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Golfe Info

5 Mars 2007

[ 231: du 04 avril 2007]  
Elections législatives du 24 juin 2007 : Encore des assurances de Abass Bonfoh !

Parmi les points essentiels de son discours prononcé hier au cours de l’ouverture de la rentrée parlementaire des députés, le président de l’Assemblée nationale togolaise, El Hadj Abass Bonfoh est revenu à plusieurs reprises sur l’organisatio<<Selection in Document>>n des prochaines législatives, un scrutin qui, aux yeux de plusieurs analystes, reste capital pour la décrispation politique au Togo. Abass Bonfoh n’a pas épousé la logique de ceux qui pensent que « les conditions ne sont pas encore réunies pour des scrutins transparents au Togo ». C’est ainsi que le président de l’Assemblée nationale a affirmé que « l’essentiel est déjà fait » et que « tout est fin prêt pour des élections anticipées ».

Ces phrases semblent laisser un frisson dans le dos de certains Togolais car elles s’apparentent malheureusement à celles que ce même personnage avait prononcé en avril 2005 alors qu’il était désigné par le coup du sort comme président de transition, suite à la mort de Gnassingbé Eyadema et à l’éviction in extremis du dauphin constitutionnel Fambaré Ouattara Natchaba. En effet, Abass Bonfoh était resté impassible à toutes les analyses qui projetaient un drame à l’issue de la présidentielle du 24 avril 2005. Rien, pas même la marche du collectif des prélats et avocats, ni la démission de François Akila Esso-Boko (ex-ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de l’Administration Territoriale, principal organisateur du scrutin) ne lui ont pas fait changer d’avis. Il est resté dans la logique « jusqu’aboutiste » que semble prôner le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), son parti, à l’approche des élections. Les ténors du régime ont défendu bec et ongle la tenue de cette « présidentielle à haut risque », selon les mots de François Akila Esso-Boko. La suite, tout le monde le connaît, des centaines de morts, des milliers de déplacés, selon les différents rapports de (commission nationale et d’organismes internationaux)...

Malgré l’imbroglio et le cafouillage dans lesquels le processus avance, le président de l’Assemblée nationale affirme son optimisme face au « travail abattu par la CENI  dans l’organisation des prochaines élections ». Abass Bonfoh se félicite-t-il de l’arrivée de fameux kits en provenance de la RDC ? A plusieurs égards, c’est le seul progrès que la CENI semble avoir réalisé depuis des mois alors que la date du scrutin approche inexorablement dans un flou impressionnant.

D’ailleurs, selon plusieurs analystes des maillons du processus ont foiré, ce qui annonce selon ces derniers un report imminent de la date des élections.

Edem K. Assignon

 
Législatives prochaines :  Le 24 juin entre report et maintien

Après son entretien du 8 septembre avec le président français, Jacques Chirac, le chef de l’Etat togolais, Faure Gnassingné, a manifesté sa volonté sur le Perron de l’Elysée de voir les Togolais se rendre aux urnes en juin 2007 pour l’élection d’une nouvelle Assemblée, conformément à l’esprit et à la lettre de l’Accord Politique Global du 20 Août. Comme « une prophétie », la date du 24 juin sera plus tard maintenue par le gouvernement et par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). A trois mois de ce scrutin, beaucoup d’indices montrent que le pays n’est pas encore prêt pour une telle opération. L’enjeu est de taille, et le bon sens voudra que l’on prenne le temps nécessaire pour l’organisation du scrutin, lequel devra éloigner  du Togo, le spectre de la violence et lui permettra de renouer avec les institutions du Bretton Wood et de l’Union Européenne(UE).

Le vocable « anticipé », est l’expression consacrée pour désigner  le scrutin de juin prochain en ce sens que le mandat de l’actuel parlement prend fin en octobre. Dans ce conteste, rien n’empêche que les élections aient lieu nécessairement à la date indiquée. Pour  les partisans du report du scrutin, les conditions minimales de sécurité et de logistique ne sont pas encore réunies pour la tenue effective des élections. De l’autre côté, on estime qu’une fois que le gouvernement  mettrait les moyens financiers à la disposition de la CENI, il est tout à fait normal que le scrutin ait lieu. Toujours est-il que les deux options auront des répercussions sur la suite des événements.

