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Golfe Info

30 juin 2007

[ 263: du 29 juin 2007]  
Persistance et aggravation du délestage : Des causes technique et pluviométrique sont évoquées

Depuis quelques jours, les togolais constatent non seulement la persistance des coupures du courant électrique, mais aussi son aggravation. Ainsi de 08 heures de coupure, on est passé dans certains quartiers de Lomé à plus de 12 heures voire 16 heures de coupure par jour. Une situation extrêmement grave pour les entreprises et l’économie togolaise qui a déjà perdu plus de 90 milliards de F CFA dans cette crise.

Au delà des inquiétudes et les récriminations, les uns et les autres se demandent ce qui peut encore expliquer l’aggravation du délestage en cette période de saison pluvieuse. En plus, des sources concordantes avaient confiés que de l’argent frais avait été injecté dans les caisses de la CEB (Communauté Electrique du Bénin) pour lui permettre de payer ses dettes, ou du moins, de les réduire.

De l’avis des techniciens de la CEET (Compagnie d’Energie Electrique du Togo), deux facteurs expliquent l’aggravation du délestage ces derniers jours. Il s’agit des causes technique et hydraulique.

Au plan technique, on explique que la turbine de la centrale thermique de Lomé qui est censé produire environ 8 mégawatts de courant « est arrivé à son potentiel » et doit à présent faire l’objet d’une révision. Les travaux de maintenance, dit-on se font à New York aux Etats Unis et devront durer au bas mot six mois.

Par ailleurs, révèlent les sources, la pièce à réviser n’a pas encore été convoyée aux Etats-Unis pour des raisons financières.

La deuxième explication à la recrudescence du délestage est que, contrairement à Lomé où il pleut beaucoup, les villes de l’intérieure du pays, notamment la localité de Nangbéto qui abrite le barrage du même nom, n’enregistreraient pas une bonne pluviométrie. Ainsi, en dehors des premières pluies du mois de mai qui ont permis une certaine amélioration dans la fourniture, les récentes « averses » qui ont eu lieu à Lomé, n’ont pas été connues dans la préfecture de l’Ogou et encore moins à Nangbéto où se trouve le barrage, dont la capacité de production est d’environ 65 mégawatts. En clair le barrage manque d’eau pour tourner à plein régime et fournir le maximum de courant possible. Il paraît même qu’elle ne produit pratiquement  plus un seul mégawatt de courant. Ainsi, depuis un certain temps, ce sont seulement les turbines du Bénin qui « alimentaient » les deux pays.

Malheureusement, dit-on, depuis la semaine dernière, la turbine de Cotonou serait tombée en panne et a, par conséquent, entraîné une baisse considérable de l’énergie disponible.

A ces trois éléments, on ajoute, l’inactivité des turbines de la CEB.

En effet, depuis qu’elles sont tombées en panne, les turbines de la CEB n’ont pas repris du service. Des raisons économiques sont évoquées pour expliquer cette situation.

En somme, alors qu’en période de pointe le Togo seul a besoin de près de 100 mégawatts de courant, aujourd’hui elle se retrouve avec 100 mégawatts (25 d’Akossombo et 75 de la TCN) qu’elle devrait partager équitablement entre le Togo et le Bénin (50 mégawatts chacun).

Face à ces situations où les explications données ne paraissent plus convaincantes pour les populations des deux pays, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur l’état d’avancement des travaux des turbines du groupe américain Contour Global.

Marc D. KOUAKANI-ASSI

 
Convention CEET / Contour Global : Le délai de mi 2008 est-il tenable ?

Le lundi 14 mai 2007 dernier, le gouvernement togolais, réuni en conseil des ministres, a pris un décret autorisant la CEET à signer un contrat d’achat/vente d’énergie électrique avec la société d’origine américaine Contour Global-Togo. Ceci pour la fourniture de 100 mégawatts de puissance électrique. Quelques jours après cette autorisation, le contrat a été signé et le ministre des Mines et de l’Energie, le Professeur Léopold Messan Gnininvi déclarait à cette occasion qu’il faut attendre 13 mois, soit juin-juillet 2008 au plus tard pour disposer des premières puissances énergétiques de cette société.

Selon ses explications, les américains ont besoin de 6 à 8 mois pour faire venir et installer leur turbine, alors que le projet gazoduc devrait connaître lui aussi son aboutissement en début d’année 2008. En clair, si Contour Global arrive à installer ses machines, il faudrait, pour leur démarrage effectif, compter aussi  avec la finalisation des travaux du projet Gazoduc de l’Afrique de l’Ouest.

Toutefois, il faut signaler que les travaux techniques de convoiement et d’installation des turbines de Contour Global-Togo n’ont pas encore démarré. La convention d’achat/vente signée, ayant été assortie de trois conditions dont une très importante : La négociation d’un contrat de fourniture de gaz avec une société spécialisée dans la production de cette source d’énergie, étant entendu que Contour Global-Togo produira son courant à partir du gaz.

Sur ce point, des sources proches de la société confient que les démarches sont très avancées et auraient mêmes abouti à la présélection d’une société dénommé N’GAZ. Les responsables de la CEET seraient attendus à Accra dans la première quinzaine du mois de juillet pour prendre part aux négociations entre Contour Global et son probable futur fournisseur de Gaz. Les autres conditions préalables au démarrage des travaux de la nouvelle structure de production du courant sont à la charge de la partie togolaise.

Il s’agit  de l’ouverture d’un compte bancaire pour les transactions financières entre les deux « associés » et la constitution d’une caution. Là aussi, les choses semblent avoir avancées. Selon des sources proches de la BTD (Banque Togolaise de Développement), un compte aurait été déjà ouvert en faveur de la société Contour Global par la CEET. 

En plus, précisent les sources, ce compte aurait été crédité d’un montant de 2 milliards de F Cfa, au titre de garantie pour la société américaine.

Le démarrage effectif des activités de Contour Global étant lié à l’arrivée du Gaz sur les côtes togolaises, c’est à juste titre que certains se demandent si les travaux de branchement ont évolués de ce côté-là ?

Marc D. KOUAKANI-ASSI

 
Où en est-on avec le projet Gazoduc ?

Très attendu dans la sous région et plus particulièrement dans les pays frappés par la crise énergétique actuelle, le projet gazoduc fait l’objet ces derniers temps d’une attention particulière dans les pays de la sous-région. Tous les Etats veulent l’avoir pour augmenter leurs capacités de production d’énergie, et multiplient à cet effet les efforts pour y être « branchés ».

Côté togolais, les sources indiquent que ce projet est très avancé. Le tuyau est déjà en mer et les dérivations vers le pays sont déjà réalisées.

