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Le fantôme d’Eyadema, les enfants et les autres :
Histoire secrète d’une hantise
Depuis quelques jours, des rumeurs circulent dans notre
pays sur la manifestation mystérieuse de feu Eyadema à
certains de ses enfants et à quelques membres de son
entourage. Un phénomène de revenant qui amuse la galerie
mais qui, selon nos sources, seraient pris très au
sérieux par l’entourage du défunt. |
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Souvenez-vous
qu’en février dernier, le clan Gnassingbé a organisé
des « funérailles traditionnelles » en
grandes pompes et à grands frais au « Père de la
Nation ». Les obsèques de ce dernier se sont
déroulées, un an après sa mort, selon les rites
kabyè, qui veulent qu’on honore de la sorte les
illustres personnages. A l’occasion, feu Eyadema a
même été mis au nombre des ancêtres. Tout faisait
croire en ce qu’il y avait du flou dans l’affaire.
Autrement dit, le cou aurait été tordu à la
tradition, à coup d’espèces sonnantes et
trébuchantes ou de trafic d’influence, pour ne pas
livrer le disparu à la risée populaire.
Qu’à cela ne tienne, les « mauvaises langues »
ont toujours soutenu que le général n’est pas mort dans
des circonstances normales et ne devrait, de fait, pas
être inhumé de façon ordinaire. Il se raconte qu’il
aurait été retrouvé brûlé dans sa baignoire. Tandis que
la version officielle établit que le décès est survenu
dans un no man’s land aérien aux environs de
Tunis. Dans l’un ou dans l’autre cas, cette mort n’est
pas ordinaire. En milieu éwé, il s’agit de « zogbe ku » ;
une nomenclature des circonstances de passage à trépas
exceptionnelles pour
lesquelles l’inhumation a lieu de façon simple et
spéciale à « zogbe ». Les anthropologues nous
apprendront davantage sur les rituels effectués dans ce
cas en pays kabyè. Toutefois il s’avère qu’il requiert
un traitement spécial.
Quelle relation avec la mort d’Eyadema ? Les rituels
spécifiques n’ayant pas été effectués pour un défunt,
cela a pour conséquence d’entraîner le retour et
l’errance de celui-ci. D’après la tradition, le mort, du
moins son esprit, se présente à ses proches et les hante
jusqu’à ce que le tort commis soit réparé. Il nous a été
raconté l’histoire d’un revenant qui pleurait chaque
soir à la fenêtre de ses proches parce que ceux-ci
l’avaient enterré de façon ordinaire. Il portait sur lui
une plaie incurable avant sa mort, un autre cas de « zogbe
ku ». Mystère !
Selon nos informations, une fille de « Baba »,
dont nous tairons le nom, avait évité d’assister aux
funérailles de février dernier ; invoquant comme motif
que depuis les précédentes obsèques, elle n’a de cesse
d’être visité sur sa couche par feu son père. Depuis,
d’autres orphelins ou proches parents ont fait l’objet
de cette obsession. Des victimes se sont confiées à un
pasteur bien connu sur les ondes qui leur administre en
ce moment des services d’exorcisme (délivrance). Reste à
voir si les recettes du prêcheur sont efficaces !
A Pya, il se raconte que le défunt se manifeste de façon
visible ou audible. La question ayant été portée devant
les anciens, ces derniers envisagent de reprendre les
funérailles quitte à les déguiser pour ne pas éveiller
l’attention.
En attendant de connaître la suite des événements, il
convient de préciser que le corps d’Eyadéma n’a pas été
exposé. Curieux n’est-ce pas ? Pour celui qui a momifié
sa maman (?), l’a exposé au public et a fait de son
décès presque une fête nationale, il est étrange que
lui-même ait été traité dans la discrétion. La saga
Gnassingbé continue !
Amos Gaméli Soyè |