Le 24 juin et ses répercussions

Jusqu’à présent, le gouvernement n’a pas encore notifié à la CENI, les 12 milliards qu’elle sollicite pour l’organisation des législatives. En dehors de cet aspect financier, d’autres questions telles que les opérations foraines pour l’établissement des pièces d’identités (comme l’indique l’Accord Politique Global), le reconditionnement des kits empruntés de la République Démocratique du Congo (RDC), le recensement électoral, l’installation des membres de la Commission Electorale Locale Indépendante (CELI) et d’autres volets et non les moindres ne sont pas pour l’instant exécutés.

Tous éléments entrant en jeu dans le cadre de ce scrutin devront être passés au peigne fin si l’on veut réellement donner une chance à ce pays de refaire son passé, marqué par des violences de toutes sortes aux lendemains de chaque élection. Vouloir maintenir à tout prix le 24 juin malgré les appels incessants des organisations de la société civile et de défense des droits de l’Homme et quelques partis politique qui militent pour un report, reviendrait à plonger le pays dans les mêmes situations d’avant la présidentielle du 24 avril 2005. Or, de la bonne tenue du scrutin, dépend bien évidemment la reprise de la Coopération entre le Togo et ses principaux bayeurs de fonds d’une part et d’autres part, permettra au pays de corriger son « déficit démocratique » et de rattraper en même temps, ses voisins de l’Est et de l’Ouest.

Mais, des informations font état de ce qu’en ce qui concerne les membres la CENI, la probabilité du report du scrutin, n’est pas totalement exclue. En effet, ceux-ci préfèreraient maintenir le 24 juin, tout en travaillant dans l’espoir d’épuiser toutes les « cartes » de la tenue du scrutin.

Il s’agit pour ceux-ci d’éviter un report à « plusieurs reprises » et toutes les confusions. Des élections encore bâclées au Togo vont certainement remettre en cause toute la politique d’apaisement et de « nouvelle ère » que Faure Gnassingbé ne cesse de clamer haut et fort depuis son arrivée au pouvoir, fut-il catastrophique.

Par ailleurs, on peut s’attendre à l’enlisement total du manque  de confiance entre Faure Gnassingbé et ses  adversaires politiques qui attendent le juger au tournant de ces élections. La balle est donc dans le camps du chef de l’Etat, c’est à lui d’aller au bout de son objectif. Le Togo en sortira grandi.

Dans le sens du report

Selon les dispositifs de la Constitution de 1992, modifiée en 2002, le parlement actuel doit  demeurer en place jusqu’à l’élection d’une nouvelle. Il n’y a donc pas des risques de vide constitutionnel qui planent sur le pays. Autant, il va falloir que tous les contours de ces élections soient bien définis afin d’éviter au pays de continuer à tourner en rond. De juin à octobre, la CENI  dispose du temps matériel pour peaufiner l’élection telle que tous les Togolais le veulent à savoir : libre, juste et transparente.

Le timide intérêt que les opérateurs économiques commencent par nourrir pour le  Togo, doit dans une mesure, inspirer les différents acteurs de la classe politique nationale à plus de considération aux souffrances du peuple. Plus encore, le 24 avril, n’est pas obligatoire, car, en avançant cette date, le chef de l’Etat n’exprimait que son « souhait ».

Noël Y. A. Glissou

 
Rapatriement des réfugiés togolais : Le Togo, le Bénin et le HCR s’engagent

Un accord tripartite sur le rapatriement volontaire des réfugiés au Bénin a été signé hier mardi 03 avril 2007 au Ministère des Affaires Etrangères et de l’Intégration Africaine, entre le Togo, le Bénin et le Haut Commissariat des Réfugiés (HCR). Le Ministre d’Etat, Ministre des Affaires Etrangères et de l’Intégration Africaine, Zarifou Ayeva, a saisi cette opportunité pour remercier le gouvernement béninois et le HCR pour l’accueil et les commodités (hébergement, soins médicaux, dons de vivres) accordés aux citoyens togolais réfugiés au Bénin.

