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Golfe Info

21 Mars 2007

[ 237: du 20 avril 2007]  
Crise énergétique : Les pertes sont passées de 50 à près de 80 milliards de FCFA

De 50 milliards de FCFA les trois premiers mois de cette année, les pertes engendrées à l’économie togolaise par la crise énergétique seraient passées, selon le président du conseil national du patronat togolais, Kossivi Nakou, à environ 80 milliards de FCFA.

Depuis plus de deux ans, le Togo connaît une crise énergétique qui s’est aggravée ces derniers temps avec des délestages prolongés et des coupures intempestives du courant électrique. Comme on devait s’y attendre, cette crise a engendré des pertes à l’économie de ce pays.

Ainsi, en mars dernier, lors d’un forum organisé par le ministère des mines et de l’énergie sur la question, le directeur général de la CEB, Djibril Salifou, citant le rapport trimestriel du fonds monétaire international (FMI) sur l’économie du Togo, a indiqué qu’avec cette crise, le produit intérieur brut (PIB) de ce pays a connu un recul de 4 points, soit 50 milliards de FCFA.

Quand bien même les uns et les autres n’arrivent pas  à dire exactement ce que coûte cette crise aux pays, les estimations faites donnent au public une idée approximative des pertes, et amènent à s’interroger sur ce qu’il en sera si la situation devait s’empirer.

Pour l’heure, le ministère de l’énergie, la CEET (Compagnie d’Energie Electrique du Togo) et la CEB (Communauté Electrique du Bénin) semblent ne pas disposer de solutions. Le ministre Léopold Gnininvi avait, indiqué que « même si nous avons de l’argent, il nous serait difficile de nous approvisionner », car, avait-il expliqué, la crise est continentale.

Mais pour le patronat toutes les solutions doivent être envisagées et faire l’objet d’une discussion entre le ministère et lui. Ainsi, selon Nakou Kossivi, le patronat togolais est prêt à souscrire à un emprunt obligataire, si jamais cette solution est envisagée et adoptée.

Marc D. KOUAKANI-ASSI

 
UFC, célébration du 27 avril à Kpalimé, en marge des cérémonies officielles Jean-Pierre Fabre: «Si les élections législatives sont transparentes et justes, on pourrait s’associer aux autres...»

Vendredi 27 avril prochain, le peuple togolais va célébrer ses 47 ans d’accession à la souveraineté internationale. Pour marquer l’événement, le gouvernement togolais a décidé d’instaurer une politique de célébration par rotation dans les villes du pays à l’instar du Gabon, de la Côte d’Ivoire etc.…On devrait s’attendre à une adhésion populaire à cette démarche des autorités et voir ensemble toute la classe politique togolaise réunie autour des manifestations officielles. Mais, l’Union des Forces de Changement (l’UFC) se désolidarise de ce programme et compte organiser comme de coutume, des manifestations  parallèles , à Kpalimé, ville située à 120 km au nord -ouest de Lomé. Le parti, apparemment, reste fidèle à sa « logique d’opposition »…

Dapaong, chef-lieu de la région des Savanes connaîtra une ferveur particulière ce 27 avril, pour cause. Les manifestations marquant le 47e anniversaire de l’indépendance du Togo s’y dérouleront. Rien d’extraordinaire ne pourrait s’ajouter aux traditionnels défilés civil et militaire, danses folkloriques et réjouissances populaires.

Les populations de cette partie septentrionale du Togo auront peut-être le mérite de voir une partie de l’arsenal militaire de leur pays et contempler de loin, la loge officielle, là où le chef de l’Etat, le gouvernement, les diplomates accrédités au Togo et les invités trouveront leur place. Quant aux infrastructures qui devraient constituer un héritage pour la ville, seul Dieu peut deviner l’issue ou la toilette dont elles feront l’objet. Mais au delà de l’aspect  festif, la cohésion nationale n’est pas pour demain.

La célébration de ce 47e anniversaire ne devrait-elle pas servir de cadre pour consolider l’unité nationale ?

L’UFC toujours méfiante du pouvoir ?

