant du CAR.
Ce sont là, autant de raisons évoquées comme
contraires à l’idéologie que s’était fixé le CAR, qui
ont poussé Dénis Nayone à fausser compagnie au
«bélier noir». Il estime qu’ « il est temps de
finir avec les discours et de passer aux actes ».
Des
élections justes à tout prix !
Contrairement à l’inquiétude suscitée par un imminent
second report de la date du scrutin législatif, c’est
un sentiment de sérénité que le leader de l’Union
populaire pour la République a affiché.
Selon Dénis Nayone, il n’ y a aucune raison que l’on
soit alarmiste d’autant plus que, « le retard du
processus était prévisible ». Pour l’ancien
militant du CAR, le mode de recensement choisi et le
type de carte avec les dispositions techniques y
afférentes constituent autant d’éléments qui
annonçaient les difficultés que les préparatifs des
prochaines élections ont connues. « Les kits étant
empruntés du Congo, il est évident que
le reconditionnement prenne du temps », a-t-il
fait constater.
Revenant au report de la date du scrutin, Dénis
Nayone a laissé entendre que cela est dû à une
mauvaise appréciation des réalités du terrain. Les
acteurs politiques, étant animés d’une volonté
politique, n’arrivent toujours pas à apprécier à leur
juste valeur, les contours techniques des
préparatifs. C’est ce mauvais calcul qui était à la
base de la fixation de la première date. En effet, le
24 juin a été fixé sur proposition du chef de
l’Etat. Celui-ci, visiblement animé d’une volonté
manifeste de faire aboutir le processus de
réconciliation, estime Dénis Nayone, a voulu que la
marche vers le renouvellement du parlement se fasse
vite.
Le leader de l’UPR a par ailleurs insisté sur
l’importance de la transparence des prochaines
élections. Selon lui, c’est ce qui doit être
aujourd’hui la priorité. Et il faut s’accorder le
temps nécessaire pour relever ce défi.
« Aujourd’hui, il est clair que le processus piétine
mais il vaut mieux qu’on prenne le temps de préparer
convenablement ces élections » a-t-il averti.
La
fin des partis politiques fantômes
Intervenant par rapport au dernier texte de loi
adopté par l’Assemblée Nationale, texte relatif aux
financements des partis politiques, le premier
responsable de l’Union Populaire pour la République
s’est félicité du fait que cette disposition soit
enfin introduite au Togo. C’est un instrument qui va
assainir l’environnement politique togolais, a
déclaré Dénis Nayone. « Pour éviter aux partis de
se prostituer », et donc « une démocratie
vagabonde », l’ancien conseiller de Me Yawovi
Agboyibo, trouve que cet appui financier sera d’un
apport considérable. Car, au-delà des formations
politiques, ce sont la formation et l’éducation
civique des populations qui sont visées.
Pour avoir accès à ce financement, diverses
conditions ont été énumérées par les parlementaires.
Il s’agit entre autres de la représentativité du
parti politique (avoir au moins 5 représentants au
parlement et avoir réalisé un score de 10% aux
élections locales). Des préalables que le N°1 de
l’UPR trouve légitimes et indiqués compte tenu du
paysage politique togolais. Pour lui, un parti
politique qui se respecte doit pouvoir prouver sa
présence par sa représentativité dans les
institutions de souveraineté de l’Etat.
Par ailleurs, sur l’échiquier national, figurent
environ 80 partis politiques. Selon Dénis Nayone,
toutes ne peuvent pas avoir accès au financement.
D’où l’obligation de trouver des mécanismes, des
garde-fous pour empêcher que les fonds destinés aux
partis qui luttent effectivement pour un meilleur
devenir du Togo ne soient dilapidés. Il justifie sa
position par le fait que certains partis politiques
n’existent que de nom et d’autres se résument à la
cellule familiale de leur initiateur.
Persistance du délestage
Selon Dénis Nayone, « les Togolais et
Béninois auraient pu éviter » la situation de crise
que traversent ces deux pays. Pour lui, les
différents ministres qui ont pris en charge ces
départements « n’ont pas été prévoyants ». Ce
manque cruel de politique énergétique relève de « la
mauvaise gestion » qui caractérise en fait la
quasi-totalité des pays africains. Sinon, « comment
expliquez-vous qu’après 40 ans d’indépendance qu’on
soit privé de l’électricité ? », s’est-il
demandé.
