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Golfe Info

05 mai 2007

[ 239: du 02 mai 2007]  
Célébration des 47 ans d’indépendance : En attendant la liberté

Le souvenir de l’accession du Togo à l’indépendance se célèbre à nouveau au Togo. Les autorités de ce pays ont réhabilité l’évènement depuis l’édition 2006, c’est-à- dire au 46e anniversaire. Pour renouer soudain avec ce repère qui faisait de lui un Etat autonome et libéré du joug colonial, il a fallu à ce pays de s’orienter, quatre décennies durant, sous d’autres projecteurs allumés par le prédécesseur de l’actuel président du pays, plutôt accroc de repères qui marquent son propre parcours. Le retour en grâce de la fête de l’indépendance, quinquagénaire, en cohabitant désormais avec des célébrations plus jeunes, illustre le quotidien sociopolitique de ce petit pays de l’Afrique occidentale. Il est marqué par une combinaison acrobatique de deux courants politiques qui historiquement se jalousent… Ce qui pose à la fois un sérieux problème de cohésion et de liberté réelle du peuple….

Le ministère de la communication et de la formation civique paraît bien animé ces derniers jours, à l’approche de la célébration du 27 avril, et pour cause : les journalistes sont à l’affût de leur accréditation devant servir à leur confectionner des badges pour Dapaong. Cette ville de l’extrême nord du pays, fait sa toilette pour accueillir cette fête de l’ «Ablodé » (liberté). « Cela n’était pas possible il y a 02 ans » ; ce terme revient souvent lors des discussions concernant le comportement du pouvoir de Faure Gnassingbé, et émane à la fois de tenants que d’adversaires de ce système. Contrairement aux années Eyadèma, le 27 avril ne se résumera plus aux offices religieux et réjouissances dans les quartiers. La fête s’annonce officiellement comme un événement national. Elle est même programmée comme désormais rotative, c’est à dire qu’on la célèbrera désormais par région, pour la faire vivre tant aux populations des villes que celles des campagnes, toutes deux bénéficiaires au même titre.

La fête de l’indépendance est surtout une réaffirmation de la liberté des peuples et de leur volonté constante à en disposer. Cependant, le retour à cette fête en 2006 ne rassemble pas encore tous les acteurs politiques. C’était en avril 2006, dans le contexte d’un dialogue politique qui était en cours pour rabibocher les plaies politiques et sociales nées de la succession d’Eyadema.  Au delà des images habituelles et classiques de la commémoration,  la vedette du jour était Yawovi Agboyibo, président du CAR (Comité d’Action pour le Renouveau) et président du dialogue,  qui était présent à la loge d’honneur. Pendant ce temps, l’UFC(Union des Forces de Changement) fêtait en aparté avec ses partisans à Lomé. Le chef de ce parti, Gilchrist Olympio avait alors justifié ce solipsisme par l’absence d’un climat propice à fêter avec « ceux-là qui ont tué…». Le souhait du fils du premier président du Togo (Sylvanus Olympio) sera quand même exaucé, puisqu’un accord politique sera conclu 04 mois plus tard sous l’égide du président du Faso, Blaise Compaoré. Il prévoit essentiellement la formation d’un gouvernement d’union. L’équipe ainsi formée comprend certains ténors de l’opposition (notamment la Convention Démocratique des Peuples Africains, CDPA et le Comité d’Action pour le Renouveau, CAR), excepté l’UFC toujours « frondeur ». Cette année, le parti se positionne une fois encore en retrait, vis à vis des manifestations officielles. En revanche, il organise des manifestations parallèles à Kpalimé (environ 120 km au nord –ouest de Lomé la capitale). L’organisation de législatives libres et transparentes constitue le second point important de l’accord…Le secrétaire général de l’UFC en fait un préalable pour pouvoir accorder sa confiance au pouvoir RPT : « Si les législatives sont transparentes, on pourrait s’associer aux autres », a-t-il conditionné. L’UFC , considère toujours le président Faure comme « illégitime », malgré la signature de l’accord du 20 août qui est censée tourner la page sombre de la présidentielle du 24 avril 2005 ,un scrutin qui bat le record du manque de sincérité et de cruauté. Les personnes qui sont auteurs de ces violences baignent dans l’impunité ; une question délicate et qui n’arrange pas forcément l’entourage du jeune président.