 A l’UFC, les visions sont différentes et la méfiance reste de mise. Dans un entretien téléphonique,  Jean-Pierre Fabre, le secrétaire général de l’UFC a expliqué les raisons qui soutiennent leur volonté de ne pas s’associer aux manifestations officielles. Pour lui : « Ce n’est pas parce qu’on a signé l’Accord Politique Global que le mur de la méfiance est brisé », a-t-il déclaré. En outre, il a estimé que le moment n’est pas encore venu pour rester au côté du pouvoir qu’il considère toujours « comme illégitime ». « Si les élections législatives sont transparentes et justes, on pourrait s’associer aux autres pour diriger le pays. Mais, pour l’instant, ce n’est pas le cas », a-t-il ajouté. S’agissant de la ville de Kpalimé retenue pour abriter les manifestations, Jean-Pierre Babre a indiqué qu’il s’agit d’une politique du parti visant à « consolider les différentes fédérations » et à un renforcement des « liens entre le Bureau national et ses démembrements ».

Le chemin de la réconciliation nationale a encore de longs jours devant lui.

Et pourtant, avec la signature de l’Accord Politique Global (APG) le 20 Août dernier à Lomé, il s’est dégagé une forme de consensus national (même si certains non signataires ont émis des réserves). La formation du gouvernement d’union nationale devrait constituer l’une des bases de la confiance retrouvée dans la classe politique togolaise. Ce processus de normalisation de la vie politique nationale et de réconciliation se trouve aujourd’hui confrontée au refus de l’UFC de s’intégrer au système. En voulant organiser des manifestations parallèles à Kpalimé, le parti de Gilchrist Olympio creuse t-il davantage le fossé de la division ? Où a-t-il toujours raison, en tant que « parti le plus triché, le plus brimé et qui a plus de morts dans ce pays », selon Patrick Lawson, 3e vice-président du parti?

L’accession du Togo à l’indépendance a été une haute lutte nationale tout comme le processus de démocratisation dans lequel le pays s’est engagé depuis le 05 octobre 1990. Jean-Pierre Fabre, a également déclaré : « Le 27 avril, c’est comme la fête de Noël où chacun invite ses amis. On ne peut pas nous interdire de le célébrer en aparté. Nous l’avons toujours fait ainsi ».

En somme, les Togolais vont célébrer le 47e anniversaire de leur indépendance cette année sur fond de division en attendant peut-être de les voir tous ensemble, une fois l’étape des législatives franchie. Encore faudra-t-il qu’elles soient justes et équitables. Comme les élections à la Fédération Togolaise de Football (FTF), le 9 janvier dernier. Où bien devrait-on faire appel  à la CAF/ FIFA ?

Noël Y. A. Glissou

 
Y a-t-il eu tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat?

La question paraît surprenante mais pas exagérée en politique. Pour sonder ce mystère, les pistes sont diverses. Il y a aussi bien les barrons du pouvoir réfractaires au changement, que les milliers de victimes en général d’un système qui les a opprimés pendant 40 ans…

Selon les informations, un homme d’affaire libanais établi depuis longtemps au Togo serait le financier du « sordide » complot contre l’Etat togolais. Quant au cerveau de l’affaire, il faudrait peut-être les chercher dans les rangs des « anciens amis » du « vieux », ceux-là même qui ont porté au bout des bras, le pouvoir dictatorial d’Eyadèma Gnassingbé. A cet  effet, on suspecterait un Officier de l’armée dont l’identité n’a pas été révélée. Quelques membres de l’entourage même du chef de l’Etat seraient également cités comme étant de connivence avec les « fossoyeurs » de la République.

Des sources bien informées, indiquent par ailleurs que l’idée de  ce complot contre la sûreté de l’Etat a germé depuis l’année dernière et que quelques officiers auraient rejeté catégoriquement cette aventure au motif que le « Togo ne mérite plus de vivre les affres  d’un coup d’Etat militaire».

Pour l’instant, la présidence togolaise n’a pas encore réagi pour infirmer ou confirmer l’information. Toutefois, certaines indiscrétions font état de mesures envisagées contre les initiateurs du projet qui seraient démasqués. Mais au-delà de toutes ces supputations, il y a bien lieu de s’interroger sur les mobiles d’une telle opération.

Faure Gnassingbé dirige t-il autrement ?

