AgoraPress

 

Tribune

 

Politique

 

Culture

 

Société

 

Sites

 
 
Golfe Info

11 juin 2007

[ 255: du 10 juin 2007]  
Identification des corps des victimes : Les parents doivent encore patienter

Une dizaine de corps des victimes du crash de Freetown est déjà identifiée, ont déclaré des sources proches de la morgue du CHU de Lomé-Tokoin. Selon les médecins chargés de l’opération, l’identification se fait en deux phases. La première est basée sur les témoignages des parents des victimes et la seconde essentiellement consacrée  au test ADN des cadavres. La Sierra Léone étant mal équipée pour ce genre de test, la pré identification  à Freetown n’a été faite que par sexe.

Cette rapide identification d’une dizaine de ces corps a été rendue possible grâce à la collaboration des familles des victimes qui ont donné des informations très précises sur leurs parents morts dans l’accident.

La seconde procédure, la plus compliquée selon les spécialistes, est celle de l’identification par ADN des corps calcinés. Ici, les médecins vont prélever les cellules des proche parents afin de les confronter à celles des victimes. Selon eux, cette démarche très complexe va prolonger la période d’attente des familles des victimes. Or, ces dernières  sont impatientes de récupérer leurs parents  ou enfants afin de leur donner des sépultures dignes et conformes aux rites traditionnels  et religieux des uns et des autres. A cet égard, le ministre de la Santé, Charles Kondi Agba, a exhorté les familles des victimes à faire preuve de patience car, estime-il, « il n’est pas décent de remettre un corps à une famille et après, qu’on soit obligé de l’exhumer parce qu’on s’est trompé».  Cette situation a conduit les autorités à mettre en place,  un dispositif de sécurité en vue d’empêcher la divulgation des informations, ceci pour ne pas accroître la détresse des familles des victimes dont les corps ne sont pas encore identifiés (les visites se font sans caméras, ni appareil photographique, ou téléphone portable).

La procédure d’identification a débuté samedi dernier avec une équipe médicale togolaise composée de médecins légistes, de techniciens en pathologie et en histologie. L’équipe est dirigée par le Docteur Tchangaï Tchatcha, médecin légiste, et assistée d’une unité de la gendarmerie française spécialisée dans l’identification des victimes des catastrophes. Une autre équipe française est attendue dans les prochains jours à Lomé. Avec des machines sophistiquées, ces spécialistes, avec à leur tête, le médecin Jean Paul Tissier, vont aider leurs confrères Togolais à finaliser le processus d’identification.

L’aspect juridique du drame
Selon des sources proches du gouvernement, la compagnie « Paramount Airlines », propriétaire de l’hélicoptère ayant fait le crash, est couverte par une assurance qui court jusqu’au 31 Octobre 2007. Une nouvelle qui peut soulager les familles des victimes qui pourront espérer être indemnisées pour prendre en charge les orphelins, veufs ou veuves qu’ont laissé les victimes. A ce propos, le ministre de la communication, Gahoun Hégbor, a déclaré que les mesures sont prises afin de déterminer la responsabilité civile ou pénale de la compagnie en vue de dédommager les parents victimes. Pour sa part, le colonel Latta, Directeur de  l’Agence Nationale de l’Aviation Civile (ANAC),  a assuré être prêt à étudier le dossier dans les moindres détails. Pour ce faire, le procureur de la République a dépêché un substitut en terre sierra léonaise pour suivre de près les enquêtes en cours. Les autorités togolaises avaient remarqué une lenteur dans l’enquête de la part des sierra-léonais. «J’ai remarqué que ceux-là ne sont pas pressés. Si nous ne les assistons pas, ils peuvent nous cacher beaucoup de choses », a déclaré une autorité togolaise impliquée dans ce dossier.  
Grégoire AWESSO

 
Gestion des rescapés du crash de Freetown : La délégation gouvernementale critiquée

Diverses  révélations critiques ont été faites ce week-end sur la gestion de la crise née du crash de l’hélicoptère qui transportait une partie de la délégation  togolaise, le 03 juin dernier. Des journalistes togolais qui ont fait le déplacement de la Sierra Léone avec l’équipe nationale de football, ont dénoncé l’attitude du gouvernement togolais dans son ensemble et plus particulièrement celui de ses représentants qui ont été envoyés au chevet du reste de la délégation