Le parti du « détia » (palmier, emblème de l’UFC) n’est pas la seule formation qui continue de reprocher au fils d’Eyadema d’avoir hérité de l’illégitimité. Il y a  par exemple le parti des travailleurs de Claude Améganvi qui estime que « le peuple est pris en otage » et que le pouvoir est « confisqué «    par le pouvoir de fer légué par Eyadema Gnassingbé .« Le RPT est l’aile civile des Forces Armées Togolaises », dira le politologue togolais Atsutsè Kokuvi Agbobli.

Le constat n’est pas des plus roses au plan économique. « Après l’indépendance politique, il faut l’indépendance économique », disait le Général Président. Or cette autonomie de gestion et de richesse semble encore loin, le pays étant classé mauvais élève en matière de bonne gouvernance, et entretenant une pauvreté croissante et une dépendance indéfectible vis à vis de l’extérieur. De plus, avec la suspension de la coopération, le marché national a été ouvert aux étrangers qui se sont accaparé des actions et des commerces….

Les législatives constituent un tournant déterminant pour le retour définitif des bailleurs de fonds au chevet du Togo- un chantier sur lequel s’investissent corps et âmes les autorités du pays pour redresser et la tête du pays, et le sort des populations.

Au matin du 27 avril prochain, le togolais, bien que sceptique, devrait, en attendant cette emblématique amélioration de son sort, se contenter d’applaudir devant ses petits écrans, le jeu des bottes qui s’annoncent calmes pour les prochaines législatives… Un scrutin dont l’enjeu est bien différent des présidentielles prochaines qui s’annoncent pour 2010.

Dodji Aimé ABALO

 
Le 27 avril 1960 : Le Togo devenait indépendant

« Sentinelle que dis-tu de la nuit ? La nuit est longue mais le jour vient ! », c’est par cette phrase du prophète Isaïe que le premier président de la toute nouvelle République togolaise,  Sylvanus Epiphanio Kwami Olympio commença, la nuit du 26 au 27 avril 1960, devant des milliers de personnes, un discours qui restera gravé dans les annales de l’histoire. Après cette adresse très courte, le Togo, pays de 56.600 km2 situé sur les côtes du Golfe de Guinée devenait, à zéro heure, officiellement indépendant.

Vendredi prochain, alors que l’Etat togolais auras 47 ans, le peuple se rappellera sûrement de l’ambiance époustouflante, aux dires des témoins, qui a prévalu le 27 avril 1960 sur toute l’étendue du territoire nationale.

En effet, diverses cérémonies ont marqué la proclamation de l’indépendance du Togo : retraite aux flambeaux, la veille au soir, grand défilé à Lomé, la capitale, tam-tam et danses traditionnelles dans les quartiers, mouvements d’ensemble exécutés par des écoliers, dans la matinée au stade municipal, imposante marche de la gente féminine rassemblée au sein de l’Union des femmes du Togo (UFEMTO)…

Point n’est besoin de retracer les péripéties qui ont conduit le peuple togolais à cette fin heureuse.

Golfe Info vous propose de revenir sur les évènements de cette fameuse nuit de l’indépendance telle que retracée par certains écrivains, l’intégralité du discours du président Sylvanus Epiphanio Kwami Olympio, en passant par le récit de Robert Cornevin, dans son livre Histoire du Togo.