Selon le Ministre d’Etat, « cet accord ne peut à lui seul suffire à régler le lancinant problème des réfugiés mais il permet de prendre des mesures adéquates, tant pour le rapatriement organisé que pour le renforcement des dispositions d’intégration et de réinsertion des personnes disposées à regagner leur pays ».

Pour la Ministre béninoise des affaires étrangères, Mme Aladji Boni Mariam Diallo, la signature de cet accord régularise le cadre juridique institué par le gouvernement togolais dans le cadre du rapatriement des réfugiés togolais qui « se demandent encore si la sécurité est garantie au terme du rapatriement ». Au cours de son discours, Mme Aladji a relevé les engagements pris par le Togo dans le processus de rapatriement des réfugiés Togolais au Bénin.

Le Togo s’est ainsi engagé à informer et la sensibiliser les populations des localités d’origine où les réfugiés seront de retour en vue d’une cohabitation pacifique et harmonieuse, à simplifier les formalités de retour des réfugiés et l’entrée de leurs biens qui sont exemptés de tout droit de douane. La Ministre béninoise des Affaires Etrangères a enfin rassuré le Togo de l’entière disponibilité de son pays à accompagner le Togo dans ce processus  par la simplification non seulement du départ des réfugiés et mais aussi des formalités de sortie du territoire tant pour leurs effets que pour leurs biens personnels. Pour ce faire, une commission chargée des questions de rapatriement a été créée. Celle-ci a essentiellement pour mission de veiller au respect des termes de ce présent accord, d’informer les parties signataires des progrès accomplis et des difficultés rencontrées, de visiter les camps des réfugiés en vue de s’assurer de la prise des dispositions nécessaires au rapatriement, etc. 

Pour le représentant régional (Togo, Bénin, Niger et Burkina Faso) du HCR, Rafik Saïdi, le présent accord constitue une phase importante dans la résolution de la crise togolaise survenue en avril 2005 et ayant contraint des milliers de Togolais à l’exil.  Les réfugiés qui auront regagné le Togo, bénéficieront de la garantie (offre des opportunités d’activités génératrices de revenus, la construction et la réhabilitation des maisons et des commerces détruits par les événements d’avril 2005) nécessaire pour leur réinsertion, rassure les parties signataires de cet accord. Selon Rafik Saïdi, « la garantie des droits spécifiques nécessaires à leur protection constitue une priorité pour son Institution ». A ce jour, 2500 personnes ont déjà bénéficié de cette aide du HCR.

En 2005, le sol béninois avait accueilli approximativement 25 000 réfugiés. Mais, de nos jours, on dénombre environ 7 000 officiellement enregistrés. Un second accord entre le Togo, le Bénin et le Ghana sera signé mardi prochain en vue de renforcer les mécanismes de rapatriement des réfugiés togolais vivant dans ces deux pays.

Grégoire AWESSO

 
 
Pauvreté et sécurité alimentaire au Togo : Les décideurs à la recherche d’une plate forme d’action

« Sécurité alimentaire, stratégies de réduction de la pauvreté et objectifs du millénaire pour le développement (OMD) au Togo », c’est le thème d’un atelier qui se tient depuis hier à Lomé. Cette concertation d’acteurs impliqués dans les questions de pauvreté et de développement est organisé par l’école supérieure d’agronomie (ESA) de l’Université de Lomé  en collaboration avec le Ministère de l’économie et du développement, le Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, et le Consortium pour la Recherche Economique en Afrique (CREA), sous les auspices du ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

