|
|
|
|
|
|
Célébration des 47 ans d’indépendance :
En attendant la liberté |
|
Le
souvenir de l’accession du Togo à l’indépendance se
célèbre à nouveau au Togo. Les autorités de ce pays
ont réhabilité l’évènement depuis l’édition 2006, c’est-à-
dire au 46e anniversaire. Pour renouer
soudain avec ce repère qui faisait de lui un Etat
autonome et libéré du joug colonial, il a fallu à ce
pays de s’orienter, quatre décennies durant, sous
d’autres projecteurs allumés par le prédécesseur de
l’actuel président du pays, plutôt accroc de repères
qui marquent son propre parcours. Le retour en grâce
de la fête de l’indépendance, quinquagénaire, en
cohabitant désormais avec des célébrations plus
jeunes,
illustre le quotidien sociopolitique de ce petit pays
de l’Afrique occidentale. Il est marqué par une
combinaison acrobatique de deux courants politiques
qui historiquement se jalousent… Ce qui pose à la
fois un sérieux problème de cohésion et de liberté
réelle du peuple…. |
|
Le
ministère de la communication et de la formation
civique paraît bien animé ces derniers jours, à
l’approche de la célébration du 27 avril, et pour
cause : les journalistes sont à l’affût de leur
accréditation devant servir à leur confectionner des
badges pour Dapaong. Cette ville de l’extrême nord du
pays, fait sa toilette pour accueillir cette fête de
l’ «Ablodé » (liberté). « Cela n’était pas
possible il y a 02 ans » ; ce terme revient
souvent lors des discussions concernant le
comportement du pouvoir de Faure Gnassingbé, et émane
à la fois de tenants que d’adversaires de ce système.
Contrairement aux années Eyadèma, le 27 avril ne se
résumera plus aux offices religieux et réjouissances
dans les quartiers. La fête s’annonce officiellement
comme un événement national. Elle est même programmée
comme désormais rotative, c’est à dire qu’on la
célèbrera désormais par région, pour la faire vivre
tant aux populations des villes que celles des
campagnes, toutes deux bénéficiaires au même titre.
La
fête de l’indépendance est surtout une réaffirmation
de la liberté des peuples et de leur volonté
constante à en disposer. Cependant, le retour à cette
fête en 2006 ne rassemble pas encore tous les acteurs
politiques. C’était en avril 2006, dans le contexte
d’un dialogue politique qui était en cours pour
rabibocher les plaies politiques et sociales nées de
la succession d’Eyadema. Au delà des images
habituelles et classiques de la commémoration, la
vedette du jour était Yawovi Agboyibo, président du
CAR (Comité d’Action pour le Renouveau) et président
du dialogue, qui était présent à la loge d’honneur.
Pendant ce temps, l’UFC(Union des Forces de
Changement) fêtait en aparté avec ses partisans à
Lomé. Le chef de ce parti, Gilchrist Olympio avait
alors justifié ce solipsisme par l’absence d’un
climat propice à fêter avec « ceux-là qui ont tué…».
Le souhait du fils du premier président du Togo (Sylvanus
Olympio) sera quand même exaucé, puisqu’un accord
politique sera conclu 04 mois plus tard sous l’égide
du président du Faso, Blaise Compaoré. Il prévoit
essentiellement la formation d’un gouvernement
d’union. L’équipe ainsi formée comprend certains
ténors de l’opposition (notamment la Convention
Démocratique des Peuples Africains, CDPA et le Comité
d’Action pour le Renouveau, CAR), excepté l’UFC
toujours « frondeur ». Cette année, le parti
se positionne une fois encore en retrait, vis à vis
des manifestations officielles. En revanche, il
organise des manifestations parallèles à Kpalimé
(environ 120 km au nord –ouest de Lomé la capitale).
L’organisation de législatives libres et
transparentes constitue le second point important de
l’accord…Le secrétaire général de l’UFC en fait un
préalable pour pouvoir accorder sa confiance au
pouvoir RPT : « Si les législatives sont
transparentes, on pourrait s’associer aux autres »,
a-t-il conditionné. L’UFC , considère toujours le
président Faure comme « illégitime », malgré
la signature de l’accord du 20 août qui est censée
tourner la page sombre de la présidentielle du 24
avril 2005 ,un scrutin qui bat le record du manque de
sincérité et de cruauté. Les personnes qui sont
auteurs de ces violences baignent dans l’impunité ;
une question délicate et qui n’arrange pas forcément
l’entourage du jeune président.