Malheureusement, soulignent les sources, le tuyau principal a été abîmé par un navire qui, voulant jeter l’ancre, l’a sectionné. Les travaux seraient cependant en cours pour le réparer.  Toutefois, même si ces travaux venaient à être réalisés, il se poserait un autre problème qui peut par ailleurs être évité : il s’agit de l’adaptation des turbines à fuel de la CEB au gaz.

Depuis avril 2006, l’ex-directeur de cette institution, Cyr M’po Kouagou et  son successeur Djibril Salifou, ne cessent de répéter que les travaux d’adaptation vont « bientôt » commencé. Mais depuis lors, rien n’est fait et tout porte à croire que ce sont les difficultés financières de cette institution qui sont à la base de cette défaillance.

En un mot, le projet gazoduc, tout comme les démarches pour le démarrage des travaux pour l’acquisition et l’installation des turbines de Contour Global sont en cours et très avancées. Bien que réconfortantes, ces informations ne semblent pas susciter assez d’enthousiasmes auprès des togolais, qui ne veulent plus croire aux prévisions de plus en plus hypothétiques des responsables du secteur de l’énergie électrique. Tous attendent la mi 2008 pour se faire une idée des travaux annoncés. 

 
10eme séance plénière de l’Assemblée nationale : Le financement des partis politiques adopté

L’Assemblée Nationale a adopté, mercredi dernier, le projet de loi portant financement public des partis politiques. C’était au cours de sa première session ordinaire de la 10e séance plénière du 27 juin 2007 sous la présidence de Kassongue Yambadjoi, 1er vice-président du parlement. La loi adoptée s’articule autour de 4  chapitres et comporte 15 articles.

Financement public des partis politiques

Le texte de loi précise les conditions à remplir par les partis politiques pour bénéficier de l’aide financière de l’Etat. Ces conditions tiennent compte des résultats enregistrés par chaque formation politique lors des consultations électorales législatives et locales à venir et reposent sur le principe de la proportionnalité. Conformément aux dispositions de la présente loi, pour bénéficier du financement, chaque formation doit avoir sur le plan national, au moins 5 % des suffrages lors des législatives ou 5 députés élus à l’Assemblée nationale ou encore, avoir au moins 10 % des suffrages sur le plan national lors des élections locales à venir. Un bonus financier visant à promouvoir la participation féminine aux débats politiques est alloué à chaque formation. Cet apport est proportionnel au nombre de femmes élues au sein du parti.  La loi interdit tout financement venant de la part des personnes publiques de droit étranger.

Le financement privé

Les textes adoptés  précisent que  les fonds des formations politiques sont essentiellement constitués des cotisations de leurs  membres, les produits de leurs actions et  les dons et legs de la part des personnes physiques ou morales de droit privé. Il est interdit aux partis de recevoir des dons venant des personnes de droit privé dont le capital est détenu par une ou plusieurs personnes morales de droit public de même que les dons des casinos, les maisons de jeu et les personnes morales de droit étranger.  Il est aussi fait obligation aux  partis politiques de tenir une comptabilité régulière de gestion et de leurs biens, et de rendre public leurs comptes de campagne au lendemain des différents scrutins.

Pour ce faire, chaque organisation politique doit rendre compte annuellement, à travers un rapport financier et un rapport d’activité, de l’origine et de la situation de ses fonds. Ces rapports, annexés de la liste des donateurs, personnes physiques ou morales, sont déposés auprès de la commission de contrôle accompagnée d’une copie adressée à la commission des finances de l’Assemblée Nationale.

Une Commission Nationale de Financement des partis politiques est instituée afin de définir les modalités techniques de mise en œuvre de ce financement et d’assurer le contrôle de sa gestion. Cette commission est permanente et est composée de 5 membres de la cour suprême, de la cour des comptes ou à défaut de l’inspection générale d’Etat du ministère chargé des finances et du ministère chargé de l’administration territoriale pour une durée de 5 ans renouvelable. Des sanctions sont prévues contre toute formation politique qui reçoit illégalement des dons ou qui manque aux obligations prévues par la loi.

Un décret pris en conseil des ministres déterminera les modalités d’application de la présente loi ainsi que l’organisation et le fonctionnement de la Commission Nationale de financement des partis politiques.

L’adoption de ce projet de loi répond à l’article 6 de la loi fondamentale du Togo et s’inscrit aussi dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord Politique Global qui prévoit en son point 1.2.12 que les partis politiques, qui concourent à la formation et à l’expression de la volonté politique du peuple, méritent  un soutien financier de l’Etat.

Grégoire AWESSO

 
Adoption de la loi portant financement des partis : Réactions des leaders politiques

L’adoption du projet de loi portant financement public des partis politiques par le parlement, mercredi dernier, a suscité des réactions de la part de certains leaders politiques.

Selon le président du Parti Démocratique Panafricain (PDP), Bassabi Kagbara, la présente loi vient à point nommé pour « éclaircir » désormais la situation de chaque formation politique. Le leader du PDP se dit confiant à remplir les conditions pour bénéficier de l’aide financière de l’Etat si les échéances électorales à venir sont transparentes, crédibles et acceptables par tous. Mais, relativise-t-il, si les élections prochaines se passent comme par le passé «   on connaît les résultats à l’avance », cela empêchera les Togolais de mesurer la valeur réelle de chaque parti. D’après le président du PDP, le financement public des partis politiques risque de déclencher une lutte pour la recherche de l’argent aux dépens de l’intérêt supérieur du Togo. « Les gens vont passer par tous les moyens pour être éligibles au financement rien que pour l’argent plutôt que d’apporter leur contribution pour le développement du pays », a-t-il relevé. 

Par ailleurs, M. Kagbara trouve qu’il est impérieux de mettre toutes les formations politiques légalement installées sur un même pied d’égalité avant les prochaines échéances électorales dans la mesure où c’est sur la base des résultats de ces  élections que les partis seront financés. Pour lui, il y a actuellement des partis qui sont au gouvernement et qui bénéficient des moyens de l’Etat alors que les autres formations qui ne sont pas signataires de l’APG, ne fonctionnent qu’avec les cotisations de leurs membres.  « Nous n’avons pas les mêmes moyens », a-t-il précisé.

Pour sa part, Kassongue Yambadjoi, 1er vice-président de l’Assemblée Nationale et membre du RPT, parti au pouvoir, a déclaré, lors de la séance plénière du parlement, que ce financement est une  « bouffée d’oxygène » pour les partis politiques qui jusque là, n’avaient pour sources de financement que les cotisations de leurs membres. Il s’est par la suite, réjouit de l’adoption de cette loi qui est une première au Togo. Il estime par ailleurs que ce « futur financement va relancer la compétition et permettra aux formations politiques d’assurer avec responsabilité et efficacité leur  rôle ».                                                                                

Le président du MRC, Mouvement Républicain des Centristes, a aussi accueilli avec satisfaction l’adoption de la présente loi tout en déplorant le fait que le pouvoir ait mis du temps pour adopter un cadre réglementaire prévu par la constitution de 92 et  qui est important pour l’épanouissement des partis politiques et par ricochet, le développement de la démocratie. « Nous nous réjouissons que le parlement sortant ait pris conscience que c’est de cette façon qu’un pays démocratique fonctionne», a-t-il laissé entendre. Selon lui, beaucoup reste cependant à faire dans ce sens car, déclare-t-il, il n’y a pas que le financement des partis politiques mais aussi, la mise sur pied de la cour des comptes, le conseil social et économique, etc.

