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N°231: du
04 avril 2007]
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Elections législatives du 24 juin 2007 : Encore des
assurances de Abass Bonfoh ! |
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Parmi
les points essentiels de son discours prononcé hier
au cours de l’ouverture de la rentrée parlementaire
des députés, le président de l’Assemblée nationale
togolaise, El Hadj Abass Bonfoh est revenu à
plusieurs reprises sur l’organisatio<<Selection in
Document>>n des prochaines
législatives, un scrutin qui, aux yeux de plusieurs
analystes, reste capital pour la décrispation
politique au Togo. Abass Bonfoh n’a pas épousé la
logique de ceux qui pensent que « les conditions ne
sont pas encore réunies pour des scrutins
transparents au Togo ». C’est ainsi que le président
de l’Assemblée nationale a affirmé que « l’essentiel
est déjà fait » et que « tout est fin prêt pour des
élections anticipées ». |
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Ces
phrases semblent laisser un frisson dans le dos de
certains Togolais car elles s’apparentent
malheureusement à celles que ce même personnage avait
prononcé en avril 2005 alors qu’il était désigné par
le coup du sort comme président de transition, suite
à la mort de Gnassingbé Eyadema et à l’éviction in
extremis du dauphin constitutionnel Fambaré Ouattara
Natchaba. En effet, Abass Bonfoh était resté
impassible à toutes les analyses qui projetaient un
drame à l’issue de la présidentielle du 24 avril
2005. Rien, pas même la marche du collectif des
prélats et avocats, ni la démission de François Akila
Esso-Boko (ex-ministre de l’Intérieur, de la Sécurité
et de l’Administration Territoriale, principal
organisateur du scrutin) ne lui ont pas fait changer
d’avis. Il est resté dans la logique « jusqu’aboutiste »
que semble prôner le Rassemblement du Peuple Togolais
(RPT), son parti, à l’approche des élections. Les
ténors du régime ont défendu bec et ongle la tenue de
cette « présidentielle à haut risque », selon
les mots de François Akila Esso-Boko. La suite, tout
le monde le connaît, des centaines de morts, des
milliers de déplacés, selon les différents rapports
de (commission nationale et d’organismes
internationaux)...
Malgré l’imbroglio et le cafouillage dans lesquels le
processus avance, le président de l’Assemblée
nationale affirme son optimisme face au « travail
abattu par la CENI dans l’organisation des
prochaines élections ». Abass Bonfoh se
félicite-t-il de l’arrivée de fameux kits en
provenance de la RDC ? A plusieurs égards, c’est le
seul progrès que la CENI semble avoir réalisé depuis
des mois alors que la date du scrutin approche
inexorablement dans un flou impressionnant.
D’ailleurs, selon plusieurs analystes des maillons du
processus ont foiré, ce qui annonce selon ces
derniers un report imminent de la date des élections.
Edem K.
Assignon |
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Législatives prochaines : Le 24 juin entre report et
maintien |
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Après son entretien du 8 septembre avec le président
français, Jacques Chirac, le chef de l’Etat togolais,
Faure Gnassingné, a manifesté sa volonté sur le
Perron de l’Elysée de voir les Togolais se rendre aux
urnes en juin 2007 pour l’élection d’une nouvelle
Assemblée, conformément à l’esprit et à la lettre de
l’Accord Politique Global du 20 Août. Comme « une
prophétie », la date du 24 juin sera plus tard
maintenue par le gouvernement et par la Commission
Electorale Nationale Indépendante (CENI). A trois
mois de ce scrutin, beaucoup d’indices montrent que
le pays n’est pas encore prêt pour une telle
opération. L’enjeu est de taille, et le bon sens
voudra que l’on prenne le temps nécessaire pour
l’organisation du scrutin, lequel devra éloigner du
Togo, le spectre de la violence
et lui permettra de renouer avec les institutions
du Bretton Wood et de l’Union Européenne(UE). |
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Le
vocable « anticipé », est l’expression
consacrée pour désigner le scrutin de juin prochain
en ce sens que le mandat de l’actuel parlement prend
fin en octobre. Dans ce conteste, rien n’empêche que
les élections aient lieu nécessairement à la date
indiquée. Pour les partisans du report du scrutin,
les conditions minimales de sécurité et de logistique
ne sont pas encore réunies pour la tenue effective
des élections. De l’autre côté, on estime qu’une fois
que le gouvernement mettrait les moyens financiers à
la disposition de la CENI, il est tout à fait normal
que le scrutin ait lieu. Toujours est-il que les deux
options auront des répercussions sur la suite des
événements.
