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[
N°234: du
10 avril 2007]
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Recomposition de la cour constitutionnelle
L’appel à candidature lancé |
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La cour constitutionnelle sera bientôt renouvelée. En
effet, le Président de l’Assemblée Nationale, Abass
Bonfoh, a lancé hier mardi 10 avril 2007, un appel à
candidature pour les six membres de cette institution
constitutionnelle, conformément aux dispositions de
la loi fondamentale de la République Togolaise et à
l’esprit de l’Accord Politique Global qui a institué
en son point 3.2 la réforme de cette institution. |
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Au
terme de l’avis, sont éligibles, les candidats qui
répondent aux conditions prévues à l’article 11 de la
loi organique sur la Cour Constitutionnelle. Il est
demandé aux potentiels candidats d’être de
nationalité togolaise, d’avoir la qualité
d’électeur, ne pas être membre d’un bureau exécutif
ou d’une instance d’une formation politique, n’avoir
jamais subi une condamnation civile ou pénale.
En
outre, les candidats doivent répondre aux critères de
professionnalisme, de crédibilité et d’indépendance.
Les
dossiers de candidature devront être déposés au
secrétariat particulier du Président de l’Assemblée
Nationale au plus tard le jeudi 19 avril 2007 à 17h.
Les
dossiers doivent comporter : une demande motivée,
manuscrite timbrée à 500f cfa, un curriculum Vitae
complet, une copie légalisée d’acte de naissance, une
copie légalisée du certificat de nationalité
togolaise, une photocopie des diplômes mentionnés sur
le CV,un casier judiciaire et un certificat médical.
Les
trois autres membres seront nommés par le Président
de la République conformément aux dispositions de la
constitution de la IV République, toilettée par le
régime au pouvoir.
La
Cour Constitutionnelle a pour rôle d’assurer la
conformité des actions de l’Etat avec la loi
fondamentale du pays. C’est également elle qui est
chargée de gérer les conflits électoraux et de se
prononcer sur les résultats rendus public par la
commission chargée de l’organisation des élections.
Et
c’est justement dans ce rôle qu’il est reproché à
l’équipe de Atsou Kofi Améga, sa partialité. Selon
des partis de l’opposition, la cour constitutionnelle
actuelle est inféodée au régime RPT. C’est ce qui
justifie selon ces derniers, sa position qui tend à
défendre vaille que vaille les intérêts du pouvoir.
L’objectif est d’assurer le maintien au pouvoir su
régime RPT. Pour Zeus Ajavon, avocat et professeur de
droit public à l’université de Lomé, membre de la
société civile, l’une des décisions prises par cette
cour et qui l’a complètement disqualifiée est la
sentence prononcée à l’issue des présidentielles de
1998. En effet, rappelle zeus Ajavon, « la cour
vidant le contentieux électoral a dit, après avoir
rigoureusement constaté que le système électoral
était sorti de son cadre légal, que les élections
n’étaient pas faites selon les normes, a tout de même
accepté les résultats...Ce qui est extraordinaire
sur le plan de droit et aberrant sur le plan
juridique », a ajouté le juriste.
Par
ailleurs, la question de la recomposition de la cour
constitutionnelle avait été évoquée depuis que cette
institution qui devrait compter 9 membres n’en compte
que 7.
Aujourd’hui que la réforme semble finalement être
acquise, l’inquiétude réside dorénavant dans le choix
qui sera opérée par l’assemblée, puisque c’est à
elle que revient cette charge, en l’absence du sénat
qui devrait également désigner trois membres. Pour
des militants de l’opposition, le danger subsiste car
pour eux, « il n’est pas évident que l’assemblée à
coloration unique (RPT) se prononce en toute
impartialité et objectivité » sur ces
candidatures qui lui seront soumises.