Pendant 48h, les chercheurs, décideurs et membres de la société civile s’attèleront à obtenir une convergence de vue sur le concept de la pauvreté, afin d’élaborer des stratégies communes et des mécanismes institutionnels, pouvant permettre de mieux affronter ce fléau. Ce sera à travers l’examination de sous thèmes comme  « pauvreté, faim et OMD », « éducation, pauvreté et OMD », « santé, nutrition, pauvreté et OMD », etc.  Le président de l’Université de Lomé, le professeur Ahadji, se  réjouissant de ces différents sujets retenus, a réitéré la disposition de son institution, à œuvrer sans cesse à des réflexions et recherches, devant aboutir «  à l’élaboration de politiques et stratégies susceptibles de transformer les conditions de vie des populations ». Ces populations, avant tout, doivent bénéficier d’une éducation de base, l’éducation apparaissant comme un atout majeur dans le combat pour le recul de la pauvreté.  L’exemple suivant, énuméré par le Ministre de l’Enseignement  Supérieur et de la Recherche, Martin Adimado Aduayon, en est une tangible illustration : « Le miracle économique et les succès des pays du Sud-Est dans la lutte pour la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté ont surpris plus d’un. Les Etats de cette partie du monde affichent des progrès remarquables dans la réduction de la pauvreté extrême, alors que sur le continent africain, la situation en la matière demeure précaire. Selon la Banque mondiale, les différences de taux de scolarisation primaire expliquent également le net écart entre les taux de croissance de l’Asie du Sud-Est et ceux de l’Afrique subsaharienne. Si les meilleurs investissements des Etats dans le secteur éducatif à commencer par le premier degré, explique la bonne performance économique, les gouvernements africains savent ce qu’il leur reste à faire », a-t-il déclaré. Par ailleurs, le Ministre a vivement félicité les organisateurs de cette session de travail qui coïncide  bien avec les objectifs du millénaire pour le développement (à atteindre d’ici 2015) à, savoir :réduire de moitié l’extrême pauvreté et la faim, assurer l’éducation primaire pour tous, promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomie des femmes, améliorer la santé maternelle, combattre le VIH/SIDA, le paludisme et d’autres maladies, assurer un environnement durable, mettre en place un partenariat mondial pour le développement.

Le gouvernement togolais est préoccupé par les conditions de pauvreté de plus en plus dégradantes de sa population. Malgré les efforts consentis pour relever le défi, la pauvreté  a continué à gagner du terrain. En 1995, dans le cadre de la préparation du Programme National de Lutte contre la Pauvreté (PNLP), une étude basée sur l’enquête budget- consommation 1987-1989 a montré que plus de 72 % des Togolais étaient pauvres, c’est-à-dire qu’ils ne disposaient pas du revenu nécessaire pour subvenir à leurs besoins vitaux. La mise en œuvre du PNLP n’a pas non plus réussi à faire reculer le phénomène qui a été exacerbé par le contexte de crise socio-politique qui caractérise le Togo depuis le début des années 90 et par la régression économique intervenue en 1998 dont les effets perdurent.  Toujours dans le cadre de sa lutte contre la pauvreté et soucieux de mener à terme la réalisation du bien être économique et social de sa population, le gouvernement togolais a initié et adopté en 2004 le document ci-après intitulé : « Document Intérimaire de Stratégie de Réduction de la Pauvreté » (DISRP).

Mais il subsiste toujours la question de la prise en compte des différentes manifestations de l’insécurité alimentaire, de la pauvreté et de la faim (éducation primaire, genre, santé, nutrition, environnement). D’où l’opportunité d’un cadre de concertation pour procéder à un recentrage des concepts, objectifs, stratégies et des mécanismes institutionnels en vue de réduire l’insécurité alimentaire et la pauvreté au Togo.

Dodji Aimé ABALO

 

Programme économique régional de l’UEMOA : Un outil pour l’approfondissement de l’intégration régionale

Face aux défis de la mondialisation, la mise en place d’institutions régionales et la conception d’outils devant favoriser leur développement semblent être la nouvelle préoccupation des pays en développement. Ainsi dans l’espace UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine), pour favoriser l’intégration économique, un éventail d’outils de développement a été imaginé. Le dernier-né est le programme économique régional (PER). Conçu par les experts de la commission de l’UEMOA, de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et de la Banque Ouest Africaine de Développement ( BOAD), le PER selon ses promoteurs, vise la réalisation des objectifs du millénaire et la lutte contre la pauvreté dans l’espace communautaire.