Le
parti du « détia » (palmier, emblème de l’UFC) n’est
pas la seule formation qui continue de reprocher au
fils d’Eyadema d’avoir hérité de l’illégitimité. Il y
a par exemple le parti des travailleurs de Claude
Améganvi qui estime que « le peuple est pris en
otage » et que le pouvoir est « confisqué
« par le pouvoir de fer légué par Eyadema
Gnassingbé .« Le RPT est l’aile civile des Forces
Armées Togolaises », dira le politologue togolais
Atsutsè Kokuvi Agbobli.
Le
constat n’est pas des plus roses au plan économique.
« Après l’indépendance politique, il faut
l’indépendance économique », disait le Général
Président. Or cette autonomie de gestion et de
richesse semble encore loin, le pays étant classé
mauvais élève en matière de bonne gouvernance, et
entretenant une pauvreté croissante et une dépendance
indéfectible vis à vis de l’extérieur. De plus, avec
la suspension de la coopération, le marché national a
été ouvert aux étrangers qui se sont accaparé des
actions et des commerces….
Les
législatives constituent un tournant déterminant pour
le retour définitif des bailleurs de fonds au chevet
du Togo- un chantier sur lequel s’investissent corps
et âmes les autorités du pays pour redresser et la
tête du pays, et le sort des populations.
Au
matin du 27 avril prochain, le togolais, bien que
sceptique, devrait, en attendant cette emblématique
amélioration de son sort, se contenter d’applaudir
devant ses petits écrans, le jeu des bottes qui
s’annoncent calmes pour les prochaines législatives…
Un scrutin dont l’enjeu est bien différent des
présidentielles prochaines qui s’annoncent pour 2010.
Dodji Aimé ABALO |
|
|
|
Le 27
avril 1960 :
Le Togo devenait indépendant |
|
« Sentinelle que dis-tu de la nuit ? La nuit est
longue mais le jour vient ! », c’est par cette phrase
du prophète Isaïe que le premier président de la
toute nouvelle République togolaise, Sylvanus
Epiphanio Kwami Olympio commença, la nuit du 26 au 27
avril 1960, devant des milliers de personnes, un
discours qui restera gravé dans les annales de
l’histoire. Après cette adresse très courte, le Togo,
pays de 56.600 km2 situé sur les côtes du Golfe de
Guinée devenait, à zéro heure, officiellement
indépendant. |
|
Vendredi prochain, alors que l’Etat togolais auras 47
ans, le peuple se rappellera sûrement de l’ambiance
époustouflante, aux dires des témoins, qui a prévalu
le 27 avril 1960 sur toute l’étendue du territoire
nationale.
En
effet, diverses cérémonies ont marqué la proclamation
de l’indépendance du Togo : retraite aux flambeaux,
la veille au soir, grand défilé à Lomé, la capitale,
tam-tam et danses traditionnelles dans les quartiers,
mouvements d’ensemble exécutés par des écoliers, dans
la matinée au stade municipal, imposante marche de la
gente féminine rassemblée au sein de l’Union des
femmes du Togo (UFEMTO)…
Point n’est besoin de retracer les péripéties qui ont
conduit le peuple togolais à cette fin heureuse.
Golfe Info vous propose de revenir sur les évènements
de cette fameuse nuit de l’indépendance telle que
retracée par certains écrivains, l’intégralité du
discours du président Sylvanus Epiphanio Kwami
Olympio, en passant par le récit de Robert Cornevin,
dans son livre Histoire du Togo.
