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La Gazette du Golfe

16 Déc. 2006

[ No 26 : du 14 Déc. 2006]
Difficile cohabitation au sommet : Le Gouvernement d’union s’éclate «in vitro»

Cela reste du saupoudrage que l’équipe dirigée par Yawovi Agboyibo est toujours unie. A y voir de près, des courants d’idées s’affrontent et s’accusent sans peine. Un triste constat quand on a l’occasion de discuter intimement avec l’un ou l’autre ministre

De façon caricaturale, le RPT auquel se joignent souvent la CPP et le PDR dans cet exercice veulent tout positiver au point de conclure que si quelques indicateurs sont toujours au rouge, c’est dû au seul fait que le pays a, depuis treize ans, roulé sur ses fonds propres. Pis est, cette mafia intellectuelle brandit une certaine «expérience des affaires» en trophée de guerre. Autrement, les opposants lucides et le bourreau du peuple prétendent déjà à une victoire à la fin du processus sur une «opposition piégée par son entrée au gouvernement».

Plus rien n’empêche le RPT et ses affidés de critiquer ouvertement le Premier ministre Yawovi Agboyibo en qui on trouve l’auteur des écrits dans certains journaux. «Et pourtant, tout se discute en conseil de cabinet. On a l’impression qu’au conseil, les gens acceptent les décisions malgré eux et dès qu’ils sortent, ce qu’ils n’ont pas eu le courage de dire ouvertement en salle, ils le font dire par leurs journaux», interprétation faite par un ministre de l’opposition modérée du climat actuel qui prévaut. Avant d’ajouter : «les gens veulent toujours se passer pour des victimes». Tout porte donc à croire à un éclatement in vitro du gouvernement censé être plutôt une équipe où les gens doivent s’accepter mutuellement et se faire confiance dans la sérénité.

C’est ainsi que le leader du CAR est aujourd’hui dans la ligne de mire de ses propres ministres. Il se dit qu’il a été l’artisan principal de l’information selon laquelle le ministre de l’administration territoriale, issu de la rivale CPP, rédigerait en solo le nouveau code électoral censé guider les législatives prochaines de juin 2007. Même la découverte d’une lettre de demande de financement des élections qui aurait été envoyée par le ministre Gilbert Bawara à l’insu du PM lui est fortement attribuée. Alors même que l’avocat de Kouvé aurait lui-même donné le feu vert au ministre Ahoomey-Zunu Kwesi pour entamer la procédure de modification des articles de l’ancien code incriminés par l’Accord Politique Global. Aux dernières nouvelles, c’est plutôt une lettre d’intention de sollicitation de l’aide qui aurait été envoyée à l’Union européenne dont la procédure de décaissement oscille souvent entre trois et six mois. Cela se justifie par l’incapacité actuelle de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) à dégager le coût global du scrutin. Pour l’heure, c’est le budget des primes de ses membres qui intéresse la CENI.

De sources bien informées, certains ministres marquent une réticence criarde à aborder certaines discussions avec le PM, à défaut de mesurer scrupuleusement les propos lorsqu’on est obligé de discuter. Et c’est là qu’on priverait Yawovi Agboyibo de quelques dossiers sensibles qu’on dit ne pas vouloir retrouver sur la place publique. Un véritable gâchis dans la gestion de la transition. Ce que n’hésitent pas à dénoncer les aficionados du primaturien. Car, pour eux, il ne fait l’ombre d’aucun doute que le RPT et ses démembrements multiplient les stratégies pour rendre moins utile le talent de leur maestro. On dénonce ici comment le président Faure n’a daigné associer le PM à la sortie de crise sociale qui avait failli déboucher sur une grève générale. Au pire, tout est mis en œuvre pour que certains ministres se croient plus supérieurs au PM. Si ce n’est que se soumettre à lui lors des ouvertures solennelles de conférences, séminaires et autres états généraux.

Au-delà du mélodrame que tentent d’atténuer d’autres ministres qui combattent autant le RPT qu’ils adoptent un euphémisme pour décrire la position du PM, c’est toute une haine de Faure Gnassingbé à l’égard de l’opposant. A en croire un habitué de la présidence de la République. C’est déjà craindre comment les dés seront pipés aux différentes étapes de l’organisation des législatives. Et il est plus que impossible de racoler les pièces en ce moment.

Kydson S.