La base d’une certaine stabilité dont jouirait le fils d’Eyadèma est l’Accord Politique Global du 20 Août 2006. Dans une certaine mesure, les cris de «au voleur» ont littéralement cessé. Et l’un  des chantiers que Faure Gnassingbé a mis en branle depuis son arrivée au pouvoir fut-il catastrophique, est la réforme de la justice togolaise. Un domaine où la corruption, le népotisme et tous les abus de la mauvaise gouvernance ont rivalisé d’ardeur au temps fort du régime de Gnassingbé Eyadema. En voulant réformer le système judiciaire, le chef de l’Etat veut « s’attaquer »  au symbole même de la machine de ceux qui se sont créé une place dans la nomenclature du cercle des nantis dans le pays. Car, tout le monde sait qu’une justice réformée au Togo, traduit de facto son indépendance et empêchera de surcroît les gens de continuer à piller impunément les richesses du pays. D’autre part, l’aboutissement de cette politique, devra d’un jour à l’autre engendrer des poursuites judiciaires contre ceux qui sont impliqués dans les détournements de deniers publics et autres malversations financières. Toutes ces réformes constituent donc une menace contre l’hégémonie de ces « amis » du vieux qui, certainement devraient voir dans cette politique du « jeune » Faure, une fin prochaine des privilèges accumulés pendant les 38 ans de règne du « tout est permis ».

La marge de manœuvre des amis du pouvoir que Faure Gnassingbé a hérité le soir du 5 février 2005, baise considérablement y comprise leur liberté d’action.

Il faut souligner qu’une fois  que la justice togolaise retrouvera ses lettres de noblesse, les questions de crimes, des violations des droits de l’homme et du bâillonnement des libertés individuelles  vont refaire surface. La crainte de comparaître un jour devant les juges du Tribunal Pénal International (TPI) hante-t-elle les esprits ?

 A moins que dans le souci de la réconciliation nationale, le futur Parlement trouve une formule pour régler définitivement cette question.  Mais, les organisations internationales de défense des droits de l’Homme ne pourraient pas se résoudre à cette éventualité.

Une autre marque du « jeune pouvoir » de Faure Gnassingbé et qui pourrait créer des mécontents est sa politique de recouvrement des créances. Sur ce point, plusieurs opérateurs économiques implantés au Togo seraient très furieux contre cette nouvelle donne. Jadis, « une simple visite à Lomé II (la résidence privée du président Eyadèma)  suffisait pour régler avec le « vieux » toutes les démarches d’installation et les autres  sous attendues », déclare un observateur.

Aujourd’hui, quand bien même il existe des zones d’ombre, Ingrid Awadé-Nana, la directrice des impôts, tente d’insuffler un nouveau dynamisme au secteur. Des « intouchables » sociétés pakistano-libanaises et d’autres ont payé le prix de cette politique.

Il n’est pas surprenant que « les adeptes » de la politique du « laisser aller et du laisser faire » voient de mauvais œil, ce changement dans la gouvernance du pays.

Faure Gnassingbé au sein du RPT

Le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), le parti au pouvoir au Togo depuis 1967, n’est pas très habitué aux principes démocratiques. Le système est tel que, ses pratiques sont devenues presque « dogmatiques » et donc hostile à tout changement. Et c’est à juste titre que les réformes démocratiques qui émergent de la politique de Faure depuis son arrivée au perchoir, gêneraient les « barons » du pouvoir.

La plus grande illustration, sera selon certains analystes, les primaires instaurées cette année au sein du parti pour désigner les futurs candidats aux élections législatives prochaines. Il y a actuellement une forme de scission dont personne n’ose parler du parti (d’une part, les partisans du changement, et de l’autre, les partisans du conservatisme à tout prix). Faure Gnassingbé est donc prix en sandwich entre ses réformes démocratiques et l’omniprésence de l’oligarchie des compagnons du « père de la nation ».

Ceux-ci, étant acteurs actifs du pouvoir de Gnassingbé Eyadema, en connaissent les points de contrôle et jouissent d’un certain soutien à l’intérieur comme à l’extérieur. Pour conserver donc les avantages et les délices, ne sont-ils pas prêts à tous les moyens ?

Le chef de l’Etat Faure Gnassingbé, crée autour de lui, un trou avec sa politique des réformes. Il faut une certaine vigilance pour conjurer ou mieux, écarter « tout mauvais esprit qui gêne l’unité nationale ». « Il n’a pas été élu, mais tant qu’il est là, il doit travailler pour redresser le pays » dira Nicolas Lawson. Alors, un coup d’Etat ne va-t-il pas enfoncer davantage la situation politique et économique du Togo, et par ricochet le sort des populations ?