Grégoire AWESSO |
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Enseignement technique
Plus de réclamations après les examens
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Le ministre de l’Enseignement technique et de la
Formation professionnelle, Agbéwanou Edoh, a décidé
la suppression de toute réclamation aux divers
examens au sein de son département. Cette décision
vise, selon lui à prévenir les fraudes auxquelles
se livrent certains élèves et directeurs « peu
scrupuleux » des établissements scolaires. Il
invite par la même occasion tous les candidats aux
divers examens de son département à plus d’ardeur
afin de ne plus compter sur une quelconque
réclamation pour réussir. Tout en reconnaissant
qu’il existe des imperfections au sein de
l’administration des examens et concours, le
ministre de l’enseignement technique et de la
formation professionnelle a rassuré que le système
mis en place pour gérer les examens est performant
et empêche la fuite des épreuves. « Jusqu’à la
dernière minute, aucun professeur ne sait quelle
épreuve sera soumis aux candidats», a-t-il déclaré
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Toutefois, le ministre souligne que les réclamations
justifiées, erreur de calcul par exemple, seront
prises en considération.
En
vue de redynamiser son ministère et relever le taux
de réussite qui est bas (32% au BAC I, 52% au BAC II),
Agbéwanou Edoh a initié un atelier de formation des
cadres de son département à l’INFA de Tové la semaine
dernière. Selon lui, « les enseignants recrutés
n’ont pas la qualité pédagogique. Les sujets proposés
sont soit mal interprétés par les élèves, parfois
même par les formateurs ». Cet atelier a donc
permis aux participants de réfléchir sur les
techniques d’évaluation et de gestion des examens et
concours.
En
saluant l’aide des parents à l’Etat dans la formation
des étudiants dans les institutions privées, le
ministre a déploré la non fiabilité de l’enseignement
dispensé dans certaines écoles de BTS. « Nous
avons constaté que l’enseignement dans ces
institutions n’est pas bonne », a-t-il déclaré.
Selon lui, des dispositions sont entrain d’être
prises pour réglementer la création des écoles
privées au Togo. Dans le souci d’offrir aux
apprenants des structures d’enseignement industriel
qui fait défaut au Togo, le ministre a annoncé la
création de deux lycées techniques, l’un à Lomé et
l’autre à Kanté.
Grégoire AWESSO
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Elan d’action national de l’éducation pour tous
Enfin la reforme du système éducatif ? |
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Le
document du Plan d’Action National de l’Education
pour tous 2005-2015 a été présenté aux députés de
l’Assemblée Nationale hier mardi 10 avril 2007 par le
Ministre des enseignements primaires et secondaires,
Klassou Sélom. C’était lors de la 1ere session
ordinaire de la 2eme
séance plénière de l’Assemblée Nationale. |
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Ce
document de 283 pages contient deux grands axes
subdivisés en 16 stratégies. Eu égard au constat
selon lequel il existe d’énormes disparités en
matière d’éducation, le 1er axe
de ce plan d’action recherche les voies et moyens en
vue de permettre à tous les enfants d’avoir accès à
l’éducation de qualité. Ce plan passe par
l’augmentation et le maintien du taux de
scolarisation des deux sexes, la réduction du taux d’analphabétisation
des jeunes déscolarisés et non scolarisés, de même
que des adultes. L’accroissement des infrastructures
et matériels didactiques constitue les autres
priorités de cette première partie de ce plan
d’action.
Le
second axe de ce document énumère les stratégies
d’amélioration de la qualité des enseignements afin
de relancer la culture de l’excellence dans les
établissements scolaires et dans les centres
d’apprentissage. Pour ce faire, des mesures
administratives et réglementaires sont initiées ainsi
que l’implication des structures universitaires dans
la formation des formateurs, la recherche et la
production des manuels scolaires en vue d’assurer un
meilleur encadrement et une meilleure formation des
enseignants.
Le
nouveau plan d’action propose également une
adaptation du système éducatif togolais aux réalités
socio-économiques du pays par une refonte de certains
programmes et la mise des manuels scolaires et
pédagogiques à la disposition des élèves et
enseignants.
Selon le ministre Klassou, le taux de scolarisation
est un « révélateur du système éducatif qui est
inégal d’un cycle à un autre ». Ce taux est de
80% au niveau du primaire, 62 % au premier cycle du
secondaire (Collège) et de 17% au second cycle du
second degré (lycée).