Un officier togolais dans la guerre ivoirienne :  Faure cache mal la mission de Tidjani

Le général Assani Tidjani apporte officiellement son expérience aux rebelles ivoiriens dans le cadre d’un séminaire de restructuration de l’armée de la rébellion à Bouaké. A priori, il n’y a aucun principe interdisant à un ancien ministre de la Défense d’un pays d’apporter son expertise à l’armée d’un autre pays. Seulement, ici, nous sommes en présence non pas d’une armée régulière mais d’une rébellion qui a pris des armes contre des institutions légales d’un pays. Donc, un acte condamnable à plus d’un titre. Le Togo du vivant d’Eyadema a tenté d’apporter sa contribution à la résolution de cette crise à travers une diplomatie festive qui n’a finalement rien donné. Mais tout le monde connaît la duplicité du pouvoir togolais qui joue souvent au pyromane et au pompier.

Le général Tidjani est connu dans les officines de l’ONU comme étant l’officier qui avait  signé  les licences d’achat des armes de l’UNITA alors que cette rébellion était sous embargo de l’ONU. Ce rapport commandé par l’ONU à l’époque est resté sans suite. En Côte d’Ivoire, la rébellion est sous embargo et, comme par hasard, le général Tidjani récidive son sale boulot en allant directement sur le terrain apporter son expertise à une rébellion.

Le général Tidjani a-t-il reçu la caution du gouvernement togolais pour cette mission ? Car il est bien connu qu’un haut gradé ne peut sortir de son pays pour mener ce genre de boulot sans l’autorisation du pouvoir en place. L’intéressé lui-même ne le cache pas ; il affirme dans son interview accordée au  journal Nord /Sud qu’il a bel et bien reçu l’aval des autorités togolaises pour cette mission. Aujourd’hui, la marmaille militaire togolaise s’est empressée de régler le cas Tidjani en promettant une «sanction militaire» en bonne et due forme. Tout porte à croire que la déclaration du Général fortement balafré qui fait dire ce n’est pas à pied qu’il s’est rendu à Bouaké est démentie par Faure et les siens.

Tout peut sembler à du saupoudrage si, au moment venu, la sanction n’est pas aussi apportée à la connaissance du public. Surtout qu’aucun cas de punition n’a été officialisé depuis que des officiers non moins hiérarchisés sont impliqués dans de sales trafics.

On sait de quelle manière, le Gal. a pris fait et cause pour Guillaume Soro et Cie dans leur jeune rébellion. Ceux-ci habitué à l’époque à rouler des mallettes « au œufs d’or » dans les jardins juteux de Lomé 2. L’anecdote veut toujours savoir combien de millions Tidjani s’est empoché sur leur dos. C’est connu de tout ce parti pris.

Qu’à cela ne tienne aucun officier de cette trempe ne peut prendre l’avion à l’insu de sa hiérarchie. On voit comment d’autres officiers, même admis à la retraite pleine et entière, peinent à se déplacer d’un point à un autre de notre pays, sans être épiés. Les mauvaises langues racontent mêmes les visites privées sont minutieusement surveillés. Est-ce une trouvaille diplomatique que de se montrer violent à travers un communiqué de la présidence ? Surtout que les opportunistes découvrent que le Gal Tidjani ne serait pas parti sans ses escortes officiels et quelques proches. Reste à fouiller.

Des observateurs bien avisés ont toujours dénoncé le rôle trouble que joue notre pays dans cette crise ivoirienne. Des chefs de la rébellion ivoirienne sont régulièrement aperçus dans les couloirs de l’Hôtel du 2 Février.

Revoilà notre pays encore cité dans un dossier dont le contour est pour le moment difficile à cerner. Les rebelles ivoiriens sont déjà cités dans des affaires de contrebandes de tous genres et le Togo est régulièrement indexé comme un territoire de ravitaillement en matériel de guerre pour cette rébellion via le port  autonome de Lomé. Grâce aux  prouesses de ces rebelles,  le Burkina Faso, leur parrain, exporte aujourd’hui  des milliers de tonnes de cacao sans avoir planté un seul pied de cacaoyer.

Dans tous les cas, ce nouveau rôle du général Tidjani à y voir de près constitue une menace pour les Togolais et pour le pouvoir de Faure en particulier. Nous connaissons tous le climat xénophobe qui règne en Côte d’Ivoire. Si d’aventure les patriotes du camarade Gbagbo décidaient de s’en prendre aux Togolais vivant en Côte d’Ivoire, que pourra faire le gouvernement togolais ?  Et si le général Tidjani, étant libre dans ses mouvements, décidait demain au regard des relations qu’il ne cesse de tisser dans ce domaine de prendre la tête d’une rébellion contre le pouvoir de Faure qui le désavoue ?  Qu’adviendra-t-il  alors ?