Pour Jean-Pierre Fabre de l’UFC, le vote de cette loi rentre dans la logique des choses. Il précise par ailleurs que les 5 % de suffrages institués pour être éligible au financement public est un minimum acceptable pour bénéficier des cotisations du contribuable. Toutefois, précise-t-il, l’adoption de ce texte n’est pas l’urgence du moment. Selon lui, le peuple togolais attend de cette Assemblée « monocolore », de montrer des signes quelle adhère à l’esprit et à la lettre de l’APG. Ce dernier dénonce ainsi la reconduction de 3 membres de la Cour constitutionnelle sortante. Pour le SG de l’UFC, ces désignations sont la preuve que l’Assemblée Nationale n’a pas adhéré à l’accord du 20 août 2006. 

Aux termes de l’exposé des motifs du projet de loi soumis au parlement par le Premier Ministre, Yawovi Agboyibo, cette loi répond à la volonté de toutes les parties prenantes de l’Accord Politique Global pour assurer une représentation plus grande des femmes dans la vie politique et traduit également l’engagement du gouvernement à améliorer la compétition électorale, à consolider l’Etat de droit au Togo et à raffermir la démocratie. Pour lui, les partis politiques qui concourent à la formation et à l’expression de la volonté politique du peuple, méritent un soutien financier de l’Etat.

 
Adama Dieng, Sous-SG de l’ONU : «... La reconciliation passe par le jugement des auteurs des crimes»
Pendant son séjour au Togo, Adama Dieng, sous secrétaire général des Nations Unies et greffier en chef du TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda), s’est au cours d’une conférence débat organisée lundi dernier par la représentation togolaise du HCDH (Haut commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme), prononcé sur les conditions indispensables à une réconciliation effective et efficace au Togo.

La réconciliation étant reconnue comme une période transitoire, est considérée comme un mouvement vers la normalisation d’une situation de crise. A partir de cette définition sommaire, le greffier en chef pour le TPIR a relevé la nécessité d’une lutte efficace contre l’impunité. Selon Adama Dieng, ce combat de par sa complexité requiert des stratégies authentiques.

Pour ce haut fonctionnaire de l’ONU, pour aboutir à la réconciliation durable, il est impérieux de combattre l’impunité. Ceci passe par la ferme engagement des acteurs politiques à adopter des mesures susceptibles de lutter contre l’impunité. Ce qui suppose une volonté de faire la lumière sur les faits regrettables ayant été à l’origine de la situation de crise, traduire les auteurs de ces faits en justice et unifier les protagonistes. Reconnaissant que le processus n’est jamais simple, le greffier en chef du TPIR, à partir des exemples des pays comme le Burundi, le Rwanda, l’Afrique du Sud, l’Angola, estime qu’il est sage de prendre en considération les réalités du terrain. Car chaque stratégie adoptée, présente ses limites. Dans certaines situations, il est indiqué de légiférer l’action en justice car, « les criminels sont souvent rattrapés ». L’exemple de Pinochet en est un cas patent

Quant à l’efficacité des lois d’amnistie, un système auquel les politiques ont souvent recours au lendemain d’une situation de crise, Adama Dieng trouve la méthode certes efficiente dans certains cas mais rappelle le besoin de justice. « Chaque peuple a le droit de connaître la vérité sur les crimes commis mais le droit à la vérité ne signifie pas que l’on doit proscrire l’amnistie » a-t-il déclaré avant d’ajouter que « l’amnistie générale n’est tout de même pas une action viable ». « Il faut dans tous les cas la justice » a-t-il martelé même s’il reconnaît que face à certaines circonstances, il est préférable de repousser cette étape dans le seul souci de sauvegarder la cohésion sociale et la paix. Il a soutenu cette position par le fait qu’au lendemain d’une situation de crise, le système judiciaire reste affecté. Il est conseillé de renforcer premièrement l’appareil judiciaire afin de garantir des procès équitables, a-t-il précisé.

Revenant sur le processus de réconciliation en cours au Togo,  le greffier en chef pour le TPIR a convié les autorités et acteurs politiques à user de leur génie pour trouver la stratégie appropriée pour un combat effectif contre l’impunité. Car, « l’impunité engendre toujours le mépris de la vérité et de la justice » alors que « la paix et la réconciliation réelles passent par le jugement des auteurs  de crimes commis sur les populations ».

Cette conférence débat a eu lieu en marge de la tournée d’une délégation que préside Adama Dieng, dans la sous région. La délégation a quitté Lomé mercredi dernier en direction de Cotonou, au Bénin. Pendant son séjour togolais, la délégation a rencontré les autorités du pays dans le but de faire le point de la coopération entre le TPIR et le Togo. Le TPIR a été mis en place en 1994 par le Conseil de sécurité des Nations Unies au lendemain du génocide rwandais qui a fait plus d’un millions de victimes tutsi comme Hutu. Le siège du TPIR se trouve à Arusha en Tanzanie.

Saturnin A NOAMESSI

 
Faits divers Le répondeur humain
La paupérisation grandissante de la population togolaise a fait muer certains Togolais en des escrocs « super intelligent ».

Excusez ! Excusez ! Excusez !  C’est par ces mots que Bonaventure entra tout en sueur dans la cour de son ami Claude ! Claude, s’écria-t-il à vive voix. « Je suis dans un pétrin et si tu ne viens pas à mon secours, j’aurai de sérieux ennuis ». « Le propriétaire de la maison dans laquelle j’habite est revenu au bercail ; il exige que les locataires lui paient six mois d’arriérés avant qu’il ne reparte demain », a-t-il poursuivi. C’est ainsi que Bonaventure commença par solliciter auprès de son ami un emprunt de 30.000 Fcfa pour compléter la somme qu’il doit à son propriétaire.

En effet, Bonaventure a loué une pièce dans une maison dont le propriétaire est à l’étranger et ne revient que rarement au pays. Il faut dire que Bonaventure a fouillé ciel et terre en vain avant de se tourner vers son ami Claude. «Nous sommes presque à la fin du mois, d’ici le dix du mois prochain, je te rembourserai», promit Bonaventure à Claude lorsque ce dernier lui donna la somme qu’il lui avait demandée.

« Déjà deux semaines et je n’ai plus de nouvelles de Bonaventure », se demanda un matin Claude. Trois, quatre semaines passèrent et toujours pas de trace de son ami ; il décide alors de l’appeler.

