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Porté au devant de la scène, depuis sa mort politique
des suites de sa prostitution avec feu Gnassingbé
Eyadema, par la création de la prétendue commission
d’enquête sur les violences électorales d’avril 2005,
l’ancien premier ministre, Joseph Kokou Koffigoh, refait
parler de lui. Une fois encore, en mal. Quelle mouche a
bien pu piquer l’homme en qui tout le peuple togolais
avait placé sa confiance, au sortir de la Conférence
nationale souveraine, pour le sortir de la crise ?
Me Koffigoh devrait se trouver actuellement
en Europe dans le cadre d’une mission gouvernementale
dont l’objet officiel est de « discuter avec la
diaspora togolaise (…) sur les questions
sociopolitiques, diplomatiques et économiques des
Togolais tant de l’intérieur que de l’extérieur ».
Derrière cette mission se cacherait une « vaste
opération d’achat de conscience parmi les jeunes
Togolais (surtout parmi les diplômés) à qui des postes
apparemment intéressants seront proposés fallacieusement
pour collaborer avec le tandem Gnassingbé – Kodjo dans
cet environnement institutionnel malsain et les faire
taire » croit savoir M. Kofi Folipko, de Pyramid of
Yeweh. La partition de « Joe Koko » en Europe
consisterait à « torpiller dans les milieux
judiciaires les initiatives (…) en vue de faire traduire
les criminels de Lomé devant les tribunaux » précise
un communiqué de Pyramid of Yeweh.
Me Koffigoh, le fer de lance
Me Koffigoh représentait, avec Me Yawovi
Agboyibo, à une certaine période de l’histoire du Togo,
le fer de lance du combat pour l’avènement de la
démocratie. Dans l’euphorie de ce combat et dans les
années 1990, il se prêtait le pouvoir de se fondre dans
la nature. D’où tenait-il ce pouvoir ? Peu à peu, le
copinage de l’ « avocat anti-patriotique » avec
le diable n’a pas tardé à faire jour. En plus des
pouvoirs occultes qu’il s’attribue, Koffigoh est aussi
un « frère » qui voue une fidélité irréprochable
à la loge maçonnique. Pour preuve, l’ex-locataire du
Palais des hôtes marques s’est donné pour « conseiller
politique » l’ambassadeur de France au Togo d’alors,
le « frère » Bruno Delaye, selon les révélations
faites par Gilles Labarthe dans son ouvrage Togo, de
l’esclavage au libéralisme mafieux. Aussi Eyadema
aurait-il, de son vivant, dit « Koffigoh est un jeune
frère, il a droit à l’erreur ». Allusion faite
encore à son appartenance à la loge. Le revirement
politique du fondateur de la Convergence des forces
nouvelles (CFN) n’y trouve-t-il pas tout son sens ?
LA VOLTE-FACE
Koffigoh avait fait volte-face, en 2003, en
soutenant la candidature de Maurice Dahuku Péré contre
celle de son « frangin ». Que cela soit advenu
vers la fin du règne de Eyadéma, marquée par un
isolement des « individus encombrants » dans le
jeu de succession qui se tramait en douce, on comprend
qu’il dissimule la préoccupation de l’homme à changer
d’étiquette dans la perspective d’un hypothétique
renversement du régime. Cela n’a pas eu lieu…
Conséquence : l’homme a retourné sa veste et ne rechigne
pas à s’afficher aux côtés du pouvoir mal acquis.
Doit-on entrevoir ici aussi la manifestation d’une « amitié
maçonnique » ? Tout porte à le croire. Puisque Faure
Gnassingbé n’a jamais démenti l’information selon
laquelle la loge s’apprêtait à l’initier. Encore moins
son frère, Kpatcha Gnassingbé, dont l’appartenance à la
secte est indubitablement entendue. La visite annoncée
des « frères » de la Grande Loge nationale
française au Togo vient en appoint. Elle devrait jouer
un rôle non négligeable dans le renforcement du
« réseau mafieux » et des liens entre frangins.
En définitive, après avoir participé
activement au sabotage des acquis de la Conférence
nationale, en les offrant sur un plateau d’argent à feu
Eyadéma, Joseph Koffigoh se remet en selle, aux côtés du
fils, pour saboter la lutte contre l’impunité, menée par
la diaspora. L’impression est que par ici « servir le
père et servir le fils », et de quelle façon
d’ailleurs, est une malédiction qui frappe ceux qui ont
trahi une fois la nation et dont la trahison ne
s’arrêtera qu’avec leur mort.
A. S |