Edem K. ASSIGNON |
|
|
|
Journée africaine de lutte contre le paludisme :
Les Etats africains doivent encore relever
beaucoup de défis |
|
L’une des maladies qui cause le plus de décès sur le
continent, depuis plus d’une décennie est sans nul
doute le paludisme. Conscient des impacts malheureux
de ce fléau sur le développement socio-économique de
l’Afrique, les chefs d’Etat et de gouvernement du
continent, réunis en avril 2000 à Abuja dans le cadre
d’une rencontre d’échanges sur les pandémies du SIDA,
de la tuberculose et du paludisme, ont décidé de
proclamer le 25 avril, journée africaine de lutte
contre le paludisme. Au Togo, comme partout ailleurs
sur le continent, des actions sont menées ici et là
pour combattre le mal et
réduire ses effets sur l’économie d’un continent qui
peine à décoller. Mais, à l’heure du bilan, des
efforts restent à fournir. |
|
« Le palu » : un bourreau pour l’Afrique
Contrairement aux idées reçues, le paludisme est,
selon les données de l’OMS (Organisation mondiale de
la santé), la principale cause de mortalité en
Afrique. Selon l’institution onusienne, cette maladie
tue en moyenne un enfant africain toutes les 30
secondes ; et plus d’un million de cas de paludisme
sont soldés chaque année par des décès.
Au
plan économico financier, le mal a fait perdre au
continent noir, plus de 800 millions de dollars US
(environ 400 milliards de FCFA) en 1987. Cette perte
financière est passée à plus de 1,8 milliards de
dollars US (environ 990 milliards de Fcfa) en 1995
pour s’établir, selon les estimations de l’OMS, à
plus de 12 milliards de dollars US (approximativement
600 milliards de Fcfa) tous les ans ces dernières
années. La perte est donc énorme.
Sur
le continent noir, près de 10 % des cas
d’hospitalisation sont dues à cette maladie à qui on
impute le décès d’un enfant sur 20 avant l’âge de 5
ans.
En
plus de ces chiffres très alarmants, il est démontré
que les enfants, les jeunes gens et la femme enceinte
sont les personnes les plus exposées à la maladie.
Ainsi, il provoque chez ces groupes d’individus
l’anémie et d’autres malaises.
Les
études ont également révélé que ce fléau est l’une
des causes de la déscolarisation en milieu rural ;
qu’il engendre auprès de sa victime, une réduction de
ses capacités professionnelles et contribue ainsi à
la réduction de la productivité.
Dans certains cas, l’augmentation du taux
d’absentéisme lui est aussi imputée.
En
plus des pertes en vies humaines et donc de bras
valides qu’il engendre, le paludisme se présente
aujourd’hui comme l’une des causes du retard du
continent noir.
Une idée de la maladie
Le
paludisme est décrit par le corps médical comme étant
une maladie aiguë dont le tableau clinique comprend
généralement les frissons, les fièvres et les sueurs
profuses. Ses manifestations cliniques peuvent êtres
absentes, bénignes ou graves selon l’espèce du
parasite, l’état immunitaire du patient, l’intensité
de l’infection et la présence d’affection
concomitantes, la malnutrition, l’anémie ou d’autres
maladies.
La
fièvre annonçant le paludisme peut durer plusieurs
jours et se faire accompagner de céphalées (maux de
tête), de courbatures ou d’autres malaises. Ces
céphalées peuvent être ou non violentes et faire
passer la température axillaire (température prise au
niveau de l’aisselle) du patient à 39 ou 41°C.
Selon l’OMS, le paludisme a la particularité d’être
sévère chez les nourrissons, les enfants et les
femmes enceintes.
D’après certains médecins, la durée d’incubation du
paludisme n’est pas fixe. Elle peut aller d’une
dizaine de jours à une quinzaine voire plus, suivant
la date de la piqûre infectieuse et celle de
l’apparition des premiers symptômes de la maladie.
Traitements
Depuis son apparition, le paludisme a toujours fait
l’objet d’un combat de la part des institutions
médicales et des chercheurs. Ainsi, au fil des
années, plusieurs traitements ont été mis à jour,
expérimentés puis prescrits aux patients.
Traditionnellement c’est la chloroquine qui est
recommandée en cas de crise paludique. Les
antipyrétiques, comme le paracétamol, sont aussi
conseillés quand la température axillaire du patient
est de 38°C ou s’il se sent très fébrile.
Eponger à l’eau tiède les personnes victimes du
paludisme, notamment les enfants qui ont une
température élevée, constitue aussi l’une des
réponses pour la lutte contre le paludisme.
