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Les Togolais ont-ils vraiment
besoin de dialogue pour
comprendre, vivre et construire
ensemble leur pays ? Non ! Les
quelques accords et dialogues
obtenus par le passé ont tous
sonné faux et se sont révélés des
marchés de dupes ou d’hypocrites,
à cause de la mauvaise foi et de
la mauvaise volonté affichée par
les autorités qui régentent le
pays il y a 40 ans. Avoir la
volonté et la bonne foi
d’appliquer dans leurs formes
justes et sans hypocrisie les
conclusions des accords, permettra
aux autorités de notre pays de
mettre fin au calvaire que vivent
les populations. Et ceci doit être
fait dans le strict respect de
l’adversaire politique. C’est ce
qui échappe à nos autorités.
Qu’est-ce qui prouve aujourd’hui
que ce dialogue réussira surtout
que ceux qui sont aux commandes,
c’est encore elles qui
dialogueront. La politique n’a
nullement pas changé et les choses
au lieu d’évoluer positivement
deviennent de plus en plus corsées
ce qui plonge de plus en plus les
Togolais dans une profonde crise
et un marasme économique difficile
à résoudre. Combien de dialogues
n’avons-nous pas eu et combien
d’accords ne sont-ils pas issus de
ces dialogues ?
Avant le 05 octobre 1990, en vue de rassembler les togolais pour la
grande et historique réunion
appelée Conférence Nationale
Souveraine, il a fallu signer
« les Accord du 12 juin 1991 »
entre le pouvoir RPT et
l’opposition regroupée en COD et
FOD. Les conclusions de ces
accords jusqu’aujourd’hui ont été
mal interprétées de part et
d’autre ; et pourtant les uns
comme les autres étaient résolus à
les respecter dès sa signature.
Vient ensuite un autre dialogue qui débute toujours en 1991 et
débouche sur le « Nouveau
Contrat Social » qui était
signé par le pouvoir et
l’opposition après son adoption
par la grande institution de
l’époque, le Haut Conseil de la
République (HCR). Cet accord
débouchera finalement sur la
formation d’un gouvernement
d’union nationale de transition.
Cela n’a pas abouti à cause de
l’attaque dont a été le siège du
gouvernement dirigé à l’époque par
Joseph Kokou KOFFIGOH le 03
décembre 1991. Echec du Nouveau
Contrat Social.
Toujours dans la recherche de solution à la crise togolaise, la
classe politique togolaise dans
son ensemble, pouvoir et
opposition signent un accord
créant une « Commission
Mixte Paritaire »
suite au regain de violences et de
terreur qui régnaient à cette
époque. Pour une fois encore, la
non application des conclusions de
cet accord par le pouvoir et
surtout la mauvaise foi et volonté
de nos autorités vont faire échec
à la Commission Mixte Paritaire.
Dans la recherche de la préservation de ses intérêts au Togo, la
France fait sciemment échec aux
négociations de
« Colmar » du 08
février 1993, ceci pour écarter
l’Allemagne des discussions selon
les révélations faites
ultérieurement par Bruno Delaye, à
l’époque ambassadeur de France au
Togo. Pour dire que les ambitions
de certaines métropoles et surtout
l’intransigeance du régime RPT à
gérer seul les affaires du pays en
écartant les autres, ont contribué
et continuent de contribuer aux
échecs des accords de Colmar.
Le périple de ce peuple continue ! Certaines capitales ont eu à
colmater les brèches des accords
passés. Nous notons, ainsi la
capitale burkinabè, Ouagadougou
qui a servi de cadre par deux fois
à la signature d’un accord entre
le pouvoir RPT et l’opposition. De
mars à juillet 1993 les accords
de « Ouagadougou I »
verront le jour. Leur
aboutissement sera la signature
d’un document à l’aéroport de
Lomé-Tokoin relatif à
l’organisation des élections
présidentielles de 1993 et ceci
dans un délai de 45 jours. Le
délai jugé trop court par
l’opposition pour que les
élections démocratiques et
transparentes se fassent a permis
le boycott des élections par cette
dernière et c’est la mort subite
des accords.
Cinq ans après, un autre accord vit le jour à Ouagadougou en 1998.
Les accords de « Ouagadougou II ».
Il concernait les élections
présidentielles à venir dans le
mois de juin de la même année. Ils
étaient signés entre le pouvoir
RPT et son opposition sous
l’égide de l’Union Européenne qui
s’est portée garante de sa
supervision. Les accords ont vécu
à cause de la mascarade électorale
et surtout du hold-up électoral
qui s’en est suivi.
L’atmosphère très tendue après les élections présidentielles de
juin 1998 et surtout le hold-up
électoral qui en est suivi, ont
conduit la classe politique à la
signature de « l’Accord Cadre
de Lomé » du 09 au 11
juin 1999. Ainsi un raccommodage
de négociation commença à Paris et
se termina par la signature
formelle à Lomé de cet accord, peu
après la visite à Lomé du
président français Jacques Chirac
qui vint faire pression sur les
négociations. Cet accord s’est
révélé un véritable marché de
dupes à travers son organe de
suivi le Comité Paritaire de
Suivi.
Les Togolais n’en finissent pas de dialoguer et de signer les
accords. Seulement ces dialogues
et accords ne sont que du bluff,
de la poudre jetée aux yeux.
« Les 22 engagements » pris
par le gouvernement le 14 avril
2004 à Bruxelles, suite au 2e
hold-up du régime RPT en sont
révélateurs et sonnent faux. Ces
engagements pris par le
gouvernement devant les
responsables de l’Union Européenne
devaient permettre aux togolais de
renouer avec les valeurs
démocratiques. Ils devaient
ensuite et surtout permettre la
cohabitation pour que le pays soit
géré équitablement par les acteurs
politiques qui le composent. Les
termes de ces engagements n’ont
pas été respectés par le pouvoir.
Alors dans ces conditions, et
surtout que depuis le 05 février
2005, la donne politique togolais
a changé avec le décès du général
Eyadéma et l’arrivée de son fils
au pouvoir après un coup de force,
nous sommes en droit de dire que
les 22 engagements ont été vidés
de leur substance. Il est
indéniable que c’est une énième
farce qui est en train de se
préparer. La politique togolaise a
ceci d’étonnant que ses acteurs
jouent uniquement des farces et
font jouer au peuple la tragédie.
Que Monsieur Edem Kodjo se rende à Ouagadougou pour dévoiler les
intentions du pouvoir, révélées
quelques jours plus tôt par la
presse, cela sonne comme un mépris
de l’opinion nationale. Les
Togolais ont-ils besoin de tendre
l’oreille pour savoir à quelle
sauce ils seront mangés ? Bien
insensé qui croira en un dialogue
organisé dans ces conditions !
Idelphonse AKPAKI |