Edem K. ASSIGNON

 
Journée africaine de lutte contre  le paludisme : Les Etats africains doivent encore  relever  beaucoup de défis

L’une des maladies qui cause le plus de décès sur le continent, depuis plus d’une décennie est sans nul doute le paludisme. Conscient des impacts malheureux de ce fléau sur le développement socio-économique de l’Afrique, les chefs d’Etat et de gouvernement du continent, réunis en avril 2000 à Abuja dans le cadre d’une rencontre d’échanges sur les pandémies du SIDA, de la tuberculose et du paludisme, ont décidé de proclamer le 25 avril, journée  africaine de lutte contre le paludisme. Au Togo, comme partout ailleurs sur le continent, des actions sont menées ici et là pour combattre le mal et réduire ses effets sur l’économie d’un continent qui peine à décoller. Mais, à l’heure du bilan, des efforts restent à fournir.

« Le palu » : un bourreau pour l’Afrique

Contrairement aux idées reçues, le paludisme est, selon les données de l’OMS (Organisation mondiale de la santé), la principale cause de mortalité en Afrique. Selon l’institution onusienne, cette maladie tue en moyenne un enfant africain toutes les 30 secondes ; et plus d’un million de cas de paludisme sont soldés chaque année par des décès.

Au plan économico financier, le mal a fait perdre au continent noir, plus de 800 millions de dollars US (environ 400 milliards de FCFA) en 1987. Cette perte financière est passée à plus de 1,8 milliards de dollars US (environ 990 milliards de Fcfa) en 1995 pour s’établir, selon les estimations de l’OMS, à plus de 12 milliards de dollars US (approximativement 600 milliards de Fcfa) tous les ans ces dernières années. La perte est donc énorme.

Sur le continent noir, près de 10 % des cas d’hospitalisation sont dues à cette maladie à qui on impute le décès d’un enfant sur 20 avant l’âge de 5 ans.

En plus de ces chiffres très alarmants, il est démontré que les enfants, les jeunes gens et la femme enceinte sont les personnes les plus exposées à la maladie. Ainsi, il provoque chez ces groupes d’individus l’anémie et d’autres malaises.

Les études ont également révélé que ce fléau est l’une des causes de la déscolarisation en milieu rural ; qu’il engendre auprès de sa victime, une réduction de ses capacités professionnelles et contribue ainsi à la réduction de la productivité.

Dans certains cas, l’augmentation du taux d’absentéisme lui est aussi imputée.

En plus des pertes en vies humaines et donc de bras valides qu’il engendre, le paludisme se présente aujourd’hui comme l’une des causes du retard du continent noir.

Une idée de la maladie

Le paludisme est décrit par le corps médical comme étant une maladie aiguë dont le tableau clinique comprend généralement les frissons, les fièvres et les sueurs profuses. Ses manifestations cliniques peuvent êtres absentes, bénignes ou graves selon l’espèce du parasite, l’état immunitaire du patient, l’intensité de l’infection et la présence d’affection concomitantes, la malnutrition, l’anémie ou d’autres maladies.

La fièvre annonçant le paludisme peut durer plusieurs jours et se faire accompagner de céphalées (maux de tête), de courbatures ou d’autres malaises. Ces céphalées peuvent être ou non violentes et faire passer la température axillaire (température prise au niveau de l’aisselle) du patient à 39 ou 41°C.

Selon l’OMS, le paludisme a la particularité d’être sévère chez les nourrissons, les enfants et les femmes enceintes.

D’après certains médecins, la durée d’incubation du paludisme n’est pas fixe. Elle peut aller d’une dizaine de jours à une quinzaine voire plus, suivant la date de la piqûre infectieuse et celle de l’apparition des premiers symptômes de la maladie.

Traitements

Depuis son apparition, le paludisme a toujours fait l’objet d’un combat de la part des institutions médicales et des chercheurs. Ainsi, au fil des années, plusieurs traitements ont été mis à jour, expérimentés puis prescrits aux patients. Traditionnellement c’est la chloroquine qui est recommandée en cas de crise paludique. Les antipyrétiques, comme le paracétamol, sont aussi conseillés  quand la température axillaire du patient est de 38°C ou s’il se sent très fébrile.

Eponger à l’eau tiède les personnes victimes du paludisme, notamment les enfants qui ont une température élevée, constitue aussi l’une des réponses pour la lutte contre le paludisme.