Noël Y. A. Glissou

 
Faits divers : Le  vieux Abdoulaï et le rat de malheur

Le vieux Abdoulaï vient de perdre un testicule. C’est la chose la plus affreuse qui lui est arrivée tout au long de sa vie. Sûrement que quelques jours auparavant, si vous demandiez à Aboulaï de quoi peut-il se débarrasser sans remord, il vous dira : « tout sauf mes testicules ».

Dans son village, il est un mordu de la chasse. Quand il n’était pas au champ, il était à la chasse soit en groupe, soit seul avec son chien Sourou.

Chaque dernier samedi de l’année, est organisé à Tchagri, le village du vieux Aboulaï, Kétézan Lakou, la dernière chasse de l’an. Vieux, jeunes, enfants étaient mobilisés pour donner un cachet spécial à cette chasse. Ce jour-là, il sonnait 9 heures lorsque comme d’habitude, la trompette annonça le départ pour la chasse. Quelques minutes après, tous les chasseurs se sont rassemblés sous le grand baobab où le coup d’envoi de la partie a été donné.

Au cours de cette partie de chasse, Aboulaï a créé une série d’évènements qui ont fait l’objet de discussions durant des jours à Tchagri. Les chasseurs munis de fusils qui avaient pris le devant, venaient de blesser un buffle qui fonça sur les autres restés en arrière. Dans la foule, c’était la débandade générale. Chacun était à la recherche d’un arbre sur lequel il peut s’accrocher au risque de se retrouver sur la trajectoire de l’animal blessé qui renversait tout sur son passage.

Aboulaï, peureux de son état, ne trouva rien d’autre à faire que de se cacher dans un arbre à épines. Lorsque le buffle pris ses distances et que le calme fut revenu, les autres chasseurs supplièrent Aboulaï de descendre. Mais celui-ci, du haut de sa cachette cria : « ça me pique ». Toutes les tentatives pour le faire revenir à terre furent vaines. Enfin, arriva le vieux Egbam qui, ayant compris la situation, dit : « c’est la peur qui l’a fait monter et c’est la peur qui doit le faire descendre ». Il s’accroupit, sortit un briquet et mis le feu à une touffe d’herbe au pied de l’arbre à épine. Aboulaï voyant les flammes monter vers lui, se jeta dans le vide et tombe de tout son poids. La chasse reprit alors de plus bel sans que le groupe n’aperçoive même une seule perdrix à abattre.

Le vieux Aboulaï ne voulant pas rentrer bredouille à la maison, se mit à chercher les trous à rat. Il fouilla, inspecta sous les herbes sans aucune trace de rats. Mais, sur le point de perdre espoir, il repéra un trou dans lequel, selon ses expériences, se cacherait sans doute  un rongeur. Sans tarder, il se mit à creuser sous les yeux attentifs de son fidèle compagnon de chasse, Sourou qui était aux aguets derrière son maître. Or, le pantalon de Aboulaï était déchiré et ses testicules balançaient à chaque fois qu’il donnait un coup de houe au supposé gîte du rat. Il a trouvé juste ; car, l’animal sentant le danger bondit de sa cachette et passa entre les jambes du chasseur. Le chien, bien entraîné pour ce genre d’exercice, fonça sur le fugitif. Malheureusement, il le rate et saisit les testicules de Aboulaï, enfonça ses crocs et se mit à secouer sa tête de toutes ses forces.

Aboulaï qui s’était écroulé sur le sol ne cessait de crier à son chien : « Sourou, lâche mes testicules, ce n’est pas le rat »! Pauvre de lui, le chien ne comprenait rien de ce qu’il disait. Le temps que les autres chasseurs qui ignorant le drame, auraient commencé par s’éloigner de lui ne lui viennent en aide, il saignait déjà abondamment. Son chien croyant avoir dans sa gueule la tête du rat, comme d’habitude au cours des parties de chasse, broya complètement les testicules de son maître. Il a fallu un coup de massue pour que Sourou desserre ses crocs, poussant au passage un cri de douleur. Voilà comment le vieux Aboulaï perdit sa virilité.

Grégoire Awesso

 
 
 
 

 

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