Les
vaccins ne sont pas du reste. Plusieurs produits ont
été développés dans le sens de la prévention du mal.
Malgré tous ces efforts, les statistiques sont
alarmantes. La résistance des parasites à la
chloroquine est évaluée aujourd’hui à près de 90%, ce
qui oblige la poursuite des recherches pour mettre en
place de nouveaux traitements.
ASAQ : Un nouveau traitement
En
début de cette année, il a été découvert un nouveau
traitement contre le paludisme. Il s’agit de l’ASAQ,
une association à dose fixe de l’artésunate (AS) et
de l’amodiaquine (AQ). Ce nouveau traitement qu’on
appelle traitement simplifié, est le fruit d’un
travail effectué par le groupe pharmaceutique
français Sanofi-Aventis et la fondation DNDI
(Initiative pour les médicaments en faveur des
maladies négligées). Selon les producteurs, il
coûtera moins de 1 dollar, soit environ 600 FCFA pour
l’adulte et 0,50 dollar (soit 275 FCFA) pour les
enfants, soit un peu plus de 260 fcfa. La combinaison
ainsi réalisée a été saluée par l’OMS qui, face à la
résistance constatée des parasites de la malaria aux
traditionnels médicaments, a recommandé que
l’hypothèse des formules combinées soit expérimentée
et mise sur le marché africain où le mal continue de
progresser.
Une volonté politique écorchée
Sur
le continent, la décision prise par les chefs d’Etat
et de gouvernement lors de la rencontre d’Abuja en
2000 sur la question a été accueillie favorablement
par les acteurs de la lutte contre la pandémie du
paludisme. Bien avant, la question a été prise en
charge par le NEPAD (Nouveau partenariat pour le
développement de l’Afrique). Dans les deux cas, il a
été décidé que 15 % du budget de chaque pays soient
alloués à la santé. La date du 25 avril a été retenue
pour la célébration de la journée africaine de lutte
contre le paludisme.
Toutes ces actions et décisions sont analysées comme
une réelle prise de conscience de la part des
dirigeants africains. Sept ans après, c’est le statu
quo : la part du budget accordé aux départements de
la santé est évaluée en moyenne à 8% et l’application
des stratégies de lutte pose toujours problème. Des
aides substantielles ont été aussi apportées par des
fondations et le gouvernement américain dans ce sens.
Le Togo y va de son petit bonhomme de chemin
Au
Togo, des actions sont menées ici et là pour
décharger le pays du fardeau du paludisme. Selon
l’OMS, les actions enclenchées par le ministère de la
santé ont permis : la prise en charge correcte de
72,79 % d’enfants de moins de cinq ans souffrant du
paludisme simple ; La dotation de 76,91% de ménages
togolais en moustiquaire imprégnée. Ces actions ont
également permis de faire dormir actuellement près de
57,58% d’enfants togolais de moins de cinq ans et
57,50% de femmes enceintes sous moustiquaire.
Tout en se félicitant de ces résultats, les
partenaires demandent au gouvernement togolais
d’étendre les actions pour faire de cette lutte un
succès sans précédent. Les festivités de la
célébration de la 7e journée
africaine de lutte contre le paludisme en Afrique
auront lieu cette année au Togo à Mango, une ville
située à près de 650 km de Lomé, dans la partie
septentrionale du pays.
Le
paludisme est une maladie parasitaire des régions
chaudes et marécageuses. Son parasite, le plasmodium,
se transmet par la piqûre du moustique femelle appelé
anophèle.
Les
informations recueillies font cas de l’existence d’au
moins quatre espèces de plasmodium dont le plus
mortel, le plasmodium falciparum, sévit en Afrique
subsaharienne et fait chaque année des millions de
morts.
Marc D. KOUKANI – ASSI |
|
|
|
[
N°240: du
04 mai 2007]
|
|
Application du dialogue social tripartite :
Les travailleurs se font menaçants |
|
« Nous sommes toujours sûr que d’ici le 1er mai,
nous toucherons nos arriérés. Si jusqu’au 11 mai, il
ne se passe rien, il y aura quelque chose ». Ces
menaces à peine voilées, viennent de Ephrem
Tikplonou, secrétaire général de l’Intersyndicale
des Travailleurs du Togo (ISTT) dans une interview
accordée hier à nos confrères de la radio nationale.
