|
La présentation des vœux au chef de l’Etat
Il est de coutume d’encenser à la fin de chaque année le Chef de
l’Etat. Pour des raisons qui lui sont propres, Faure a
préféré recevoir les vœux du corps diplomatique «au
gouvernement» au début de la nouvelle année, sans se
gêner de l’absence du chef du gouvernement Yawovi
Agboyibo. Faure a-t-il refusé d’observer à la lettre ce
que son défunt père lui a légué comme héritage rituel ou
s’est-il passé quelque chose entre le chef de l’exécutif
et le chef du gouvernement ? Par tradition, Eyadema
était toujours en compagnie de son Premier ministre,
sauf si ce dernier est en mission ou en voyage. Le
contraire est Faure. Selon des indiscrétions, Me
Agboyibo, comme pour respecter la tradition, avait
demandé à Faure Gnassingbé à être présent en compagnie
des membres de son cabinet. Mal lui en pris car le
patron de l’exécutif oppose une interdiction
catégorique. Les protestations du Premier ministre n’y
firent rien et cela avait créé une tension entre la
primature et la présidence. Ce faisant, le Premier
ministre ne le dénonce guère et encaisse la présence
cavalière des ministres proches de Faure. Contactée, la
primature en fait un black out total et semble minimiser
la gifle qui lui a été donnée par Faure et ses acolytes.
Et le gouvernement de Faure
Ce n’est plus un secret. Il est aisé de constater que Faure est
toujours entouré de ses copains d’école devenus amis
ministres à la présidence et au gouvernement. Ici, ils
sont plus zélés et ont plus d’autorité et de pouvoir que
le pauvre PM. Yawovi Agboyibo a extériorisé le
trop-plein par l’allusion faite à la présidence.
L’entourage de Faure influence l’ouverture démocratique
du pays. Car aucun membre de l’entourage de Faure ne
saurait agir de son propre chef, si au départ il ne
recevait d’ordre de son mentor. Si l’on sait que tous
ceux qui gravitent autour de Faure le sont par
clientélisme et qu’en réalité certains occupent une
place gracieuse où ils excellent dans des carences
notoires de gestion. L’anecdote la plus ridicule raconte
qu’alors que Me Agboyibo cherchait à joindre Gilbert
Bawara à son cabinet, c’est sa secrétaire qui l’informe
du voyage du ministre. De quelle autorité jouit donc Me
Agboyibo ?
Le boycott de la fête du 13 janvier par les opposants
Est-ce cette tension entre le chef de l’exécutif et celui du
gouvernement qui a amené Agboyibo à boycotter la fête du
13 janvier ? Dans les arcanes du CAR et de
la CDPA, on présente volontiers la non participation aux
festivités du 13 janvier 2007 comme le fruit d’une
réflexion mûre. Par-ci et par-là, le gouvernement et son
chef se désolidarisent des méthodes du régime RPT en
refusant de participer aux festivités de l’assassinat de
Sylvanus Olympio.
Il faut reconnaître que depuis septembre 2006, date de l’entrée en
fonction du gouvernement Agboyibo (dont la composition
lui a tout à fait échappé), le RPT incarné par Faure
Gnassingbé n’en fait qu’à sa tête. Sur des questions
vitales liées à l’application rigoureuse de l’APG, le
gouvernement n’est consulté que sur les bribes. Dans les
différentes négociations inhérentes à l’application de
l’APG, on donne l’impression d’exclure les opposants du
gouvernement d’union. Pour les affaires importantes de
l’Etat, rien n’est fait pour instruire les pros Agboyibo.
Qu’à cela ne tienne, les exclus de la gouverne se
contentent de clamer que la mission essentielle du
gouvernement est d’organiser les législatives prochaines
dans la transparence. Sans aucune gêne.
Idelphonse A |