Selon le Ministre, la mondialisation de l’économie et
des échanges ont engendré le concept de « village
planétaire » dans lequel tout citoyen, pour avoir
sa place, doit forcément aller à l’école. Le présent
document se justifie donc par cette nouvelle donne
mondiale. Le Ministre a enfin assurer les députés que
le président de la République l’a instruit de prendre
des mesures appropriées afin d’assuré la gratuité de
l’école au Togo.
La
session parlementaire a été présidée par le 1er vice
président de l’assemblée nationale, Kassongue
Yambadjoi.
Grégoire AWESSO
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Divorce consommé à l’Alliance ?
Agbéyomé prêt à rompre ! |
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Des
informations persistantes font actuellement état
d’un enlisement total de la crise au sein du parti au
point où, Agbéyomé se prépare à créer sa propre
formation politique. Par ailleurs, plus d’une
cinquantaine de membres fondateurs du parti auraient
remis leur démission à Peré. Ceux-ci seraient prêts à
se joindre à Agbéyomé pour une « nouvelle
aventure ». |
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Sur
cette nouvelle donne, Peré a déclaré qu’il n’a jamais
reçu une quelconque lettre de démission venant de qui
que ce soit: « Que ceux qui veulent que la crise
soient réglée viennent au parti. Ce n’est pas aux
médias de régler la crise », a-t-il déclaré.
L’Alliance
pour la Démocratie et la Patrie (Alliance) a été créé
en 2005 par le duo Peré Agboyomé, deux transfuges du
Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) et était censé
réaliser une osmose politique au Togo( Peré étant
originaire du Nord du pays et Agbéyomé natif de Yoto
au Sud). Mais depuis plus de 6 mois, une crise de « leadership »
empoisonne les relations entre les deux amis qui se
livrent à des guerres de communiqués par médias
interposés.
La
crise qui couvait depuis un certain temps s’est
révélée au grand jour par une pétition signée par 53
membres fondateurs du parti sommant Peré de se
réconcilier avec Agbéyomé, faute de quoi, il devrait
être considéré comme démissionnaire. Une situation
qui a suscité la réaction de certains membres du
Bureau du parti le 8 mars denier.
Une
partie du Bureau exécutif avait organisé un point de
presse au cours duquel, le secrétaire général adjoint
Assima Kpatcha et Kao Pérézi, un autre membre du
parti avaient accusé Agbéyomé Kodjo de vouloir
employer des méthodes antidémocratiques pour prendre
la tête du parti.
La
réaction des partisans d’Agbéyomé n’a pas tardé à
intervenir. Par une mise au point en date du 16 mars,
le secrétaire général du parti Bandjé Clément Boessi,
a fustigé le comportement de Peré, l’accusant à son
tour d’user des « arguments aussi légers que
mensongers. Comment peut-on vouloir réconcilier la
Nation avec elle-même, et afficher autant de rigidité
et d’incompréhension face aux différentes tentatives
de mettre fin à cette crise », s’est-t-il
demandé.
Malgré
les tentatives de conciliation, entre Peré et
Agbéyomé, on peut dire que pour l’instant, le divorce
est presque consommé entre ces derniers, et il
faudrait s’attendre dans les jours à venir à d’autres
rebondissements, voire des démissions en série; les
espoirs suscités par la fondation de l’Alliance
semblent donc s’évanouir plus tôt que prévu.
Noël Y. A. GLISSOU |
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Commerce illicite de la propriété artistique et
intellectuelle Le continent noir aux mains des
pirates |
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Définie généralement comme la
reproduction frauduleuse d’une œuvre de l’esprit sans
payement de droit de reproduction, la piraterie sous
toutes ses formes a pris ces dernières années, une
allure inquiétante dans le monde culturel africain. |
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En
effet, pour se rendre compte de la menace que
constitue la piraterie musicale pour cet art, il
suffit de faire un petit tour sur les plates formes
des marchés de cassettes et de CD (Compact disc).
Dans les boutiques et sur les marchés de Lomé,
Yaoundé, Bamako ou Dakar, les copies pirates de
cassettes et CD sont si nombreuses qu’il est parfois
difficile de se procurer un album authentique d’un
artiste africain. À l’image de « Mali K7 »,
obligée de stopper ses activités pendant quelques
mois en 2005, nombreuses sont les maisons de ventes
de CD et cassettes qui à défaut de marquer une pause,
expriment leur ras le bol face à ce commerce illégal.