Bonaventure, sachant que son ami doit être à sa recherche, a quitté sa maison, et, à tout appel provenant d’un numéro dont il ne connaissait pas l’appelant, il n’y répondait pas. Notre débiteur invétéré sera toutefois rattrapé dans sa ruse par les NTIC (Nouvelles technologies de l’information et de la communication).

C’était la période pendant laquelle Togo-Telecom  a introduit Illico sur le marché du téléphone. Un après-midi, Bonaventure, voyant le chiffre 33 au début d’un numéro qui apparaissait sur son portable, il se dit que c’est sûrement un appel en provenance de son village natal, étant donné que les numéros de cette localité commencent par 33. Il décroche avec le « allo » traditionnel. A l’autre bout, il entend : «C’est moi Claude…». Ayant reconnu la voix de son ami, Bonaventure ne lui a même pas laissé le temps de prononcer son nom avant de reprendre à la suite de son « allô »: « Bienvenue sur le réseau gsm de Togocellulaire, le radio-mobile de votre correspondant est provisoirement inaccessible, veuillez rappeler ultérieurement, merci… ». Claude, abasourdi puis étourdi, finit par raccrocher parce que non seulement il perdait des impulsions mais aussi son ami continuait de jouer au répondeur de  Togocellulaire.

Lassé par le vilain tour de Bonaventure, Claude ne cessait de se poser mille et une question du genre: « Comment a-t-il eu cette idée ? Et moi, me prend t-il vraiment pour un taré pour me jouer ce vilain tour ? Et si après je le revois, qu’est-ce qu’il me dira, et surtout que dois-je lui faire » ?

Et si c’était vous, que feriez-vous ?

 
Match Bénin - Togo du 17 juin dernier : Les origines profondes de la «barbarie» béninoise

Pour certains responsables de la Fédération Togolaise de Football (FTF) dont le Manager Général de l’administration, Zepp Kouété, des réfugiés togolais seraient impliqués dans les violences commises à Cotonou le 17 juin dernier sur la délégation qui a accompagné les Eperviers du Togo. Plus encore, d’autres membres du bureau exécutif de la FTF vont jusqu’à voir derrière ses évènements de Cotonou, un coup monté depuis la capitale togolaise par des esprits malveillants. Mais, ces versions des faits soutenues par une frange de la délégation togolaise prêtent à confusion et butent sur une autre version, celle soutenue par la grande majorité des supporters et journalistes qui ont fait le déplacement du Bénin. Pour ces derniers, ce que les médias ont qualifié de « barbarie de Cotonou » ne saurait être attribuée à des Togolais réfugiés au Bénin.

En effet, analysant de près la situation qui a prévalu avant, pendant et après la rencontre, on arrive à la conclusion selon laquelle, la délégation togolaise a été victime de plusieurs évènements qui ont, par le passé, jalonné la vie sportive des deux pays. Revenant sur ces évènements, les journalistes ont pointé du doigt les incidents mineurs de la première journée des éliminatoires au mois de septembre 2006. Il s’agit des altercations entre le président de la FTF, Tata Avléssi et son homologue du Bénin, Anjorin Moucharaf, le 10 mars à l’ouverture de la CAN des moins de 17, joué à Lomé au Togo.

Selon les explications des uns et des autres, les supporters Togolais tout comme le reste de la délégation ont été « vendus » au public par certains confrères béninois qui ont mal digéré le différend qui a opposé au match aller à Kégué un journaliste béninois et un gendarme, mais aussi par le refus d’accès au stade à deux autres journalistes qui ont été jugés ne détenant pas une accréditation en bonne et due forme. La coupe des Togolais a été rendue pleine par une prétendue agression de Moucharaf par le «fils de Masséda». Combinant ces deux évènements, les enquêtes d’un confrère béninois résidant au Togo et d’un Togolais résidant au Bénin révèlent que les analyses des médias béninois à l’approche de cette rencontre et les déclarations du président béninois de voir sa sélection remporter vaille que vaille le match ont surchauffé les esprits. Mais la question est de savoir si toute cette violence valait encore la peine à l’issue d’une rencontre gagnée.

En se référant à l’histoire, certains Togolais veulent croire que ces actes de vandalisme et d’animosité orchestrés par les voisins de l’Est sont plutôt une récidive qui doit être solutionnée à temps. Ils appellent à témoins les premiers actes commis par les Béninois sur une délégation togolaise de football. Selon des notes du doyen des journalistes sportifs, Mensah Gnamé, en 1974, dans le cadre d’un match de la coupe d’Afrique des vainqueurs de coupe, une délégation de ASFOSA de Lomé a subi presque les mêmes préjudices  de la part des supporters béninois surexcités à Porto Novo. Dans cette même logique, d’autres sources ont fait constater que l’organisation d’un match amical entre les deux sélections n’est pas la solution viable. Certains vont loin jusqu’à sommer le président de la République Togolaise, Faure Gnassingbé, de taper du point sur la table comme ce fut le cas avec son défunt père dans le temps. Pour l’instant, la question reste posée : Est-ce que le fils Gnassingbé va finalement se décider à exiger des excuses publiques du peuple Béninois comme le souhaite la grande majorité des Togolais, ou va – t – enfin appeler ses administrés à se rassembler autour de lui pour solutionner les multiples problèmes qui minent le football national?

Gabin Koissidjin

[ 262: du 27 juin 2007]
Après sa démission avortée : Le «Bélier» veut se faire respecter

Lorsqu’il était appelé à gravir les marches de la primature, des voix se sont levées pour annoncer sa mort politique. Il s’est allié au régime en place et a fait clamer des mécontentements dans une partie de la classe politique. Ces jugements peuvent peut-être paraître sévères mais les premiers pas du «Bélier noir» à la tête du gouvernement d’union nationale ont rendu perplexe plus d’un et confirmé les craintes de certains. La scène d’un Agboyibo faisant à l’occasion de la cérémonie de présentation de vœux, l’éloge d’un Faure Gnassingbé qu’il «diabolisait» au lendemain du processus électoral dramatique d’avril 2005 reste encore vivace dans les esprits. Et pourtant, c’est le même personnage qui aujourd’hui joue à la victime et brandit la menace de divorce. Est-ce la fin de la lune de miel ?  Nul ne saurait l’affirmer. Ce qui est désormais évident est le repositionnement stratégique du fils de Kouvé d’une part. D’autre part, cet incident politique marque le début d’un nouveau type de relation entre les deux hommes « forts» de l’exécutif togolais.