Nous ne souhaitons pas un scénario à la «Bozizé» dans notre pays. C’est pour cette raison et pour l’image du Togo vis-à-vis de ses voisins, de la CEDEAO, de l’UA, de l’ONU, que nous pensons que le pouvoir de Faure doit se désolidariser des actes du Général Tidjani en punissant au juste prix un officier de 2è section qui ne fait que récidiver au regard de tout ce qu’il a pu orchestrer sous la coupole de Gnassingbé père. Déjà le pouvoir de Gbagbo  demande le départ immédiat des troupes togolaises de l’ONUCI. Le pire est donc à craindre pour les Togolais vivant dans ce pays. Il est tant que le pouvoir prenne ses responsabilités vis-à-vis du peuple en lui disant la vérité.

G.G.

 
Médias : La modernisation  de la TVT se heurte à la résistance des médiocres

«Le monde est le théâtre de changements et être constant dans la nature serait une inconstance». Cette maxime d’Abraham Cowley, certains journalistes et reporters de la Télévision togolaise (TVT) semblent l’intégrer difficilement dans leur mentalité et, pour cause, ils choisissent de continuer dans la médiocrité qui s’est installée dans cette boîte  depuis l’époque de la grève générale illimitée. Il nous souvient que, pendant la grève générale illimitée, les journalistes de la TVT de l’époque avaient déserté les lieux. Pour casser la dynamique de la grève et reprendre les choses en main, le pouvoir RPT avait déversé dans cette boîte des activistes du pouvoir, souvent des frères de village sans aucune notion de journalisme.

Les Sophie Ekoué, Lawson Latévi, Badji Bassababaka, Kuessan Yovodévi et les autres, soupçonnés d’être des sympathisants de l’opposition, ont été mis au garage à l’époque. Certains ont fini au CINEATO lieu de repos. C’est donc depuis cette époque que nous assistons à une descente aux enfers de la TVT avec des journalistes qui déchiffrent difficilement certains mots ou noms. Les inepties du genre «beau t’oiseau» au lieu de bel oiseau, «foutoubol» au lieu de football, «miké tison» au lieu de Mike Tyson, nous en avions entendu au point que certains Togolais n’allumaient plus leur poste, juste pour éviter des crises cardiaques. Les directeurs qui ont eu la charge de cette boîte pendant cette période se sont énormément enrichis sur le dos des pauvres journalistes. Le matériel actuel, qui est d’ailleurs insuffisant, date d’une époque révolue. Pour les locaux, n’en parlons plus. Les journalistes, eux, vivent dans une misère ambiante sans aucune situation. Plus de la moitié sont des pigistes ou temporaires. Et pourtant Pitang Tchalla et Aouli Poutouli qui se faisaient appeler «puissants directeurs» n’ont pu rien rénover. Dieu seul sait … Et si un audit de leur gestion devrait être fait, on fermerait les yeux puisque nous sommes au Togo. Beaucoup de choses incroyables ont été faites surtout par Pitang Tchalla resté longtemps directeur de cette  boite.

Le régionalisme semble prendre le pas surtout lorsque vous mettez pied dans l’enceinte de la TVT. On dirait que seuls certains, de part leur origine, avaient l’exclusivité de travailler sur les lieux.

Nous en étions là quand l’homme, que cette télévision servait, passa le 5 février 2005 de la vie au trépas. Son fils organise un hold-up et fait main basse sur le pouvoir. Conscient de l’état piteux de cette boite, il décida pour l’image même du pays de revoir l’équipe dirigeante. Les médiocres sont renvoyés au placard et un nouveau directeur en la personne de Kuessan Yovodévi est nommé. Du coup, ce dernier –l’un des anciens de la maison– décide de mettre fin à certaines dérives. Nous sommes à l’heure de la modernité, alors plus de speakerine, l’heure est au numérique. Les écrans ont été débarrassés de ces vilains gars qui faisaient peur aux téléspectateurs. Les bâtiments qui étaient dans un état piteux sont de nouveaux badigeonnés. Les liseurs de motion  sont devenus indésirables sur les lieux. Au niveau de la population, même s’il reste beaucoup de choses à faire, on apprécie quand même les efforts actuels. Il en est de même des journalistes sérieux. Seulement, ces efforts ne sont pas pour plaire à certains des individus qu’on avait débarqués à la TVT grâce au régionalisme. Ces gentils messieurs s’opposent à la modernisation de la TVT et inondent, à chaque fois, le cabinet de la présidence de fax accusant l’actuel directeur de favoritisme et de tribalisme. Mais la majorité des journalistes de la TVT s’accordent pour dire qu’avec le nouveau directeur, c’est la compétence qui est la règle.

