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Prenons une scène de vie banale : un voleur s’empare
d’une poule, il est attrapé et confié à la justice.
Cette dernière fera son travail et la vie continue !
Illustration banale de la crise politique au Togo, qui
se synthétise en une affaire de vol. Hold-up électoral,
vol des ressources, confiscation du patrimoine etc. Et
pour cela, le Togo est passé à côté de la normalité qui
voudrait que les coupables soient punis. La solution
trouvée est le dialogue. Il y en a eu déjà 10 et on se
prépare pour un plus, pour dire quoi ? Nous, nous disons
tout simplement, rendez la poule ou capturer le voleur
et le sanctionner point final ? Pour qu’un dialogue
vaille la peine d’être initié, c’est pour changer
l’ordre des choses. Le voleur ne va plus jouir de
l’impunité parce que impunité, il y a eu trop au
Togo et cela continue parce que les premiers n’ont pas
été châtiés par les autorités compétentes. C’est le mal
même dont souffrent le Togo et les Togolais. Nul ne se
dira plus dépositaire du pouvoir. L’alternance ne sera
plus un mot tabou. Les élections présidentielles,
législatives, municipales et autres reflèteront la
réalité et la vérité des urnes.
Sinon, à quoi bon ce dialogue ? Toujours au Togo,
dialogue signifie « manie de perdre du temps, pendant
que le pays se vautre dans l’obscurantisme moyenâgeux
d’un retard par rapport à la marche du temps. » Nous
avions écouté des niaiseries du genre : « heureux
le peuple qui chante et qui danse » La Fontaine
se retournerait dans sa tombe en se demandant si ces
Togolais n’ont jamais appris la fable de la cigale et de
la fourmi !
Nous avons toujours joué aux grands connaisseurs de la
culture africaine. Nous avons souvent évoqué le fameux
arbre à palabres, le grand pardon et bien d’autres en
oubliant le proverbe qui dit : « qu’à trop rester
sous les arbres, on finit par avoir de la fiente des
oiseaux sur la tête ». Que de temps perdu ! Celui
qui a déclaré à la Conférence Nationale Souveraine,
qu’on a « carbonisé le cerveau des Togolais » a
été bien inspiré et a trouvé les mots justes.
Dialogue pour dire quoi au juste ? Pour sacraliser
l’impunité qui est bien entretenu sur la Terre de nos
aïeux ? Qu’est-ce que le gouvernement togolais, qui
clame à cor et à cri qu’il veut le bonheur des Togolais
a fait des recommandations des différents rapports qui
ont été publiés suite aux évènements malheureux qui ont
émaillé la vie politique suite au décès du président
Eyadéma ? On veut, pour une énième fois blaguer les
Togolais et surtout les opposants togolais qui pleurent
encore leurs militants, dont un nombre important a
trouvé la mort, tués et d’autres contraints à l’exil par
ceux-là même qui les invitent au dialogue. Pour ça les
rapports y compris celui de la commission Koffigoh sont
clairs, châtier les auteurs et leurs commanditaires.
Depuis quarante ans, on a dialogué mais les dialogues
n’ont donné de potable, on a signé des accords mais ces
accords sont restés lettre morte, c’est dire que le
tableau est resté sombre : la vérité dérange, la justice
dérange, la beauté dérange, le progrès dérange, le
changement surtout dérange ! Oh ! Pauvre Togo, te voilà
malmené par certains de tes fils. Ainsi pour rien du
tout au Togo, on t’arrête, on te jette en prison ou on
te tue impunément parce que tu es démocrate, parce que
tu critiques l’autorité pour sa mauvaise gestion de la
chose publique, ou pour sa mauvaise foie. On te jette en
prison ou on te tue impunément parce que le poste que tu
occupes, on veut l’offrir à un frère ou à une soeur de
tribu, de région ou de village. On te jette en prison ou
on te tue impunément parce que tu es dans une fonction
ou un service qu’on veut tribaliser. On te jette en
prison ou on te tue impunément à cause de ta culture,
ton intelligence. On te jette en prison ou on te tue
parce que tu réclames que le droit et la justice on te
tue impunément parce que tu affirmes avec courage que le
Togo n’est la propriété de personne, on te tue
impunément parce que le tableau noir qu’on proclame
blanc, est bel et bien noir. On te tue impunément parce
que tu milites dans un parti politique on te tue
impunément parce qu’on t’a soupçonné d’avoir voté pour
le candidat de l’opposition, on te tue impunément parce
que tu manifestes aux côtés d’autres Togolais qui
revendiquent la victoire de leur candidat, on te tue
impunément parce que tu demandes à avoir ta carte
d’électeur pour remplir ton devoir de citoyen bref on te
tue impunément parce qu’on a le droit de tuer, parce
qu’on est protégé, parce qu’on sait qu’on ne sera jamais
jugé et condamné pour ses actes crapuleux qui vont à
l’encontre des textes en vigueur dans le pays. Ainsi on
peut arrêter, jeter en prison et tuer même à volonté au
Togo. Qu’est-ce que les dialogues amorcés par le passé
ont apporté de meilleur ou de nouveau dans la résolution
de la crise togolaise née de ses atteintes flagrantes de
droits de l’homme ? Les maux, par contre se sont
aggravés de jour en jour et chaque fois les dialogues
démagogiques sont initiés pour les maquillés.
C’est pourquoi dans notre pays, dialogue sonne comme : « lavez-vous
et, replongez dans la boue ». Et puisque nous
n’avançons pas, forcément nous reculons, ou mieux on
nous fait reculer. Pour une fois encore, nous affirmons
que, bien insensé qui croira en un dialogue organisé
dans ces conditions, si non une démagogie de plus, une
manière d’affabuler pour une énième fois le peuple.
Ailleurs, il fait jour depuis longtemps, chez nous au
Togo, nous dialoguons et demeurons dans la nuit noire
parce que nous ne voulons pas tirer nos rideaux pour
voir la lumière… dans le royaume des putschistes.
Idelphonse A. |