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Ce n’est plus un secret pour personne que ce que le
pouvoir RPT donne par la main droite, il le reprend par
la main gauche. Généralement, il se donne les moyens de
bafouer ses propres engagements avant de les prendre.
C’est d’ailleurs le propre de toute dictature qui veut
se donner des apparences démocratiques.
Des faits nouveaux et troublants viennent éteindre la
jubilation née du démarrage du dialogue intertogolais et
de l’élection d’un « opposant » à la présidence
des travaux. De sources sûres, le pouvoir s’apprêterait
à nommer des préfets, sous le couvert du processus de
décentralisation.
Il s’agira de récompenser ceux qui par leur zèle malsain
ont permis d’asseoir le régime actuel en organisant la
pagaille et la tragédie d’avril 2005. On devrait opérer
certains changements tactiques, en mutant dans les zones
difficiles les préfets qui ont démontré, il y a un an,
leur savoir-faire de « pacification » de la
contestation des résultats de la présidentielle passée.
Par contre, les préfets, qui n’auraient pas fait
allégeance au régime actuel ou se seraient montrés
pusillanimes, seront purement et simplement remerciés.
Cette nouvelle manœuvre est organisée dans l’euphorie du
démarrage du dialogue national de sorte qu’elle passe
inaperçue et qu’elle devienne le tendon d’Achille de
tout accord politique auquel parviendront les
dialogueurs. Elle n’a de justification que d’installer
sur toute l’étendue du territoire des experts dans
l’accomplissement des tâches afférentes à la
conservation et à la pérennisation du pouvoir
dictatorial, la fraude électorale notamment.
Un préfet actuellement en fonction n’a-t-il pas dit
récemment à des militants de l’opposition « faites ce
que vous voulez, lors des élections nous savons les
scores que nous allons vous attribuer ». Un
avertissement qui a tout son sens et qui confirme que le
pouvoir actuel n’organisera jamais des élections pour
les perdre, autrement dit des élections libres,
transparentes et équitables. De quoi conforter la
position de tous les Togolais avertis qui ne voient dans
le dialogue qu’un trompe-l’œil pour légitimer le pouvoir
de Faure Gnassingbé.
Toute élection organisée dans ces conditions et au
sortir du fameux dialogue ne sera pas crédible et mérite
de ce fait d’être boycottée par les « moutons »
qu’on égorge impunément. En attendant le vote des bêtes
sauvages !
A. G. S. |