Dans ses propos, le secrétaire général de l’ISTT
s’est beaucoup plaint de l’immobilisme du
gouvernement à répondre à ses propres engagements
contenus dans les conclusions du dialogue social
(février- mai 2006). « Le travailleur attend et n’a
pas toujours de résultats issus de la signature de
l’accord tripartite (syndicats, patronat et
gouvernement). Nos problèmes demeurent. Nous
regrettons qu’un an après la signature du document,
le gouvernement ne fait rien pour répondre à nos
doléances », a-t-il déploré. Il a annoncé que des
actions seront menées pour la prise en compte de
leurs revendications. |
|
Ephrem Tikplonou a également indiqué qu’une grande
rencontre de tous les travailleurs aura lieu le 1er mai
à la Bourse du Travail à Lomé et sera suivie par une
manifestation au Palais des Congrès de Lomé, où ils
vont remettre leur cahier de charge aux autorités
compétentes.
L’ISTT
avait déjà menacé d’observer « un arrêt de travail
de 24 heures », le lundi 28 novembre 2006 pour
exiger du gouvernement, l’application de certaines
décisions contenues dans l’Accord social. Pour
apaiser les esprits, l’équipe d’Agboyibo avait
organisé une rencontre avec les responsables
syndicaux.
Dans la foulée, quelques légères mesures allant de la
réduction des prix des carburants et de
l’organisation des états généraux de l’administration
publique dans le 1er trimestre
de cette année. Les travailleurs avaient également
bénéficient d’un mois d’arriérés.
Globalement, la situation des fonctionnaires demeure
précaire au Togo et une menace de grève plane
toujours sur le pays.
Noël Y. A. GLISSOU |
|
|
|
Nostalgie du défilé à Lomé |
|
Lomé, 27 avril ; la capitale togolaise se réveille
avec un calme inhabituel des grands jours. Et
pourtant c’est la fête de l’indépendance. Des points
dits « chauds » jusqu’à la périphérie, il n’y a pas
d’effervescence particulière. C’est à croire que le
déplacement de la manifestation vers l’extrême nord
du pays a déboussolé certains citadins, surtout les
plus accrocs aux défilés militaires qui ne manquent
jamais aux rendez-vous des fêtes officielles au Togo.
Et même, d’autres ont raté par la même occasion, une
aubaine pour réaliser de belles affaires… |
|
L’ombre du défilé militaire a plané sur le quartier
Forever, en face du garage central, en cette matinée
du 27 avril. Quelque chose ne tournait pas rond,
puisque la circulation y était normale, à la surprise
de ceux qui n’écoutent pas les nouvelles. Même
certains qui se disaient « fatigués des défilés
d’Eyadema et ses enfants » étaient d’avis qu’il y
avait une situation bizarre, qui s’apparentait à une
sorte de dépaysement. Et, cette situation, certains
l’ont subi économiquement, à l’instar des zémidjans
(conducteurs de taxi-moto) qui en ont fait les frais.
Lors des parades en ce lieu, ils faisaient et
refaisaient d’incessants allers-retours, en
remorquant des clients, avant, pendant, et après la
cérémonie. Mais ce ne sont pas les seuls perdants ;
il y a aussi les vendeurs et revendeurs d’eau glacée
et de sucettes. « Je liquidais plusieurs glacières
lors des défilés ici, mais cette occasion n’est pas
pour nous », déclare une commerçante désabusée.
Une autre, vendeuse de bouillie et de riz déplore le
même gâchis. Selon elle, les participants ont
l’habitude de « venir se mettre quelque chose sous
la dent avant le début du défilé, parce que la
cérémonie dure trop longtemps. Un autre encore,
« garde-moto », est carrément furieux contre
ce qu’il appelle « une fantaisie » ; car pour
lui « une fête de l’indépendance doit se fêter
dans la capitale».
A
vrai dire, le programme officiel qui prévoit dans les
autres préfectures un « défilé et réjouissances
populaires» a été négligé ou a manqué de suivi.