Selon ces hommes de média, au lendemain du drame, il leur a été annoncé qu’une délégation gouvernementale devait venir les ramener au pays. Paradoxalement, disent-ils, arrivés à l’aéroport où ils les attendaient, les membres du gouvernement ne se sont point préoccupés d’eux. Ils se sont contentés d’aller voir les joueurs avant de revenir leur signifier que l’avion affrété, ne peut pas prendre tout le monde. Il s’agirait d’un Fokker de 45 places. Une partie de la délégation composée essentiellement de journalistes et de quelques membres du staff technique des Eperviers, se devait alors de prolonger son séjour dans le pays. Ce qui est regrettable, selon ces témoignages, des dispositions appropriées pour assurer l’hébergement de la dernière vague des supporters et responsables de la fédération, ont été négligées. «La délégation nous avait rassuré que des dispositions ont été prises. Mais, arrivés à l’hôtel, il n’y avait plus de chambres. Or le ministre et son équipe étaient déjà partie» ont confié ces journalistes.

Selon ces derniers, la délégation gouvernementale n’aurait même pas eu l’occasion d’aller à la morgue de Freetown pour voir les corps des victimes. Ils ne se sont même pas rendus à la capitale Freetown. La rencontre avec le chef de l’Etat Sierra Léonais, Ahmed kabbah qui revenait de Tripoli (Libye), aurait eu lieu dans le salon d’honneur de l’aéroport de Lungi. Ils ont par ailleurs dénoncé le peu d’égard que leur aurait accordé la délégation conduite par le ministre d’Etat, ministre de la santé, le Professeur Charles Kondi Agba. Pour ces journalistes, il est inadmissible qu’au vu du drame, les autorités togolaises se permettent de demander à une partie des citoyens qui ont fait le voyage, de prolonger leur séjour en terre étrangère, alors même que des hypothèses d’attentat étaient évoquées.

Tout en se félicitant de la cérémonie d’hommage organisée en honneur des victimes, les « rescapés » de Freetown ont déploré la précipitation dans laquelle les choses ont été organisées. Pour eux, les autorités auraient pu attendre le week-end ou chômer la journée d’hommage pour permettre à tous les togolais d’y prendre part pleinement.

Partant du drame, les journalistes qui ont fait le déplacement de Lungi, invitent les différents acteurs de la famille sportive togolaise à la réconciliation et à la culture de l’humilité. Pour eux, sans une solution crédible et durable à la crise qui mine le football togolais, on ne cessera de déplorer des feuilletons malheureux.

Le lundi 4 juin dernier, le chef de l’Etat, Faure Essozimna Gnassingbé a dépêché en terre sierra léonaise, une délégation gouvernementale composée entre autres des ministres Agnélé Christine Messan, Loretta Massan Acouetey, Kokouvi Dominique Dogbé, Georges Gahoun Hégbor, du Général Zoumaro Gnofam du Comité Olympique National, du Colonel Latta Gnama de l’Agence Nationale de l’Aviation Civile. Elle était conduite par le ministre d’Etat, ministre de la Santé, le Professeur Charles Kondi Agba. A son retour, cette délégation a fait un compte rendu dans lequel, elle est revenue sur les conditions dans lesquelles était intervenu le crash qui a fait 21 morts dont 14 togolais.

Marc D. KOUAKANI-ASSI

 
Application de l’APG: L’UFC toujours insatisfaite

Les dirigeants de l’UFC (Union des Forces de Changement) ont relevé des manquements dans l’application de l’APG qu’ils ont remis à la mission européenne qui a séjourné à Lomé la semaine dernière. Les « interpellations » de l’UFC sont faites à la CENI, au gouvernement, et à certaines institutions de l’Etat. D’autres questions contenues dans l’APG constituent le dernier lot des préoccupations du parti.

Sur la base de la non publication par la CENI (Commission Electorale Nationale indépendante) « du chronogramme détaillé de l’organisation des élections », l’UFC trouve qu’en l’état, la CENI ne peut pas organiser le scrutin prévu pour se tenir le 05 août prochain.

En ce qui concerne le report du démarrage du recensement, le parti de Gilchrist Olympio se dit « étonner »  du fait que, la CENI en impute la responsabilité aux partis politiques.

En effet, expliquant le retard accusé dans le processus, Tozim Potopéré, le président de cette institution a fait remarquer que les « partis politiques et le gouvernement n’avaient pas envoyé à temps la liste de leurs représentants dans les Comités de Liste et Carte (CLC)». Pour le secrétaire général de l’UFC, Jean Pierre Fabre, le report du recensement électoral est plutôt dû à un projet de loi portant réduction du délai de réclamation des inscriptions, introduit parle gouvernement auprès de l’Assemblée Nationale.