Les vaccins ne sont pas du reste. Plusieurs produits ont été développés dans le sens de la prévention du mal.

Malgré tous ces efforts, les statistiques sont alarmantes. La résistance des parasites à la chloroquine est évaluée aujourd’hui à près de 90%, ce qui oblige la poursuite des recherches pour mettre en place de nouveaux traitements.

ASAQ : Un nouveau traitement

En début de cette année, il a été découvert un nouveau traitement contre le paludisme. Il s’agit de l’ASAQ, une association à dose fixe de l’artésunate (AS) et de l’amodiaquine (AQ). Ce nouveau traitement qu’on appelle traitement simplifié, est le fruit d’un travail effectué par le groupe pharmaceutique français Sanofi-Aventis et la fondation DNDI (Initiative pour les médicaments en faveur des maladies négligées). Selon les producteurs, il coûtera moins de 1 dollar, soit environ 600 FCFA pour l’adulte et 0,50 dollar (soit 275 FCFA) pour les enfants, soit un peu plus de 260 fcfa. La combinaison ainsi réalisée a été saluée par l’OMS qui, face à la résistance constatée des parasites de la malaria aux traditionnels médicaments, a recommandé que l’hypothèse des formules combinées soit expérimentée et mise sur le marché africain où le mal continue de progresser. 

Une volonté politique écorchée

Sur le continent, la décision prise par les chefs d’Etat et de gouvernement lors de la rencontre d’Abuja en 2000 sur la question a été accueillie favorablement par les acteurs de la lutte contre la pandémie du paludisme. Bien avant, la question a été prise en charge par le NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique). Dans les deux cas, il a été décidé que 15  % du budget de chaque pays soient alloués à la santé. La date du 25 avril a été retenue pour la célébration de la journée africaine de lutte contre le paludisme.

Toutes ces actions et décisions sont analysées comme une réelle prise de conscience de la part des dirigeants africains. Sept ans après, c’est le statu quo : la part du budget accordé aux départements de la santé est évaluée en moyenne à 8% et l’application des stratégies de lutte pose toujours problème. Des aides substantielles ont été aussi apportées par des fondations et le gouvernement américain dans ce sens.

Le Togo y va de son petit bonhomme de chemin

Au Togo, des actions sont menées ici et là pour décharger le pays du fardeau du paludisme. Selon l’OMS, les actions enclenchées par le ministère de la santé ont permis : la prise en charge correcte de 72,79 % d’enfants de moins de cinq ans souffrant du paludisme simple ; La dotation de 76,91% de ménages togolais en moustiquaire imprégnée. Ces actions ont également permis de faire dormir actuellement près de 57,58% d’enfants togolais de moins de cinq ans et 57,50% de femmes enceintes sous moustiquaire.

Tout en se félicitant de ces résultats, les partenaires demandent au gouvernement togolais d’étendre les actions pour faire de cette lutte un succès sans précédent. Les festivités de la célébration de la 7e journée africaine de lutte contre le paludisme en Afrique auront lieu cette année au Togo à Mango, une ville située à près de 650 km de Lomé, dans la partie septentrionale du pays.

Le paludisme est une maladie parasitaire des régions chaudes et marécageuses. Son parasite, le plasmodium, se transmet par la piqûre du moustique femelle appelé anophèle. 

Les informations recueillies font cas de l’existence d’au moins quatre espèces de plasmodium dont le plus mortel, le plasmodium falciparum, sévit en Afrique subsaharienne et fait chaque année des millions de morts. 

