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Golfe Info

7  juin 2007

[ 253: du 6 juin 2007]  
Crash d’hélicoptère après le match Sierra Leone –Togo Les spécialistes évoquent trois hypothèses.

Beaucoup de Togolais continuent de s’interroger sur les causes qui ont  entraîné  le crash d’hélicoptère dimanche dernier à Freetown, dans lequel, 13 de leurs compatriotes ont perdu la vie. En attendant qu’une  véritable enquête soit diligentée, le gouvernement donne une première version des faits alors que certains témoins et spécialistes essaient d’expliquer le drame.

Les explications du  gouvernement
Selon un rapport présenté par le Ministre d’Etat, Charles Kondi Agba, chef de la délégation qui s’est rendue lundi dernier à Freetown en Sierra Léon, l’hélicoptère « a eu deux explosions avant de s’abîmer sur le tarmac de l’aéroport ». La première explosion serait intervenue à 10 m du sol et la seconde a eu lieu à 5 m. 

Cette version a été établie grâce aux divers témoignages recueillis sur place. C’est à ce moment que le réservoir de l’appareil se serait explosé. Selon les explications fournies par le ministre Agba citant les témoins, l’hélicoptère se serait stabilisé à 5 m de l’impact (la piste d’atterrissage) avant  sa désintégration totale sur le sol comme une pierre.

Le ministre de la Communication et de la Formation Civique pour sa part, a déclaré que « les hélicoptères qui assurent la liaison entre l’aéroport de Lungi et la ville de Freetown sont de vieux appareils russes loués par une société dénommée Paramount Airlines ».

Les thèses des spécialistes
Selon les spécialistes en aviation, il existe fondamentalement, trois niveaux d’accident d’avion dans le monde. Il s’agit entre autres d’accident lié aux erreurs humaines (70 à 75%), des accidents dus aux pannes techniques (20 à 25%) et les autres cas qui, eux, représentent (0,1 à 10 %).

Dans le cas spécifique du crash de Freetown, on privilégie la première piste, c’est-à-dire la piste technique.

« D’après ce que nous avons  vu et les témoignages que nous avons  écouté, il est fort probable que l’hélicoptère qui a crashé ait eu un problème technique très important », a déclaré un agent de l’aviation civile togolais. « Tout a tramé, les corps sont carbonisés ; c’était des images insoutenables », a-t-il ajouté.

Selon cette même source, la délégation ministérielle togolaise qui s’est rendue lundi dernier (composée des ministres, Charles Kondi Agba, Kokouvi Dogbé,  Me Gahoun Hegbor, Agnelé Christine Mensah et d’un médecin légiste) n’a pu écouter la bande d’enregistrement (les conversations entre les pilotes avant le crash). « Nous avons demandé à avoir cet élément et à l’écouter. Mais les autorités sierra léonaises ont dit qu’il est mis sous protection », rapportent des membres du comité de crise.

Selon une autre source, le gouvernement togolais s’apprête à envoyer une équipe de spécialistes pour assister les autorités de la Sierra Léone en vue de suivre ensemble l’évolution de l’« enquête sur les vraies causes de ce crash qui a emporté nos compatriotes ».

Et la piste d’attentat ?
Pour le directeur de la Paramount Airlines, Denis Ivanov, dont la compagnie est inscrite sur la liste noire européenne lui interdisant tout vol dans l’Union européenne, « il est peu probable que l’accident ait une origine technique ». Pourtant  sa compagnie est inscrite sur la liste noire européenne. Tout vol en direction de l’Europe lui est interdit.  Mais l’hypothèse d’une défaillance technique étant pour l’heure écartée par Ivanov, des supputations sur un probable attentat « se font de plus bel ». Sur ce point, les autorités togolaises se refusent tous commentaires. Est-il possible que quelqu’un puisse perpétrer un attentat sur l’hélicoptère en question ? Et pour quelles raisons ?