Le 24 juin et ses répercussions
Jusqu’à présent, le gouvernement n’a pas encore
notifié à la CENI, les 12 milliards qu’elle sollicite
pour l’organisation des législatives. En dehors de
cet aspect financier, d’autres questions telles que
les opérations foraines pour l’établissement des
pièces d’identités (comme l’indique l’Accord
Politique Global), le reconditionnement des kits
empruntés de la République Démocratique du Congo (RDC),
le recensement électoral, l’installation des membres
de la Commission Electorale Locale Indépendante
(CELI) et d’autres volets et non les moindres ne sont
pas pour l’instant exécutés.
Tous éléments entrant en jeu dans le cadre de ce
scrutin devront être passés au peigne fin si l’on
veut réellement donner une chance à ce pays de
refaire son passé, marqué par des violences de toutes
sortes aux lendemains de chaque élection. Vouloir
maintenir à tout prix le 24 juin malgré les appels
incessants des organisations de la société civile et
de défense des droits de l’Homme et quelques partis
politique qui militent pour un report, reviendrait à
plonger le pays dans les mêmes situations d’avant la
présidentielle du 24 avril 2005. Or, de la bonne
tenue du scrutin, dépend bien évidemment la reprise
de la Coopération entre le Togo et ses principaux
bayeurs de fonds d’une part et d’autres part,
permettra au pays de corriger son « déficit
démocratique » et de rattraper en même temps, ses
voisins de l’Est et de l’Ouest.
Mais, des informations font état de ce qu’en ce qui
concerne les membres la CENI, la probabilité du
report du scrutin, n’est pas totalement exclue. En
effet, ceux-ci préfèreraient maintenir le 24 juin,
tout en travaillant dans l’espoir d’épuiser toutes
les « cartes » de la tenue du scrutin.
Il
s’agit pour ceux-ci d’éviter un report à « plusieurs
reprises » et toutes les confusions. Des
élections encore bâclées au Togo vont certainement
remettre en cause toute la politique d’apaisement et
de « nouvelle ère » que Faure Gnassingbé ne
cesse de clamer haut et fort depuis son arrivée au
pouvoir, fut-il catastrophique.
Par
ailleurs, on peut s’attendre à l’enlisement total du
manque de confiance entre Faure Gnassingbé et ses
adversaires politiques qui attendent le juger au
tournant de ces élections. La balle est donc dans le
camps du chef de l’Etat, c’est à lui d’aller au bout
de son objectif. Le Togo en sortira grandi.
Dans le sens du report
Selon les dispositifs de la Constitution de 1992,
modifiée en 2002, le parlement actuel doit demeurer
en place jusqu’à l’élection d’une nouvelle. Il n’y a
donc pas des risques de vide constitutionnel qui
planent sur le pays. Autant, il va falloir que tous
les contours de ces élections soient bien définis
afin d’éviter au pays de continuer à tourner en rond.
De juin à octobre, la CENI dispose du temps matériel
pour peaufiner l’élection telle que tous les Togolais
le veulent à savoir : libre, juste et transparente.
Le
timide intérêt que les opérateurs économiques
commencent par nourrir pour le Togo, doit dans une
mesure, inspirer les différents acteurs de la classe
politique nationale à plus de considération aux
souffrances du peuple. Plus encore, le 24 avril,
n’est pas obligatoire, car, en avançant cette date,
le chef de l’Etat n’exprimait que son « souhait ».
Noël Y. A.
Glissou |
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Rapatriement des réfugiés togolais :
Le
Togo, le Bénin et le HCR s’engagent |
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Un accord
tripartite sur le
rapatriement volontaire des réfugiés au Bénin a été
signé hier mardi 03 avril 2007 au Ministère des
Affaires Etrangères et de l’Intégration Africaine,
entre le Togo, le Bénin et le Haut Commissariat des
Réfugiés (HCR).
