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La Gazette du Golfe

28 avril 2007

[ No 37 : du 27 avril 2007]
Gestion du pouvoir usurpé : Duel à mort entre Faure et Kpatcha

«Je t’aime moi non plus», voilà en quelques mots l’ambiance aujourd’hui entre Faure Gnassingbé et son jeune frère Kpatcha, tout puissant ministre de la Défense. Entre les deux frères, le fossé est devenu presque un gouffre. Les deux fils Gnassingbé qui ont réussi à se propulser au devant de la scène politique le 5 février 2005 avec l’appui de l’armée ne s’entendent plus sur rien du tout. Malgré les apparences et les déclarations.

Les raisons de la rupture
Dans la famille Gnassingbé, il existe un critère tribaliste qui sert à distinguer le kabyé authentique du kabyé au sang mélangé. Drôle de conception dans une famille où le géniteur a épousé des femmes de presque toutes les ethnies du pays. Selon donc les concepteurs de ce fameux critère dont le chef de fil n’est que Kpatcha, Faure n’est pas l’homme indiqué pour prendre la place de leur géniteur. Il est donc constamment accusé par ses frères kabyé 100% d’avoir des velléités, à travers les réformes, de transmettre le  pouvoir à ses oncles du Sud. Chose inadmissible pour un digne fils de Gnassingbé Eyadema. Des deux fils qui ont capté le pouvoir au prix de 1000 togolais tués et 40.000 réfugiés, on observe depuis quelques temps deux caractères différents.

D’un côté, Kpatcha Gnassingbé, ministre de la Défense, ne cesse de s’affirmer dans ses paroles, ses gestes et son comportement comme  le digne conservateur des actes et actions de son père. Le 13 janvier, le 23 septembre, le 24 janvier, la distribution de l’argent aux militaires et milices, les Evala en pays kabyé, la chasse en pays kabyé, la construction du géant musée à Pya …voilà sa conception du pouvoir calqué intégralement sur les méthodes autocratiques de son défunt père. Autour de lui se rassemblent les barons civils et militaires nostalgiques des périodes Eyadema où le champagne coulait à flot avec distribution de billets de banque, dîner de gala etc.

De l’autre, Faure Gnassingbé, principal bénéficiaire du coup de force du 5 février et du holp up électoral du 24 avril avec son cortège de morts. Il fait croire aux Togolais qu’il est le messie, l’homme par qui la démocratie va s’installer au Togo. Grand voyageur de tous les temps, il se démarque progressivement des méthodes de son père mais peine à trouver ses marques.

Autour de ce différend d’ordre tribaliste se greffe une panoplie de problèmes liée au partage de l’héritage, à la main mise sur les secteurs vitaux du pays, à la gestion même du pouvoir. Les deux protagonistes s’évertuent à contrôler soit directement soit par les amis les différents secteurs vitaux de l’économie du pays. Si Faure Gnassingbé à réussi à placer  ses hommes à la tête de certains services comme la DGI contrôlée par son «amie» Ingrid Awadé, les Douanes et Togocell par Bidamon Dèdèriwè, l’IFG (ancienne OTP) par Takou Abalo, Kpatcha, quant à lui, renforce sa main mise sur la zone franche, le Port Autonome de Lomé, la SOTOCO, les Grands Moulins,  le commerce des voitures d’occasion de concert avec les Libanais, …

Avec l’argent accumulé des deux côtés, chacun essaye d’élargir le cercle des ses amis et courtisans par l’achat de conscience, la corruption, le renforcement de la sécurité personnelle, les pratiques occultes, la création des milices et surtout la main mise sur l’armée qui sera l’élément déterminant de ce combat fratricide.  Nous sommes à un stade où on affirme que la guerre est désormais ouverte entre les deux frères ennemis qui ne s’adressent plus souvent la parole. Dans ce duel sans merci, toutes les méthodes d’élimination physique et maléfique sont à l’ordre du jour. Chaque seconde, chaque minute, et chaque heure compte désormais pour l’un et l’autre. On peut dire sans être un oiseau de mauvais augure que les jours à venir seront encore plus difficiles pour le peuple togolais car le calme que nous admirons actuellement n’est que celui qui annonce non pas la tempête mais cette fois-ci l’orage.

