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Le lundi 20 février dernier, Radio France Internationale
(RFI) a diffusé dans ses éditions en direction
d’Afrique une interview du journaliste suisse, Gilles
Labarthe. M. Labarthe réagissait à propos de
l’arrestation de quatre dirigeants de Bolloré au Togo.
Il semble que la diffusion de cette interview n’a pas
été du goût du pouvoir qui a aussitôt contre-attaqué,
comme il sait bien le faire, par média interposé.
En effet, sur le site gouvernemental « republicoftogo.com »,
qui relaie les humeurs du pouvoir, la « radio du
monde » et Gilles Labarthe n’ont été aucunement
ménagés. A la radio, il est reproché d’avoir interviewé
qui elle veut. Le pouvoir parle de la ténacité des
« mauvaises habitudes », faisant allusion aux causes
des précédentes fermetures de RFI en FM au Togo. En
outre, le site fait état de « promesses »
qu’auraient faites le PDG de RFI, Antoine Schwarz et le
Directeur de l’Information, Bernard Brigouleix dans le
bureau du Ministre de la Communication, au début du mois
de novembre 2005 quant à « l’équilibre dans le
traitement de l’information togolaise ».
Se croyant investi d’une mission de donneur de leçons,
le pouvoir estime que pour évoquer « le litige entre
Bolloré et Progosa », RFI aurait dû interroger
« des journalistes économiques ou (des) experts des
questions portuaires ». Heureusement que pour les
besoins de son auditoire, RFI a plutôt préféré traité
l’information dans l’angle des relations
franco-africaines- du moins franco-togolaises, un
domaine d’érudition de l’interviewé qui a publié à ce
sujet « Le Togo : De l’esclavage au libéralisme
mafieux ».
Dans ce qui s’apparente à un droit de réponse
irrégulier, le pouvoir a tenté de contredire l’analyse
de Labarthe, sans y arriver. Tout d’abord, il s’offusque
que la personne interviewée ait oublié de mentionner que
« les dirigeants de Bolloré ont été mis en examen
pour corruption active de magistrat ». Ensuite, il
parle d’une omission sur le premier voyage officiel de
Faure. Ce n’était pas une visite officielle aux
Etats-Unis, mais une visite officielle à New York. Aller
à New York et aller aux Etats-Unis, la nuance n’est pas
si grande qu’on voudrait le faire croire. Economie des
allégations de Gilles Labarthe que le pouvoir qualifie
d’ « accusation », sans apporter de démentis.
Au demeurant, l’article du pouvoir intitulé « Belles
promesses » se révèle être une mise en garde
adressée à RFI dont les émissions en modulation de
fréquence (FM) pourraient être suspendues si elle
continue par donner la parole à ceux qui sont
« hostiles » au pouvoir de Lomé.
Une énième suspension de RFI en FM est donc d’actualité
et cela n’étonne guère puisque vraiment rien n’a
changé ! |