Au
Togo, la dernière expression de cette désolation
s’est faite à travers des manifestations à l’occasion
de la Journée internationale de la Douane, le 26
janvier dernier.
Même si le phénomène n’est pas nouveau, son
amplification ces dernières années sur le continent
noir devient alarmante. Car, il annonce un
étouffement imminent de la production musicale,
puisque les producteurs n’arrivent plus à récupérer
les quelques millions de Francs investis dans leur
travail. La mévente est très importante. Au lieu de
débourser 1.500 FCFA pour se procurer la version
légale ou originale d’une cassette, les mélomanes
africains s’orientent très facilement vers les albums
pirates qui se négocient à 750F CFA (0,75 euro) sur
le marché et parfois moins. Quant aux produits finis
des figures ou repères de la musique africaine, à
l’instar de Youssou Ndour, Didier Awadi, Brenda
Fassie, DJ Zidane, « Les Salopards », « Magic
System » ou encore l’humoriste Adama Dahico, le
tour est encore vite joué. Ces derniers n’étant pas
sur le terrain, ne peuvent mener des actions à
l’encontre des faussaires. Ainsi, sur le marché
togolais devenu selon certains, une plaque tournante
des cargaisons en provenance de Dubaï, on peut
retrouver des cassettes, CD audio et même parfois des
clips vidéo des icônes de la musique africaine entre
une fourchette de 500F CFA et 600 F CFA. Entre
l’original et le piraté, difficile de détecter une
quelconque différence au niveau du son ; seules les
jaquettes arrivent à illustrer la nuance.
Le
phénomène de la piraterie, très fréquent sur le
marché togolais, n’épargne quasiment aucun pays sur
l’ensemble du continent. Selon l’IFPI (Fédération
Internationale de l’Industrie Phonographique), un
disque sur trois vendus dans le monde entre 2004 et
2006 était piraté. Dans de nombreux pays africains,
le taux dépasserait les 90%. L’estimation reste
difficile à vérifier, mais la chute chaotique des
ventes de cassettes officielles constatée par les
maisons de disques au cours des dernières années
apporte une indication plus objective, indiscutable.
Dubaï est mis en cause
« Ceux
qui piratent sont à Dubaï, à Oman. Ils fabriquent les
cassettes et CD, remplissent des containers qui
partent par bateau et ils viennent polluer l’Afrique
à partir de la Tanzanie pour l’Afrique de l’Est et
australe, de l’Angola pour toute l’Afrique centrale,
et du Togo pour toute l’Afrique de l’Ouest. Ce sont
leurs trois bases d’acheminement ». Cette
affirmation d’un patron de maison de disque au Togo
est la même pour ses confrères de la sous région et
de l’Afrique toute entière. De part sa vieillesse,
soit 30 ans d’existence, la filière est organisée, le
circuit parfaitement rodé. Au fil des années et grâce
à l’apport considérable des nouvelles technologies,
les délais de production des pirates ont été
raccourcis, réduisant de facto la durée de vie des
albums légaux. « Quand tu produis un grand artiste
comme Koffi Olomidé ou Salif Keita, tu fais un
premier tirage de 500 ou 1000 exemplaires, et c’est
tout ce que tu vendras », faisait constater avec
amertume, il y a près d’une année, le patron du label
« Syllart » et producteur expérimenté, le
Sénégalais Ibrahima Sylla.
Parallèlement à ce réseau de contrefaçon massive
existant depuis longtemps, un piratage plus local
s’est développé avec de petites unités de
duplication. En 2005, peu de temps avant la sortie de
l’album « Gogbalo » de l’artiste togolais Wédy,
quelle ne fut la surprise de tout son staff de se
retrouver nez à nez avec une autre filière ayant mis
sur le marché, des copies de cet album à des prix
défiant toute concurrence. Ce dernier n’est qu’un
exemple parmi tant d’autres sur le territoire
togolais. Sur presque tout le continent, c’est le
même schéma. En 2003, l’imprimeur chargé de fabriquer
les jaquettes du premier album de la jeune malienne
Mamou Sidibé, avant même de finir son « boulot » a
remarqué que deux paquets avaient disparu. Il en
informe « Mali K7 » qui décide de modifier la
jaquette. Au finish, ils se sont aperçus que, le
lendemain de la sortie de l’album, des cassettes
circulaient sur le marché avec la jaquette qu’ils
avaient écartée.