Marc D. KOUKANI – ASSI

 
[ 240: du 04 mai 2007]
Application du dialogue social tripartite : Les travailleurs se font menaçants

« Nous sommes toujours sûr que d’ici le 1er  mai, nous toucherons nos arriérés. Si jusqu’au 11 mai, il ne se passe rien, il y aura quelque chose ». Ces menaces à peine voilées, viennent de Ephrem Tikplonou, secrétaire général de l’Intersyndicale des Travailleurs du Togo (ISTT) dans une interview accordée hier à nos confrères de la radio nationale. Dans ses propos, le secrétaire général de l’ISTT s’est beaucoup plaint de l’immobilisme du gouvernement à répondre à ses propres engagements contenus dans les conclusions du dialogue social (février- mai  2006). « Le travailleur attend et n’a pas toujours de résultats issus de la signature de l’accord tripartite (syndicats, patronat et gouvernement). Nos problèmes demeurent. Nous regrettons qu’un an après la signature du document, le gouvernement ne fait rien pour répondre à nos doléances », a-t-il déploré. Il a annoncé que des actions seront menées  pour la prise en compte de leurs revendications.

Ephrem Tikplonou a également indiqué qu’une grande rencontre de tous les travailleurs aura lieu le 1er mai à la Bourse du Travail à Lomé et sera suivie par une manifestation au Palais des Congrès de Lomé, où ils vont remettre leur cahier de charge aux autorités compétentes.

L’ISTT avait déjà menacé d’observer « un arrêt de travail de 24 heures », le lundi 28 novembre 2006 pour exiger du gouvernement, l’application de certaines décisions contenues dans l’Accord social. Pour apaiser les esprits, l’équipe d’Agboyibo avait organisé une rencontre avec les responsables syndicaux.

Dans la foulée, quelques légères mesures allant de la réduction des prix des  carburants et de l’organisation des états généraux de l’administration publique dans le 1er trimestre de cette année. Les travailleurs avaient également bénéficient d’un mois d’arriérés.

Globalement, la situation des fonctionnaires demeure précaire au Togo et une menace de grève plane toujours sur le pays.

Noël Y. A. GLISSOU

 
Nostalgie du défilé à Lomé

Lomé, 27 avril ; la capitale togolaise se réveille avec un calme inhabituel des grands jours. Et pourtant c’est la fête de l’indépendance. Des points dits « chauds »  jusqu’à la périphérie, il n’y a pas d’effervescence particulière. C’est à croire que le déplacement de la manifestation vers l’extrême nord du pays a déboussolé certains citadins, surtout les plus accrocs aux défilés militaires qui ne manquent jamais aux rendez-vous des fêtes officielles au Togo. Et même, d’autres ont raté par la même occasion, une aubaine pour réaliser de belles affaires…

L’ombre du défilé militaire a plané sur le quartier Forever, en face du garage central, en cette matinée du 27 avril. Quelque chose ne tournait pas rond, puisque la circulation y était normale, à la surprise de ceux qui n’écoutent pas les nouvelles. Même certains qui se disaient « fatigués des défilés d’Eyadema et ses enfants » étaient d’avis qu’il y avait une situation bizarre, qui s’apparentait à une sorte de dépaysement. Et, cette situation, certains l’ont subi économiquement, à l’instar des zémidjans (conducteurs de taxi-moto) qui en ont fait les frais. Lors des parades en ce lieu, ils faisaient et refaisaient d’incessants allers-retours, en remorquant des clients, avant, pendant, et après la cérémonie. Mais ce ne sont pas les seuls perdants ; il y a aussi les vendeurs et revendeurs d’eau glacée et de sucettes. « Je liquidais plusieurs glacières lors des défilés ici, mais cette occasion n’est pas pour nous », déclare une commerçante désabusée. Une autre, vendeuse de bouillie et de riz déplore le même gâchis. Selon elle, les participants ont l’habitude de « venir se mettre quelque chose sous la dent avant le début du défilé, parce que la cérémonie dure trop  longtemps. Un autre encore, « garde-moto », est carrément furieux contre ce qu’il appelle « une fantaisie » ; car pour lui « une fête de l’indépendance doit se fêter dans la capitale».