Les méthodes Kpatcha Gnassingbé
L’homme qui compte  reprendre le pouvoir à son frère et instaurer un pouvoir autocratique dont il serait le seul et unique maître ne manque pas d’imagination pour atteindre son objectif. Après avoir enrôlé dans son camp certains officiers tristement célèbrent du genre Assani Tidjani alias Adidas, Béréna Gnakoudè  nommé récemment Général, Kpatcha ambitionne de le propulser chef d’Etat major en remplacement de Zakari Nandja bientôt admis à la retraite. C’est en compagnie de Béréna que Kpatcha Gnassingbé habillé en militaire a fait la dernière tournée dans les casernes. Avec son titre de ministre de la Défense, il a révoqué la semaine dernière deux officiers proches de Faure pour les remplacer à la tête de ces unités par ses hommes de confiance. Faure Gnassingbé, chef suprême des armées, ayant compris le but de la manœuvre, annule les mutations.  Du côté des barons civils, il a à son actif tous ceux qui n’approuvent pas les réformes de Faure. Certains, tombés en disgrâce autour de Faure, rallient le camp de Kpatcha. C’est le cas par exemple de Boukpessi récemment limogé. D’autres barons sont souvent dans les deux camps.

La survie de Faure passe par les réformes

Du côté de la présidence de la République, l’entourage du «mal élu» reconnaît que la survie du locataire du palais de la Marina passe par la poursuite et la réussite des réformes entamées. Face au rouleau compresseur que son jeune frère est en train de dérouler sur fond de tribalisme, la seule solution demeure les réformes pour conduire à des élections transparentes. Chose apparemment difficile pour le moment surtout qu’au niveau de la CENI  beaucoup de choses restent à faire. Si l’opposition dans son ensemble arrivait à gagner ces élections, elle formerait alors un gouvernement ; ce qui permettrait à Faure de se débarrasser non seulement de son frère de la Défense, mais de tous ceux qui dans son entourage travaillent à sa perte. Si du côté de la présidence, on affiche une certaine sérénité, on peut remarquer que les choses ne sont pas si simples. L’homme ne peut pas scier la branche sur laquelle il est assis au risque de provoquer l’effondrement de tout le système. Le cas le plus illustratif est celui de Boukpessi Payadowa. Des voix s’élèvent pour la mise en examen de celui qui a, selon les informations, bousillé les 41 milliards de francs de l’emprunt obligataire. La mise en examen de l’ancien ministre peut provoquer des réactions contre-productives au sein du système en ce sens que non seulement Boukpessi est proche de Kpatcha et des Libanais dans le trafic des voitures d’occasion.

Que dire des prochaines législatives ?

La situation est inquiétante à plus d’un titre mais, à Lomé, les populations longtemps victimes des méthodes répressives du pouvoir semblent apprécier ce combat fratricide dans une indifférence totale : «que l’un élimine l’autre, c’est leur problème», affirme-t-on mais, pour des observateurs avisés,  le conflit entre les deux frères risquent de plonger définitivement le Togo dans une situation incertaine. Tant chaque camp mobilise derrière lui une partie de l’armée. Une sérieuse menace plane actuellement sur ces élections législatives pour ceux qui n’ont pas intérêt qu’elles s’organisent. Le lourd héritage laissé par Eyadema semble difficile à porter par ses progénitures qui se sont emparés du pouvoir le 5 février 2005 avec le soutien de l’armée au détriment des dispositions constitutionnelles. On peut donc dire que le but du tunnel pour le Togo n’est pas pour demain.

Jacques Nyanoamessi

 
La pagaille au sommet de la République : Plus de 2 milliards pour le musée Gnassingbé Eyadema

Lorsque nous annoncions (La gazette du Golfe n°29 du 17 janvier 2007), en confidentiel la construction d’un musée pour feu Gnassingbé Eyadema, des sbires du pouvoir clanique des Gnassingbé pensaient à une manœuvre des journalistes en mal de sensation. Si l’inauguration du musée n’a pas eu lieu le 5 février dernier comme annoncé pour des raisons que seuls les «héritiers du pays» savent, c’est chose faite depuis dimanche.