Le parcours de Agboyibo aux cotés de Faure Gnassingbé
Dès son accession au pouvoir, Faure Gnassingbé a affiché sa volonté de tourner la page du passé sombre du pays. Au-delà de cette volonté apparente, « l’héritier de Gnassingbé 1er » s’était assigné la mission de redorer son image et de conquérir sa légitimité. C’est cet objectif qui a motivé la tenue effective du dialogue national dans « un esprit de consensus ». Cette table ronde qui a rassemblé les principaux protagonistes de la crise socio-politique togolaise, bon gré, mal gré, a abouti à la signature de l’Accord Politique Global. Un compromis politique qui, tout en mettant l’accent sur l’organisation d’élections législatives acceptables par tous dans des meilleurs délais afin de faire participer toute la classe politique, dans sa diversité, à la gestion du pays, a légitimé le pouvoir du « jeune » président. Dans le but de consolider cet acquis, Faure  Gnassingbé crée la tension entre les amis d’hier au sujet du choix du premier ministre. L’accès à la primature suscite une bataille qui, au finish, a vu l’ascendance de Madji Agboyibo.

En fait, le choix porté sur le président du directoire du dialogue était prévisible. Car, depuis la phase de concertation du dialogue national, le «Bélier noir» s’est montré coopératif et avait proclamé sa foi en un processus de réconciliation dont le successeur d’Eyadèma Gnassingbé se veut le garant. Une stratégie qui lui a valu la sympathie et l’estime du locataire de la présidence.

Prenant en compte son « esprit d’ouverture et sa disponibilité » à l’accompagner vers un « changement dans la continuité », Faure Gnassingbé fait de l’occupant de la primature un compagnon. Le RPT (Rassemblement du peuple togolais) de son coté, considérant le poids non moins négligeable du CAR (Comité d’action pour le renouveau) sur l’échiquier national, propose à son leader  une alliance. Cette démarche a été motivée par la position du parti de Me Agboyibo dès le début du dialogue national. Une position qui laissait transparaître des tensions entre lui et la formation de Gilchrist Olympio, UFC (Union des forces de changement), autrefois des compagnons de combat. Par ailleurs, le langage politique quelque peu modéré adopté par le CAR dès le début des discussions inter togolaises et après l’ « octroi » de la primature à son leader a également milité en faveur de ce rapprochement.

« Inspiré », l’homme de Kouvé refuse contre toute attente l’alliance et se positionne. Profitant de la tribune de « l’atelier du HCDH sur la responsabilité des leaders des partis politiques dans la promotion et la protection des droits de l’homme dans un processus électoral », le premier ministre réclame à demi-mot le remplacement « des préfets activistes ».  Pour le régime, cette demande est révélatrice de la réelle ambition du leader du CAR et prouve que l’homme « n’est pas digne de la confiance du RPT ». Alors survint l’idée de le pousser vers la sortie.

Un plan qui profite plutôt au bélier
Se sentant attaquer, le régime RPT concocte un plan dont l’aboutissement serait de pousser l’ actuel patron de la primature à la démission.

Un communiqué présidentiel « destiné » à déstabiliser, voire  discréditer le premier ministre est diffusé sur les médias. Selon cette mise au point de la présidence, Agboyibo et son gouvernement sont les responsables de la lenteur du processus électoral. Par ailleurs, selon certains leaders politiques, la présidence, en rappelant au chef du gouvernement la mission principale assignée à son équipe, c’est-à-dire l’organisation dans les meilleurs délais des élections législatives, a voulu implicitement faire remarquer au «Bélier noir» son échec.

Ce dernier, prétextant être humilié, a préféré rendre le tablier. Sa lettre de démission ne sera pas acceptée par le président qui, visiblement, s’est laissé flouer par les siens.  A la place de la séparation, c’est plutôt l’étape du « concubinage » qui vient d’être franchie.  Les deux hommes après cet incident se retrouvent désormais plus proches l’un de l’autre. Avant donc que l’annulation du mariage ne soit véritablement effective (allusion faite à l’improbable alliance entre le CAR et le RPT), les fiançailles vont vraisemblablement profiter au locataire de la primature.

Ainsi, si à la première mi-temps, c’est un Agboyibo sous-ordre qui a été à la tête du gouvernement, la seconde mi-temps pourrait connaître un réveil de l’homme qui, sans nul doute, se montrera beaucoup  plus incisif.

La nouvelle stratégie du «Bélier»
Pour ses proches, s’il s’est montré docile et coopératif jusqu’à ce jour, c’est par pure stratégie. Le leader du CAR cherchait depuis fort longtemps, dit-on, les moyens pour se faire entendre. Vidé de toutes ses substances, le poste de chef de gouvernement d’après la loi fondamentale toilettée (en décembre 2002) n’a pratiquement plus de valeur. Le premier ministre est plutôt réduit au rang du premier des ministres. « Yawovi Agboyibo en était conscient avant d’accepter le rôle », affirment ses proches    avant d’ajouter qu’ « il a décidé de faire  le jeu ».

Mais face à l’enjeu électoral, l’avocat usant de sa ruse adopte une nouvelle stratégie. Grâce à une pirouette politique qui lui est propre, il accuse le camp du président et démontre devant tout le peuple togolais qu’il n’a pas les coudées franches pour agir à travers sa réclamation du remplacement des «préfets activistes».

De plus la brève tension suscitée par son interpellation à travers le communiqué de la présidence lui donne désormais du poids.

En réalité, en voulant le déstabiliser, les détracteurs de cet avocat-politicien ont plutôt favorisé sa relance politique. L’homme qu’une frange de la population togolaise considérait comme «vendu»s renaît de ses cendres et détient dorénavant entre ses mains, les clés d’un aboutissement heureux du processus électoral.

En effet, par ce faux pas, Faure a failli mettre en péril la marche du pays vers la reprise de la pleine et entière coopération avec ses principaux bailleurs de fonds internationaux et ses partenaires étrangers, notamment l’UE (Union Européenne). A part cet enjeu, c’est l’image de sa personne qu’il a failli une fois de plus  ternir puisque le départ  d’Agboyibo jetterait du discrédit sur le processus de réconciliation enclenché et annulerait tous les efforts déployés en ce sens. 

Aujourd’hui, il parait évident que la réussite politique de Faure dépend de l’homme de Kouvé.

Saturnin S. NOAMESSI

 
Recensement électoral : La CENI propose la période du 16 juillet

Initialement prévu pour le 08 juin dernier, le recensement électoral aura finalement lieu entre le 16 juillet et le 17 août prochain. Selon des sources « officielles », cette proposition viendrait de la CENI qui a eu une rencontre ce mardi avec le chef du gouvernement. En effet, le premier Ministre a eu hier une séance de travail avec tous les acteurs et institutions impliqués dans l’organisation des prochaines élections. Il s’agit notamment des ministères concernés, des partenaires étrangers tels que les  Nations Unies, l’Union européenne ainsi que des membres de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

Au sortir de l’audience, le président de la CENI a laissé entendre que tous les dispositifs sont enfin pris pour permettre la tenue effective des opérations devant aboutir aux élections. Il revient au gouvernement de fixer par décret en conseil des ministres, la nouvelle date du recensement électoral.