A vrai dire, le programme officiel qui prévoit dans les autres préfectures un « défilé et réjouissances populaires»  a été négligé ou a manqué de suivi. A la  cathédrale de Lomé, la confusion était assez perceptible le matin du 26 avril, au vu de la déception des fidèles de découvrir qu’il n’y avait aucune « messe catholique à 08h30 » ; « même le prêtre n’était pas au courant », lance un jeune fidèle, déçu. Les jeunes étaient d’autant plus désorientés dans la soirée quand la traditionnelle « retraite au flambeau » a également manqué au rendez-vous. Certains ont débuté un regroupement timide au Collège saint Joseph de Lomé, avant de se disperser quelques minutes après, surpris qu’il n’y ait pas la traditionnelle caravane qui les conduisait à la place de l’indépendance, via les artères de la ville.

Cependant, beaucoup se sont rabattus sur la plage, en début d’après –midi, comme de coutume les week-end et jours fériés. Là, pique-nique, réjouissance, jeux, kermesse et rendez-vous romantiques ont battu leur plein. Des commerçants de circonstance étaient aussi de la partie. Les vendeurs de boissons  offraient à tout passant assoiffé, l’occasion de boire quelques coups. De plus, l’attraction du jour était de monter à cheval, contre 100fcfa. Un luxe que certains immortalisaient grâce aux photographes ambulants qui se rivalisaient cette clientèle des grands jours….

Dodji Aimé ABALO

 
Aného, deux ans après les évènements d’Avril 2005

Hormis  la moyenne affluence du public pour le défilé civil et militaire qui s’est déroulé à la « place du 13 janvier » et le week-end prolongé dont a joui gracieusement les fonctionnaires du secteur public et les élèves, la population d’Aného, 45 km au sud-est de Lomé, dans sa globalité a montré une certaine indifférence face à la célébration du 47eanniversaire de l’accession du Togo à la souveraineté internationale. Des bars, boutiques, plates formes de marché, autres lieux de commerce et des ateliers ouverts, ont laissé paraître un certain désintéressement.

Pour certains encore qui s’attachent aux évènements politiques du Togo dans ce chef lieu de la préfecture des Lacs, cette fête a pris plutôt le sens du rappel des évènements de l’après élection présidentielle du 24 avril 2005. En effet, il y a deux ans, les protestations des populations dans cette partie du pays contre les résultats de la première élection présidentielle de l’après Gnassingbé Eyadema a tourné au cauchemar tant pour la population que pour la police de la localité. Dans les premières heures, ce fut une attaque du commissariat de la ville par les civils, avec au passage des dossiers saccagés, des agents passés à tabac, des voitures de police brûlées et des munitions emportées. Dans cette vague de protestation et contre protestation, certains lieux privés dont « l’Hôtel de l’Union » et « la radio Lumière » ont fait les frais de la furie des deux bords. Quant à la répression qui a suivi ces actes qualifiés par certaines autorités comme actes de vandalisme et de trouble à l’ordre public, elle a donné lieu à des arrestations et à des poursuites qui ont obligé la grande majorité de la population à trouver refuge dans le Bénin voisin.

Aujourd’hui, malgré les multiples appels du gouvernement actuel et de la commission chargée du rapatriement des réfugiés togolais, le retour au bercail de certains de ces jeunes mêlés à ces évènements se fait timidement. Dans ce climat de méfiance et de crainte permanente, certains anciens réfugiés qui ont regagné la ville d’Aného se demandent si les futures élections législatives ne seront pas un nouveau plateau de règlement de compte entre les pro-RPT et les militants des partis de l’opposition. En tout état de cause,  une pacification de la préfecture et la mise en place d’une cellule de sécurité à la hauteur de l’événement, comme prévue dans le plan de développement de la ville d’Aného par les autorités administratives, s’impose afin d’éviter de nouveaux dérapages à la proclamation des résultats des législatives du 24 juin prochain.

Gabin KOISSIDJIN

 
Les victimes attendent toujours justice

Depuis deux ans, les victimes des graves atteintes aux droits humains commises dans le cadre de l’élection présidentielle au Togo attendent toujours que justice leur soit rendue.  Ces violences ont entraîné la mort de plusieurs centaines de personnes et le déplacement de milliers d’autres dans les pays voisins. Cette élection, entachée d’irrégularités et de violences, a vu la victoire de Faure Gnassingbé, le fils du président défunt, en avril 2005.

