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[ No 119: 28 juin 2006]
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Gestion des fonds alloués
aux Eperviers :
Les
sponsors demandent des comptes |
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L’heure du bilan s’annonce mal pour la fédération
togolaise de football. De retour d’Allemagne, la FTF
et son président, Rock Gnassingbé doivent faire face
à l’exigence des sponsors sur l’usage de leurs
fonds. Cette requête « des partenaires oubliés »
de l’instance du football national est devenue plus
que légitime, au vu du feuilleton à rebondissements
des primes, qui a empoisonné la vie de la sélection
togolaise lors de la coupe du monde et nécessité
l’intervention de la Fifa.
Les informations reçues font état d’une contribution
financière de la Loterie nationale togolaise (Lonato),
des Forces armées togolaises (FAT) et de la
communauté libyenne au Togo. Ces trois sponsors
auraient remis 95 millions de F CFA à la FTF par le
biais de la commission Eperviers 2006, mise en place
par le gouvernement Edem Kodjo. La Lonato
et la communauté libyenne auraient donné chacun 40
millions tandis que les militaires auraient remis
une somme de 15 millions de F CFA par
l’intermédiaire du ministère de la Défense.
Mais là où le bât blesse est que mention n’a été
faite nulle part de ces sponsors dans les rentrées
de fonds déclarées par la FTF. On se rappelle que la
FTF avant le départ pour la coupe du monde, avait
officialisé les partenariats avec Togo Télécom
(sponsor officiel avec 350 millions), le Port
Autonome de Lomé (50 millions) et Ecobank (35
millions). Où sont donc passés les 95 millions du
trio Lonato-FAT-ressortissants libyens ?
Croupissent-ils déjà dans les poches des dirigeants,
comme l’avaient craint certains joueurs ?
Se
fondant sur les faits qui ont conduit la Fifa à
faire une gestion indirecte des 4,5milliards dus au
Togo, certains commentateurs n’hésitent pas à
épouser la thèse selon laquelle c’est une véritable
machine qui est mise en branle pour faire
disparaître en douce toutes les récompenses de
l’équipe nationale togolaise. Aujourd’hui d’autres
veulent croire aux propos de l’attaquant togolais
Shéyi Adébayor qui, dans une déclaration le 09
juin, faisait état de cette stratégie de toute la
FTF et ses barons à arrêter l’équipe au premier
tour pour que le budget ne soit pas épuisé. Ce qui,
selon lui, ferait les affaires de ces saboteurs de
la cause nationale.
En
attendant que lumière soit faite de la destination
finale du pactole de 95 millions qui met encore plus
à nue toute cette bande d’incapables au sommet du
football national, les « dirigeants touristes de
la
FTF »
de retour du mondial, peuvent ouvrir leur boutique
de commerce ou distribuer les cadeaux amassés durant
leur séjour allemand. |
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Crise a la tête de la FTF, en dehors de Rock
Gnassingbé :
Le bureau prêt à rendre le tablier |
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Le
malaise était perceptible depuis la phase
préparatoire du mondial, mais le président de la
fédération et sa cohorte d’amis ou de collaborateurs
n’ont pas voulu se résoudre à l’évidence.
Aujourd’hui à l’heure du bilan, chacun veut
s’extirper de la gueule chaude d’un peuple, en
colère d’avoir été humilié aux yeux du monde par
cette phobie morbide des dirigeants de la FTF à
s’enrichir sur le dos des joueurs. C’est alors que
certains se lancent dans des annonces, par quelque
canal que ce soit, de leur démission prochaine. A
qui veulent-ils laisser les tas de ruines de la
coupe du monde et de la CAN ainsi que la poudrière
de dossiers de championnat mal tranchés qui restent
en suspens, près de deux mois après la fin de
saison ? Pourquoi avaient-ils attendu si longtemps
pour rendre le tablier ? Les poursuivre tous
ensemble ou les gracier? |
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Selon les informations publiées par certains médias
étrangers et relayées par la presse nationale, ils
seraient aujourd’hui près de sept membres du bureau
exécutif de la Fédération togolaise de football (FTF)
à faire état de leur démission prochaine après
l’élimination des Eperviers au premier tour du
Mondial avec trois matches et trois défaites et six
buts encaissés contre un seul marqué. Sur cette
liste, se trouveraient Winnie Dogbatsé et Théodore
Amégnran respectivement 1er et
2ème vice-président,
ainsi que le secrétaire général, Espoir Assogbavi,
à avoir confirmé qu’ils sont « au nombre de sept »
à prendre cette option, estimant que les conditions
de leur mission ne sont plus honorables. Contacté
hier, M Dogbatsé a réitéré que tous « ils sont
décidés à rompre avec cette façon calamiteuse de
gérer la fédération ». « La procédure de
démission est en cours et peut aboutir d’ici la fin
de la semaine », a-t-il ajouté. A sa suite,
le 2ème vice-
président Théodore Amégnran, a déclaré qu’il est
temps pour eux de « demander pardon au peuple
togolais pour tout ce qui est arrivé, surtout le
mauvais fonctionnement de la fédération »,
Les documents ont été rédigés lors d’une réunion que
les potentiels démissionnaires ont tenue après le
match France-Togo, à l’issue duquel les Eperviers
ont été battus par deux buts à zéro, encaissés en
deuxième mi-temps. Selon les déclarations riches
en enseignements des deux têtes de listes des
démissionnaires sur RFI, leur initiative remonterait
à la période post CAN 2006. Ils seraient à l’époque
dans les bonnes grâces de Rock Gnassingbé et
auraient, selon certains supporters, couvert
ensemble les problèmes d’organisation et de grand
dysfonctionnement de la Fédération, tant décriés par
les médias nationaux.
Pour le commun des Togolais, ils sont tout aussi
responsables que leur président. Si certaines
positions veulent croire en leur préférence
d’attendre « l’issue de la présence des Eperviers
au Mondial pour le faire », avec l’argument
selon lequel ces départs pourraient affecter la
prestation de l’équipe, d’autres privilégient la
thèse selon laquelle « tous veulent profiter de
la manne des 4,5milliards F CFA que devrait
débourser la
Fifa».
Même si ces démissions sont saluées dans la capitale
togolaise, tout porte à croire que le public sportif
togolais aura du mal à exempter ces fossoyeurs du
football national de quelque accusation que ce soit.
D’ailleurs, les menaces proférées par Rock
Gnassingbé à l’encontre de ces démissionnaires en
disent long sur sa volonté à ne pas être seul à
essuyer la colère de la nation.
Gabin KOISSIDJIN |
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