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25 Mars 2007

[ 238: du 25 avril 2007]  
Préparatifs des législatives : Le remplacement des préfets est imminent

De source proche du gouvernement, les prochains conseils des ministres  procéderont au remplacement des préfets (l’une des revendications de l’opposition et des organisations de la société civile en préalable à un désamorcement de la crise).

La question n’avait pas été prise en compte lors du dialogue inter togolais ( 21 avril au 20 août 2006) mais,  elle est devenue cruciale, dans la mesure où, selon certains observateurs de la scène politique togolaise, ces représentants du pouvoir central, constituent une « véritable machine à fraude » lors des différents scrutins. « Le président de la République s’y est opposé dans un premier temps. Mais, il s’est résolu finalement et les prochains conseils des ministres vont régler cette question », a ajouté cette source.

Il s’agit en effet, de changer les 32 préfets actuellement en poste dont certains auraient effectué plus de 10 ans dans leur zone. Longtemps considérés comme un « vivier » du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), la plupart des préfets sont accusés par l’opposition togolaise d’œuvrer au maintien de l’ancien parti unique  au pouvoir en participant aux fraudes électorales. 

« On ne peut pas aller aux élections sans une résolution de la question des préfets », a déclaré un responsable de parti politique.

Dans les milieux de l’opposition, la question du remplacement des préfets est prise au sérieux. Dans un document publié le 07 avril dernier à Lomé, l’Union des Forces de Changement (UFC) a ouvertement accusé ceux-ci, de servir de soutien au RPT. « …Les populations togolaises, surtout celles des villes et localités de l’intérieur du pays ont encore vivace en mémoire, le rôle prépondérant des préfets du régime RPT non seulement dans l’animation et l’encadrement des activités de ce parti, mais surtout dans la planification, la mise en œuvre et la coordination des opérations de fraudes électorales systématiques et massives dans les préfectures », souligne le communiqué.

En dehors de la simple dénonciation du comportement des représentants du pouvoir central, l’UFC réclame leur remplacement dans « une démarche consensuelle impliquant les signataires de l’Accord Politique Global ». Le parti de Gilchrist Olympio demande également que la facilitation, assurée par le président du Faso, le capitaine Blaise Compaoré, soit consultée sur le sujet avant d’opérer ces mutations.

Noël Y. A. GLISSOU

 
Crise énergétique La CEB serait à bout de souffle

La crise énergétique qui frappe le Togo et le Bénin depuis l’année dernière, va encore vraisemblablement perdurer. Selon certaines indiscrétions, l’organisme communautaire d’approvisionnement de l’énergie électrique en faveur des deux pays connaîtrait actuellement une situation difficile, il serait même en cessation de paiement. « La trésorerie de la CEB est extrêmement tendue et ne lui permet plus de faire face aux engagements », a révélé un responsable de cette institution. Selon ce derniers, la société ne serait plus à même d’acquérir du combustible (carburant) pour faire tourner ses groupes électrogènes.

La CEB resterait devoir des dizaines de milliards de FCFA à ses fournisseurs de gas-oil qui auraient par ailleurs décidé de ne plus le lui livrer.

Selon certaines sources, plusieurs raisons expliqueraient cette situation.

En plus des créances qu’a la CEB sur la Société Béninoise d’Energie Electrique (SBEE), près de 9 milliards actuellement, et la compagnie d’énergie électrique du Togo (CEET), la raison fondamentale serait l’écart entre le coût de production et le prix de vente du Kilowattheure de courant de la CEB à ses deux clients. En effet, avec la crise, la CEET et la SBEE sont obligés de faire tourner leurs sources d’énergies internes.

Selon les dispositions de la convention régissant la création de la CEB, chacune des deux entités nationales est appelée à vendre sa production à la CEB, qui à son tour, va revendre, de façon équitable, aux deux pays la somme totale d’énergie disponible. Et c’est ici que se pose le problème.

La CEB achète le courant auprès des deux sociétés à 120 FCFA le Kilowattheure, mais le leur revend à 50 FCFA, soit une perte sèche de 70 FCFA, qui vient s’ajouter à d’autres pertes, dues aux charges de transport du courant.

Expliquant la situation lors du forum sur le secteur de l’électricité du 23 mars dernier, le directeur général de la CEB, Djibril Salifou, révélait que la différence entre le coût de production et le coût de cession avait déjà occasionné à sa société une perte sèche de 32 milliards et qu’avec la crise énergétique actuelle, la CEB s’attend à une perte supplémentaire de 7 milliards, les six premiers mois de l’année en cours. « Si on devait continuer ainsi, on ne pourra plus faire nos opérations d’achat vente », expliquait alors le patron de la CEB, qui par ses propos interpellait les décideurs politiques qui, pour juguler la crise doivent faire des concessions.

Parallèlement, le DG de la CEB a indiqué que son entreprise a besoin de 20 milliards de FCFA pour faire face à la crise dans les jours à venir.

 
A quoi jouent les hommes politiques ?
Des informations recueillies ici et là mettent en cause l’efficacité des actions menées par les hommes politiques, notamment ceux du comité interministériel en charge de l’énergie pour les deux pays.

Aux béninois qui veulent la construction du barrage hydroélectrique d’Adjarala, les togolais opposent la durée de réalisation de ce projet (cinq ans), et sont plutôt favorables à la réalisation de projets devant permettre de résoudre dans un laps de temps, la crise.

En plus de ce bras de fer que se livrent togolais et béninois, un autre défi s’est élevé sur le chemin des dirigeants des deux pays : celui relatif aux producteurs privés.

Si du côté togolais, le gouvernement à travers le ministère de l’énergie s’est chargé de coopter un producteur privé, en la personne de la société américaine Countour Global, nombreux sont ceux qui se posent des questions sur les termes du contrat qui va lier les parties. Les inquiétudes sont en effet dues au fait que de par le passé, le gouvernement avait déjà déniché un producteur indépendant, la société Electro-Togo, qui, pour des raisons qui restent encore à élucider, avait abandonné le Togo. Alors que certains remettaient en cause les conditions dans lesquelles cette société a été choisie (négociation gré à gré), d’autres indiquent que ce sont les termes du contrat qui ont obligé ce groupe à rompre avec le Togo.

Actuellement, le ministère et le groupe américain seraient encore en pourparlers et l’on se demande si la CEET et la CEB, premiers interlocuteurs directs de cette société, sont associées à la démarche ou du moins consultées ; si les termes de cette convention, qui a été déjà signée, avant même que les sérieuses discussions ne commencent, satisferont les deux parties et vont leur éviter les mésaventures de la convention Electro-Togo & Etat du Togo, signée pratiquement dans les mêmes conditions.

Au bénin, c’est dans les mêmes conditions et avec les mêmes résultats qu’une société privée de production d’énergie électrique à base du gas-oil a été déniché, puis imposé à la SBEE.   

Pour l’heure, la crise perdure. Au vu de la situation tendue de la trésorerie de la CEB, tout porte à croire qu’elle va s’aggraver dans les jours à venir. L’heure étant grave, il urge que les autorités politiques s’activent pour trouver des solutions idoines à leur pays. Les pertes enregistrées par l’économie togolaise, 80 milliards à en croire Nakou Kossivi, président du patronat togolais,  et selon le FMI (fond monétaire international) plus de 30 milliards pour l’économie béninoise, sont assez énormes pour interpeller la conscience des uns et des autres et les amener à repenser leurs actions.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

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