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29 juin 2006

La Gazette du Golfe
[ 17: 28  juin  2006]
Après la débâcle, les comptes !

Bis repetita ! Comme ce fut le cas, il y a quelques mois au Caire en Egypte, lors de la Coupe Africaine des Nations (CAN) 2006, le Togo sort de nouveau par la petite porte de la Coupe du monde. Spectacle désolant,  ignominieux et révoltant, causé par les responsables du sport au Togo. Au finish, le Togo présente le tableau suivant : 3 matches joués, 3 défaites, 0 point.

 
 

Tel est le bilan que nous pourrons faire des prestations de nos ambassadeurs. Notre onze national n’a cependant pas démérité, si l’on tient compte de toutes les tracasseries et péripéties dont ils ont été l’objet de la part de la Fédération Togolaise de Football (FTF) et surtout du président fantôme et rigolo de ladite fédération, Rock Gnassingbé. Pour notre confrère de Libération France, « Rock Gnassingbé, président omniprésent de la Fédération Togolaise de Football, est à la base d’un des plus bordels  jamais vus dans ce tournoi de cette envergure ».  Rock Gnassingbé gère la FTF comme si c’est sa propriété privée. Il raconte d’ailleurs à qui veut l’entendre que « c’est papa qui m’a légué ce poste de présidence de la fédération ». 

C’est ainsi que le Togo a brillé négativement à ce Mondial  par le comportement peu scrupuleux de ceux qui se disent responsables de la fédération et ne veulent pas entendre des conseils. La défaite en Allemagne n’est que le corollaire de ce qui s’est passé à la CAN.  A l’époque, on a vite trouvé un bouc émissaire à notre défaite. Le dévolu a été jeté sur le pauvre Stephen Keshi qui, malgré tout, s’est évertué pour que les Eperviers se qualifient  pour la phase finale du Mondial. Nonobstant ses efforts, il a été remercié en monnaie de singe. Comment un tel acte posé par le président de la FTF ne peut avoir des conséquences négatives sur la performance des joueurs de l’équipe nationale alors qu’on était à deux pas de la compétition ? Il faut dire que la nature a ses lois et celles-ci sont intransigeantes.

Le président de la FTF a démontré aux yeux du monde entier sa nullité en gestion. A-t-il confondu la fédération qui est une chose nationale à son domaine zoologique ? Son refus de payer les primes de matches aux joueurs et son zèle poussé à vouloir diriger les choses avec une main de fer tout comme si on était dans un camp militaire, sont à l’origine du score piteux réalisé par les Eperviers. Nos joueurs ont été laissés à leur triste sort dans une auberge d’un hameau de l’Allemagne, alors que ce soit disant président de la fédération vivait paisiblement sa vie dans un hôtel 5 étoiles, très loin de ses poulains. L’histoire retiendra qu’il est le seul et unique responsable du bilan négatif que les Eperviers ont réalisé à ce mondial 2006.

Le bilan financier
Les sources racontent que la Fédération Togolaise de Football n’a pas de compte sur lequel le transfert en argent sera fait, et que les fonds alloués par la FIFA et tous les sponsors auraient été virés sur le compte personnel du président de la fédération Rock Gnassingbé. Si ces informations sont justes, alors on comprend aisément l’attitude de ce dernier dans ce problème des primes de match qui l’a opposé aux joueurs. Sinon comment comprendre le comportement de ce dernier, même après les négociations entre les joueurs et la délégation du gouvernement, demandant aux joueurs de revoir le prix des primes à la baisse, il  campe sur sa position et refuse le paiement des primes aux joueurs jusqu’au jour où, sous la menace des joueurs de ne pas disputer le match avec la Suisse, la FIFA soit obligée de payer elle-même les primes aux joueurs ? Du cynisme que tout cela!

Au fait, à quoi ont servi les fonds alloués par la FIFA aux joueurs pour ce Mondial ? Déjà au terme de la Coupe d’Afrique des Nations, aucun bilan financier n’a été fait à la population pour qu’on sache comment les choses marchent. Rien de tout cela ! Et Dieu seul sait que les personnes généreuses et les amoureux du ballon rond ont mis la main à la poche comme soutien. Aujourd’hui encore, c’est un problème d’argent qui est à la base de l’échec des Eperviers du Togo à la Coupe du monde. La FIFA a mis à la disposition de chacune des 32 équipes, 2 millions de Francs suisse par match, 1 million de franc Suisse pour la préparation, environ 3 milliards francs CFA. A cela viennent s’ajouter l’argent donné par les sponsors (sociétés et autres) et le gouvernement. Alors pourquoi n’a-t-on mis ces fonds à la disposition des joueurs ? Tous ces manquements observés nous confortent dans l’esprit  qu’un bilan financier s’impose et le président-trésorier Rock Gnassingbé est tenu de nous le présenter au plus tôt

Le bilan organisationnel
Si Stephen Keshi a été à l’origine de la débâcle de notre onze national à la CAN selon les autorités sportives togolaises (c’est pourquoi ce dernier a été viré comme un chien galeux par Rock et sa bande), la question qui reste à  poser est de savoir si le nouvel entraîneur Otto Pfister qui avait démissionné de son poste entre temps et est revenu par quelle alchimie on ne sait pas, gardera toujours son poste. Aujourd’hui, les informations circulent sur la démission de quelques membres de la fédération, chose normale. Le bon sens recommande que le président de la fédération donne le ton en interrogeant sa conscience sur le rôle qu’il a joué dans la défaite de notre équipe nationale. Il devrait normalement être le premier à démissionner de son poste puisqu’il n’a pas été à la hauteur de sa tâche. C’est par lui que le malheur s’est abattu sur les Eperviers et comme tel, il doit rendre le tablier. Quand aux autres membres, conscients de la chose, qu’ils prennent leur responsabilité. C’est le cas de M. Amegnran Théodore, deuxième vice-président de la fédération qui affirme qu’ « il est temps que nous arrivions à rendre le tablier et laisser l’avenir aux autres. On est tous responsables de la situation qui prévaut et on a même honte de mettre nos badges ». Il n’y a que ceux qui ont du cœur et non une pierre à sa place qui peuvent tenir ce raisonnement. Mais sachez qu’un bilan organisationnel, aussi est capital pour que les successeurs tirent les leçons du passé afin que cette scène ignominieuse ne se répète plus sur la Terre de nos aïeux.

Aujourd’hui que tout le peuple connaît les tenants et les aboutissants des déboires des Eperviers au Mondial, les Etats Généraux du sport en général et du football en particulier s’imposent. Dans la perspective, notre fédération doit faire un ménage. Plus de places aux opportunistes et à tous ceux qui sont venus s’enrichir sur le dos des joueurs. Aujourd’hui, plus que jamais, la démission de l’équipe dirigeante de notre fédération de football et surtout de son président Rock Gnassingbé urge, c’est à cette seule condition que le sport-roi peut prospérer dans notre pays.

Idelphonse A.

 

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