Pour juguler la crise et éviter dans le futur le
ralentissement des flux économiques, principale
conséquence de la crise énergétique qui secoue les
deux pays couverts par la CEB (Communauté Electrique
du Bénin), Dénis Nayone suggère la libéralisation du
secteur. Selon lui, cela exposerait le domaine à la
loi de la concurrence qui exige des prestataires de
service du professionnalisme.
Saturnin S. NOAMESSI |
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Grippe aviaire au Togo
Yves Madow Nagou, ministre de l’Agriculture: «Les
propriétaires des volailles abattues seront
indemnisés» |
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Le Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la
Pêche, Yves Madow Nagou, a, ce week-end, jeté un
regard sur les événements ayant marqué l’actualité au
Togo. Il s’est prononcé sur la gestion de la maladie
de la grippe aviaire au Togo. Depuis le 13 juin
2007, des échos faisant état de mort de volailles,
dans une ferme avicole à Sigbéhoué dans la préfecture
des Lacs, avaient été signalés. Des analyses
effectuées au Ghana et en Italie ont confirmé la
présence de l’influenza aviaire hautement pathogène
dans cette localité. |
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L’indemnisation des éleveurs
A
cet effet, le ministre de l’Agriculture a indiqué
qu’un programme d’indemnisation des propriétaires des
volailles abattues a été établi et prendra effet dès
aujourd’hui. Selon Yves Nagou, « même si le
gouvernement n’avait pas prévu les dépenses
qu’engendrerait cette maladie dans le budget de 2007,
il faut trouver de l’argent pour y faire face ».
D’après lui, le Togo a déjà bénéficié d’une aide
financière de 300. 000 dollars (environs 165
millions de f cfa) de la part de la Banque Africaine
de Développement (BAD), d’une aide technique de deux
experts de la FAO et d’un expert conjoint de l’UE et
des Etats-Unis. Selon lui, une requête sera envoyée,
dès aujourd’hui, aux partenaires en développement
pour qu’ils soutiennent le pays dans cette lutte car,
rappelle-t-il, « la grippe aviaire est un problème
international ».
Le coût d’indemnisation d’une volaille varie entre
1.500 f cfa et 2.000 f cfa selon que la «bête»
est une pondeuse, un poussin ou un poulet de chaire.
Cette mesure, selon le ministre de l’Agriculture,
vise à encourager les populations à déclarer les cas
suspects de la grippe aviaire. Pour lui, « si on
ne le fait pas, les éleveurs seront portés à
dissimuler les cas qui surviendraient dans leurs
élevages ». Il a à ce propos déploré le fait que
les populations de Sigbéhoué aient mis du temps pour
alerter les autorités de la présence de l’épizotie
dans cette localité. « Le cas suspect de la
maladie n’a été porté à la connaissance des services
techniques que le 13 juin alors que la mort en masse
des volailles a été constatée le 06 juin 2007 »,
a révélé le ministre.
Les mesures de prévention
Dès la confirmation de la présence de cette
maladie, les services techniques du ministère de
l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche se sont
dépêchés sur les lieux en vue de maîtriser la
situation. Pour ce faire, trois zones, ont été
instituées. Tout d’abord, la «zone d’infection»
qui s’étend sur trois kms. Dans cette zone, un
abattage et un enfouissement systématique des
volailles a été mis à exécution. Ensuite, la «zone
de protection» sur dix kms autour du foyer et
enfin une «zone de surveillance» qui s’étend
au-delà.
Yves Madow a déclaré que les marchés de volailles
dans cette zone avaient été fermés pour permettre aux
services vétérinaires de procéder à la désinfection
des lieux. De plus, précise-t-il, les personnes ayant
été en contact avec les volailles ont bénéficié d’un
suivi afin de s’assurer qu’elles ne sont pas déjà
infectées.