Un musée pour un président qui a, pendant des décennies, régenté la politique de la nation togolaise n’est pas mal du tout. Mais ce qui choque la conscience collective et laisse perplexe les Togolais est que ceux qui ont gouverné ce pays ont essayé par tous les moyens de falsifier l’histoire de notre pays à telle enseigne que les écoliers n’ont pas le vrai contour du nom du père de l’indépendance et certaines personnalités de renom qui ont marqué l’histoire togolaise. C’est du cynisme ! Et pourtant, quelques mois avant même le décès de Eyadema, le Terrain Municipal de Lomé change de nom et devient «stade Gnassingbé Eyadema». Au lendemain de sa mort, ses fils abandonnent l’ancienne appellation du camp RIT et lui donnent le nouveau nom de «Camp Gnassingbé Eyadema». L’aéroport international de Lomé Tokoin n’échappera au toilettage des nouvelles anciennes autorités ; il  devient alors «Aéroport Gnassingbé Eyadema».

Nulle part au Togo l’on ne trouvera un monument ou un site ou encore une place publique ou enfin un musée comme celui-ci qui vient d’être inauguré porter le nom du 1er président togolais, feu Sylvanus Olympio ou bien le nom d’une des personnalités qui ont marqué la vie du Togo indépendant. Alors que dans de la sous région, soit des musées, soit des places publiques, soit des immeubles, ou des sites portent les noms des personnalités importantes. Au Ghana, on peut trouver une grande place appelée «N’Kruma Circle». Au Gabon, des places publiques et des immeubles au nom de Léon M’Ba. Au Burkina voisin, quand bien même Thomas Sankara ne soit pas le père de l’indépendance, malgré l’effort qu’il a fourni pour son peuple, le pouvoir et surtout le peuple burkinabé lui a été reconnaissant en érigeant pour sa mémoire une place dénommée «Place Thomas Sankara».

C’est un fait désolant qui constitue une injure au peuple togolais et surtout à l’élite togolaise si on se rend compte que de telles choses n’existent pas au Togo. Et pourtant, lorsqu’on remonte le cours de l’histoire, on saura que ce n’est pour rien que le Togo a porté le nom de «quartier latin».

Il est aujourd’hui clair pour nous tous que ces «élites» ne sont que des «adeptes du culte Eyadema». Tout ceci n’est pas un mal en soi mais donne un sentiment de marginalisation des autorités des républiques passées, surtout celle de la toute première dont les autorités ont droit au symbole pour le travail accompli pour le pays et pour leur peuple.

Le drame, c’est que des sources concordantes à Pya avancent la bagatelle somme de plus de deux milliards pour la construction du nouveau musée. Et pour se justifier, les oiseaux de mauvais augure racontent que le budget a été le fruit d’une cotisation de la famille elle-même. C’est à se demander, au regard de leur âge et de leur ancienneté professionnelle, ce que la pléiade d’enfants Gnassingbé a pu faire pour avoir à dépenser autant dans un temps record. Sans oublier les gaffes de tous les jours : des voitures coûtant des centaines de millions pour eux-mêmes, des véhicules de dix millions pour les nouvelles copines, des maisons d’or pour les petites filles, des voyages d’argent pour mystifier qui veut, …

Pendant ce temps, il se dit qu’il faut autour de 10 milliards pour résoudre la grave crise énergétique qui secoue le pays tout entier et qui fait mettre des sociétés sous le paillasson, licenciant des milliers de nos compatriotes. 

Idelphonse A.

 
Indépendance du Togo : Toujours deux célébrations d’une même date

Tous visent les législatives
Le RPT et son pouvoir à Dapaong, l’UFC à Kpalimé avec ses militants, la CDPA à la maison, la tête du CAR à Dapaong. C’est le triste tableau dualiste que devront offrir les acteurs de la politique togolaise au moment de célébrer, dans la douleur, les 47 ans de ce qui s’appelle l’indépendance du Togo. Au lieu de faire l’objet d’une célébration consensuelle de tous, la fête du 27 avril divise les idées. Après le 13 janvier. Un bras de fer sur fond électoraliste, en somme.