A la cathédrale de Lomé, la confusion était assez
perceptible le matin du 26 avril, au vu de la
déception des fidèles de découvrir qu’il n’y avait
aucune « messe catholique à 08h30 » ; « même
le prêtre n’était pas au courant », lance un
jeune fidèle, déçu. Les jeunes étaient d’autant plus
désorientés dans la soirée quand la traditionnelle
« retraite au flambeau » a également manqué au
rendez-vous. Certains ont débuté un regroupement
timide au Collège saint Joseph de Lomé, avant de se
disperser quelques minutes après, surpris qu’il n’y
ait pas la traditionnelle caravane qui les conduisait
à la place de l’indépendance, via les artères de la
ville.
Cependant, beaucoup se sont rabattus sur la plage, en
début d’après –midi, comme de coutume les week-end et
jours fériés. Là, pique-nique, réjouissance, jeux,
kermesse et rendez-vous romantiques ont battu leur
plein. Des commerçants de circonstance étaient aussi
de la partie. Les vendeurs de boissons offraient à
tout passant assoiffé, l’occasion de boire quelques
coups. De plus, l’attraction du jour était de monter
à cheval, contre 100fcfa. Un luxe que certains
immortalisaient grâce aux photographes ambulants qui
se rivalisaient cette clientèle des grands jours….
Dodji Aimé ABALO |
|
|
|
Aného, deux ans après les évènements d’Avril 2005 |
|
Hormis la moyenne affluence du public pour le défilé
civil et militaire qui s’est déroulé à la « place du
13 janvier » et le week-end prolongé dont a joui
gracieusement les fonctionnaires du secteur public et
les élèves, la population d’Aného, 45 km au sud-est
de Lomé, dans sa globalité a montré une certaine
indifférence face à la célébration du 47eanniversaire
de l’accession du Togo à la souveraineté
internationale. Des bars, boutiques, plates formes de
marché, autres lieux de commerce et des ateliers
ouverts, ont laissé paraître un certain
désintéressement. |
|
Pour certains encore qui s’attachent aux évènements
politiques du Togo dans ce chef lieu de la préfecture
des Lacs, cette fête a pris plutôt le sens du rappel
des évènements de l’après élection présidentielle du
24 avril 2005. En effet, il y a deux ans, les
protestations des populations dans cette partie du
pays contre les résultats de la première élection
présidentielle de l’après Gnassingbé Eyadema a tourné
au cauchemar tant pour la population que pour la
police de la localité. Dans les premières heures, ce
fut une attaque du commissariat de la ville par les
civils, avec au passage des dossiers saccagés, des
agents passés à tabac, des voitures de police brûlées
et des munitions emportées. Dans cette vague de
protestation et contre protestation, certains lieux
privés dont « l’Hôtel de l’Union » et « la
radio Lumière » ont fait les frais de la furie
des deux bords. Quant à la répression qui a suivi ces
actes qualifiés par certaines autorités comme actes
de vandalisme et de trouble à l’ordre public, elle a
donné lieu à des arrestations et à des poursuites qui
ont obligé la grande majorité de la population à
trouver refuge dans le Bénin voisin.
Aujourd’hui, malgré les multiples appels du
gouvernement actuel et de la commission chargée du
rapatriement des réfugiés togolais, le retour au
bercail de certains de ces jeunes mêlés à ces
évènements se fait timidement. Dans ce climat de
méfiance et de crainte permanente, certains anciens
réfugiés qui ont regagné la ville d’Aného se
demandent si les futures élections législatives ne
seront pas un nouveau plateau de règlement de compte
entre les pro-RPT et les militants des partis de
l’opposition. En tout état de cause, une
pacification de la préfecture et la mise en place
d’une cellule de sécurité à la hauteur de
l’événement, comme prévue dans le plan de
développement de la ville d’Aného par les autorités
administratives, s’impose afin d’éviter de nouveaux
dérapages à la proclamation des résultats des
législatives du 24 juin prochain.