Par ailleurs, l’UFC est revenue sur la nomination des magistrats, président, ès qualité des CELI (Commission Electorale Locale Indépendante). Selon les dirigeants de ce parti, le garde des Sceaux ministre de la justice n’est pas habileté à procéder à la nomination des magistrats, président ès qualité des CELI. «C’est une tâche dévolue aux membres de la CENI », font ils remarquer. De plus, l’UFC qualifie les présidents de CELI nommés par le gouvernement de partisans du régime en place. Par conséquent, elle « demande que la CENI respecte la loi et établisse une nouvelle liste »  pour procéder à un « remplacement de certains présidents de CELI ».

L’UFC dénonce également la « présence au sein de la CENI d’un magistrat appartenant au RPT». Considérant que cette présence « viole la loi portant statut des magistrats », le secrétaire général de I’UFC estime qu’il n’est pas normal d’accepter ces irrégularités. Car, a-t-il expliqué, « fermer les yeux sur ce que l’on considère comme petites violations de la loi »  constitué une porte ouverte pour « encourager d’autres, plus grandes ». Pour lui, ces pratiques aboutissent aux «massacres des populations ».

La responsabilité du gouvernement
L’UFC accuse le gouvernement de n’être pas disposé « à organiser des élections libres, équitables, transparentes et démocratiques ». Pour preuves, elle cite contre le maintien à leur poste des préfets et ce, malgré une proposition qu’il a introduite « au Premier ministre en décembre 2006 » demandant « qu’il soit procédé sur une base consensuelle au remplacement des préfets». Pour Jean Pierre Fabre, les exigences d’honnêteté et d’équité, de transparence et de crédibilité des prochaines élections appellent en effet, le remplacement de tous les préfets

Le secrétaire général de l’UFC, pour donner du poids à son argumentation avance des cas dans lesquels, des préfets auraient exercé des «actes d’intimidations sur les responsables et militants » de son parti « après la récente tournée dé Gilchrist Olympio dans le pays ».


La question de l’impunité

Sur ce plan, l’UFC dénonce l’attitude du gouvernement en ce qui concerne le traitement qu’il a réservé à ce dossier. Elle relève qu’en dépit des interpellations du Comité de Suivi, le gouvernement ne daigne pas trouver des mesures idoines pour régler le problème.

En lieu et place, fait remarquer ce parti « le gouvernement a renvoyé sine die toute initiative tendant à mettre fin à l’impunité au Togo » au prochain parlement.

Pour Jean Pierre Fabre, cet état de fait pourrait porter les germes d’une récidive.
Sur le volet sécuritaire des élections, le secrétaire général du « détia » estime qu’« il convient de veiller à ce que le contingent (FOSEL) soit constitué exclusivement de forces de la police et de la gendarmerie nationales complétées en effectif, le cas échéant, par les éléments d’une force internationale de police et de gendarmerie ».

Il invite également le gouvernement à procéder à la résolution du dispositif 1-2-5 de l’APG visant « la délivrance des cartes nationales d’identités »  aux populations.

 

Enfin l’Assemblée nationale
Une fois encore, Jean Pierre Fabre rappelle que « la reconduction de trois membres de l’ancienne cour constitutionnelle »  par l’Assemblée nationale, particulièrement acquise au RPT est « un refus manifeste de cette institution d’adhérer à l’esprit et à la lettre de l’APG et un acte de sabotage du processus électoral... ».

En somme, pour l’UPC, le « processus électoral tel qu’il se déroule actuellement inspire de moins en moins confiance ». Par conséquent, il « attend que des actes concret soient posés notamment par la CENI et la communauté internationale (UE et PNUD) pour redonner confiance aux acteurs du processus ».

Noël Y. A. GLISSOU

 
Mise en œuvre des 22 engagements : Une mission d’évaluation de l’UE était à Lomé

Dans le cadre des consultations semestrielles entre l’UE (Union Européenne) et les pays  de l’ACP (Afrique Caraïbes et Pacifiques), une délégation de l’Institution européenne a séjourné à Lomé, la semaine dernière. Elle s’est entretenue  avec différents acteurs politiques togolais de même qu’avec des responsables de certaines institutions de la République….

La délégation de la CDPA (Convention Démocratique des Peuples Africains), conduite par Adoko Pascal, secrétaire national du parti, a été la première à être reçue par les émissaires européens. Celui-ci a déclaré qu’il existe des « inquiétudes liées notamment à la composition actuelle de la Cour Constitutionnelle » et espère que des efforts seront faits pour que cette institution, considérée comme l’ « arbitre ultime » dans une République en matière de droit, puisse encore «  inspirer  confiance » aux populations.

