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29 Déc 2006

 

[ 217: 28 Déc 2006]  
FTF 8 prétendants, un siège

 Le délai de dépôt des candidatures à la présidence ouvert depuis le 09 décembre dernier est arrivé à échéance le mardi dernier. Et ils sont huit (08) personnalités à avoir manifesté leur intention dont Tata Avlessi (USM), Auguste Sagbo (Agaza), Agbéyomé Kodjo, Rock Gnassingbé, Amouzou Têteh (ASFOSA), Titatoua Winga (Dumas), et un parfait inconnu du nom de Agbédanou.

Le choix de la jeunesse

            Premier à avoir officiellement annoncé sa candidature et démarré sa campagne, Tata Avlessi a beaucoup d’arguments à faire valoir. Aujourd’hui, il peut s’en orgueillir d’avoir transformé la petite localité de Masséda, jadis inconnue du public sportif togolais, en ce qu’on appelle affectueusement « Masséville » de par les infrastructures dont il a doté la localité : terrain de foot, lycée, électricité… Le patron du club USM – Union sportive de Masséda – qu’il a propulsé en un rien de temps des abysses du football togolais en division d’honneur (première) n’usurperait point la présidence de la FTF s’il s’y retrouvait au congrès du 09 janvier prochain.

L’expérience au service du foot

            Derrière cette image se cache le Président d’Agaza Omnisports de Lomé, M. Auguste Sagbo. De tous les prétendants au poste, celui-ci peut se targuer des expériences acquises dans le domaine. Et les élections pourront bien le lui rendre pour ses nombreux services rendus au football togolais. L’homme a été par deux fois successives aux commandes d’Agaza Omnisports de Lomé, un club qui a écrit les belles pages du football togolais sur le plan continental – finaliste de la coupe des vainqueurs de Coupe dans les années 85 – et avec Auguste Sagbo aux commandes demi-finaliste Coupe des vainqueurs de Coupe, quart-finaliste de la Coupe de la CAF au cours  de son premier mandat entre 1988 et 1998. Cet homme a « façonné » nombre des talents qui ont fait, et font encore la fierté de l’équipe nationale de football du Togo. Ses expériences acquises à la Fédération Togolaise de Football – 2ème  Vice-président de 1992 à 1994 puis 1er Vice-président de 1994 à 1998 -, ajoutées à son amour pour le football – Il a toujours investi de sa propre poche depuis des années – lui vaudront leur pesant d’or. Ce ne serait que justice de le voir plébiscité et propulsé au sommet dans moins de deux semaines.

L’invité-surprise

            S’il y a en a parmi le lot, c’est bien M. Kodjo Messan Gabriel Agbéyomé. Même si la personne a servi le football togolais, on ne lui connaissait pas des relents aussi poussés. Ses services rendus restent tout de même dans les mémoires : Ministre de la Jeunesse et des Sports, Trésorier de la FTF, Président du Comité d’Organisation de la  Campagne de soutien aux Eperviers CAN 98. Ses motivations aussi sérieuses à servir le football ne souffriraient d’aucun doute même si l’on connaît l’homme plus pimpant sur un terrain politique, plus doué en éloquence, prompt à séduire ou à haranguer du monde.

L’homme à abattre

            C’est bien de Rock Balakiyem Gnassingbé, le « président-trésorier » sortant de la FTF qu’il s’agit. Point n’est besoin de rappeler les péripéties de sa gestion des affaires, nommément sa « deuxième mi-temps ». Amateurisme, improvisation et incompétence sont son « Faure ». Aucune place n’est plus aujourd’hui faite à ces vices dans la gestion actuelle du football que certains qualifient de « numérique ». Même si le football togolais – clin d’œil à la politique – a besoin d’un Gnassingbé pour être sauvé de la « guerre civile », pardon de la descente aux abîmes, que celui à élire au prochain congrès ne porte point les prénoms de Rock et de Balakiyem… A bon entendeur, salut !             

N.K.A

« Transparence totale » vous avez dit ?

L’Hebdomadaire Jeune Afrique a encore eu droit a une des confessions du « Jeune Président » qui est souvent peu bavard. Mais quand il le fait, c’est des frustrations qui s’en suivent.

            A propos, pourquoi diantre nos politiques ont-ils la manie de réserver leurs confidences aux médias internationaux alors qu’ils seraient mieux écoutés par un plus grand nombre de Togolais s’ils choisissaient un organe local ? Hier, c’étaient les hommes politiques – Pascal Bodjona pour le RPT, Patrick Lawson pour l’UFC, Me Gahoun Hegbor pour le CAR, Prof Léopold Gnininvi pour la CDPA, Isidore Latzoo pour le CTR – qui s’étaient donné rendez-vous sur RFI au lendemain de la signature de l’APG pour en débattre; aujourd’hui c’est Faure Gnassingbé qui, après Edem Kodjo, prend goût à se confier à Jeune Afrique. Passons.

            « Transparence totale ? » était la question à lui posée par le confrère, relative au scrutin législatif programmé au 24 juin 2007 et qui tient en haleine tous les Togolais épris de Démocratie. « Transparence totale. D’autant qu’il s’agit là du dernier des 22 engagements que le Togo doit remplir avant la reprise pleine et entière de la coopération avec l’Union Européenne, le FMI et la Banque Mondiale. C’est le plus important de tous. La clé de notre intégration au sein de la communauté financière internationale. L’adieu définitif aux sanctions » a-t-il répondu.

            Des inquiétudes, ces déclarations en suscitent. Apparemment, l’obligation de transparence ne répond qu’aux desiderata de la « communauté financière internationale », au souci du pouvoir togolais de voir couler à flot la manne financière sur le Togo, de voir finir ces sanctions européennes. En clair, s’il n’y en avait pas, on ne se gênerait point à veiller à la transparence. Ce scrutin se fera donc aussi « togolaisement ».

            Et justement, parlant de transparence, l’organisation et le mode de scrutin en sont des conditionnalités. Le mode choisi par le gouvernement est celui proportionnel à la plus forte moyenne. Mais les voix avisées s’élèvent déjà pour fustiger ce choix car  induisant des calculs savants, des gymnastiques compliquées. Pour l’organisation claire et transparente, les parties prenantes au Dialogue avaient convenu de procéder à « un recensement électoral en vue d’obtenir un fichier électoral fiable », et au point 1.2.6 de l’APG, il est écrit que les parties prenantes conviennent d’instituer « une carte d’électeur infalsifiable et sécurisée ». La CENI chargée d’organiser et de superviser ce scrutin se trouve dans une impasse totale à propos de ces termes. Pour les uns (UFC, CAR et CDPA), c’est l’apposition de la photo sur la carte d’électeur qui est la condition idéale de fiabilité et de sécurité. Le RPT et ses satellites rejettent cette option car visiblement, elle constituera une entrave à ses traditionnelles fraudes électorales.

            Aujourd’hui, la CENI est dans un imbroglio et s’était confié au Premier Ministre il y a peu. Ce dernier s’étant révélé inapte à trouver une solution adéquate à cette question, à son tour, saisit le Comité de Suivi. Ce Comité réuni le 16 décembre dernier n’a pu non plus faire de miracle.       

            Qu’est-ce qui peut bien assurer cette promesse de « transparence totale » faite par Faure Gnassingbé ? C’est le wait and see.                      

N.K.A

 
 
 
 
 
 
 
 

 

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