Le
Ministre d’Etat, Ministre des Affaires Etrangères et
de l’Intégration Africaine, Zarifou Ayeva, a saisi
cette opportunité pour remercier le gouvernement
béninois et le HCR pour l’accueil et les commodités
(hébergement, soins médicaux, dons de vivres)
accordés aux citoyens togolais réfugiés au Bénin. |
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Selon le Ministre d’Etat, « cet accord ne peut à
lui seul suffire à régler le lancinant problème des
réfugiés mais il permet de prendre des mesures
adéquates, tant pour le rapatriement organisé que
pour le renforcement des dispositions d’intégration
et de réinsertion des personnes disposées à regagner
leur pays ».
Pour la Ministre béninoise des affaires étrangères,
Mme Aladji Boni Mariam Diallo, la signature de cet
accord régularise le cadre juridique institué par le
gouvernement togolais dans le cadre du rapatriement
des réfugiés togolais qui « se demandent encore si
la sécurité est garantie au terme du rapatriement ».
Au cours de son discours, Mme Aladji a relevé les
engagements pris par le Togo dans le processus de
rapatriement des réfugiés Togolais au Bénin.
Le
Togo s’est ainsi engagé à informer et la sensibiliser
les populations des localités d’origine où les
réfugiés seront de retour en vue d’une cohabitation
pacifique et harmonieuse, à simplifier les formalités
de retour des réfugiés et l’entrée de leurs biens qui
sont exemptés de tout droit de douane. La Ministre
béninoise des Affaires Etrangères a enfin rassuré le
Togo de l’entière disponibilité de son pays à
accompagner le Togo dans ce processus par la
simplification non seulement du départ des réfugiés
et mais aussi des formalités de sortie du territoire
tant pour leurs effets que pour leurs biens
personnels. Pour ce faire, une commission chargée des
questions de rapatriement a été créée. Celle-ci a
essentiellement pour mission de veiller au respect
des termes de ce présent accord, d’informer les
parties signataires des progrès accomplis et des
difficultés rencontrées, de visiter les camps des
réfugiés en vue de s’assurer de la prise des
dispositions nécessaires au rapatriement, etc.
Pour le représentant régional (Togo, Bénin, Niger et
Burkina Faso) du HCR, Rafik Saïdi, le présent accord
constitue une phase importante dans la résolution de
la crise togolaise survenue en avril 2005 et ayant
contraint des milliers de Togolais à l’exil. Les
réfugiés qui auront regagné le Togo, bénéficieront de
la garantie (offre des opportunités d’activités
génératrices de revenus, la construction et la
réhabilitation des maisons et des commerces détruits
par les événements d’avril 2005) nécessaire pour leur
réinsertion, rassure les parties signataires de cet
accord. Selon Rafik Saïdi, « la garantie des
droits spécifiques nécessaires à leur protection
constitue une priorité pour son Institution ». A
ce jour, 2500 personnes ont déjà bénéficié de cette
aide du HCR.
En
2005, le sol béninois avait accueilli
approximativement 25 000 réfugiés. Mais, de nos
jours, on dénombre environ 7 000 officiellement
enregistrés. Un second accord entre le Togo, le Bénin
et le Ghana sera signé mardi prochain en vue de
renforcer les mécanismes de rapatriement des réfugiés
togolais vivant dans ces deux pays.