Pour ses initiateurs, il se présente comme un puissant outil d’intégration économique. Mais hélas, comme pour la plupart des outils de développement initiés en faveur des pays africains, le PER manque de financement.

Naissance et conception du PER

Le 18 mai 2004 naissait le PER. C’était à l’issue des travaux du conseil des ministres des finances de l’UEMOA. Conçu par les experts de la commission, de la banque centrale (BCEAO) et de la banque de développement (BOAD) de l’union, le PER est présenté comme un instrument de mise en œuvre d’une stratégie visant l’approfondissement de l’intégration économique régionale. De façon plus souple, il est défini comme un ensemble de projets intégrateurs. Des projets sélectionnés compte tenu de leurs effets catalyseurs dans la réalisation des objectifs de croissance et de développement.

En vue d’assurer son adaptation aux contingences des mutations socio-économiques, le PER, selon ses promoteurs, est un programme quinquennal qui est appelé à faire  l’objet d’une évaluation chaque année.

L’objectif global du PER à savoir, contribuer à l’approfondissement du processus d’intégration en vue de stimuler une croissance forte, durable et réductrice de pauvreté est décliné en plusieurs objectifs spécifiques. Les principaux sont : la réhabilitation et la modernisation des infrastructures de base et l’amélioration de la compétitivité des industries de l’union. Cette action passe par la mise à niveau des capacités industrielles des PME/PMI, la valorisation puis la transformation des ressources naturelles. Deux autres objectifs, non moins importants, tels que la réduction de la pauvreté et la promotion de centres d’excellence dans les domaines de la formation supérieure et des soins de santé hospitaliers de haut niveau sont aussi inscrits sur l’agenda du PER.

Dans sa conception, le PER privilégie la région dans sa stratégie de développement économique.

Résultats attendus

Contribuer à la réalisation d’un taux de croissance annuel moyen du produit intérieur brut (PIB) réel d’au moins 7% ; renforcer la compétitivité des économies de l’Union par le biais de la réduction des coûts des facteurs de production et le développement des infrastructures de base dans le cadre d’un marché ouvert et concurrentiel constituent les attentes des promoteurs de ce programme. Ils espèrent également réduire de moitié, la proportion de la population de l’union qui souffre de la faim et celle vivant dans des conditions d’extrême pauvreté. Par ailleurs, réduire de trois quart les taux de mortalité liée à la maternité et le  souci d’assurer l’accès au service de santé à tous et la limitation de la propagation du VIH/SIDA, sont d’autres résultats escomptés. Avec la réalisation de ces diverses ambitions, le PER aura participé à la réalisation des objectifs internationaux de développement durable à l’horizon 2015.

Les axes prioritaires d’intervention du PER

En 2004, lors de l’adoption de son « acte fondateur » par les chefs d’Etats de l’Union économique et monétaire ouest africain, trois axes, ont été retenus et présentés comme axes d’intervention prioritaires pour le quinquennat 2004-2008. Il s’agit de la réhabilitation et de la modernisation des infrastructures économiques ; la valorisation et la transformation des ressources naturelles et le développement humain vers lesquels sont orientés respectivement 69,1%, 15,6% et 11,2% des ressources à mobiliser pour la mise en œuvre du PER.

Au titre de la réhabilitation et de la modernisation des infrastructures économiques, il est prévu d’entreprendre un certain nombre d’actions qui ont pour finalité, de faciliter la circulation des personnes et des biens par l’amélioration des infrastructures routières.