L’un de ces individus, chef de reportage, qui faisait la misère à ses collègues vient d’être viré de son poste par le directeur pour avoir facturé clandestinement un reportage à priori gratuit. De sources bien informées, ce monsieur n’est pas à son premier acte en ce qu’il traîne d’énormes casseroles.

Pour notre part, nous n’avons rien constaté de tribalisme jusqu’à présent sur nos écrans. Nous pensons que Aminata Adrou, Franck Missité, Irène Walla… font bien leur boulot. Idem de Carole Kpeto, Déla Agbo et les autres. Ceux qui grincent les dents sont ceux-là qui sont conscients de leur limite et veulent ramener la TVT au paléolithique.

Le problème de cette boite, en ce 21è siècle, se résume au manque de matériel et d’agents qualifiés. Il faut donc revoir de fond en comble l’équipe de cette maison, donner la chance à ceux qui font des efforts d’aller loin et, s’il le faut, recruter de nouveaux journalistes bien formés. Certains doivent comprendre que la télévision, c’est quand même l’image de tout un pays et que les vilains et les médiocres ne doivent pas y avoir leur place. Nous osons croire que l’actuelle direction va nettoyer les écuries jusqu’au bout pour le bonheur des téléspectateurs togolais.

Jacques NYANOAMESSI 

 
Congrès électif de la FTF : Les coursiers de Rock mis à rude épreuve par Séyi Mèmène

Le président de la Commission Electorale Indépendante le Général Séyi Mèmène a rencontré vendredi 08 décembre à l’hôtel Corinthia 2 Février les journalistes. Pour l’essentiel on retiendra qu’au cours de ce point de presse, le Général Mèmène est revenu sur les conditions ayant conduit à la mise en place de la commission dont il a la charge, la composition de cette même commission, le travail qu’il a accompli jusqu’à ce jour.

Par ailleurs, le Général Mèmène a tiré au clair les paramètres qui entrent en ligne dans le cadre de la tenue le 09 janvier prochain du congrès électif de la Fédération Togolaise de Football et mise en garde des acteurs du  football togolais contre les dérives qui peuvent éventuellement émailler les futures élections. « La FIFA/CAF insiste pour que le processus électoral ne soit pas entaché d’irrégularité. Les élections doivent être démocratiques, transparentes et crédibles. La CEI usera de toutes ses prérogatives pour que sa mission aboutisse avec beaucoup de responsabilité et d’impartialité. Elle attire donc l’attention de tous les acteurs sportifs togolais sur le fait que la FIFA/CAF ne tolérera aucune entrave à l’esprit et à l’éthique sportif » a laissé entendre le président de la commission avant d’ajouter que « toutes menaces, atteintes aux droits de l’homme, attaques contre les éventuels candidats avant, pendant et après le processus électoral seront sévèrement sanctionnées. Chaque acteur doit savoir que la FIFA/CAF se réserve le droit, en cas de manquement, d’annuler tout le processus ».    

                                                Les électeurs illégaux

            Les jours qui viennent ne seront pas de tout repos aux malhonnêtes présidents de ligues car, ils doivent impérativement régulariser leur situation avant de se voir accepter par la CEI dans le collège des votants. En effet, dans le souci de rendre crédible le processus, la CEI a envoyé le 29 novembre dernier des correspondances aux  ligues leur demandant la liste des membres de leurs comités directeurs ainsi que les procès -verbaux de leurs congrès statutaires, la liste des districts et sous districts. Véritables corvées car certaines ligues ont passé près de dix ans sans convoquer le moindre congrès électif. La situation est d’autant plus inquiétante que, pour certains responsables de ligues, la convocation d’un congrès électif dans les semaines à venir serait synonyme de leur départ de la présidence de ces ligues. Outre cette mesure, on indique que les nouvelles ligues créées à la veille du congrès de Kpalimé en 2002 et celles mises en place  frauduleusement par le reliquat du Bureau Exécutif pour augmenter les chances de Rock Gnassingbé aux prochaines échéances électorales n’auront pas le droit de  vote. Coup dur au président Rock et ses garçons de courses.

Rodrigue LAWSON

 

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