Grégoire
AWESSO
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Pauvreté et sécurité alimentaire au Togo : Les
décideurs à la recherche d’une plate forme d’action |
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« Sécurité alimentaire, stratégies de
réduction de la pauvreté et objectifs du millénaire
pour le développement (OMD) au Togo », c’est le thème
d’un atelier qui se tient depuis hier à Lomé. Cette
concertation d’acteurs impliqués dans les questions
de pauvreté et de développement est organisé par
l’école supérieure d’agronomie (ESA) de l’Université
de Lomé en collaboration avec le Ministère de
l’économie et du développement, le Ministère de
l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, et le
Consortium pour la Recherche Economique en Afrique
(CREA), sous les auspices du ministre de
l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. |
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Pendant 48h, les chercheurs, décideurs et membres de
la société civile s’attèleront à obtenir une
convergence de vue sur le concept de la pauvreté,
afin d’élaborer des stratégies communes et des
mécanismes institutionnels, pouvant permettre de
mieux affronter ce fléau. Ce sera à travers l’examination
de sous thèmes comme « pauvreté, faim et OMD »,
« éducation, pauvreté et OMD », « santé,
nutrition, pauvreté et OMD », etc. Le président
de l’Université de Lomé, le professeur Ahadji, se
réjouissant de ces différents sujets retenus, a
réitéré la disposition de son institution, à œuvrer
sans cesse à des réflexions et recherches, devant
aboutir « à l’élaboration de politiques et
stratégies susceptibles de transformer les conditions
de vie des populations ». Ces populations, avant
tout, doivent bénéficier d’une éducation de base,
l’éducation apparaissant comme un atout majeur dans
le combat pour le recul de la pauvreté. L’exemple
suivant, énuméré par le Ministre de l’Enseignement
Supérieur et de la Recherche, Martin Adimado Aduayon,
en est une tangible illustration : « Le miracle
économique et les succès des pays du Sud-Est dans la
lutte pour la sécurité alimentaire et la réduction de
la pauvreté ont surpris plus d’un. Les Etats de cette
partie du monde affichent des progrès remarquables
dans la réduction de la pauvreté extrême, alors que
sur le continent africain, la situation en la matière
demeure précaire. Selon la Banque mondiale, les
différences de taux de scolarisation primaire
expliquent également le net écart entre les taux de
croissance de l’Asie du Sud-Est et ceux de l’Afrique
subsaharienne. Si les meilleurs investissements des
Etats dans le secteur éducatif à commencer par le
premier degré, explique la bonne performance
économique, les gouvernements africains savent ce
qu’il leur reste à faire », a-t-il déclaré. Par
ailleurs, le Ministre a vivement félicité les
organisateurs de cette session de travail qui
coïncide bien avec les objectifs du millénaire pour
le développement (à atteindre d’ici 2015) à,
savoir :réduire de moitié l’extrême pauvreté et la
faim, assurer l’éducation primaire pour tous,
promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomie des
femmes, améliorer la santé maternelle, combattre le
VIH/SIDA, le paludisme et d’autres maladies, assurer
un environnement durable, mettre en place un
partenariat mondial pour le développement.
Le
gouvernement togolais est préoccupé par les
conditions de pauvreté de plus en plus dégradantes de
sa population. Malgré les efforts consentis pour
relever le défi, la pauvreté a continué à gagner du
terrain. En 1995, dans le cadre de la préparation du
Programme National de Lutte contre la Pauvreté (PNLP),
une étude basée sur l’enquête budget- consommation
1987-1989 a montré que plus de 72 % des Togolais
étaient pauvres, c’est-à-dire qu’ils ne disposaient
pas du revenu nécessaire pour subvenir à leurs
besoins vitaux. La mise en œuvre du PNLP n’a pas non
plus réussi à faire reculer le phénomène qui a été
exacerbé par le contexte de crise socio-politique qui
caractérise le Togo depuis le début des années 90 et
par la régression économique intervenue en 1998 dont
les effets perdurent. Toujours dans le cadre de sa
lutte contre la pauvreté et soucieux de mener à terme
la réalisation du bien être économique et social de
sa population, le gouvernement togolais a initié et
adopté en 2004 le document ci-après intitulé : « Document
Intérimaire de Stratégie de Réduction de la Pauvreté »
(DISRP).
Mais il subsiste toujours la question de la prise en
compte des différentes manifestations de l’insécurité
alimentaire, de la pauvreté et de la faim (éducation
primaire, genre, santé, nutrition, environnement).
D’où l’opportunité d’un cadre de concertation pour
procéder à un recentrage des concepts, objectifs,
stratégies et des mécanismes institutionnels en vue
de réduire l’insécurité alimentaire et la pauvreté au
Togo.
Dodji Aimé ABALO
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Programme économique régional de l’UEMOA : Un outil
pour l’approfondissement de l’intégration régionale |
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Face aux défis de la mondialisation,
la mise en place d’institutions régionales et la
conception d’outils devant favoriser leur
développement semblent être la nouvelle préoccupation
des pays en développement. Ainsi dans l’espace UEMOA
(Union économique et monétaire ouest-africaine), pour
favoriser l’intégration économique, un éventail
d’outils de développement a été imaginé. Le
dernier-né est le programme économique régional (PER).