Des questions qui restent pour l’instant sans réponses. Toujours est-il que la Sierra Léon est un pays qui sort difficilement d’une guerre civile. Les autorités Sierra Léonaises ont ouvert une enquête pour déterminer les causes réelles et les circonstances du drame. Pour donner une certaine crédibilité au processus, elles ont demandé le soutien de la Communauté internationale. Le ministre des Transports, Prince Harding et le Directeur de l’Avion Civile ont été suspendus de leur fonction durant le temps de l’enquête.

L’appareil de fabrication russe, un Mi-8 s’est écrasé, après avoir franchi le bras de mer qui séparait la capitale Freetown de l’aéroport international de Lungi.

Arrivé au poste depuis septembre 2006, le ministre de la Jeunesse et des Sports du Togo, Richard Attipoé, laisse derrière lui l’image d’un grand combattant pour le raffermissement des relations entre les acteurs sportifs et les différentes fédérations du pays.

Gabin KOISSIDJIN et Noël Y. A. GLISSOU

 
Gifle et arrestation de Martial Akakpo : La partie adverse récuse la version de l’avocat

Le bras de fer juridico-médiatique qui oppose Me Akakpo Martial à Remy Moevi se poursuit. Suite au point de presse de l’avocat, la partie adverse est montée au créneau pour dénoncer les arguments de Me Akakpo et faire valoir les siens. Aussi est-elle revenue sur les faits et rejette toute idée de manipulation.

Dans sa déposition, confie un proche de Moevi, celui-ci a déclaré aux officiers de police judiciaire qu’il s’était rendu le 02 avril 2007, dernier au cabinet de Me Martial Akakpo en compagnie de Olivier Sokpoh, un homme d’affaire. L’objet de ce déplacement était de régler, à l’amiable, un contentieux né de la vente de voitures au Burkina Faso. En fait, les véhicules vendus appartenaient à M. Sokpo qui, après plusieurs tentatives et rendez-vous manqués avait sollicité la médiation de Remy Moévi.  Dans un premier temps, explique la partie adverse, l’avocat aurait présenté à ses interlocuteurs (Sokpo et Moevi) « des comptes erronés » qu’il aurait lui-même reconnu par la suite.

Ensuite, lors des discussions, il aurait souhaité la présence d’un tiers impliqué lui aussi, dans l’affaire et le report des discussions. Ce qui fut accepté. Curieusement, révèlent les proches de Moevi, à quelques heures de la rencontre du 03 avril, l’avocat, par des subterfuges aurait tenté d’annuler la réunion. Il a fini par se rétracter devant le refus de Moevi.

Ce dernier, au cours de la réunion, s’inspirant des mentions de probité morale et autres principes cardinaux de la profession d’avocat affichés dans les locaux du cabinet, a fait remarquer au maître des lieux, que son comportement ne reflétait guère ces valeurs. « Je ne reconnais aucun de ses principes dans ton comportement » aurait-il dit à l’avocat avant d’ajouter : « ton comportement ressemble à celui d’un escroc ». Blessé dans son amour propre par ces propos, Akakpo Martial s’en est pris à Moevi.

S’ensuivront de violents échanges et l’acte regrettable. L’avocat porte la main sur son interlocuteur. Il lui a donné une gifle qui brisa ses verres (lunettes) et le blessa à la figure. Suite à une intervention chirurgicale, un certificat médical initial (CMI) d’invalidité temporaire de travail (ITT) a été établi.

Selon les proches de la victime, le délai de l’ITT a été estimé à 10 jours. Ils récusent par la même occasion toute idée de manipulation et confient que leur protégé s’est porté partie civile et attend que la justice fasse son travail. Par ailleurs, ils se refusent à commenter le récent court séjour de l’avocat à la prison civile de Lomé.

Si au fond, certains condamnent l’acte posé par le juriste, d’autres par contre, proches de lui, estiment que son incarcération est arbitraire et y voient derrière, une manipulation politique. Du dilatoire, affirment certains. Pour l’heure, la justice a été saisie et poursuit son enquête. Les parties par contre se livrent à une guerre des médias pour tirer chacune le drap de son côté.