Du côté de la CPP (Convention Patriotique Panafricaine), on  estime que tout va bien. « Le processus se déroule normalement », a déclaré son 2e vice-président, Issa Samarou.

Même son de cloche chez le PDR (Parti Démocratique pour le Renouveau)  de Zarifou Ayéva. Selon Antoine Agbéwanou Edoh, le 1er vice-président de ce parti, « les préparatifs vont bon train. Nous n’avons rien à reprocher à la CENI », a-t-il confié.

La position du RPT (Rassemblement du Peuple Togolais) va dans le même sens que ces deux précédentes formations politiques. Biosseh Kokou Tozoun, membre du bureau politique de cette formation politique et chef de la délégation a déclaré qu’ils ont fait un exposé général aux émissaires européens sur l’exécution des 22 engagements. A cet effet, il a estimé qu’il ne « reste que les élections législatives et locales » à organiser. Pour lui, s’il y a une amélioration du climat politique actuellement au Togo, cela est à mettre à l’actif de son parti, le RPT.

A la sortie de l’entretien qu’ils ont eu avec la mission européenne, les responsables de l’UFC (Union des Forces du Changement) ont déclaré lui avoir remis un mémorandum dans lequel, ils ont exprimé leurs préoccupations  par rapport à l’exécution de l’APG. « Pour notre part, nous commençons à perdre confiance en ce processus. Nous voudrions que toutes les institutions, qu’elles soient nationales ou internationales mettent tout en œuvre pour nous donner confiance », a déclaré Patrick Lawson, chef de la délégation. Dans l’ensemble, pour l’UFC, c’est « la mauvaise organisation qui fait qu’aujourd’hui, on ne peut même pas avoir un chronogramme précis ».

Au CAR (Comité d’Action pour le Renouveau), l’on se veut rassurant. Tout en relevant que «par rapport à ce que nous avons connu dans le passé », il y a « aujourd’hui, un processus qui, plus ou moins, rassure… ». Me Apévon Kokou Dodji, 2e vice-président de ce parti, a indiqué qu’il « faut des signes forts pour que les gens se retrouvent dans le processus ».

La rencontre de la mission européenne s’est élargie à la HAAC (Haute Autorité de l’Audiovisuelle et de la Communication).  Selon Philippe Evegno, le président de cette institution, l’essentiel des discussions a porté sur la nécessité pour les journalistes, de respecter le « code de bonne conduite » annexé à l’APG. En outre, il a annoncé que dans les prochains jours, la HAAC va procéder à une campagne de distribution de ce document. Il a aussi déclaré qu’ils ont débattu de la « gestion médiatique de la période électorale à venir». Enfin, Philippe Evegno a indiqué que « contrairement aux années précédentes, les journalistes des médias privés seront associés à la couverture de la campagne électorale prochaine».

Mercredi dernier déjà, la mission européenne avait eu une séance de travail avec la Primature.

A l’issue des travaux, le diplomate allemand, Karl Flittner a déclaré que leur visite au Togo n’est pas motivée par un quelconque évènement. « Nous sommes venus pour prendre le pouls de l’évolution politique. Il n’y a pas un évènement immédiat qui nous a fait venir… », a-t-il déclaré. Le Premier ministre, Me Yawovi Agboyibo a présenté à la mission de l’UE,  le bilan des préparatifs des prochaines législatives.

Dans l’après-midi, une seconde rencontre élargie aux membres du gouvernement a eu lieu cette fois-ci au Ministère des Affaires Etrangères et de l’Intégration Africaine.

Dans une analyse de l’évolution politique du Togo, le chef de la mission, Karl Flittner a confié qu’il y a des efforts qui ont été faits. Cependant, fait-il remarquer, « certaines questions » méritent des discussions dans les mois à venir.

En ce qui concerne la page des élections législatives, Karl Flittner, a attiré l’attention des autorités togolaises sur la nécessité pour le pays d’organiser un scrutin libre et surtout apaisé. « Nous pensons qu’après les expériences malheureuses que le pays a connues, la population doit être sécurisée », a-t-il souhaité.

Une prochaine mission est annoncée après les législatives, au mois d’octobre. Elle permettra à l’UE d’apprécier l’ensemble du processus et de décider des modalités d’une entière reprise de sa coopération avec le Togo.

Noël Y. A. GLISSOU

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

Job.com

 
 

© 2005  www.togoforum.com All rights reserved