Conçu par les experts de la commission de l’UEMOA, de
la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest
(BCEAO) et de la Banque Ouest Africaine de
Développement ( BOAD), le PER selon ses promoteurs,
vise la réalisation des objectifs du millénaire et la
lutte contre la pauvreté dans l’espace communautaire. |
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Pour ses initiateurs, il se présente
comme un puissant outil d’intégration économique.
Mais hélas, comme pour la plupart des outils de
développement initiés en faveur des pays africains,
le PER manque de financement.
Naissance et
conception du PER
Le 18 mai 2004 naissait le PER.
C’était à l’issue des travaux du conseil des
ministres des finances de l’UEMOA. Conçu par les
experts de la commission, de la banque centrale
(BCEAO) et de la banque de développement (BOAD) de
l’union, le PER est présenté comme un instrument de
mise en œuvre d’une stratégie visant
l’approfondissement de l’intégration économique
régionale. De façon plus souple, il est défini comme
un ensemble de projets intégrateurs. Des projets
sélectionnés compte tenu de leurs effets catalyseurs
dans la réalisation des objectifs de croissance et de
développement.
En
vue d’assurer son adaptation aux contingences des
mutations socio-économiques, le PER, selon ses
promoteurs, est un programme quinquennal qui est
appelé à faire l’objet d’une évaluation chaque
année.
L’objectif global du PER à savoir, contribuer à
l’approfondissement du processus d’intégration en vue
de stimuler une croissance forte, durable et
réductrice de pauvreté est décliné en plusieurs
objectifs spécifiques. Les principaux sont : la
réhabilitation et la modernisation des
infrastructures de base et l’amélioration de la
compétitivité des industries de l’union. Cette action
passe par la mise à niveau des capacités
industrielles des PME/PMI, la valorisation puis la
transformation des ressources naturelles. Deux autres
objectifs, non moins importants, tels que la
réduction de la pauvreté et la promotion de centres
d’excellence dans les domaines de la formation
supérieure et des soins de santé hospitaliers de haut
niveau sont aussi inscrits sur l’agenda du PER.
Dans sa conception, le PER privilégie la région dans
sa stratégie de développement économique.
Résultats attendus
Contribuer à la réalisation d’un taux de croissance
annuel moyen du produit intérieur brut (PIB) réel
d’au moins 7% ; renforcer la compétitivité des
économies de l’Union par le biais de la réduction des
coûts des facteurs de production et le développement
des infrastructures de base dans le cadre d’un marché
ouvert et concurrentiel constituent les attentes des
promoteurs de ce programme. Ils espèrent également
réduire de moitié, la proportion de la population de
l’union qui souffre de la faim et celle vivant dans
des conditions d’extrême pauvreté. Par ailleurs,
réduire de trois quart les taux de mortalité liée à
la maternité et le souci d’assurer l’accès au
service de santé à tous et la limitation de la
propagation du VIH/SIDA, sont d’autres résultats
escomptés. Avec la réalisation de ces diverses
ambitions, le PER aura participé à la réalisation des
objectifs internationaux de développement durable à
l’horizon 2015.
Les axes prioritaires d’intervention
du PER
En
2004, lors de l’adoption de son « acte fondateur »
par les chefs d’Etats de l’Union économique et
monétaire ouest africain, trois axes, ont été retenus
et présentés comme axes d’intervention prioritaires
pour le quinquennat 2004-2008. Il s’agit de la
réhabilitation et de la modernisation des
infrastructures économiques ; la valorisation et la
transformation des ressources naturelles et le
développement humain vers lesquels sont orientés
respectivement 69,1%, 15,6% et 11,2% des ressources à
mobiliser pour la mise en œuvre du PER.
Au
titre de la réhabilitation et de la modernisation des
infrastructures économiques, il est prévu
d’entreprendre un certain nombre d’actions qui ont
pour finalité, de faciliter la circulation des
personnes et des biens par l’amélioration des
infrastructures routières.