Afin d’éviter la contamination, le ministre demande
aux populations de déplumer les poulets à l’eau
chaude, de bien cuire la viande avant sa
consommation, de laver les œufs avant de les mettre
au réfrigérateur, etc. Il a recommandé aux éleveurs,
de se protéger lorsqu’ils sont en contact avec la
volaille et de prendre des précautions avant de se
débarrasser d’un poulet dont la mort est suspecte.
Le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la
Pêche a par ailleurs demandé aux populations de
prendre courage et de respecter les précautions
sus-mentionnées.
A propos de l’origine de l’épizotie, Yves Madow Nagou
évoque deux possibilités. Selon lui, le virus H5N1
pourrait être arrivé au Togo soit par l’entremise des
oiseaux migrateurs, soit par le flux commercial. « On
est en train d’intensifier les recherches afin de
déterminer la vraie origine », a-t-il déclaré. Il
a aussi laissé entendre que s’il s’avérait que la
grippe aviaire soit arrivée au Togo par le biais des
transactions commerciales, cela signifie que les
services de contrôle au niveau des frontières ont été
défaillants. Le ministre Nagou a, dans la foulée,
fait cas d’un couple qui est derrière les verrous
pour avoir tenté de faire entrer frauduleusement des
volailles malades au pays. « Lorsqu’un opérateur
économique fait entrer frauduleusement de la
volaille contaminée au Togo, il tombe sous le coup de
la loi », a-t-il déclaré.
Grégoire AWESSO |
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Ministère des sports
Gilbert Atsu pour succéder à Richard Attipoé
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Depuis la disparition tragique le dimanche 3 juin
dernier de l’ex-ministre de la Jeunesse et des
Sports, Richard Attipoé, dans le crash de Lungi,
c’est le secrétaire d’Etat chargé de la Promotion des
Jeunes, Gilbert Atsu, qui est devenu le nouveau
patron de ce ministère. Il en assure du moins
l’intérim, le chef de l’Etat et son Premier ministre,
n’ayant pas encore décidé de nommer un nouveau
ministre des Sports. |
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Des
sources proches du gouvernement indiquent que
l’exécutif n’est pas pressé pour ce faire et entend
tout simplement confier la gestion de ce département
au leader de la NDP (Nouvelle Dynamique Populaire). A
la primature, on explique qu’on ne trouve pas
nécessaire de nommer un nouveau ministre des Sports,
le Togo étant à quelques mois seulement d’élections
législatives qui vont déboucher sur la formation d’un
nouveau gouvernement.
Sans pour autant vouloir remettre en cause les
compétences de celui qui depuis juin 2005 siège au
gouvernement en tant que secrétaire d’Etat chargé de
la Promotion des Jeunes, certains se demandent si
l’ancien activiste de l’UFC (Union des Forces de
Changement peut réussir à s’imposer dans un
département en butte à d’énormes problèmes, dont le
plus médiatique est la crise qui mine depuis l’année
dernière le football togolais. «Pensez-vous que
Gilbert Atsu est à même de rapprocher des personnes
comme Adébayor et Tata Avlessi ou ce dernier et son
premier vice-président » se demande un supporter
des Eperviers qui a requis l’anonymat. Pour ce
dernier, le nouveau « Ministre des Sports »
manquerait de charisme et d’autorité pour gérer avec
efficacité les différentes crises qui minent le sport
togolais dans son ensemble et le football en
particulier.
D’autres observateurs moins critiques estiment pour
leur part que l’actuel « benjamin » du
gouvernement a assez appris auprès de son défunt
patron et devrait valablement lui succéder. Ils
relèvent par ailleurs que, au cours de sa première
expérience au sein de l’équipe Faure-Kodjo, il a été
souvent sollicité pour représenter son ministre de
tutelle d’alors, Agouta Oyenga, et de ce fait est
assez outillé pour s’imposer à la tête du département
de la Jeunesse et des Sports.
Pour d’autres encore, le moment est venu pour le
transfuge de l’UFC de montrer à son mentor Faure
Gnassingbé ce dont il est capable pour peut-être se
faire nommer un jour ministre délégué ou ministre
plein.
Marc D. KOUAKANI-ASSI |
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