Gilchrist Olympio séjourne au Togo du 27 avril au 6 mai et pénètre le pays par la frontière Togo-Ghana à la hauteur de Kpadapé dans le Kloto pour rencontrer les fidèles du milieu. Le cortège devra se lancer dès le lendemain de la fête à l’assaut des populations de Danyi, Adeta, Agou et autres. Mais visiblement le choix du 27 avril pour relancer les activités électorales n’aura pas été fortuit car, vraisemblablement, il faudra démontrer que la célébration embrigadée de la fête de l’indépendance par le pouvoir RPT n’a pas la caution des autres. Surtout que les opposants du Gouvernement d’union crient leur désarroi de ne pas être associés à la manœuvre.

Tout semble dire que le RPT s’est approprié une fête nationale que son père fondateur s’est toujours privé de célébrer pour ne point se rappeler le nom du père de l’indépendance, Sylvanus Epiphanio Olympio. Aujourd’hui, les deux «fils ennemis» (mis en exergue par la programme officiel) veulent imposer à la conscience leur façon de «faroter», celle de faire croire à une véritable ferveur nationale de manière rotative.

En 2007, l’UFC délocalise le 27 avril, le RPT le transporte en dehors de Lomé. Au moins, ils auront épargné les Loméens de l’hérésie de lire séparément la même face d’une histoire commune.

G.G

 
Le comble des avantages et profits : Du passeport diplomatique pour les enfants mineurs des patrons de l’Assemblée

Tel une lettre à la poste, les députés sont allés très vite le jeudi dernier dans l’adoption à l’unanimité des deux propositions de loi portant statut des anciens présidents et anciens députés de l’Assemblée nationale. Chose normale puisqu’ils s’en tenaient à la manœuvre. Visiblement, les députés analphabètes ne veulent plus se remettre à leur débrouillardise d’antan. 

Le contenu doré des lois
Les anciens présidents de l’Assemblée nationale ont eu la palme d’or avec l’allocation d’une rente viagère (applicable même après le décès de l’élu), l’octroi des privilèges honorifiques et d’une immunité. La rente viagère mensuelle est allouée à l’ancien président trois mois après la cessation de ses fonctions et, en cas de décès, les ayants droit (conjoint, conjointes, enfants mineurs) prolongent le bénéfice de la rente.

Pis est, tout ancien patron de l’Assemblée nationale se voit flanquer un personnel de sécurité, des gens de service, du passeport diplomatique, à lui-même ainsi qu’à son conjoint et à ses enfants mineurs (pourquoi faire, sans les enfants majeurs ?), de la couverture juridique et diplomatique reconnue à un ministre d’Etat, du titre de transport et frais de séjour d’un ministre d’Etat, et une carte d’accès au siège de l’Assemblée nationale et du Sénat. Ces mesures sont applicables à tous les anciens hauts perchés vivants de l’Assemblée nationale. Fambaré Natchaba, Faure Gnassingbé qui aura fait quelques jours de mandat illégitime, … Aux termes de la nouvelle loi, est considéré comme ancien président de l’Assemblée nationale tout député élu président de l’Assemblée nationale qui finit son mandat, démissionne de la présidence, décède en cours de mandat, est destitué de la présidence ou cesse définitivement d’exercer la fonction de président pour toute autre cause.

A une différence près, les députés (tout élu qui perd son siège, décède en cours de mandat ou termine un mandat) se sont plus recroquevillés sur la pension qui doit être calculée par le gouvernement. La loi prévoit ainsi un régime de pension de retraite parlementaire sur la base d’un calcul aux points. Ainsi, est éligible à ce titre, le député qui a cotisé 300 points, qui a 50 ans révolus et qui a cessé effectivement la fonction parlementaire. Pour celui qui remplit les mêmes conditions avec au moins 40 ans, il devra bénéficier d’une pension proportionnelle égale aux deux tiers (2/3). Un député âgé de moins de 40 ans pourra se faire rembourser ses points ou attendre l’âge de 40 révolus pour jouir de la pension proportionnelle.

Ici aussi, l’article 23 précise que «la pension de retraite parlementaire est réversible au ayants droit (conjoint, conjointes et enfants mineurs) du député à la retraite qui décède». Plus prosaïque, les conjointes et les orphelins du député polygame ont droit aux pensions de réversion. Le cumul des pensions de retraite parlementaire avec toutes autres pensions de retraite est permis. Par contre, elles ne sont pas cumulables avec une indemnité parlementaire.