À la suite de pressions internationales, les autorités ont créé, en mai 2005, une Commission nationale spéciale d’enquête indépendante (Commission Koffigoh) chargée de déterminer les circonstances des violences, d’évaluer les préjudices subis et de faire entreprendre des poursuites judiciaires.

En même temps que ses conclusions, la Commission Koffigoh a remis au chef de l’État une liste nominative des auteurs et commanditaires présumés cités par les victimes. Par ailleurs, plus d’une centaine de victimes, pour la plupart soutenues par le Collectif d’associations contre l’impunité au Togo (CACIT) se sont décidées à porter plainte en dépit des risques qu’une telle démarche pouvait entraîner. Cette quête de justice a été ouvertement exprimée par toutes les victimes des exactions de 2005, y compris des victimes appartenant au Rassemblement du peuple togolais (RPT), le parti au pouvoir. A la suite de sa visite au Togo du 10 au 17 avril 2007, le Rapporteur spécial sur la torture des Nations unies, M. Manfred Nowak, a constaté qu’aucun des présumés coupable n’a, à ce jour, été traduit devant la justice.

Certaines mesures ont cependant été annoncées. En août 2006, dans le cadre de l’accord politique global visant à sortir le Togo de la crise politique, les principaux partis politiques ont reconnu l’importance de mettre un terme à l’impunité en décidant la création d’une commission d’enquête sur les violences à caractère politique depuis 1958. Une nouvelle loi régissant les forces armées a été adoptée en février 2007 et un programme de réformes judiciaires a été entrepris.

Les autorités togolaises se doivent maintenant de traduire en actes concrets la volonté affichée de rendre justice aux victimes.

Alors que des élections législatives sont prévues en juin 2007, il est urgent d’envoyer un message fort à l’ensemble de la population que de telles violences ne pourront plus se produire impunément et que les auteurs des exactions passées auront à répondre de leurs actes devant la justice

 
27 avril 2007 à Danyi : L’UFC a participé au défilé

Incroyable peut être, mais vrai ; un groupe organisé dont certains membres arborant des tee-shirts à l’effigie des ex-candidats de l’Union des Forces de Changement (UFC) aux élections présidentielles de 1998 et 2003 (Gilchrist Olympio et Bob Akitani) et des tissus à l’effigie du père de l’indépendance togolaise, a pris part vendredi dernier aux défilés militaires et civils marquant la célébration du 47eanniversaire du 27 avril dans la préfecture de Daye.

C’est du moins ce qu’on a pu percevoir sur les images du défilé diffusées par la TVT dans son journal de nuit du vendredi 27 avril. Défilant sous la bannière de l’UFC, ce groupe portait une banderole jaune sur laquelle est écrit en rouge le nom du parti de Gilchrist Olympio.

Beaucoup de personnes s’interrogent sur le bien fondé de cette participation, en ce qu’elle vient contredire l’idée selon laquelle ce parti a voulu  fêter en aparté le 27 avril. Pour l’instant, le parti n’a pas encore réagi pour clarifier cette situation qui prête à confusion

Véritable acte d’ouverture de l’UFC ou simple montage politique de la part des autorités administratives de la localité, la question reste entière quand on sait que, quelques jours avant cette célébration, Jean-Pierre Fabre, le secrétaire général de ce parti avait laissé entendre qu’ils ne s’associeront aux autres qu’à condition que les prochaines élections législatives soient transparentes.

Non loin du lieu où se déroulait ce défilé organisé par les autorités locales de Daye, Gilchrist Olympio et des dizaines de milliers d’autres partisans célébraient l’ « ablodé » à Kpalimé dans le grand Kloto qu’il a lui-même qualifié « de terre sacrée » pour « les descendants des pères de l’indépendance »

Marc D. Kouakani-assi

 
 
 
 
 
 
 
 

 

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