Marc D. KOUAKANI-ASSI

 
Examens de fin d’année Les corrections du BEPC ont repris

Au centre de correction du CEG Tokoin-Centre, l’atmosphère est devenue, depuis hier, détendue. Après les correcteurs du Baccalauréat première partie (BAC 1)  qui ont suspendu leur mot d’ordre de grève, c’est le tour de ceux du Brevet d’Etude du Premier Cycle (BEPC) de revenir sur leur décision. En grève depuis la semaine dernière, ils ont décidé, malgré la non-satisfaction de leurs revendications, de reprendre les séances de correction.

Les enseignants ont suspendu leur mouvement sur la base d’une promesse que leur a faite le Premier Ministre, Yawovi Agboyibo lors de l’entretien qu’il a eu avec leurs. Au cours de cette rencontre, le chef du gouvernement les aurait rassuré de son entière disponibilité dans la résolution de la crise.

Selon les grévistes, les discussions avec les responsables du ministère des Enseignements Primaire et Secondaire n’ont  pas donné un  résultat probant. Tout comme leurs collègues du BAC 1, le ministre leur aurait donné les mêmes arguments : « Le budget 2007 est déjà voté et le financement des examens a adopté sur la base des anciens traitements. Leurs  revendications ne peuvent donc pas être satisfaites ». A défaut de trouver une satisfaction totale à leurs doléances, les enseignants chargés des corrections des épreuves des deux examens (BEPC et BAC 1) peuvent en revanche se contenter de la disponibilité immédiate des primes ; contrairement à la pratique antérieure qui consistait à les payer  un (1) an plus tard.

Par ailleurs, la crise au sein du ministère des Enseignements Primaire et Secondaire avait suscité des inquiétudes auprès des candidats qui craignent que les examinateurs bâclent les corrections. En effet, certains correcteurs avaient menacé de « déverser leur colère » sur les copies. A ce propos, un leader du SYNEDD-TOGO (Syndicat National des Enseignants du Deuxième Degré) se veut rassurant. Ce dernier demande aux parents et aux élèves d’avoir l’esprit tranquille dans la mesure où, estime –t-il, la réclamation des enseignants n’aura aucun impact  sur la suite de l’examen. «Les enseignant sont conscients. Ils ne peuvent pas bafouer l’avenir des enfants pour la simple raison qu’ils ne sont pas satisfaits ou qu’ils déplorent leurs conditions de travail », a-t-il déclaré.

Ce syndicaliste s’est, par la même occasion, insurgé contre la position du conseil des ministres qui avait qualifié leur mouvement de « cynique et de chantage »  en méconnaissance du sacrifice que consentent les enseignants. « Il n’y a pas plus patriote que les enseignants », a-t-il précisé. 

De l’avis des grévistes, le gouvernement ne peut pas prétendre avoir beaucoup fait pour leur corporation car il contribue au contraire, à la destruction de ce corps de « métier ». Ceux-ci tiennent pour preuve la création du corps des enseignants auxiliaires. Ces derniers (le SYNEDD-TOGO surtout) trouvent qu’il ne doit pas, pour un même secteur, avoir des disparités dans le traitement (les auxiliaires subissent un  abattement de 10 % sur leur salaire) et protestent  contre le fait que des enseignants soient recrutés et envoyés sur le terrain sans aucune formation. De plus, le manque de stage et de recyclage sont identifiés par les enseignants comme des situations qui  les encouragent guère.

Avec la succession des revendications au ministère des Enseignements Primaires et Secondaire, l’on se demande si les examinateurs du CEPD (Certificat d’Enseignement Premier Cycle) ne vont pas également profiter de la vague de réclamations pour introduire leurs doléances et lutter pour de meilleurs conditions de travail.

Grégoire Awesso

 

 

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