Gabin KOISSIDJIN |
|
|
|
Les victimes attendent toujours justice |
|
Depuis deux ans, les victimes des graves atteintes
aux droits humains commises dans le cadre de
l’élection présidentielle au Togo attendent toujours
que justice leur soit rendue. Ces violences ont
entraîné la mort de plusieurs centaines de personnes
et le déplacement de milliers d’autres dans les pays
voisins. Cette élection, entachée d’irrégularités et
de violences, a vu la victoire de Faure Gnassingbé,
le fils du président défunt, en avril 2005. |
|
À la suite de pressions internationales, les
autorités ont créé, en mai 2005, une Commission
nationale spéciale d’enquête indépendante (Commission
Koffigoh) chargée de déterminer les circonstances des
violences, d’évaluer les préjudices subis et de faire
entreprendre des poursuites judiciaires.
En même temps que ses conclusions, la Commission
Koffigoh a remis au chef de l’État une liste
nominative des auteurs et commanditaires présumés
cités par les victimes. Par ailleurs, plus d’une
centaine de victimes, pour la plupart soutenues par
le Collectif d’associations contre l’impunité au Togo
(CACIT) se sont décidées à porter plainte en dépit
des risques qu’une telle démarche pouvait entraîner.
Cette quête de justice a été ouvertement exprimée par
toutes les victimes des exactions de 2005, y compris
des victimes appartenant au Rassemblement du peuple
togolais (RPT), le parti au pouvoir. A la suite de sa
visite au Togo du 10 au 17 avril 2007, le Rapporteur
spécial sur la torture des Nations unies, M. Manfred
Nowak, a constaté qu’aucun des présumés coupable n’a,
à ce jour, été traduit devant la justice.
Certaines mesures ont cependant été annoncées. En
août 2006, dans le cadre de l’accord politique global
visant à sortir le Togo de la crise politique, les
principaux partis politiques ont reconnu l’importance
de mettre un terme à l’impunité en décidant la
création d’une commission d’enquête sur les violences
à caractère politique depuis 1958. Une nouvelle loi
régissant les forces armées a été adoptée en février
2007 et un programme de réformes judiciaires a été
entrepris.
Les autorités togolaises se doivent maintenant de
traduire en actes concrets la volonté affichée de
rendre justice aux victimes.
Alors que des élections législatives sont prévues en
juin 2007, il est urgent d’envoyer un message fort à
l’ensemble de la population que de telles violences
ne pourront plus se produire impunément et que les
auteurs des exactions passées auront à répondre de
leurs actes devant la justice |
|
|
|
27 avril 2007 à Danyi :
L’UFC a participé au défilé |
|
Incroyable peut être, mais vrai ; un groupe organisé
dont certains membres arborant des tee-shirts à
l’effigie des ex-candidats de l’Union des Forces de
Changement (UFC) aux élections présidentielles de
1998 et 2003 (Gilchrist Olympio et Bob Akitani) et
des tissus à l’effigie du père de l’indépendance
togolaise, a pris part vendredi dernier aux défilés
militaires et civils marquant la célébration du 47eanniversaire
du 27 avril dans la préfecture de Daye. |
|
C’est du moins ce qu’on a pu percevoir sur les images
du défilé diffusées par la TVT dans son journal de
nuit du vendredi 27 avril. Défilant sous la bannière
de l’UFC, ce groupe portait une banderole jaune sur
laquelle est écrit en rouge le nom du parti de
Gilchrist Olympio.
Beaucoup de personnes s’interrogent sur le bien fondé
de cette participation, en ce qu’elle vient
contredire l’idée selon laquelle ce parti a voulu
fêter en aparté le 27 avril. Pour l’instant, le parti
n’a pas encore réagi pour clarifier cette situation
qui prête à confusion
Véritable acte d’ouverture de l’UFC ou simple montage
politique de la part des autorités administratives de
la localité, la question reste entière quand on sait
que, quelques jours avant cette célébration,
Jean-Pierre Fabre, le secrétaire général de ce parti
avait laissé entendre qu’ils ne s’associeront aux
autres qu’à condition que les prochaines élections
législatives soient transparentes.
Non
loin du lieu où se déroulait ce défilé organisé par
les autorités locales de Daye, Gilchrist Olympio et
des dizaines de milliers d’autres partisans
célébraient l’ « ablodé » à Kpalimé dans le grand
Kloto qu’il a lui-même qualifié « de terre sacrée »
pour « les descendants des pères de l’indépendance »
Marc D.
Kouakani-assi |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
 |
|
|
|