Dans le domaine de la valorisation et la
transformation des ressources naturelles et de la
lutte contre la pauvreté, il est prévu la réalisation
de projets devant être davantage orientés vers le
renforcement des capacités de recherche et de
vulgarisation de semence de qualité et de produits
phytosanitaires de qualité. Il est également prévu la
réalisation d’ouvrages hydrauliques (forages) dans
3000 villages pour un coût total de 24 milliards de
FCFA. A ce titre, il sera procédé cette semaine (le
07 avril prochain) à la signature par le Président de
la Commission, d’une convention de maîtrise d’ouvrage
déléguée du Programme Economique Régional de l’UEMOA
de 300 forages au Togo.
Pour ce qui est de la mise à niveau des capacités
industrielles et de promotion des petites et moyennes
entreprises et petites et moyennes industries, les
actions à réaliser prioritairement sont relatives à
un programme pilote de mise à niveau et de
restructuration des entreprises industrielles ainsi
que le développement des PME/PMI au sein de l’union.
L’amélioration des performances dans le domaine de
l’éducation et de la santé publique sont
quelques-unes unes des actions à mener pour assurer
le développement humain durable dans l’espace
communautaire.
Véritable chantier de développement, le programme
économique régional apparaît aux yeux de ses
promoteurs comme un outil indispensable à la
consolidation des actions engagées dans le sens de
l’intégration économique sous-régional. Pour les
chefs d’Etats et de gouvernement de l’UEMOA,
l’amélioration durable du niveau de vie des
populations de l’espace sous-régional et la réduction
des inégalités constituent des défis dont la
résolution nécessite une accélération de la
croissance et une intégration des économies de
l’Union dans l’économie mondiale. Pour ce faire,
réaliser les objectifs du PER s’avère pour eux
indispensable et il va falloir à cet effet mobiliser
plus de 144 milliards de FCFA tous les ans pour
atteindre dans les deux années à venir les chantiers
affectés au premier quinquennat de cet ambitieux
outil.
Malheureusement, l’enthousiasme suscité par ce
programme, comme la plupart des programmes de
développement du continent africain a du plomb dans
l’aile, les financements requis faisant défaut.
Depuis leur élaboration, les actions du premier
quinquennat tardent à être concrétisées. Et loin
d’être acquis, les financements posent toujours
problème.
A
la rencontre de Dakar l’année dernière, l’heure a été
encore beaucoup plus aux promesses qu’au passage à
l’acte de financement concret. Toutefois, les
promoteurs du PER ne perdent pas espoir et restent
convaincus que, cet outil qui a le mérite d’avoir
obtenu le soutien des dirigeants de l’Union, ne
connaîtra pas le même sort que le NEPAD (Nouveau
partenariat pour le développement de l’Afrique) dont
les obsèques, aux yeux de certains afro pessimistes,
seraient inévitables.
Marc D. KOUAKANI-ASSI |
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FOOTBALL / SUspension de 3 Eperviers : Adébayor donne
sa version des faits |
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L’attaquant international togolais,
Emmanuel Adébayor Shéyi a réagi lundi dernier par
rapport à sa suspension de la sélection nationale.
Sanction également prise à l’encontre de deux de ses
coéquipiers, Kader Touré Coubadja et Daré Nibombé,
par le bureau exécutif de la Fédération togolaise de
football pour indiscipline. |
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Lors d’un entretien réalisé par une radio privée
togolaise, le joueur trouve que « cette décision
de la FTF (Fédération togolaise de football) est
quelque chose de dommageable », dans la mesure où
elle intervient suite à une victoire sur la Sierra
Léone. Se prononçant sur la cause de la sanction, il
a fait comprendre que « dans le football, il n’y a
pas de discipline ». En parcourant les propos du
joueur, il n’éprouve aucun remord sur les
comportements qui ont amené le président de la FTF,
Tata Adaglo Avléssi de Masséda et ses collaborateurs
à prononcer son exclusion de l’équipe jusqu’à nouvel
ordre. « En tant que capitaine de la sélection, je
n’ai fait que mon devoir en allant réclamer au nom de
mes coéquipiers » a-t-il laissé entendre.
