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Le dialogue intertogolais pourrait commencer le 20 février prochain
à Ouagadougou au Burkina-Faso. C’est la « date qui
circule », à en croire le site gouvernemental
republicoftogo.com qui rapporte les propos du président
du Comité d’action pour le renouveau (CAR), Me Yawovi
Agboyibo.
En effet, dans ce dossier des préparatifs du dialogue intertogolais,
tout circule ! L’information selon laquelle Ouagadougou
a été choisi pour la tenue de ce dialogue circulait dans
la presse quand le Premier ministre Edem Kodjo s’était
rendu au Burkina-Faso, le 3 février dernier. Au sortir
de son audience avec le Président burkinabé,
confirmation : Ouagadougou est choisi et Blaise Compaoré
devrait jouer un rôle de… Étonnement de l’opposition
togolaise qui n’était pas officiellement saisie par le
pouvoir et dont certains membres apprenaient
l’information par voie de presse.
Quelques mois auparavant, M. Kodjo a déclaré lors du bilan des 100
jours de son gouvernement, pour le paraphraser, que le
pouvoir n’a compris les contours du point 1.1 des fameux
22 engagements pris par le Togo vis-à-vis de l’Union
européenne, c’est-à-dire le dialogue politique, qu’à la
faveur d’une mission de l’UE dans notre pays. Les
échanges avec les émissaires européens lui auraient
permis, selon ses dires, de ce cerner ce qu’on leur
demande de faire. Et d’ajouter que lui et le Chef de
l’Etat se donnaient le temps de réfléchir et d’agir. Il
a fallu attendre novembre 2005 pour que le dialogue soit
lancé et février 2006, soit trois mois plus tard, pour
qu’on annonce son ouverture.
Pendant tout ce temps, le président et son premier ministre
circulaient de fête en fête. Anniversaire du décès de la
mère de feu Eyadema (28 juin), agression terroriste (23
septembre), anniversaire du décès des frères de feu
Eyadema (3 et 5 janvier), fête de la libération
nationale (13 janvier), fête de la libération économique
ou anniversaire de l’attentat de Sarakawa (24 janvier),
anniversaire du décès d’Eyadema (5 février). La liste
est longue et devrait s’allonger dans les jours à venir.
« (…) Ceux qui ont confisqué le pouvoir le 5 février
et le 24 avril 2005, continuent de se tromper de voie en
privilégiant une politique et une gouvernance
festives. » remarquait à propos le 4 février
dernier, François Akila Esso Boko, lors de sa rencontre
avec la diaspora togolaise (La Gazette du Golfe n°005,
p.3).
A cette politique et à cette gouvernance festives, le pouvoir allie
le tourisme d’Etat, qui consiste en la circulation de
l’exécutif de capitale en capitale. Edouard à
Libreville, Faure à Ouaga ; Edouard à Brazzaville, Faure
à Monrovia ; Edouard à Niamey, Faure à Tripoli… Edouard
à Kinshasa, Faure à Pékin.
Comme l’a si bien dépeint notre confrère de Jeune Afrique
l’Intelligent, au Togo tout bouge quand rien ne
change. Mieux, tout circule quand rien ne change. En
lieu et place d’une réforme politique audacieuse, c’est
plutôt la désinvolture qui fait recette. Les gouvernants
semblent ne se soucier guère des aspirations profondes
du peuple. Les décisions prises çà et là s’apparentent
fort à des diktats. Quant aux actions, elles sont
insignifiantes pour éclaircir l’horizon lorsqu’elles ne
participent pas de la perpétuation de l’ordre ancien.
A l’approche du premier anniversaire du nouveau pouvoir, il est
notoire que le Togo n’avance pas donc …
Amos S. |