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«
Plateau
de la semaine »,
la nouvelle émission-débat hebdomadaire de TVT
(Télévision Togolaise) a eu comme invité, ce
dimanche, le Secrétaire général de la CDPA
(Convention démocratique des peuples africains), le
Professeur Léopold Messan Gnininvi qui a estimé qu’
«il faut tout faire pour rassurer les Togolais
avant de leur parler à nouveau d’élections».
Sur l’avenir de la CDPA, M. Gnininvi a signifié que
son parti reste ouvert à tous les citoyens togolais.
Il a par la suite donné un bilan négatif de l’entame
de la démocratisation au Togo en mettant surtout en
avant le refus de l’alternance par le régime de
Eyadema Gnassingbé dès les premières heures du vent
de l’est.
Réagissant aux divergences dénotées au sein de
l’opposition, Léopold Gnininvi a estimé que « les
divisions dans une opposition sont choses normales ».
Toutefois, rappelle- t-il presque aussitôt, « le
moment est venu pour que les uns et les autres
réfléchissent pour avancer ».
De
plus, concernant les réformes institutionnelles
opérées par le régime actuel, le S-G de la CDPA a
estimé que « les bonnes réformes passent
inaperçues lorsqu’elles interviennent dans des
contextes politiques inappropriés ». Puis, à
propos des diverses interprétations données à
l’ouverture du dialogue national et plus
particulièrement la nomination du comité
directoire, M. Gnininvi a dit que « c’est
malsain de commencer un dialogue par une procédure
de vote ». A ses yeux, il faudrait que ce
dialogue soit une sorte de table ronde familiale.
Questionné sur les chances d’aboutissement du
dialogue, il s’est montré optimiste en ces
termes : « Nous avons été agréablement surpris
par quelques signes extérieurs. La composition du
RPT (Rassemblement du peuple togolais) était
inhabituelle, les jeunes recrues ont essayé d’être
plus courtoises (…). C’est ce qui peut contribuer à
donner de la hauteur aux débats ». Il a dans le
même sens salué la dévolution de la présidence du
directoire de ce dialogue à un membre de
l’opposition de même que le retrait par le RPT de
son candidat au cours de l’élection à la tête du
directoire.
Sur la présence d’un médiateur au cours de ces
discussions politiques, l’invité de ce troisième
numéro de « Plateau de la semaine » a
réaffirmé la position de sa formation politique,
considérant la présence d’une telle personnalité
comme un « bonus ».
M.
Gnininvi s’est aussi prononcé sur la tenue
éventuelle de prochaines législatives et le contexte
dans lequel elles devront se dérouler; il a laissé
entendre qu’« il faut que le gouvernement fasse
tout pour que le jour des élections ne soit pas un
jour de mise à mort de nos concitoyens. Il faut tout
faire pour rassurer les Togolais avant de leur
parler à nouveau d’élections ».
Evoquant l’épineux problème de la réforme de
l’armée, qui doit être débattu au cours de ce
nouveau rendez-vous de l’histoire politique
togolaise, M. Gnininvi a ébauché les solutions à
apporter à cette question, en s’engageant « à ne
pas outrepasser les prérogatives des différents
corps de l’armée » et « veiller à ce que
l’armée devienne républicaine ». Mais, a-t-il
reconnu, « ce n’est pas à faire du jour au
lendemain ».
Le Secrétaire général de la CDPA a aussi parlé de
l’insécurité dans le pays.
Selon lui, le « phénomène est inquiétant »
et « pourra diminuer d’un cran si on remet de
l’ordre dans le monde politique et administratif du
pays ».
Edem Gadegbeku |