Par ailleurs, si la période du 16 juillet au 17 août venait à être confirmée, il est évident que la date du 05 août retenue pour la tenue du scrutin n’est plus tenable. Une situation qui nécessitera un second report.

En effet, selon certains responsables de la CENI, c’est pour éviter ces « tâtonnements » que la CENI se refusait dans le temps d’avancer des dates sans être sûre qu’elle les tiendrait. Aujourd’hui, l’évidence d’un second report doit interpeller, tous les acteurs du processus électoral, à tout mettre en œuvre pour  rassurer les populations togolaises en perte de confiance.

Le report de la date du recensement avait été expliqué par le président de cette institution, Tozim Potopére, par des retards pris par les partis politiques et le gouvernement dans la transmission de la liste de leurs représentants dans les Comités de Liste et Carte (CLC).

En lieu et place des opérations de recensement proprement dites, la CENI avait plutôt organisé une campagne de simulation pour s’assurer de la qualité de son matériel électoral.

 Marc D. Kouakani-assi

 
Procédures de financement des bailleurs de fonds  Les opérateurséconomiques seforment
La salle Evala de l’Hôtel 2 février de Lomé abrite depuis hier mardi 26 juin 2007, un séminaire d’information et de sensibilisation des opérateurs économiques sur les procédures des institutions de financement.

Initié par le conseil national du patronat et co-organisé par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), ce séminaire vise, selon les organisateurs, une meilleure connaissance des procédures de financement des bailleurs de fonds et des institutions financières. Autrement dit, cette rencontre entre les acteurs économiques va permettre aux banques, aux institutions de crédit, aux organismes de financement du secteur privé et autres bailleurs de fonds d’expliquer aux chefs d’entreprises togolaises, les conditions à remplir et les documents à fournir pour bénéficier de leurs appuis et soutiens financiers.

Le développement et le financement des entreprises sont des facteurs clés dans le processus de la relance du secteur privé et de l’économie togolaise. Or, constate le président du patronat togolais, Kossivi Naku, « le financement et le développement des entreprises togolaises se heurtent à de multiples difficultés » dont celle relative à la méconnaissance des règles et procédures des banques et des institutions de financement, ainsi que celle relative aux offres de garantie des risques liés à l’investissement.

C’est pour remédier à ces difficultés, explique-t-il, « que nous nous sommes réunis pour échanger avec les banques, les institutions de financement et de garantie sur les services qu’elles offrent ainsi que sur le partenariat nécessaire qui doit exister entre toutes ces entités et les entreprises togolaises ». Pour lui, ces deux groupes d’acteurs « sont complémentaires dans le processus de développement économique de nos pays et l’un sans l’autre ne peut pas  valablement participer de façon positive à la dynamisation de l’économie ».

Le président de l’APBEF (Association Professionnelle des Banques et Etablissements Financiers du Togo), Yao Kanékatoua, abondera dans le même sens. Selon lui, « la croissance économique de nos Etats, repose sur le développement d’un vivier de petites et moyennes entreprises, compte tenu de leur capacité de création de valeurs et d’emplois ». Et ce développement, poursuit-il, « passe nécessairement par une facilité d’accès aux sources de financement véritablement adéquates ».

Cependant, relève M. Kanékatoua, « les contraintes relatives à l’environnement des affaires, les risques réels que sont la faiblesse du niveau de fonds propres des PME (petites et moyennes entreprises), la faiblesse des capacités managériales de certains promoteurs, la qualité des dossiers de projet, le taux élevé des créances impayées, l’insuffisance des garanties proposées  les difficultés juridiques et judiciaires » constituent de réels freins au financement bancaire.

Ainsi, en vue de permettre un accroissement des financements bancaires, le président de l’APBEF invite les uns et les autres à la promotion de bonnes relations entre les banques et les entreprises par le renforcement de la compréhension réciproque des rôles et responsabilités de chacun ainsi que la promotion de meilleures pratiques d’affaires.

Tout en se félicitant de l’organisation de ce séminaire, le ministre de l’Economie et du Développement, Daniel Kloutsè, a estimé que le thème de cette rencontre d’échanges entre les opérateurs économiques et leurs partenaires financiers, porte en lui-même un profond intérêt. Pour lui, « le développement d’une entreprise dépend dans une large mesure de la possibilité qu’elle a de trouver le financement adéquat pour ses activités ».

Pour ce faire, il invitera les séminaristes à des réflexions et échanges fructueux pour faire de l’économie togolaise, une économie dynamique dotée de PME/PMI (Petites et Moyennes Entreprises) compétitives.

Le séminaire qui prend fin aujourd’hui sera marqué par des exposés sur les procédures de financement, présentés entre autres par l’APBEF, la BIDC (Banque d’Investissement de la CEDEAO), la BOAD (Banque Ouest Africaine de Développement), le FAGACE (Fonds Africain de Garantie et de Coopération Economique), le Fonds Gari, Cauris Management et la Commission de l’UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest Africaine).

 
Journée mondiale sans tabac : Les manifestations ont eu lieu hier à Togblékopé

Les manifestions marquant la célébration de la journée internationale de lutte contre l’abus et le trafic illicite des drogues au Togo, ont eut lieu, hier mardi 26 juin 2007 au Terminal du Sahel  à Tobglékopé. Cette célébration a été couplée avec celle de la journée mondiale sans tabac. Les thèmes de ces deux journées étaient respectivement, « Espace sans tabac : pas de fumée à l’intérieur » et « La drogue contrôle-t-elle ta vie ? ». La clôture des manifestations a été marquée par la destruction des drogues et produits pharmaceutiques saisis par la douane togolaise et les forces de l’ordre et de sécurité.

Selon le ministre de la Santé, Charles Kondi Agba, l’idée de coupler ces deux journées s’est naturellement imposée dans la mesure où le tabac et la drogue sont des agents nocifs qui vont de paire et demeurent un problème majeur de santé aussi bien dans les pays développés que dans les pays sous développés. Pour lui, la tendance à fumer la cigarette qui s’est dangereusement accentuée ces dernières années constitue un frein au développement économique du Togo.  En 1980, on a enregistré une augmentation de la proportion de personnes «fumeuse régulières » au sein de la population de 25 ans et plus.  Aujourd’hui, elle (cette proportion) varie entre 15 % chez les hommes de 65 ans et plus et de 50 % chez ceux de 18  à 34 ans. Une enquête réalisée en 1989 révèle que 84 % des élèves des collèges et lycées ont déjà fumé et que dans 80 % des cas, la première expérience a été faite avant l’âge de 16 ans.

