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Prévu dans le cadre des accords
de Cotonou de juin 2000, l’accord de
partenariat économique (APE) entre
l’Union Européenne et les pays de
l’Afrique Caraïbe Pacifique entrera en
vigueur le 1er janvier
2008. A cet effet, la commission de l’UEMOA
a organisé les 22, 23 et 24 mai
derniers à Dakar au Sénégal, une
réunion de sensibilisation à
l’intention des représentants des
chambres de commerce et d’industrie
des pays de la sous-région qui ont en
commun le franc de la communauté
financière africaine (FCFA).
Selon le président de l’Union des Chambres de
Commerce et d’Industrie du Sénégal, Mamadou Lamine
Niang, cette rencontre vise « à prendre
connaissance de l’état d’avancement des négociations
en cours avec l’Union Européenne ; d’examiner les
conséquences des APE sur les entreprises et le
secteur productif de l’Afrique de l’ouest et de
formuler une vision partagée sur ce que doit être la
stratégie de négociation de l’UEMOA ».
Pour sa part, le commissaire de l’UEMOA en charge du
portefeuille des politiques fiscales, douanières et
commerciales, Abdou Sackho, a tenu à faire
comprendre aux séminaristes et à travers eux, aux
populations de l’espace communautaire, qu’avec ou
sans l’APE, « l’UE, qui ne jouit d’aucun avantage
tarifaire particulier, continuera de vendre sur les
marchés de l’Union. Alors que poursuit-il, sans l’APE,
les Etats de l’UEMOA vont perdre, à partir de
janvier 2008, les préférences tarifaires dont ils
bénéficiaient jusque là au profit des concurrents
asiatiques et latino-américains ». En d’autres
termes, devrait-il préciser, ne pas accepter l’APE,
« c’est exposer nos pays à ses conséquences
néfastes », compte tenu des liens qui existent
entre le Fcfa et l’euro. Une étude commanditée par
la
Commission, et présentée au cours des travaux, a
indiqué que les pertes de recettes pour l’ensemble
de l’UEMOA, seront de plus de 1000 milliards de
francs par an.
L’APE
qui fait déjà l’objet de négociations entre l’UE et
la CEDEAO, ambitionne aux termes des négociations,
créer un contexte plus propice au développement
durable et à la lutte contre la pauvreté en Afrique
de l’ouest. Il vise en outre à créer une vaste zone
de libre échange entre les deux espaces
communautaires, avec comme principe de base le
renoncement des pays de l’UEMOA aux préférences
tarifaires dont ils bénéficiaient.
Un
principe de base contre lequel s’élèvent des
organisations de la société civile ouest africaine
et l’ONG britannique Oxfam qui estiment que « cet
accord pourrait se faire au détriment des pays du
sud ».
En
réponse à ces inquiétudes, le commissaire de l’UEMOA
a relevé qu’ «un accord commercial quel qu’il
soit, n’offre aucune garantie, ni aucun avantage
acquis », avant d’indiquer qu’ « il n’offre
que des opportunités » que les opérateurs
économiques de la sous région seront appelés à
saisir.
Marc
Kouakani-assi |