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Devant le CEG Tokoin Solidarité, hier,
la tension était palpable. Chose
bizarre en ce jour de début des
épreuves de l’examen du Brevet
d’Etudes de fin de Premier Cycle
(BEPC). Un petit attroupement de
candidats et de parents, en pleine
discussion devant le grand portail de
ce centre au moment où les autres
planchaient sur la première épreuve.
Un peu d’attention et on se rend
compte de la raison de ce tohu-bohu :
certains élèves se sont vu refuser
l’accès aux salles d’examen. Raison :
leurs noms ne figurent pas sur la
liste des inscrits.
« Nous
sommes venus ce matin pour composer, comme tous les
autres candidats et on nous apprend que nos noms ne
figurent pas parmi les inscrits », explique
Akouvi, l’une des trente candidats de l’école privée
laïque « Mon Avenir », touchés par ce
problème. Elle montre un reçu, sa carte d’élève pour
démontrer sa bonne foi. « Ce n’est pas possible »,
ajoute-t-elle visiblement désemparée.
Des parents furieux demandent des explications au
responsable du centre. « Je ne peux en aucun cas
admettre cette situation », menace un parent qui
prend la direction de l’école, à quelques mètres de
là, suivi par le restant du groupe. « Et dire que
la direction me harcelait pour les frais de
scolarité ! », rétorque un autre.
Selon les informations recueillies, le problème
débute avec l’affichage de la liste officielle des
candidats régulièrement inscrits par la direction
des examens et concours du Togo. Ces élèves, n’ayant
pas retrouvé leurs noms, se sont plaints à leur
direction qui les a rassurés quant à une issue
heureuse à ce «problème mineur». Des
démarches sont alors entreprises auprès des
autorités compétentes et jusqu’au samedi dernier, la
direction affichait son optimisme et promettait un
« arrangement qui permettrait aux candidats de
cette école de composer en attendant la
régularisation de leur situation ». Mais hélas…
Devant le fait accompli, les responsables de l’école
« Mon Avenir » se défendent bec et ongle. « Nous
sommes en règle avec la direction des examens et
concours », déclare Tongny Gounyigbé, le
directeur pédagogique de cet établissement scolaire.
Il confirme avoir reçu les doléances des parents
d’élèves et affirme avoir rencontré des autorités de
ce service de même que l’attaché de cabinet du
ministre des Enseignements primaire et secondaire
qui lui aurait promis une « dérogation spéciale »
pour éviter que les élèves ne passent la session de
remplacement. « Mais quelle ne fut ma surprise
lorsque le vendredi, on nous apprend que nos
candidats ne pourront pas composer aujourd’hui ».
Jointe par téléphone, la direction des examens et
concours que les responsables de l’école « Mon
Avenir » semblent accuser, déclare n’ « avoir
reçu aucun dossier de ces candidats » et précise
que s’il s’avère que son service est en erreur, elle
ferait « tout pour permettre à ces élèves de
passer les examens dans la quiétude ». Une salle
a été même aménagée dans le centre pour accueillir
ces candidats si le ministère en donne l’ordre, mais
en vain.
Qui a tort ? Qui a raison ? C’est la question que
tout le monde se pose devant cette situation. Mais
en attendant, alors que les responsables de l’école
« Mon Avenir » et de la direction des examens
et concours se renvoient la balle, ces trente
candidats n’ont que leurs yeux pour pleurer de cette
« négligence remarquable » de leur directeur.
« Il aurait dû suivre de près l’évolution des
dossiers», déclare un parent dont l’enfant a
subi le même sort l’année passée. Aux dernières
nouvelles, la direction de l’établissement
s’apprêterait à porter plainte. Mais contre
qui ?...
73.310 candidats composent cette année dans 194
centres d’écrit sur toute l’étendue du territoire
national pour le compte du BEPC, un examen qui doit
leur ouvrir les portes de l’enseignement du
troisième degré.
Edem K. ASSIGNON |