Le plus grave, déplore le ministre, c’est que la fumée du tabac est nocive aussi bien chez les fumeurs que chez les non fumeurs. En effet, de milliers de fumeurs passifs (personnes qui ne fument pas mais se trouvent dans l’environnement immédiat des fumeurs) meurent chaque année de maladies dues à l’inhalation de la fumée des autres. Selon les estimations, au moins 200 000 travailleurs meurent chaque année du fait d’une exposition à la fumée secondaire sur le lieu du travail et la moitié des enfants, à l’échelle mondiale, sont exposés à la fumée du tabac, en particulier à domicile. C’est pourquoi le représentant de l’OMS au Togo (Organisation Mondiale de la Santé), Dr Tankari, estime que l’institution des zones « 100 % non fumeurs » constitue la seule solution pour garantir une protection efficace des populations contre les effets dévastateurs de l’exposition à la fumée secondaire. Celui-ci a dans ce sens déploré l’inapplication de la convention cadre de l’OMS pour la lutte antitabac par les pays qui l’ont ratifié. « Faire passer une législation antitabac ou anti-drogue ne suffit pas. Il faut également veiller  à son application effective », a-t-il déclaré. Pour le représentant de l’OMS au Togo, le tabac est dangereux pour la santé des fumeurs et celle de leurs entourages, qu’ils soient familial ou professionnel.

D’après le directeur régional de l’OMS Luis Samba, la toxicomanie constitue la deuxième plus grande cause de mortalité dans le monde. Ce dernier trouve que « si les tendances actuelles de la consommation du tabac se maintiennent d’ici 2020, le nombre de décès dus au tabagisme atteindrait 10 millions par an et 70 % de décès surviendront dans les pays sous-développés ». Aussi, a-t-il lancé un appel aux gouvernements afin que ceux-ci prennent des mesures législatives faisant de tous les lieux de travail et les lieux publics fermés, des espaces « 100 % non fumeurs ». « Seule une législation garantissant une protection égale et efficace à tous les travailleurs et au public est acceptable », a-t-il ajouté.

Pour sa part, le Colonel Atcha Tittikpina, ministre de la sécurité, a laissé entendre que la drogue est un phénomène dangereux qui gangrène nos sociétés. Selon lui, la toxicomanie engendre un cortège de malheurs que sont : les scènes de violence, d’agressivité et d’irrévérence sur les lieux de travail, dans le cercle familial, scolaire et professionnel. Elle entraîne aussi le manque d’assiduité au travail, la criminalité et la recherche excessive du gain facile. Face à l’ampleur du fléau, le ministre a lancé un appel de détresse: « Il faut arrêter l’hémorragie », a-t-il déclaré.

Les manifestations ont pris fin avec la destruction de 638,724 Kg de drogue et de produits contrefaits.

Grégoire AWESSO

 
Lutte contre la toxicomanie : Quelle stratégie pour le Togo?

La toxicomanie, un phénomène néfaste et récurrent ces dernières années, implique des actions concrètes et efficaces pour l’enrayer de la société. D’où l’institution de la journée mondiale sans tabac, la journée internationale de lutte contre la drogue et l’adoption de plusieurs mesures tendant à promouvoir cette lutte.

Le Togo n’est pas resté en marge de cet élan. Il a ratifié la plupart des textes et créé des institutions pour mener la lutte. Mais, toutes ces mesures paraissent pour l’heure insuffisantes pour arrêter le fléau. A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre l’abus et le trafic de drogue, 638,724 kg de stupéfiants et de produits pharmaceutiques contrefaits ont été détruits hier mardi 26 juin 2007 sur le champ de tire d’Agoenyivé. Au total, 24,607 kg de cocaïne, 12,334 kg d’héroïne et 614,321 kg de canabis ont été brûlés.

Selon le chef de  division de la lutte contre la drogue de la Direction de la douane, Pania Gagnon, les services douaniers ont intercepté 14 tonnes de produits pharmaceutiques contrefaits en provenance du Nigeria. D’après lui, l’importation de ces produits nocifs à la santé est prohibée au Togo. 

Le ministre de la santé, Charles Kondi Agba, a, à cette occasion, déclaré que le gouvernement prendra des mesures incitatives pour promouvoir l’institution des « espaces sans tabac » par le biais des textes interdisant de fumer dans les lieux publics, de travail et lors des transports en commun. Face à l’avancée du fléau, plusieurs mesures ont déjà été adoptées par le Togo. Ainsi, le Togo a pris un arrêté interministériel interdisant l’usage du tabac dans les établissements scolaires et universitaires et l’adoption par l’Assemblée nationale le 27 septembre 2005 de la loi cadre de l’OMS pour la lutte antitabac. De plus, l’implantation des panneaux publicitaires sur le tabac a été interdite au Togo.

En 2004, le nombre de toxicomanes au Togo était estimé à environ 5 000, la répartition spatiale étant inégale (le milieu urbain est plus touché que le monde rural).

Préoccupé  par la toxicomanie, le gouvernement du Togo a décidé de renforcer sa politique de lutte contre ce fléau par la création du Comité National Anti-drogue, d’un laboratoire nationale des stupéfiants et de l’Office Central de Répression et de trafic illicite des drogues. En outre, le Togo a adopté la loi No 98-8 du 18 mars 1998 portant contrôle des drogues. Malheureusement, constate le Dr Luis Sambo, directeur régional de l’OMS, l’application de toutes ces mesures reste difficile. Certains expliquent cette inéfficacité par le fait que certaines autorités seraient impliquées dans le trafic. « Comment voulez-vous que la lutte contre la drogue soit efficace dans la mesure où ceux qui sont censés lutter contre ce fléau y sont eux aussi impliqués ? », s’interroge un citoyen.

Le ministre de la santé  trouve que pour lutter contre le fléau, la population doit adopter un comportement sain. Ce qui exige, selon lui, une culture que les parents, enseignants et autres éducateurs doivent s’approprier. Il a par la suite demandé à ceux qui ne sont pas tombés dans l’engrenage de la drogue de se sentir fiers. Il les a exhorté à tout faire pour ne pas s’aventurer sur ce chemin. « La meilleure méthode pour arrêter de fumer, c’est de ne pas commencer », a-t-il conseillé.

Certains fumeurs, quand à eux, trouvent que fumer fait oublier les soucis. « Quand je ne fume pas, je ne suis pas à l’aise. Je fume 1 à 2 paquets par jour», a déclaré un fumeur approché au Terminal du Sahel. Ce dernier a déclaré dépenser en moyenne 800 f cfa pour l’achat quotidien de la cigarette. Malheureusement, ceux qui ont déjà fait la triste expérience et qui veulent cesser ne peuvent plus ; la nicotine provoque un effet de dépendance et d’accoutumance chez le fumeur.

Dans un passé récent, le Togo a été cité comme étant une plaque tournante du trafic, un point de transit de la drogue vers les pays européens et asiatiques.