Adébayor a, par ailleurs, démenti les interprétations
de ses gestes à la suite de ses deux buts de la
partie (une partie remportée par 3-1) ; gestes qui
ont été interprétés comme sa renonciation aux
couleurs nationales. Il a reconnu que le geste fait
après le premier but, était pour dire à ceux qui les
critiquent d’avoir réclamé 30 millions F CFA,
reliquat des primes de la coupe du monde, de se
taire. Quant au geste d’après le second but, le
troisième de la partie pour le Togo, il l’a soutenu
comme étant sa manière de dire aux uns et aux autres
« qu’on peut lui ôter le maillot national »
mais pas ce qu’il a comme talent. Pour finir, le
joueur d’Arsenal Adébayor Shéyi, s’est dit prêt à se
réconcilier avec les dirigeants de la FTF mais exige
une réconciliation publique.
Commentaire
En
analysant de près ces déclarations du joueur et en
comparaison avec celle du président de la FTF, Tata
Avléssi, on arrive à la conclusion selon laquelle les
deux camps sont prêts pour une réconciliation.
Malheureusement, personne n’est prêt à faire le
premier pas.
D’un côté, il y a Tata qui s’attend à ce que les
trois joueurs en question, Shéyi Adébayor, Kader
Coubadja et Daré Nibombé, reviennent s’excuser
d’abord avant d’ouvrir toute négociation sur leur
probable retour en sélection. Quant aux joueurs,
cette attente n’est pas à l’ordre du jour dans la
mesure où ils affirment être dans leur « droit ».
Au-delà de toutes ces considérations, cette nouvelle
crise risque d’être encore plus coûteuse pour le
football togolais en général et pour les
protagonistes, en particulier.
Du
côté de la FTF qui est secouée par des contestations
internes, il y a d’énormes risques de clivage qui se
profilent à l’horizon surtout avec la tenue prochaine
du congrès ou de l’Assemblée générale devant
permettre de procéder au réajustement des textes sur
ceux de la Fifa. De même, au sein de la population,
les avis sont partagés sur « cette exclusion
jusqu’à nouvel ordre ». D’aucuns se demandent
encore si Tata est arrivé à la FTF en rassembleur ou
en diviseur. Quant à d’autres, la décision est à
saluer car il faut en finir pour de bon avec ces
incessantes réclamations de primes. Mais est-ce la
meilleure manière de le faire ? Quant aux joueurs,
cette sanction émanant de l’instance dirigeante du
football de leur pays pousse les dirigeants de leurs
clubs employeurs en Europe et en Asie à se poser
beaucoup de questions sur leur qualité morale. En
effet, si pour l’instant, Daré et Kader ne sont
nullement inquiétés par une quelconque décision des
responsables du REAC Mons (club employeur de Daré en
Belgique) et ceux du club Al Jazira Abu Dabi des
Emirats Arabes Unis (club employeur de Kader), il
faut noter que « ça ne badine pas » du côté
d’Arsenal en Angleterre. Shéyi a été appelé à fournir
au staff technique des Gunners d’Arsenal, des
explications sur tout son dernier séjour à Lomé et
sur les faits qui lui sont reprochés par la FTF.
Cette pression sur le joueur selon Emmanuel Maradas
de la cellule de communication de la Fifa, risque
d’ailleurs de porter atteinte au contrat qui lie le
joueur au club londonien. Il a pris le cas de Nwanko
Kanu qui l’a obligé, il y a près de 10 ans, à
intervenir personnellement auprès du ministère de
l’intérieur britannique avant toute prolongation du
contrat du joueur. Pour justifier l’ampleur du risque
qui pèse sur la carrière de Shéyi dans le championnat
britannique, il a fait appel à la loi britannique qui
exige des professionnels étrangers de faire jusqu’à
75% des matches de leurs équipes nationales avant de
s’attendre à une signature ou prolongation de
contrat.
Selon ses explications, l’amplification faite de
cette démêlée et la sanction de 4 matches de
suspension infligée au joueur lors de la finale de la
coupe de la ligue anglaise a amené un journal du pays
de Tony Blair à qualifier le joueur togolais d’ « indiscipliné
naturel ». Pour éviter que cette nouvelle crise
ne perdure, Maradas a appelé les parties à
privilégier la voie de la sagesse. « Nous ne
voulons pas que le Togo aille de crise en crise »
a-t-il souligné.
Pour certains commentateurs, cette nouvelle crise
nécessite une médiation, à l’instar de celle qui a
réconcilié le président Tata Avléssi et Gabriel Améyi
quelques jours après leur élection à la FTF.
Gabin KOISSIDJIN
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