Dans le domaine de la valorisation et la transformation des ressources naturelles et de la lutte contre la pauvreté, il est prévu la réalisation de projets devant être davantage orientés vers le renforcement des capacités de recherche et de vulgarisation de semence de qualité et de produits phytosanitaires de qualité. Il est également prévu la réalisation d’ouvrages hydrauliques (forages) dans 3000 villages pour un coût total de 24 milliards de FCFA. A ce titre, il sera procédé cette semaine (le 07 avril prochain) à la signature par le Président de la Commission, d’une convention de maîtrise d’ouvrage déléguée du Programme Economique Régional de l’UEMOA de 300 forages au Togo.

Pour ce qui est de la mise à niveau des capacités industrielles et de promotion des petites et moyennes entreprises et petites et moyennes industries, les actions à réaliser prioritairement sont relatives à un programme pilote de mise à niveau et de restructuration des entreprises industrielles ainsi que le développement des PME/PMI au sein de l’union.

L’amélioration des performances dans le domaine de l’éducation et de la santé publique sont quelques-unes unes des actions à mener pour assurer le développement humain durable dans l’espace communautaire.

Véritable chantier de développement, le programme économique régional apparaît aux yeux de ses promoteurs comme un outil indispensable à la consolidation des actions engagées dans le sens de l’intégration économique sous-régional. Pour les chefs d’Etats et de gouvernement de l’UEMOA, l’amélioration durable du niveau de vie des populations de l’espace sous-régional et la réduction des inégalités constituent des défis dont la résolution nécessite une accélération de la croissance et une intégration des économies de l’Union dans l’économie mondiale. Pour ce faire, réaliser les objectifs du PER s’avère pour eux indispensable et il va falloir à cet effet mobiliser plus de 144 milliards de FCFA tous les ans pour atteindre dans les deux années à venir les chantiers affectés au premier quinquennat de cet ambitieux outil.

Malheureusement, l’enthousiasme suscité par ce programme, comme la plupart des programmes de développement du continent africain a du plomb dans l’aile, les financements requis faisant défaut.

Depuis leur élaboration, les actions du premier quinquennat tardent à être concrétisées. Et loin d’être acquis, les financements posent toujours problème.

A la rencontre de Dakar l’année dernière, l’heure a été encore beaucoup plus aux promesses qu’au passage à l’acte de financement concret. Toutefois, les promoteurs du PER ne perdent pas espoir et restent convaincus que, cet outil qui a le mérite d’avoir obtenu le soutien des dirigeants de l’Union, ne connaîtra pas le même sort que le NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique) dont les obsèques, aux yeux de certains afro pessimistes, seraient inévitables.

Marc D. KOUAKANI-ASSI

 
FOOTBALL / SUspension de 3 Eperviers : Adébayor donne sa version des faits

L’attaquant international togolais, Emmanuel Adébayor Shéyi a réagi lundi dernier par rapport à sa suspension de la sélection nationale. Sanction également prise à l’encontre de deux de ses coéquipiers, Kader Touré Coubadja et Daré Nibombé, par le bureau exécutif de la Fédération togolaise de football pour indiscipline.

Lors d’un entretien réalisé par une radio privée togolaise, le joueur trouve que « cette décision de la FTF (Fédération togolaise de football) est quelque chose de dommageable », dans la mesure où elle intervient suite à une victoire sur la Sierra Léone. Se prononçant sur la cause de la sanction, il a fait comprendre que « dans le football, il n’y a pas de discipline ». En parcourant les propos du joueur, il n’éprouve aucun remord sur les comportements qui ont amené le président de la FTF, Tata Adaglo Avléssi de Masséda et ses collaborateurs à prononcer son exclusion de l’équipe jusqu’à nouvel ordre. « En tant que capitaine de la sélection, je n’ai fait que mon devoir en allant réclamer au nom de mes coéquipiers » a-t-il laissé entendre.  

Adébayor a, par ailleurs, démenti les interprétations de ses gestes à la suite de ses deux buts de la partie (une partie remportée par 3-1) ; gestes qui ont été interprétés comme sa renonciation aux couleurs nationales. Il a reconnu que le geste fait après le premier but, était pour dire à ceux qui les critiquent d’avoir réclamé 30 millions F CFA, reliquat des primes de la coupe du monde, de se taire. Quant au geste d’après le second but, le troisième de la partie pour le Togo, il l’a soutenu comme étant sa manière de dire aux uns et aux autres « qu’on peut lui ôter le maillot national » mais pas ce qu’il a comme talent. Pour finir, le joueur d’Arsenal Adébayor Shéyi, s’est dit prêt à se réconcilier avec les dirigeants de la FTF mais exige une réconciliation publique.