Mécanismes des outils de garantie des financements

Outil de promotion du développement du secteur privé sous-régional, instrument qui assure la protection des investissements ou encore qui protège les établissements bancaires et financiers contre les risques encourus lors de l’octroie de crédits, le fonds de garantie des investissements privés en Afrique de l’ouest (Fonds Gari ou Gari) est très peu connu du public cible togolais. C’est pour mettre fin à cette « ignorance » ou « méconnaissance » des mécanismes et méthodes du fonds Gari que sa direction a organisé le lundi 25 juin 2007, un forum sur la garantie à l’intention des banquiers et autres institutions de financement des investissements privés.

Placé sous le thème : « Financement des garanties d’investissement privé », cette rencontre entre les banques, les établissements de crédit, les entreprises du secteur privé et le fonds Gari a pour but, selon ses organisateurs, de livrer à ce public la quintessence des activités de cette institution.

Selon son directeur général, Pierre Yawovi Sédjro, malgré les efforts notables accomplis par le Gari en terme d’approbation de garanties et de mobilisation de ressources, « force est de reconnaître  que les résultats actuels de cet outil de développement du secteur privé ouest Africain sont encore relativement modestes face à l’ampleur des besoins de financement ».

Apres avoir relevé que malgré « ses potentialités énormes, le secteur privé peine encore à décoller, pour véritablement  jouer son rôle de moteur de croissance et de création de richesses dans nos pays », M. Sédjro a indiqué que son institution «a pour principal objectif de contribuer au développement de ce secteur, en accordant sa garantie, sous forme de partage de risque, pour accompagner les opérations destinées au financement des investissements promus par les entreprises qui y opèrent ».

Pour le DG du Gari, son établissement ne peut atteindre cet objectif que par le recours des banques et autres établissements financiers à ses services.

Dans un élan marketing, il a appelé les participants au forum à faire confiance au Fonds Gari. « Le Gari se veut un partenaire fiable et crédible, un maillon solide dans la chaîne du financement du secteur privé au sein de l’espace CEDEAO », a-t-il lancé, tout en soulignant que le présent forum est le premier d’une série prévue dans huit pays de la sous région.

Ces rencontres rappelle-t-il, ont pour but « d’insuffler un nouvel élan au partenariat entre le Gari et son public cible et de parvenir à un plus large ancrage des activités du Fonds dans la région ».

Parrain de cette rencontre, l’Union Européenne était représentée à la cérémonie d’ouverture par le Chargé d’affaires par intérim de la délégation de la commission européenne au Togo, Joâo Mélo de Sampaio.

D’après celui-ci, « le plan marketing du Fonds Gari aura en effet bénéficié de la part de Pro€invest (un programme du Groupe des Etats ACP et de la Commission Européenne pour la promotion des investissements et le transfert de technologies dans les entreprises des pays ACP), d’une subvention totale de près de 95.000.000 de F Cfa ».

Tout en relevant que l’appui apporté au Gari s’inscrivait dans la politique de développement et de coopération de la Commission européenne, M. Sampaio a indiqué que c’est au vu de son expérience et de son engagement en faveur de l’accès des PME et PMI aux prêts bancaires dans la zone CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) que la Commission  européenne a décidé de lui accorder sa confiance. Pour ce faire, il invite les participants à recourir aux services du fonds Gari, car explique-t-il, « les garanties à l’appui des investissements réduisent les risques liés aux projets et encouragent les flux privés de capitaux ». Tout en se félicitant de l’initiative du Fonds Gari, le porte-parole du président de l’APBEF (Association Professionnelle des Banques et établissements financiers du Togo), Martial Goeh-Akué, a au nom de cette structure,  confié que « pour la communauté bancaire togolaise, le Fonds Gari constitue un outil de premier choix, permettant aux entreprises de financer leur investissement et leur développement ».

Le Fonds Gari a été institué en 1995 à l’initiative d’organismes de développement, d’institutions financières internationales et de 23 banques commerciales implantées dans la zone CEDEAO.

Basé à Lomé, il est doté d’un capital social évalué à près de 13 milliards de F Cfa. Son objectif est de faciliter l’accès des entreprises privées, installées dans la zone CEDEAO, aux financements à moyen et long termes par le partage, avec les établissements de crédits, des risques liés à ces opérations.

Toutes les entreprises relevant du secteur privé et exerçant entre autres dans le tourisme, les télécommunications, l’agro-alimentaire, la pêche, les mines peuvent recourir aux services du Gari. Le Fonds pour sa part peut intervenir dans les opérations de création, de modernisation ou de privatisation d’entreprises et dans celle de transfert de propriétés.

Pour être éligibles au Fonds, les financements garantis(ou les projets soumis au Fonds par une banque) doivent atteindre un montant minimal égal à 50 millions de F CFA contre une quotité (l’apport du Gari) maximale fixée à 50% du financement consenti.

Comme dans toute transaction financière, des garanties sont exigées aux clients du Fonds avant tout engagement de ce dernier.

Marc D. kouakani-assi

 
Fin des enquêtes préliminaires sur le crash de Lungi : Les thèses d’accident se confirment

De sources bien informées, les résultats des enquêtes préliminaires  sur le crash d’hélicoptère de Lungi ont été remis aux autorités togolaises.  « Un premier rapport nous a été remis après les travaux des experts togolais et sierra léonais », a confirmé un  officiel togolais. Selon les conclusions de ce rapport, le crash serait d’origine technique. « L’appareil a dûs avoir une défaillance technique », précise la  source précitée.

Après cette étape préliminaire, une seconde enquête, cette fois-ci internationale, sera ouverte avant la publication des conclusions définitives. On annonce à cet effet la mise sur pied d’une équipe composée d’experts des pays d’origine des victimes à savoir : le Togo, le Sénégal, le Gabon, la France de même que la Sierra Léone (où a lieu l’accident).

Les mêmes sources indiquent que les experts  togolais ont pu auditionner le 3e pilote qui s’est éjecté de l’appareil avant le crash. Ces révélations contrastent avec les thèses d’un attentat. Dimanche dernier, le porte-parole  du collectif des parents des victimes de ce crash, Me Kokou Dodji Apévon, a réclamé la mise sur pied d’une Commission d’enquête pour situer les  responsabilités. Il a dénoncé les services de secours et de sécurité de l’aéroport de Lungi. Selon des témoignages, les victimes n’ont pas été secourus ;  l’aéroport de Lungi ne disposant ni de sapeurs- pompiers ni d’extincteurs pour maîtriser l’incendie qui s’est déclenché après le crash.

Pour rappel, le 3 juin dernier, après le match Sierra Léone-Togo comptant pour la 4e journée des éliminatoires de la CAN Ghana 2008, un hélicoptère de la Compagnie Paramount Airlines qui transportait une partie de la délégation togolaise vers l’aéroport de Lungi s’y est écrasé, causant la mort de 21 personnes dont 13 Togolais parmi lesquels, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Richard Kokou Attipoé.

Noël y. A. Glissou

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
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