La
diffusion du matériel informatique a également
contribué à changer la donne. Si la cassette demeure
le support le plus vendu, CD et VCD (Video CD)
illégaux sont en très nette progression.
L’investissement, qui peut se réduire à un ordinateur
équipé d’un graveur et une imprimante, est vite
amorti. Avec ce matériel, le piratage gagne en
flexibilité par rapport à la demande, il s’avère
capable de créer facilement de nouveaux produits
comme des « best of » ou des compilations des
tubes du moment.
La piraterie fait perdre des milliards
Face à ce fléau, producteurs et artistes se sentent
bien seuls. D’un côté, les premiers se disent qu’il
ne vaut plus la peine de débourser une cagnotte pour
une affaire dont on est perdant dès le départ. Côté
artistes, c’est le découragement total. Bien que,
d’après un manifeste rédigé par « Mali K7 » et
« Seydoni Mali » (deux maisons de disque
maliennes), la piraterie soit au Mali « la cause
d’un manque à gagner de plusieurs milliards de francs
CFA (plusieurs millions d’euros) par an pour
l’économie du pays », la volonté politique semble
faire défaut à la plupart des gouvernements africains
en matière de stratégies de lutte. Au Togo, la tâche
confiée au BUTODRA (Bureau togolais des Droits
d’Auteurs) ne semble pas porter, pour l’instant, ses
fruits même si, par moment, ce dernier par quelques
gymnastiques réussit à mettre la pression sur les
exploitants des œuvres d’art afin de permettre aux
créateurs de jouir du fruit de leur labeur. Selon l’IFPI,
les efforts fournis par quelques-unes de ces
structures mises en place par les Etats africains
pour endiguer le raz-de-marée sont à saluer. L’IFPI
donne souvent en exemple les associations ghanéenne,
sud africaine et égyptienne de lutte pour le droit
d’auteur des artistes. Selon cette fédération
internationale, les œuvres illégales ne représentent
plus que 30% du marché en Afrique du Sud, 51% en
Egypte alors qu’au Ghana, souvent cité comme exemple,
elles seraient passées sous le seuil de 20%, en
raison des lois très répressives qui s’y appliquent.
Ce qui fait penser à certains que le modèle ghanéen
doit être expérimenté dans les autres pays du
continent.
Mais pour d’autres qui restent pessimistes, il
revient à chaque pays de mettre sur pied son système
d’auto défense contre la piraterie. Ils se justifient
par l’échec connu en 1998 par le système de vignette
autocollante portant un hologramme et apposée sur les
cassettes ou les CD authentiques instauré par l’OMPI
(Organisation Mondiale de la Propriété
Intellectuelle). En effet, mis en place notamment au
Sénégal, au Mali, en Cote d’Ivoire, au Nigeria et au
Kenya, le système, n’a pas eu le succès escompté.
Au-delà des actions communautaires ou régionales, les
stratégies initiées par les offices nationaux des
droits d’auteur se sont révélées inefficaces. Sans
moyens, les actions isolées qu’ils menaient avec la
police n’avaient qu’une portée très limitée. Mais
elles se sont multipliées au cours des dernières
années: 100.000 copies illégales saisies à Yaoundé
(au Cameroun) en juillet 2005, 200.000 à Bamako (au
Mali) quelques semaines plus tôt, 800 à Abidjan (Côte
d’Ivoire) et 400 à Antananarivo (Madagascar) à la
même période et plusieurs centaines à Lomé. Coup
d’épée dans l’eau ? Coup d’arrêt ? Si la répression
donne des résultats visibles et peut s’avérer
susceptible de marquer les esprits, la
sensibilisation de l’opinion et la valorisation du
rôle des artistes sont des volets tout aussi
primordiaux pour que le recours aux produits piratés
ne soit plus seulement une question de pouvoir
d’achat.
Gabin
Koissidjin
(Source : rfimusic.com) |
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