Commentaire

En analysant de près ces déclarations du joueur et en comparaison avec celle du président de la FTF, Tata Avléssi, on arrive à la conclusion selon laquelle les deux camps sont prêts pour une réconciliation. Malheureusement, personne n’est prêt à faire le premier pas.

D’un côté, il y a Tata qui s’attend à ce que les trois joueurs en question, Shéyi Adébayor, Kader Coubadja et Daré Nibombé, reviennent s’excuser d’abord avant d’ouvrir toute négociation sur leur probable retour en sélection. Quant aux joueurs, cette attente n’est pas à l’ordre du jour dans la mesure où ils affirment être dans leur « droit ».

Au-delà de toutes ces considérations, cette nouvelle crise risque d’être encore plus coûteuse pour le football togolais en général et pour les protagonistes, en particulier.

Du côté de la FTF qui est secouée par des contestations internes, il y a d’énormes risques de clivage qui se profilent à l’horizon surtout avec la tenue prochaine du congrès ou de l’Assemblée générale devant permettre de procéder au réajustement des textes sur ceux de la Fifa. De même, au sein de la population, les avis sont partagés sur « cette exclusion jusqu’à nouvel ordre ». D’aucuns se demandent encore si Tata est arrivé à la FTF en rassembleur ou en diviseur. Quant à d’autres, la décision est à saluer car il faut en finir pour de bon avec ces incessantes réclamations de primes. Mais est-ce la meilleure manière de le faire ? Quant aux joueurs, cette sanction émanant de l’instance dirigeante du football de leur pays pousse les dirigeants de leurs clubs employeurs en Europe et en Asie à se poser beaucoup de questions sur leur qualité morale. En effet, si pour l’instant, Daré et Kader ne sont nullement inquiétés par une quelconque décision des responsables du REAC Mons (club employeur de Daré en Belgique) et ceux du  club Al Jazira Abu Dabi des Emirats Arabes Unis (club employeur de Kader), il faut noter que « ça ne badine pas » du côté d’Arsenal en Angleterre. Shéyi a été appelé à fournir au staff technique des Gunners d’Arsenal, des explications sur tout son dernier séjour à Lomé et sur les faits qui lui sont reprochés par la FTF.

Cette pression sur le joueur selon Emmanuel Maradas de la cellule de communication de la Fifa, risque d’ailleurs de porter atteinte au contrat qui lie le joueur au club londonien. Il a pris le cas de Nwanko Kanu qui l’a obligé, il y a près de 10 ans, à intervenir personnellement auprès du ministère de l’intérieur britannique avant toute prolongation du contrat du joueur. Pour justifier l’ampleur du risque qui pèse sur la carrière de Shéyi dans le championnat britannique, il a fait appel à la loi britannique qui exige des professionnels étrangers de faire jusqu’à 75% des matches de leurs équipes nationales avant de s’attendre à une signature ou prolongation de contrat.

Selon ses explications, l’amplification faite de cette démêlée et la sanction de 4 matches de suspension infligée au joueur lors de la finale de la coupe de la ligue anglaise a amené un journal du pays de Tony Blair à qualifier le joueur togolais d’ « indiscipliné naturel ».  Pour éviter que cette nouvelle crise ne perdure, Maradas a appelé les parties à privilégier la voie de la sagesse. « Nous ne voulons pas que le Togo aille de crise en crise » a-t-il souligné.

Pour certains commentateurs, cette nouvelle crise nécessite une médiation, à l’instar de celle qui a réconcilié le président Tata Avléssi et Gabriel Améyi quelques jours après leur élection à la FTF.

Gabin KOISSIDJIN

 

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