Tout ce processus d’auto attribution de l’argent public devra se déclencher trois mois après la date de prise de fonction effective de la nouvelle Assemblée.

L’exclusion consacrée

A l’exception des anciens présidents, la loi sur les anciens députés ne concerne que les élus de la troisième législature (celle issue des législatives d’octobre 2002) et les législatures à venir.

La loi portant statut des anciens présidents de l’Assemblée a rétroagi, contrairement au souhait de la commission des lois qui avait voulu la limiter à la première législature de la quatrième République. Ceux des élections à sens unique des années 80 ne sont donc pas oubliés.

Les députés, eux, sont restés sur leur ego. Rien ne devra aller aux précédentes législatures. Comme s’ils n’avaient jamais rendu service à l’Etat, les meilleurs députés de 1994 n’auront qu’à savourer le bonheur des «députés mbêê», des «députés accompagnateurs», ceux-là mêmes qui ont plus passer les cinq ans à admirer les prouesses du clan Gnassingbé, à ne jamais remonter les préoccupations des pauvres populations à la surface, à somnoler quand les lucides sont en discussion des lois à adopter, …bref à plus narguer le peuple dont ils prétendent être l’émanation. Point n’est besoin de rappeler le comble de l’ignominie qui a consisté en 2005 à violer à deux reprises, en 48 heures, la loi fondamentale.

Aujourd’hui, ce sont plus des députés spectateurs qui provoquent l’irritation. Car on en connaît qui ont pour seule référence le niveau 6è, qui ne savent pas définir un scrutin de liste, qui n’avaient que pour profession le jeu de loto sport dans les montagnes de Kloto, qui piétinaient par leur titre pompeux de géomètre niveau 5è toutes les procédures de vente de terrain, … A y voir de près, ils ne pourront plus revenir avec ce processus électoral de la proportionnelle à la plus forte moyenne. Ce qui fait dire que les populations doivent désormais savoir lire le profil des candidats pour ne plus consacrer ces «béni oui oui» qui ne viseront que la retraite dorée après les gaffes.

Kydson  S.

 
Affaire des trois Eperviers exclus : D’autres professionnels pour remplacer Shéyi et Cie

Le président de la Fédération togolaise de football (FTF), Tata Avlessi Adaglo, est plutôt décidé à enterrer le dossier Shéyi, Kader, Daré et en assumer toutes les conséquences. Depuis l’exclusion des trois joueurs, aucun contact n’est établi entre le richissime de Masséville et les joueurs pour trouver une solution afin d’aplanir les divergences. Au contraire, la crise s’est enlisée ces dernières semaines à travers des déclarations discourtoises dans les deux camps par médias interposés

«Je suis le président de la Fédé, je suis le capitaine de bord, je dois mettre de l’ordre dans la maison, il faut donner le bon exemple (…) la porte reste ouverte». Côté joueur, on estime que la FTF n’est plus crédible et que Tata Avlessi a déçu énormément. Pour les aficionados de celui qui est brusquement devenu «Tata Adaglo Avlessi de Mass», on ne juge pas nécessaire de prendre langue avec les joueurs. Cette position complique davantage l’équation.

De sources concordantes, une vaste campagne de détection d’autres joueurs professionnels est en cours. Pour implicitement clore le dossier des «trois rebelles». Est-ce la meilleure solution ?

Dans cette affaire, c’est le sélectionneur nigérian Stephen Keshi qui est à la touche. Dans une interview accordée à notre confrère Sport FM, le coach a déclaré : «si on n’arrive pas à régler le problème avant la mois prochain, ça va être un peu difficile», avant d’ajouter : «j’ai besoin de tout l’effectif, sinon le match retour contre la Sierra Leone serait difficile». Il doit se sentir dépaysé par le dernier acte de Tata, celui d’avoir voulu régler un compte personnel à son vice-président Gabriel Améyi en interdisant à Stephen Keshi de continuer par apporter son concours à Maranatha FC de Womé. Pour beaucoup d’observateurs, ce clivage entre Tata et les joueurs pourrait hypothéquer les chances de qualification du Togo pour la CAN Ghana 2008.

Madjé Anani-Soh

 

 

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